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Hauts Grades

Les droits et devoirs de la fraternité Maçonnique

1 Septembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

« Mon Frère, car dorénavant vous ne recevrez plus d’autre qualification parmi nous ».

C’est par ces paroles que, moi, nouvel initié, ait, tout comme vous, été accueilli par le vénérable Maître de ce que l’on désigne notre Loge Mère.

Mon Frère ! Et pourtant avant cette cérémonie initiatique, comme tous, j’ignorais jusqu'à l’existence de la plupart des hommes qui m’entoureront au fil des ans.

« Mon Frère approchez vous et recevez de moi l’accolade fraternelle, au nom de tous les Frères de cette respectable Loge. ».

Que s’est-il passé ? Bien sûr, j’ai ressenti et je ressens toujours la chaleur, l'émotion partagée par tous à ce moment, mais n’étais-je pas déjà le frère de tout homme, quelques soient son origine et sa couleur ?

« Homme, je suis Homme et rien de ce qui est Humain ne m’est indifférent » disait Térence. Homme, je me fonds dans la grande famille des Hommes, dans cette Fraternité Universelle chantée par Lamartine et hissée au même rang que la Liberté et l’Egalité dans la Trilogie Révolutionnaire de la République.

Que s’est il passé ? Qu’est-ce au reste que cette fraternité ?

La première notion qui vient à l’esprit est celle de la fraternité de sang : Est mon Frère celui qui, comme moi, est né du même père et/ou de la même mère. La genèse nous apprend que, sitôt que 2 frères sont apparus sur la terre, ils sont entrés en compétition, se sont livrés à la division, à la jalousie et à la violence.

On parle aussi de fraternité de race, de fraternité de classe ou de religion, car l’Homme ne peut ne pas vivre dans l’altérité absolue, il a besoin d’alliés et va se rapprocher d’autres hommes qu’il juge moins dissemblables et les accepter pour frères.

Ces notions ne sont conçues que pour nous unir, nous protéger contre « l’Autre », le « Différent » vu comme un satellite de notre propre existence pour mieux le dominer et nous conforter dans le sentiment de notre propre supériorité.

On a vu jusqu’où le refus de cette altérité peut nous conduire lorsqu’il est poussé jusqu'à la conséquence ultime : le Meurtre et le génocide.

« Vous ne voyez plus d’épées menaçantes tournées contre vous...Vous n’apercevez que des frères formant une chaîne qui symbolise l’union de tous les Francs Maçons répandus à la surface de la terre... Nos mains vous unissent à nous et à l’autel de la vérité. »

Qu’est-ce donc que la Fraternité Maçonnique ? Je la crois concentrée dans ces phrases du rituel du 1er degré :

« La chaîne est le symbole de l’union » Le mot symbole veut dire signe ou marque qui rassemble un ensemble d’idées qui ne tombent pas sous le sens.

Symbole rassemble, Diabole divise, ce mot est composé avec le préfixe « Dia » qui est le nombre deux en grec.

Cela m’amène à réfléchir sur une autre phrase de l’instruction de l’apprenti :

« La raison divise et borne artificiellement

ce qui est un et sans limites.

L’unité est ainsi partagée en deux extrêmes

auxquels les mots seuls prêtent une fausse apparence de réalité... Il convient donc de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. »

d’ou la phrase qui en découle :

« Nos mains vous unissent à nous et à l’Autel de Vérité »

Le principe trinitaire de la fraternité doit unir ce que la dualité divise.

Gardons nous en loge, que la fraternité ne soit qu’un mot, une fausse apparence de réalité .

La prédisposition des hommes à l’agressivité, leur penchant naturel à la lutte et la compétition, les oppose à tous les instants, conséquence d’une vie sociale à laquelle il faut faire face. Ces tendances agressives sont nécessaires à l’individu pour sa survie dans le monde profane. Cependant il aspire à une sympathie profonde et naturelle qui l’aiderait à surmonter les vicissitudes de la vie en commun.

L’article 1 de notre règle en douze points nous dit : « La Franc Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui à pour fondement la foi en Dieu, grand architecte de l’univers ». Les Maçons, dépouillés de leurs métaux, pareils à l’Adam d’avant la chute, pénètrent dans le Temple, Enceinte Sacrée et hors du temps comme dans un nouvel Eden dont on leur aurait ré-ouvert les portes. Dès lors, la Fraternité peut apparaître comme naturelle entre eux. Il ne s’agit pas là de la seule chaleur, de la seule sympathie basée sur une vague tolérance, mais d’une volonté constante à surmonter ses penchants naturels, qui nous oblige à une éducation sociale rigoureuse à entreprendre sur nous-mêmes.

