Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Les Esséniens et leur enseignement, la Loi Unique, l’Arbre de Vie des Esséniens

11 Novembre 2012 , Rédigé par Traduit par Edmond BORDEAUX SZEKELY Publié dans #spiritualité

Depuis les époques les plus reculées de l'antiquité, il existe un enseignement remarquable, universel et éternel dans sa sagesse. On en a retrouvé des fragments dans les hiéroglyphes sumériens ainsi que sur des tablettes des pierres datant de quelque huit ou dix mille ans. Certains symboles, comme le soleil, la lune, l'air, l'eau et d'autres forces de la nature, remontent a une époque encore plus ancienne, antérieur au cataclysme qui a mis fin à l'ère pléistocène. On ne sait pas si cet enseignement n'est pas encore plus vieux de quelques milliers d'années.

Etudier et mettre en pratique cet enseignement revient à faire renaître dans le cœur de chaque homme une connaissance intuitive susceptible de lui permettre de résoudre ses problèmes individuels et les problèmes du monde.

On retrouve des traces de cet enseignement dans pratiquement toutes les civilisations et toutes les religions. Ses  principes fondamentaux étaient enseignés en Perse, en Egypte, au Tibet, en Chine, en Palestine, en Grèce et dans beaucoup d'autres pays. Mais c'est par les Esséniens qu'il a été transmis de la manière la plus pure; cette mystérieuse fraternité a vécu entre le deuxième ou troisième siècle avant J.-C. et le premier siècle de notre ère sur les bords de la Mer Morte en Palestine et du lac Maréotis en Egypte. En Palestine et en Syrie les membres de la fraternité étaient connus sous le nom d'Esséniens, et en Egypte, sous celui de "thérapeutes", c'est-à-dire de guérisseurs.

La partie ésotérique de leur enseignement est exposée dans l'Arbre de Vie, les communions esséniennes avec les Anges et la Paix au Sept Chemins, parmi d'autres textes. L'enseignement exotérique, ouvert à tous, est retracé dans le Livre Un de l'évangile Essénien et dans les Manuscrits de la Mer Morte récemment découverts.

On ignore l'origine de la fraternité et on ne sait pas avec certitude l'étymologie du non "essénien". Pour certains, il vient d'Esnoch, ou Énoch, qui serait le fondateur de cette fraternité, car il aurait reçu le premier les Communions avec le monde des anges.

D'autres considèrent que ce nom provient de Esrael, c'est-à-dire peuple élu de Dieu, à qui Moïse apporta les Communions qui lui avaient été révélées sur le Mont Sinaï par le monde des anges.

Mais, quelle que soit leur origine, il est certain que les Esséniens ont vécu pendant de longues années sous le régime d'une fraternité, peut-être sous d'autres noms et dans d'autres pays.

L'enseignement se retrouve dans le Zend Avesta de Zarathoustra, qui en tira un modèle de comportement suivi pendant des millénaires. Il est aussi à l'origine des concepts fondamentaux du brahmanisme, des Védas et des Upanisads; les systèmes indiens des Yogas puisent à la même source. Plus tard Bouddha exprima essentiellement les mêmes idées et son arbre sacré du Bodhi est lié à l'Arbre de Vie des Esséniens. Au Tibet, on retrouve encore la filiation de cet enseignement dans la roue de la vie Tibétaine.

Les Pythagoriciens et les stoïciens de la Grèce antique suivirent aussi les principes et une bonne partie du mode de vie essénien. Le même enseignement était encore présent dans la culture adonique des Phéniciens, à l'école de philosophie d'Alexandrie en Egypte, et il contribua à façonner certaines expressions de la culture occidentale comme la franc-maçonnerie, le gnosticisme, la cabale et le christianisme. Jésus en donna l'expression la plus sublime et la plus belle dans les Sept Béatitudes du Sermon sur la Montagne.

