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Hauts Grades

Les Béatitudes

20 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

 Source : http://www.chevalerietemplieretraditionnelle.fr/

Les béatitudes sont un préambule. Elles indiquent les conditions préalables qui sont indispensables à l’acceptation de l’intelligence de la loi de salut, apportée par le Christ sur terre.

Celui qui ne commence pas par réformer ses vues sur la richesse, sur la valeur du plaisir, sur l’ambition terrestre, celui qui ne renverse pas radicalement dans son esprit l’échelle des valeurs humaines, basées sur une surestimation du temporel et un oubli étrange de Dieu, se met lui-même dans l’incapacité totale de comprendre l’esprit de l’Evangile et le message de Jésus.

Mais ce ne serait pas rendre justice à la pensée du Christ que de s’arrêter à ces premières considérations et de croire que les Béatitudes ne sont qu’une simple préface. Elles sont aussi un idéal, un but à poursuivre, tout au long de la vie chrétienne.

Nous devons certes commencer par nous détacher du monde et nous attacher aux vertus que sont la douceur, la piété, la patience, la pureté du cœur, l’esprit de paix… Mais ces vertus, il nous faudra les développer sans relâche, tout le long de notre vie. Dans la bouche du Christ, les Béatitudes sont avant tout un cri.

Enracinées dans les annonces prophétiques, elles développent en images la Bonne Nouvelle classées par Jésus : « le royaume des Cieux arrive ». Les Béatitudes résument la Bonne Nouvelle. Sans elles, le Sermon de la Montagne serait incompréhensible. Il va développer une doctrine pour des gens qui sont déjà en route. Elles exposent des exigences terribles mais elles apportent le Bonheur.

1) La première Béatitude

Elle est présentée sous deux formes un peu différentes par Saint Matthieu (« Bienheureux les pauvres en Esprit, parce que le royaume des Cieux est à vous ») et par Saint Luc (« Bienheureux vous qui êtes pauvres parce que le royaume des Cieux est à vous »). Ce qui augmenta la différence entre les deux textes, c’est que Saint Luc oppose à cette bénédiction de la pauvreté, une malédiction pour la richesse : « Mais malheur à vous les riches car vous tenez votre consolation ».

A première vue, on pourrait croire à une proclamation de la lutte des classes chère à Karl Marx. Ce serait là une erreur grave. Le sens immédiat de Saint Luc est que la richesse n’est qu’un faux bien et que celui qui s’y attache, y cherche sa propre consolation en s’assignant un idéal purement terrestre. En somme Saint Luc reprend le verset 24 du chapitre VI de l’Evangile selon Saint Matthieu : « Nul ne peut servir deux Maîtres : car ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et ne tiendra pas compte de l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ».

La pauvreté, loin d’être une tare, une calamité, le signe d’une négligence de Dieu, doit être considérée, au contraire, comme la condition préalable de l’admission au royaume des Cieux. Cependant de toute évidence, ce n’est pas le fait d’être pauvre que le Christ béatifie. Celui qui est pauvre mais qui envie la richesse, qui la désire avec ardeur n’est pas pauvre au sens de Jésus et ne peut être qualifié de Bienheureux. Il s’agit surtout de la vertu de pauvreté et non d’une situation de fait. La pauvreté est le détachement des richesses. Elle est l’esprit de pauvreté.

Dès lors, nous ne sommes pas surpris de rencontrer dans le texte de Matthieu la variante « Bienheureux les pauvres en esprit… ». Ce que le texte de Saint Luc ne livre qu’à la méditation, celui de Saint Matthieu nous le donne immédiatement, il s’agit de la pauvreté acceptée procédant du détachement des richesses.

Il importe aussi de se souvenir des circonstances dans lesquelles Jésus a donné son enseignement, de l’auditoire auquel il s’adressait, des adversaires qu’il combattait, des préjugés qu’il voulait détruire.

Les Pharisiens identifiaient la pauvreté spirituelle et la pauvreté temporelle en ce sens qu’ils faisaient de la seconde la conséquence de la première. Pour eux, la richesse était un signe de Sainteté, de la prédilection de Dieu. Jésus montre, par contre, que pauvreté spirituelle et pauvreté temporelle ne sont pas liées.

Le sens profond de la première Béatitude est donc le suivant : « Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté qui attachent du prix uniquement aux biens spirituels ».

Dans la mystique orthodoxe, la pauvreté est la renonciation à l’acquisition. Elle complète la pureté et l’obéissance aux lois divines pour parvenir à la prière pure. Il s’agit donc de lutter contre l’esprit de propriété, contre la passion d’acquérir. Ce renoncement est essentiel, il détache des choses matérielles, non pas dans leur utilisation mais dans l’amour que l’on peut leur porter.

Cet engagement du Chrétien imite et identifie à Dieu, en passant par le Christ dont Saint Matthieu nous dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, mais le Fils Homme n’a pas où appuyer sa tête » (VIII.19).

