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Hauts Grades

Les deux saint Jean

21 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #symbolisme

Il ne semble pas y avoir de rapport historique entre les deux Jean des évangiles. Vivant à quelques années, à peu près à la même époque, il est possible qu’ils ne se soient pas rencontrés, ni même connus.

En revanche, les deux personnages ont un rapport symbolique polaire très fort, l’un comme l’autre encadrant le ministère du Christ.
Le Baptiste biblique est cité dans tous les évangiles. C’est le prophète annonciateur de la Lumière, nommément évoqué dans le Prologue de l’autre Jean, l’Évangéliste.

L’évangile de Jean dépasse l’aspect de la relation événementielle de la vie du Christ relatée dans les autres trois synoptiques. Le Baptiste est implicitement présent dans son texte même : « Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi » (Jean 1 ; 15).

Donc, le fils de Zacharie et d’Élisabeth, annoncé par l’ange Gabriel (Luc 1 ; 5-17), celui « revêtu de peau de chameau et nourri de sauterelles et de miel sauvage » (Matthieu 3 ; 4) est l’annonciateur du message salvateur et le proclamateur au monde de l’énergie divine.
Jean l’Évangéliste, lui, est l’homme de l’annonce de la résurrection de l’homme nouveau qui renaîtra du vieil homme. Le texte de l’évangile qui porte son nom ne commence pas à la naissance de Jésus, mais à la naissance du monde ; il est très comparable aux premières lignes de la Genèse : En reichit, au commencement. C’est un message fort qui porte l’espoir laissé à chacun de créer soi-même sa propre éternité.
L’essentiel du message nous suggère qu’une petite flamme puisse s’allumer un jour chez chacun d’entre-nous et nous rendre vivants, car utiles et féconds dans l’éternité. Et cela, seul le réveil, la renaissance, la « connaissance » peuvent le produire. C’est dans ce laps de temps qui nous est imparti que l’on gagne son éternité ou son néant.

C’est le fond même de la renaissance initiatique.

Le rapport direct avec le Janus romain au deux visages n’est pas démontré. Nous devons être prudents. Cependant la similitude est troublante. Janus, du latin janua « la porte d’une maison » - L’Évangéliste dit : « je suis la porte » - est le dieu qui préside à la transformation, au passage d’un état à un autre. Il est le dieu du matin (Le Baptiste biblique), adoré au premier jour des calendes. À Rome, le collège des Patriciens célébrait les deux fêtes solsticiales en l’honneur de Janus, aux dates auxquelles sont célébrées aujourd’hui la Saint-Jean d’été et la Saint-Jean d’hiver.

Il est remarquable que des pratiques païennes soient projetées sur des pratiques chrétiennes assurant ainsi une continuité métaphysique sans distinction confessionnelle.

Janus est aussi celui qui veille au passage de l’état du néant à la vie (L’Évangéliste <apocalypse>). Le visage double de Janus semble difficilement dissociable de l’aigle bicéphale du REAA. Le symbolisme de l’Aigle est présent aussi dans l’Apocalypse.
Nous avons extrait des rituels officiels du REAA, utilisés lors des deux tenues de Saint-Jean quelques phrases, chacune forte d’un symbolisme que je propose à vos réflexions :

 

SAINT JEAN D’HIVER
- Le V.M. : Sachez en ce jour que, selon la Tradition, le Solstice d’Hiver ouvre la voix des Dieux.
- L’Orateur : Agrippe-toi au rayon de lumière et monte jusqu’aux créneaux du trône.
- Le V.M.P.I. (ancien vénérable) : Là, sous la couronne de gloire, entre Moïse et Élie, siège du Roi de Justice. Ainsi, Le M… de la Loge se tient entre le Secrét… et l’Orat… ; entre le passé qui n’est plus et le futur qui n’est pas encore. Là où est le Troisième visage de Jean, à l’éternel Midi.

Du Roi de Justice, il est dit encore : « Tu ouvres et plus personne ne peut plus fermer, et quand tu fermes, plus personne en peut ouvrir».

- Le V.M. : F… 1er Surv… où est votre place en Loge ?
- Le 1er Surv. : À l’Occ…, V…M… près de la Porte qui s’ouvre sur le Monde des Ténèbres. La porte du Nord est celle des dieux ; celui qui l’emprunte ne doit plus jamais sortir. Celui qui l’ouvre est Jean l’Évangéliste, dont nous célébrons la fête ce Midi. Il a dit : « Je suis la Porte… » Celui qui a franchi cette porte sait que lorsque le Soleil est au plus bas sur l’horizon du Monde, il est au plus haut sur l’horizon mystique de l’Esprit. Ce qui est en haut est comme ce qui en bas.
Les premiers seront les derniers.

 

SAINT JEAN D’ÉTÉ
- L’Orat… À travers les symboles de notre tradition, nous fêtons l’amorce d’une plénitude et la promesse d’un déclin. Notre tradition en effet, modelant son langage sur des formes venues du fond des âges, célèbre aujourd’hui dans cette loge l’apparition de Jean le Baptiste et l’effacement de Jean l’Évangéliste. Devant la croissance du blé, nous fêtons l’épi d’or en gloire et le grain ignoré dans le flanc noir de la terre.

 

source : Groupe de Recherche Alpina

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