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Hauts Grades

Les Devoirs du Maître Maçon

19 Août 2013 , Rédigé par A\ G\ Publié dans #Planches

Mes très chers sœurs et frères, en 1994, je rencontrai celui, parmi d'autres, qui allait devenir mon parrain de cœur dans ma future vocation maçonnique et qui, devant la ferveur de ma naissante foi, m'assénait une vérité qui ne m'a jamais quittée :
tu sais, me dit-il, pour un franc-maçon, il y a chronologiquement trois DEVOIRS :
la famille, le travail et la maçonnerie.
A partir de cela, j'aurais pu modifier le sens de ces priorités mais je les ai faites miennes parceque la vie m'a imposé cette hiérarchie de choix.
Ainsi, dès notre premier contact avec la loge et la franc-maçonnerie, il est question de DEVOIRS.
Le testament philosophique n'interpelle-t-il pas l'impétrant par trois questions :
Les devoirs de l'homme envers l'humanité.
Les devoirs de l'homme envers sa famille.
Les devoirs de l'homme envers lui-même.
L'axe est déjà tracé, puis, au cours de l'évolution dans la loge, on constate que chaque augmentation de salaire est assortie de nouveaux devoirs, de règles et de serments à respecter.
Alors donc, après ce préambule, quels sont les devoirs d'un maître maçon ?
Comment pouvoir déterminer la différence entre mes devoirs d'homme dans la vie
profane avec ceux du franc-maçon que je suis ?
Y a-t-il une frontière entre l'homme profane et le franc-maçon hormis l'intiation ?
Et entre ceux du maçon et du maître maçon hormis celui de la transmission ?
Je ne vais pas parodier une récente planche d'un de mes frères en démontrant que le devoir de tuer pour sa patrie en temps de guerre ou de condamner en tant que juge est le même que celui de donner à ceux qui n'ont rien ou d'aider un non voyant à traverser une rue.
Donc j'éviterai soigneusement la définition grammaticale du mot devoir pour me consacrer à celle plus précise qu'on peut lui donner en maçonnerie.
Le premier devoir du maître maçon passe par un préalable indispensable qui est celui de se connaître soi-même et être avant tout maître de soi. Son crédo est de travailler de manière continue sur lui-même. On ne peut rayonner avec une lumière intérieure éteinte. Travailler sur soi-même, c'est approfondir les sujets de planches pour, avec humilité, apporter d'autres éclairages et enrichir les travaux.
Le devoir essentiel du maître n'est que peu différent de celui de l'apprenti, si ce n'est qu'après avoir assimilé le sens du rite, il peut transmettre, ce qui n'est pas possible au premier degré. Ainsi, pour moi, le devoir majeur est d'évoluer soi-même pour pouvoir aider à l'évolution des autres. L'initiation n'est pas un sacrement, elle se gagne et le premier devoir c'est soi.
Car, que transmettre si dans notre for intérieur règne la confusion ?
J'éviterai volontairement la référence à la célèbre phrase de SOCRATE pour n'en retenir que le début, SE CONNAÎTRE SOI-MÊME.
Qu'est ce que se connaître soi-même ?
Les erreurs constantes que nous commettons dans le quotidien sont celles qui nous font avancer malgré nous car, à toute erreur il existe une possibilité de réparation, l'essentiel étant que nous nous saisissions de cette possibilité pour nous exiger un DEVOIR de réparation.
On peut nommer cela de la tolérance, de la rédemption, du regret, de la compassion, peu importent les mots, le tout étant d'en avoir conscience, cette même conscience qui est le reflet de notre âme.
Et tout cela doit s'accomplir dans l'action, pas dans le virtuel.
Réparer ce que nous avons abîmé volontairement ou inconsciemment, rassembler ce qui est épars est pour moi le commencement du chemin de la paix intérieure.
Aimer est un état d'être et non un devoir décrété et aimer nous rend heureux.
Notre regard est différent après l'initiation, puis il s'aiguise au fur et à mesure des travaux en loge, l'écoute est toujours attentive mais elle se nourrit de la richesse des autres, de l'apprenti au maître et au profane inclus.
A la question "êtes vous franc-maçon" ?, on aimerait pouvoir répondre "les profanes me reconnaissent comme tel".
L'action du maître maçon dans la vie profane doit être exemplaire pour son entourage.
Alors, me répondrait-on, en quoi tout cela fait que nous nous connaissons mieux ?
Je vous répondrai, mes S. et FR., seulement par le fait du dépouillement lent et sûr de tous nos métaux, des scories intellectuelles, par le fait de prendre conscience que la contemplation nous habite doucement, nous envahit lentement et nous apporte une paix relative, mais une paix tout de même. Tout devient moins urgent. Après tout, se connaître n'implique-t-il pas de posséder cette patience, d'agir dans la durée, en loge et surtout à l'extérieur de la loge avec symboliquement en main son compas et son équerre.