Les esséniens vivaient au bord des lacs et des rivières, à l'écart des villes et des cités, ils pratiquaient un mode de vie communautaire et partageaient tous en parts égales. Ils étaient essentiellement agriculteurs et arboriculteurs, et les vastes connaissances qu'ils avaient rassemblées sur les récoltes, les caractéristiques du sol et les conditions climatiques leur permettaient de faire pousser des fruits et des légumes très variés  sur des terres presque désertiques et avec un minimum d'efforts.

Ils n'avaient ni serviteurs ni esclaves et auraient été les premiers à condamner l'esclavage en théorie et en pratique. Ils ne comptaient parmi eux ni pauvres ni riches, car ils considéraient ces deux situations comme des déviations par rapport à la Loi. Ils avaient créé un système économique propre entièrement fondé sur la Loi, et dont la réussite témoignait que tous les besoins alimentaires et matériels de l'homme peuvent être satisfaits sans conflit, par la seule connaissance de la Loi.

Ils consacraient beaucoup de temps à étudier à la foi les textes anciens et des branches spéciales du savoir, en particulier celles liées à l'éducation, à la guérison et à l'astronomie. On les disait héritiers des Chaldéens et des Perses pour l'astronomie, et des Egyptiens pour l'art de guérir. Ils s'adonnaient aux prophéties auxquelles ils se préparaient par des jeûnes prolongés. Ils étaient également passés maîtres dans l'art d'utiliser les plantes et les herbes pour guérir les hommes et les animaux.

Ils menaient une vie simple et régulière, se levant chaque matin avant le lever du jour pour étudier et communier avec les forces de la nature; le bain matinal dans l'eau froide était comme un rituel; ils portaient des vêtements blancs. Après le travail quotidien dans les champs et les vignobles, ils partageaient leur repas en silence; ce repas était précédé et suivi par une prière. Ils avaient un profond respect pour toute forme de vie, ne mangeaient jamais de viande ni ne buvaient jamais de boissons fermentées. Leurs soirées étaient consacrées à l'étude et à la communion avec les forces célestes.

La journée commençait le soir, et le sabbat, c'est-à-dire le jour sacré, qui était considéré comme le premier jour de la semaine, débutait le vendredi soir. Ce jour était réservé à l'étude, à la discussion, à l'accueil des visiteurs et à la musique, sur des instruments dont des restes ont été découverts.

Leur mode de vie leur permettait de vivre jusqu'à l'âge avancé de 120 ans, voire davantage, et on leur prêtait une force et une endurance merveilleuse. Dans toutes leurs activités ils faisaient preuve d'amour créatif.

Ils envoyèrent de par le monde des guérisseurs et des maîtres issus de leurs groupes, tel Elijah, Jean-Baptiste, Jean le Bien-aimé et le grand maître essénien que fut Jésus.

L'appartenance à la fraternité n'était acquise qu'après une période d'essai d'un an et trois ans d'initiation; ils n'étaient admis à recevoir la révélation intérieure intégrale qu'après une autre période de sept années.

Nous connaissons le mode de vie des Esséniens par ce qu'en ont écrit leurs contemporains. Pline le naturaliste romain, Philon, le philosophe d'Alexandrie, Josèphe, l'historien de Rome, Solanius et bien d'autres, en ont fait mention à bien des endroits comme "formant en race en eux-mêmes, plus remarquable que toute autre au monde", comme "les initiés les plus anciens, dont l'enseignement était venu d'Asie Centrale", comme "un enseignement maintenu à travers l'immense espace du temps", comme "une sainteté constante et inaltérable."

Une partie de l'enseignement ouvert à tous est contenue dans un texte rédigé en araméen conservé au Vatican. Une autre partie de cet enseignement exotérique, cette fois exprimé en langue slavique, était en possession des Habsbourg d'Autriche; ces documents auraient été rapportés d'Asie au treizième siècle par des prêtres nestoriens qui fuyaient les hordes de Gengis Khan.