L’Archimandrite Sophrony affirme que « la pauvreté contribue à libérer l’âme et l’intellect des pesantes images de la matière ».

2) La seconde Béatitude

La douceur apparaît comme le fruit du détachement des richesses car si la pauvreté est bien comprise et bien acceptée, les pauvres en esprit ne voient les choses et les êtres qu’un Dieu. Or c’est en Dieu, que la Fraternité humaine devient réalité évidente. Dans sa première Epître, Saint Jean écrit : Voici à quoi se reconnaissent les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne pratique pas la Justice ne vient pas de Dieu, non plus celui qui n’aime pas son frère. Car voici le commandement que vous avez entendu dès le commencement : que nous nous aimions les uns les autres ».

Il n’est pas très difficile de ramener les deux premières Béatitudes aux deux commandements de l’amour de Dieu et du prochain. Car si Jésus béatifie l’esprit de pauvreté, ce n’est que comme condition de l’amour de Dieu. Jésus promet aux doux la possession de la Terre. Il est clair que celle-ci n’est pas la terre matérielle mais ce que la Tradition appelle Terre Sainte, terre des Saints, terre des Bienheureux, terre d’Immortalité, la Jérusalem Céleste. Dans la pensée de Jésus, les deux premières Béatitudes posaient son enseignement en contraste frappant avec la doctrine des Pharisiens.

3) La troisième Béatitude

Saint Matthieu nous propose : « Bienheureux ceux qui sont dans l’affliction, car ils seront consolés ». Et Saint Luc : « Bienheureux vous qui pleurez maintenant car vous rirez. Et il ajoute : Malheur à vous qui riez maintenant car vous serez dans le deuil et dans les larmes ». Si on réfléchi à la forme antithétique prise par Jésus, on saisit que la grande erreur des hommes qui placent leur idéal dans la fortune et l’acquisition des Biens de ce monde, c’est qu’ils prennent à rebours la volonté divine. On dirait que Dieu prend plaisir à contrarier nos manières de voir ! Mais il serait absurde de regarder Dieu comme un contrariant.
Dieu entend avant tout nous éduquer. Et nous retrouvons la loi du Karma. Etymologiquement, KARMA veut dire acte, action. La loi du Karma, appelée aussi loi de causalité, loi de réciprocité des effets, loi de compensation, loi de choc en retour ou fonction d’échange, est la transposition dans le domaine psychique des lois de cause à effet, d’action et de réaction qui régissent les phénomènes matériels. Dans le domaine matériel, toute cause produit un effet et tout effet a une cause, toute action engendre une réaction.
Dans le domaine psychique, toute pensée, toute parole, toute action déclenche un processus semblable qui fait refluer sur nous ce que nous avons émis. Ainsi l’homme récolte ce qu’il a semé. La loi du Karma nous rend le Bien pour le Bien et le Mal pour le Mal car c’est une erreur de croire qu’elle agit uniquement dans le sens négatif. Une bonne pensée, une bonne parole, une bonne action augmente notre crédit karmique. Une mauvaise pensée, une mauvaise parole, une mauvaise action augmente notre dette karmique. Loi simple, efficace, incorruptible, la loi du Karma ne cherche pas à punir mais à éduquer. Elle nous oblige à façonner notre avenir avec notre passé et notre présent. Elle a donc pour but de nous aider à évoluer en nous faisant prendre conscience, à travers notre expérience vécue, de notre bonne ou mauvaise insertion dans l’ordre voulu par Dieu. La loi karmique, même si elle est rigoureuse, veut avant tout stimuler l’être humain sur le chemin qui conduit à Dieu. C’est donc dans la loi du Karma qu’il faut chercher l’explication des fléaux individuels (maladies, douleurs, souffrances morales, humiliations) et des fléaux collectifs (guerres, épidémies, catastrophes naturelles).

Il est aussi évident, qu’étant donné que l’homme ne peut s’élever en une seule existence, au niveau du Divin, que l’âme doit passer par un certain nombre d’incarnations pour qu’elle puisse enfin, purifiée de la dette karmique, s’unir à Dieu. Karma et réincarnation sont donc des processus étroitement liés et indissociables.

4) La quatrième Béatitude

Il faut mettre en contraste le Texte de Matthieu : « Bienheureux ceux qui sont affamés et assoiffés de Justice car ils seront rassasiés » et celui de Luc : « Bienheureux vous qui êtes maintenant affamés car vous serez rassasiés » complété par la malédiction : « Malheur à vous qui êtes repus maintenant car vous aurez faim ». Il est clair que Jésus condamne ceux qui sont repus parce qu’ils mettent leur confiance dans leurs biens matériels ! Jésus ne promet pas à ses disciples qu’ils seront rassasiés matériellement mais spirituellement. C’est pourquoi Matthieu précise en ajoutant « de Justice). Le mot justice n’a pas ici la signification : rendre à chacun ce qui lui est dû. Il ne signifie pas avantage la justice divine.
Souvent employé dans l’écriture, le substantif veut dire l’état de ceux qui sont en paix avec Dieu. Justice est donc perfection, sainteté.