En m’insérant pour la première fois dans la Chaîne d’union le jour de mon initiation, le Vénérable Maître m’a dit : « Nos mains vous unissent à nous et a l’Autel de Vérité, leur étreinte vous annonce que nous ne vous abandonnerons pas ». Quoiqu’il puisse m’arriver, c’est promis solennellement, mes Frères ne m’abandonneront pas ! Tous mes Frères, aussi bien celui qui m’est proche, avec qui je partage joie et peines dans une chaleureuse amitié, que cet autre, plus discret, plus secret, dont je ne sais presque rien , présent épisodique sur les colonnes, et cet autre encore que je ne connais pas, qui vit loin de moi, de ma ville, de mon pays. Tous ne m’abandonneront pas, je peux baisser ma garde, ouvrir les bras, j’ai trouvé des Frères.

Attention ! Il ne s’agit que du premier terme du contrat, voici le second : « Nous ne vous abandonnerons pas aussi longtemps que la Vérité, la Justice, la Discrétion et l’Amour Fraternel vous resteront sacrés. »

Est sacré ce qui inspire un respect, une profonde vénération.

Est sacré ce qui ne doit pas être violé, enfreint, touché.

Est sacré ce qui inspire la crainte devant la puissance absolue, et le « mystère »devant l’inconnaissable.

Est sacrée la recherche de la Vérité : Trois paroles nous introduisent en loge, tirées de l’écriture :

« Frappez et on vous ouvrira

Cherchez et vous trouverez

Demandez et vous recevrez »

Quand les portes du temple se sont ouvertes, la longue quête initiatique a commencée qui ne se terminera qu’à l’ultime Initiation et l’Orient Eternel. Cette longue quête, je ne peux la faire seul. Par mes Frères je progresse, par eux, j’ai reçu la lumière.

Sont sacrés la Justice et la Discrétion :

La justice, défini entre autres le Larousse est une vertu morale qui inspire le respect absolu du Droit d’Autrui. Le Juste est fidèle à la Loi du devoir.

De la discrétion, ce même Larousse écrit : « Action de garder le secret, aptitude à ne dire que ce qu’il convient, avec retenue et modération. »

Est sacré l’Amour Fraternel :

C’est le second devoir du Maçon, me dit le rituel, que de secourir son frère, de l’assister de ces lumières et de ses conseils.

Souvenons-nous de notre serment de néophyte : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide. Je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de manquer à mon serment ». Nous rappelons ce serment à chaque fois que nous nous tenons « A l’Ordre ».

Je voudrais pour finir, laisser parler St Paul dans son épître aux Galates :

« Frères, si quelqu’un est prit en faute, redressez le en Esprit.

Si l’un de vous s’égare loin de la Vérité, qu’un autre l’y ramène

Portez les fardeaux les uns des autres.

L’Amour Fraternel est charité, joie, paix, longanimité, affabilité, bonté et fidélité,

Il excuse tout, il pardonne tout ».

Mes Frères, ce sont ces mots que je vous demande de méditer ce soir dans notre chaîne d’Union , ce cri de l’apôtre :

« Mes Frères, ne cherchons pas la vaine gloire, pas de provocations entre nous, entre nous pas d’envie ».

Que l’harmonie, l’union et la concorde soient à jamais le triple ciment de nos oeuvres.

J’ai dit.

Source : http://la-grenouille-en-folie.over-blog.com/

 

Commentaire T.Dalet :

aujourd’hui certains « réseaux sociaux » sont plus fraternels que notre Ordre ! La Fraternité est en train de disparaître de nos colonnes à une époque où nous en avons le plus besoin .  Et pourtant le Serment de l’Apprenti  REAA (1802) est clair : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide.. ». Le fait d’avoir reçu des « Hauts Grades » ne doit pas faire oublier les devoirs du Franc-Maçon et c’est pourtant ce qui se produit et plus souvent qu’on ne le croit. Il est inadmissible au moment où les temps deviennent durs, au moment où il faut se serrer les coudes que des Frères oublient leurs devoirs . La possession d’un « Haut grade » devrait au contraire s’accompagner de plus de Fraternité vis-à-vis des Frères dans la détresse. Le devoir augmente avec le degré et non le contraire. Pour être plus précis, ce n’est pas parce qu’un Frère est 30ème du REAA ou KT-KM ou CBCS … qu’il doit oublier son serment d’Apprenti.

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