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Hauts Grades

Les éléments

22 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #symbolisme

La terre, l'air, l'eau et le feu constituent les quatre éléments symboliques de la cosmologie maçonnique, présents principalement au Rite Français et au Rite Écossais Ancien et Accepté ; ils ont été hérités de la vision traditionnelle gréco-romaine revue par le monde médiéval puis par les écrits des hermétistes et de Paracelse (1493-1541) à la Renaissance.
« Elementa » au pluriel en latin désignait bien la terre, l'eau, l'air et le feu selon une tradition solidement établie depuis Thaïes de Milet (VIe siècle av. J.-C.), auteur de la première spéculation cosmologique philosophique succédant aux approches magiques égyptienne et babylonienne. Empédocle élabora, un siècle plus tard, une théorie complète des quatre éléments en correspondance avec les métaux et les « caractères », sec, humide, chaud, froid, etc. Les pythagoriciens l'enrichirent d'une exégèse sur les nombres et de représentations géométriques ont la « tétractys », le triangle de base 4 et de sommet 1 compose la figure la plus connue et la plus exploitée en maçonnerie. Platon, dans le Timée, devait donner ses lettres de noblesse philosophique à la théorie, le pythagorisme inscrivant le tout dans le cadre initiatique des religions à mystères de l'Antiquité. Ces dernières demeurèrent au premier plan des préoccupations intellectuelles de l'Europe des Lumières et de la première moitié du XIXe siècle, avec l'apparition notamment d'une véritable égyptomanie, liée à l'idée que les Grecs étaient allés chercher dans les sanctuaires d'Egypte leurs connaissances les plus secrètes. Les principaux systèmes rituels maçonniques ont été élaborés et « corrigés » dans ce contexte. À la même époque, l'Occident avait pris conscience de l'existence de théories analogues au-delà de l'Egypte, en Inde et en Chine. Les quatre éléments dans l'Inde védique « supportaient » la naissance du monde, l'intervention d'un cinquième (la quintessence des alchimistes en Occident), l'éther non visible, assurant la correspondance avec les états supérieurs de l'être et le monde divin. Des théories voisines s'étaient développées en Chine, dès le VIe siècle av. J.-C., en correspondance avec les métaux.
Les auteurs maçonniques du milieu du XIXe siècle comme Jean-Marie Ragon (1781-1862) diffusèrent largement ces idées, reprises dans les manuels « classiques » en France par Oswald Wirth (1860-1943), le rénovateur des études symboliques, ou Jules Boucher, La symbolique maçonnique, maintes fois rééditée.
La démarche du profane accédant à l'initiation a pu, dans ces conditions, être assimilée à une alchimie intérieure joignant les purifications à l'action des principes vitaux : le soufre, le mercure et le sel à travers les éléments. À la terre correspond la mort symbolique au monde matériel du cabinet de réflexion et la »descente aux enfers ». L'air, figure sensible du monde invisible et le lieu de la lumière, est associé à la purification spirituelle, à la séparation du « subtil » du grossier, au terme des épreuves du premier «voyage» (Rite Français) ou du second (Rite Écossais Ancien et Accepté) ; il est confondu avec le ciel dans un certain nombre de hauts grades, notamment au 26e du Rite Écossais Ancien et Accepté, le « Prince de Merci » et uni à l'aigle de saint Jean l'Évangéliste ; au 28e, « Grand Écossais de Saint-André », il représente cœur dans sa « droiture ». La purification par l'eau, image de la « substance universelle », est subie au terme du premier ou du second voyage/épreuve «selon les rites déjà cités ; elle a pour but de ramener l'être humain à l'état de « materia prima », c'est-à-dire capable de recevoir l'initiation comme acte créateur de la vie nouvelle. Ultime étape, le feu purificateur est éprouvé au terme du troisième voyage quand le candidat persévérant et maître de soi est prêt à voir la vraie lumière.
Oure les rituels d'initiation, le terme peut être utilisé pour désigner les luminaires, le soleil au tableau d'apprenti ou l'étoile flamboyante. Le « Vénérable Grand Maître », 20e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, reçoit ceux qui l'acquièrent « par le fer et le feu ».
Les associations opérées dans les commentaires avec les signes du zodiaque et les planètes, les couleurs, les vertus ont pu varier d'un auteur à l'autre, néanmoins des lignes de force se dessinent commandées par les traditions hermétiques : l'eau et la terre sont « humides », l'air et le feu « secs » et les corpus symboliques médiévaux : le lion est une figure du feu, etc. Les correspondances établies à partir du nombre quatre sont également traditionnelles: les directions de l'espace, les quatre métaux liés aux quatre âges du monde (or, argent, bronze, fer), les Evangélistes avec les quatre animaux de l'Apocalypse (lion, taureau, homme, aigle). Initiation de métier, la maçonnerie développa naturellement des considérations d'ordre cosmologique d'où le rôle central donné à la théorie des quatre éléments.

Source : http://www.guichetdusavoir.org/

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Théodore 13/10/2015 14:18

Merci

Théodore 13/10/2015 14:18

Merci TAF