Des échos de cet enseignement existent aujourd'hui sous diverses formes, dans certains rituels de l'ordre maçonnique, dans le symbole du chandelier aux sept branches, dans le salut "la Paix soit avec vous", en usage depuis l'époque de Moïse, et même dans les sept jours de la semaine qui ont perdu depuis longtemps leur signification rituelle.

Un enseignement aussi ancien et persistant à travers les âges ne saurait être l'œuvre d'un individu ou d'un peuple; c'est bien plutôt l'interprétation, à travers une succession de grands maîtres, de la loi de l'univers, la Loi fondamentale, aussi éternelle et immuable que la course des étoiles, identique aujourd'hui à ce qu'elle était il y a deux ou trois mille ans, et toujours applicable aujourd'hui.

L'enseignement expose la loi, il montre que l'homme se crée toutes sortes de problème quand il s'en détourne et indique la méthode à suivre pour les surmonter.  

Tu m'as fait connaître Tes secrets profonds et mystérieux.

Toutes les choses existent en Toi et il n'existe rien en dehors de Toi.

C'est par la Loi que tu as ordonné à mon cœur de mettre mes pas,

Un devant l'autre, sur les sentiers véritables  et d'aller là où tu es.  

Tiré du volume VII du Livre des Hymnes des Manuscrits de la Mer Morte  

La Loi a été plantée pour récompenser les enfants de la lumière

Par une paix curative et abondante, par une longue vie,

Par des semences riches de bénédictions éternelles,

Par une joie éternelle dans l'immortalité de la lumière éternelle.  

La Loi Unique  

Les enseignements que Moïse livra aux hommes une fois qu'il fut redescendu du Mont Sinaï étaient encore pratiqués, quinze cents ans plus tard, par les Fraternités esséniennes de Palestine et d'Egypte.

Comprendre les enseignements de Moïse revient à comprendre la valeur des pratiques esséniennes pour l'homme d'aujourd'hui.

Moïse fut le donateur de la Loi, de la Loi Unique. Il a établi le monothéisme qui devait devenir non seulement la profession de foi fondamentale des fraternités esséniennes mais aussi de toute la civilisation occidentale. L'information la mieux fondée que nous avons sur son enseignement nous vient de ces fraternités. La tradition essénienne divise la vie de Moïse en trois périodes, symboliques des étapes se succédant dans la vie de chaque homme. Au cours d'une première période d'une durée de quarante ans, durant laquelle sa vie fut celle d'un prince d'Egypte, il a suivi le chemin de la tradition, acquérant toute l'éducation et toute la connaissance existantes. C'est dans cette période qu'il s'est initié aux cultes des Dieux Egyptiens Isis, Amon-Ra et Osiris, et qu'il a étudié les préceptes de pta Hotep, le livre égyptien des morts et certaines traditions orientales importées en Egypte, le centre culturel du monde de ce moment-là. Mais, dans toutes ces traditions, il n'a pas trouvé de dynamisme intérieur, de principe d'unification expliquant l'univers et les problèmes de la vie.

Au cours d'une seconde période de sa vie, il a passé quarante ans dans le désert, suivant la voie de la nature, étudiant le livre de la nature, comme l'avaient fait et le feront encore après lui beaucoup d'autres grands génies et prophètes, y compris Jésus. C'est en effet dans la solitude et le silence des immensités du désert que de grandes vérités intérieures sortent à la lumière. C'est dans cette période de sa vie que Moïse a découvert la Loi Unique, la somme de toutes les lois. Il a découvert que cette Loi Unique régissait toutes les manifestations de la vie, et régissait l'ensemble de l'univers. Ce fut pour lui le plus grand des miracles que de découvrir que tout fonctionnait en vertu d'une seule Loi. Alors il eut l'idée de la somme de toutes les lois. Et c'est cette somme qu'il a appelé la Loi, écrite avec un "L majuscule".