Le but final de la vie mystique est de rendre à l’âme sa véritable nature spirituelle dans l’union avec Dieu. Toute progression culmine dans ce que la religion orthodoxe appelle la divinisation ou la déification. L’histoire de l’homme créée à l’image et la ressemblance de Dieu peut se schématiser en trois périodes :

- sa naissance dans l’immortalité divine

- sa mort par la faute adamique

- sa renaissance dans la lumière divine à travers la rédemption.

C’est pourquoi, Clément d’Alexandrie écrit : « Le Verbe De Dieu s’est fait homme pour que tu apprennes d’un homme comment l’homme peut devenir Dieu ». Et selon Saint Jean dans son Evangile : « Jésus leur répliqua : n’est-il pas écrit dans votre loi : Vous êtes des Dieux ? Si elle a appelé dieux ceux à qui fut adressée la parole divine – et l’écriture ne peut pas être abrogée – à moi que le père a consacré pour m’envoyer dans le monde vous dites : tu blasphèmes parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu » (X-34.35.36).

5) La cinquième Béatitude

Elle est propre au texte de Matthieu : « Bienheureux les miséricordieux car il leur sera fait miséricorde ». La miséricorde n’était pas une vertu inconnue de l’ancien testament. Mais on ne saurait dire qu’elle fut toujours en honneur chez les Juifs.

La doctrine des Pharisiens affirmait que la pauvreté était une punition divine. Pourtant la miséricorde est le fruit direct de l’amour du prochain , or l’amour du prochain et l’amour de Dieu sont inséparables.

6) La sixième Béatitude

Elle est également propre à Matthieu : « Bienheureux ceux dont le cœur est pur car ils verront Dieu ».

Il ne faut pas croire que dans cette Béatitude, il s’agit de la chasteté. D’ailleurs l’usage de donner à la chasteté, le nom pureté est récent. Dans le langage biblique la pureté du cœur est l’absence de toute cupidité mauvaise, de toute malhonnêteté, de tout crime, de toute faute et de toute attache au mal. J.V.Andrae dans les « Noces chimique de Christian Rosencreutz » donne d’ailleurs ce singulier conseil : « Examine toi, toi-même. Si tu n’est pas purifié assidûment, les Noces te feront grand dommage. Malheur à celui qui s’attarde là-bas. Que celui qui est trop léger s’abstienne ».

7) La septième Béatitude

Elle est toujours propre à Saint Matthieu : « Bienheureux les pacifiques (ou les artisans de la Paix) car ils seront appelés Fils de Dieu ». Le terme grec qui est traduit par pacifique ne se rencontre qu’une seule fois dans la Bible. Dans Saint Matthieu, il ne possède pas ce sens restreint mais signifie « ami d la Paix entre les hommes ».

Il ne s’agit donc pas uniquement de l’homme paisible qui reste chez soi en paix, mais du pacifique qui recherche la Paix et la fait régner autour de Dieu par son amour de la Justice et par son esprit de droiture. Compris de la sort, le mot qualifie le véritable disciple du Christ dont les qualités sont la droiture, la loyauté, l’esprit de Justice, l’amour de la fraternité, la recherche de la concorde.

8) La huitième Béatitude

Elle est formulé de deux façons dans Saint Matthieu : « Bienheureux ceux qui endurent des persécutions. Bienheureux serez-vous quand on vous insultera ».

Les sept Béatitudes précédentes ne considéraient que l’aspect céleste, la huitième est relative à la vie des Chrétiens ici-bas. Jésus avertit les Chrétiens qu’ils ne doivent pas s’attendre au bonheur sur la terre Il les prévient que les Béatitudes tirent tout leur valeur de l’approbation divine. Du côté humain, on ne peut espérer que blâmes, contradictions, persécutions.

9) Symbolisme du nombre huit

Les Béatitudes sont au nombre de huit. Universellement, ce nombre est celui de l’équilibre cosmique. C’est en effet le nombre des directions cardinales et collatérales de l’Espace (E-SE-S-SO-O-NO-N-NE), des rayons de la Roue celtique, des Trigrammes du Yi-King, des Sentiers de la sagesse bouddhique, des rais de l’étoile de Compostelle.

Le nombre huit est aussi le symbole du Soleil (les plus anciennes représentations solaires sont figurées par un disque d’où émanent huit rais). Par voie de conséquence, huit est le symbole de l’or. C’est aussi le nombre du Verbe et celui du Christ (le nom de Jésus en Grec a pour valeur numérique 888).

La vertu solaire passant pour guérir tous les maux, le nombre huit est celui de la guérison et de la Rédemption puisque celle-ci régénère la nature humaine. Dans l’Egypte ancienne, le dieu Thot était le Seigneur du nombre huit, de la sagesse incarnée.

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