De la paix intérieure du Maître maçon naîtra la qualité de la transmission.
Là aussi, le verbe transmettre permet toutes les digressions que nous aurions loisir de choisir.
Pour ce qui me concerne, transmettre c'est d'abord donner à autrui ce que nous avons nous-même reçu. Et donner, c'est avant tout un acte gratuit. Rien ne doit entacher l'élan qui nous anime par quelque arrière pensée de reconnaissance implicite ou admiration en retour.
La transmission maçonnique ne se fait pas ostensiblement. Elle découle d'un état d'esprit profondément ancré dans l'utilisation des outils que nous avons reçus grade par grade. Ces outils doivent faire partie intégrante de tous propos tenus à l'intention d'un initié ou d'un profane, de tous actes commis, de toute idée véhiculée dont nous sommes seuls à pouvoir apprécier la portée. Ce que nous avons reçu est à nous mais aussi aux autres.
Je n'évoque pas les maîtres ici présents dont chacun a sû, de façon adogmatique, dessiner puis commencer à bâtir son temple intérieur, mais plutôt nos frère apprentis, compagnons et profanes.
Si la mise en confiance est évidente dans notre rapport avec l'initié puiqu'il fait partie de notre fraternité et se doit d'être sans a priori, elle est plus délicate avec le profane.
Tout le monde ne peut ni ne veut être franc-maçon.
La transmission est d'autant plus facile lorsque l'écoute est aisée, mais ardue, quand les idéaux, si il y a idéal, diffèrent. Le dépouillement par l'ascèse, que je ne confonds pas avec l'austérité, facilite la transmission car il permet de supprimer le verbiage inutile pour aller à l'essentiel.
Si lumière il y a, elle ne peut provenir que de notre tréfonds où il nous faut puiser la maîtrise nécessaire à son émanation.
L'écoute de l'autre demeure essentielle car elle nous confronte à nos propres certitudes et nous astreint à la tolérance.
Nous ne sommes détenteurs d'aucune vérité immuable si ce n'est la recherche constante du principe de la VIE et, de par cette recherche, admettons que toute opinion qui n'est pas nôtre contient elle aussi, certainement, une part de vérité que nous nous devons d'analyser et qui nous enrichira.
Il faut que cette quête de vérité, d'où qu'elle vienne, soit empreinte de tolérance, vertu essentielle du maître maçon.
SAGESSE, FORCE et BEAUTE ne restent que des apparences si nous ne les dépouillons pas de la musique des mots pour n'en retenir que la quintessence initiatique car, que sont ces mots qui risquent de nous désillusionner si nous ne nous en imprégnions pas pour en constituer la définition de l'homme d'honneur en quète du bien.
Nous ne somme souvent ni sages, ni forts, ni beaux selon les circonstances d'intérêt personnel, de servitude ou de cliquetis récurrents des métaux.
Mais, la vraie maîtrise rend cette désillusion toute passagère puisqu'elle nous sert à puiser en nous ces richesses que nous n'avions ni cherchées, ni trouvées et qui permettront de reconnaître en nous ces faiblesses et nous armer pour les combattre.
Le tout nous est supérieur et notre devoir d'humilité nous rapproche seul de la connaissance. Soyons HIRAM ressuscités par l'action, radieux, mais oh combien pétris de cette volonté purement maçonnique de vouloir améliorer le monde en le guidant vers le VRAI, LE BEAU, LE BIEN et L'HARMONIE, HIRAM dont la fin du récit dit de lui :
"ainsi périt l'homme juste, fidèle au DEVOIR jusqu'à la mort".
Alors parmi tous les devoirs qui nous incombent, nous maîtres maçons, ceux-la passent aussi par la connaissance de notre RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE et, si tant est que nous sachions le comprendre et l'interprèter, nous le transmettrons le plus justement possible.
La sacralisation du lieu, l'instant, les actes, la situation de la loge, le déroulement de la tenue, le symbolisme de tout ce qui la compose, l'ordre, du début à la fin, le sentiment que, où nous nous trouvions dans une loge pratiquant notre rituel, nous serons chez nous, avec nos S. et FR investis des mêmes DEVOIRS prégnants pour lesquels nous nous sommes engagés .
Je les rappelle :
combattre les préjugés,
combattre l'ignorance,
combattre le fanatisme,
combattre l'ambition déréglée afin que règnent entre les hommes
LIBERTE, EGALITE et FRATERNITE;
Pour conclure par une synthèse, je résumerai ma conception des devoirs du Maître par :
LE DEVOIR DE TRAVAILLER SUR SOI
LE DEVOIR D'EXEMPLARITE ENVERS LE MONDE PROFANE
LE DEVOIR DE TRANSMISSION ENVERS SES FRERES ET SŒURS FRANC-MACONS ET PROFANES
LE DEVOIR D'HOMME D'HONNEUR
LE DEVOIR DE CONNAISSANCE DU RITE et DE TRAVAIL EN LOGE.
Le sentiment du devoir est indissociable de l'idée que nous nous faisons du bien.
J'ai dit.
source :
www.ledifice.net

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