Il observa d'abord que l'homme vit dans un univers dynamique et en constant changement; les plantes et les animaux croissent et disparaissent; les lunes croissent et décroissent. Il n'est pas d'immobilité dans la nature ni dans l'homme. Moïse vit que la loi se manifeste dans le changement perpétuel, et que le changement n'est que la manifestation d'une intention de l'Ordre Cosmique sur une vaste échelle.

Il comprit que la Loi est la plus grande et l'unique puissance dans l'univers et que toutes les autres lois et toutes les choses font partie de la Loi Unique. La Loi n'est sujette à aucune autre loi ou lois. Elle est éternelle, indestructible, elle ne connaît pas de défaite. Une plante, un arbre, un corps humain ou un système solaire ont chacun leurs propres lois, d'ordre mathématique, biologique et astronomique. Mais le pouvoir suprême unique, la Loi, est partout présent en dessous.

La Loi régit tout ce qui a lieu dans l'univers, et tous les autres univers, toutes les activités, toutes les créations, mentales ou physiques. Elle régit tout ce qui se manifeste dans l'univers physique, sous forme d'énergie et de puissance, tout ce qui se manifeste dans la conscience, toute connaissance, toute pensée, tout sentiment, toute réalité. La Loi crée la vie et crée la pensée.

Les esséniens considéraient que, mises ensemble, toutes les formes de vie présentes sur toutes les planètes de l'univers constituaient l'océan cosmique de la vie. Et, mis ensemble, tous les courants de pensée de l'univers constituaient l'océan cosmique de la pensée ou, pour le dire dans des termes plus modernes, la conscience cosmique.

Cet océan cosmique de la vie et cet océan cosmique de la pensée forment une unité dynamique dont l'homme constitue un élément inséparable. Chaque partie pensante de chaque individu est en communion intérieure constante avec cette unité. Chaque être humain est une partie individualisée de l'unité. Cette unité est la Loi, la Lumière Eternelle dont parlait le Prophète.

Moïse vit que la Loi était désobéie partout. L'Egypte avait construite sans respect pour la Loi. En dépit de sa puissance militaire et politique, la grande nation pêchait par un manquement cruel au principe d'égalité. La misère et l'esclavage étaient partout; riche et pauvre souffraient également de l'oppression, des épidémies et des pestes. Moïse se rendit compte que l'ignorance de la Loi et des lois de la nature était cause de tous les maux, et que maîtres et sujets étaient également à blâmer. Il devint évident pour Moïse que tout ce qui résulte d'une déviation de la Loi se détruit soi-même et finit par disparaître. Seule la Loi est éternelle.

La troisième période de la vie de Moïse, l'exode, commence quand il décide de consacrer le reste de ses jours à la réalisation et à l'application de la Loi, et à mettre l'humanité en harmonie avec la Loi. Il savait la tâche énorme qui l'attendait pour essayer d'amener à la fois les masses ignorantes et les maîtres arrogants à accepter la Loi et à vivre en harmonie avec elle. Des obstacles apparemment insurmontables s'élèvent devant tous les formateurs du monde, chaque fois que l'idée pure se heurte à l'inertie présente dans l'esprit humain et à la résistance dont font montre les pouvoirs retranchés. C'est une révolution du dynamique contre le statique, des valeurs les plus élevées contre des pseudo valeurs, de la liberté contre l'esclavage, et cela ne se limite pas à un seul moment de l'histoire, ni même de l'histoire de l'humanité prise dans son entier, cela se produit sans cesse dans la vie de chacun des individus.

Quand Moïse vit qu'il ne pourrait pas changer les maîtres ni le peuple Egyptien, il se tourna vers une petite minorité, le peuple asservi et opprimé d'Israël, espérant les convertir et établir une nouvelle nation complètement basée sur l'obéissance à la Loi. Il est la seule figure dans l'histoire universelle qui ait établi une telle nation.

Moïse voyait dans l'univers un ordre cosmique colossal, qui regorgeait de sources inépuisables d'énergie, de connaissance et d'harmonie à la disposition de l'homme. Il avait toujours gardé en mémoire les deux légende de son ancêtre Jacob: la première légende correspondait au combat livré victorieuse à un ange; la deuxième correspondait à la vision d'anges montant et descendant le long d'une échelle reliant le ciel et la Terre. Il avait reconnu dans ces anges des forces de la nature et des puissances de l'homme conscient, et il avait compris que ces forces et ces puissances étaient le lien qui unissait l'homme avec Dieu. Il avait vu que Dieu n'était autre que la grande Loi Universelle.

Il vint à la conclusion que si l'homme veut se mettre à la portée de Dieu, il doit d'abord se rendre maître de toutes les forces qui sont des manifestations de Dieu, de la Loi. Il voulu rendre son peuple "fort de la Loi", ce qui est la signification du mot Israël. Et il voulu créer un système de vie qui permettrait aux juifs de "vaincre" les anges, comme leur ancêtre Jacob l'avait fait avant eux. C'était la base d'une science occulte, pour employer des mots d'aujourd'hui: la science des anges, plus tard connu sous le nom "d'angiologie".

Moïse voulait que ses sectateurs se rendissent compte qu'ils étaient en contact constant, à chaque moment de leur vie et pour tous les points de contact de leur être avec l'extérieur, avec toutes les forces de la vie et de l'univers, visible et invisible; et que s'ils entraient en contact avec ces puissances, de manière consciente, et en arrivaient à un état de conscience continuel de ces puissances, ils joueraient d'une santé parfaite, et du bonheur et de l'harmonie dans leurs corps et dans leurs esprits, et dans chaque département de leurs vies.

La méthode à suivre pour entrer en contact avec ces forces était gravées sur les deux tables en pierre qu'il avait ramené avec lui en redescendant du Mont Sinaï, mais qu'il détruisit quand il se rendit compte que le gros de son peuple n'était pas près à suivre son enseignement, tout comme le gros de l'humanité n'y est pas près aujourd'hui et ne le sera pas non plus pour beaucoup de générations à venir. Mais, au petit nombre qui y était près, il enseigna la méthode inscrite sur les tables, c'est-à-dire les communions avec les anges; et cette méthode a été préservé à travers les âges au sein des fraternités esséniennes et elle peut encore être pratiquée par l'homme aujourd'hui.

C'était là une partie de l'enseignement ésotérique dispensé par Moïse et pratiqué dans les fraternités esséniennes cinq siècles avant l'ère chrétienne.

Dans les traditions esséniennes postérieures, l'idée abstraite de la Loi était représentée par le symbole d'un arbre, appelé l'Arbre de Vie. Moïse avait reçu une grande révélation quand il avait vu le buisson brûlant dans le désert. Cela représentait deux aspects de la vie universelle: la chaleur et la lumière. La chaleur du feu symbolisait le feu de la vie, la vitalité dans le monde matériel. La lumière symbolisant la conscience de l'homme, représentait la lumière de la sagesse par opposition à l'obscurité de l'ignorance dans l'univers immatériel. Ensemble, la chaleur et la lumière représentent l'univers entier et l'idée que l'homme, situé au centre de l'univers, tire sa vie et sa vitalité de toutes les forces du cosmos.

Les esséniens représentaient cet enseignement par un symbole qui leur était propre, celui de l'Arbre de Vie, qui représentait pour eux, sous une forme concrète, l'idée que l'homme est une unité d'énergie, de pensées et d'émotions, autrement dit, une unité de force vitale en communion constante avec la totalité des énergies présentent dans l'univers. Moïse voulait voir l'homme vivre en harmonie avec les lois qui régissent toutes ces énergies à l'intérieur et à l'extérieur de lui, il voulait voir l'homme prendre conscience de l'existence de ces énergies et les utiliser dans chaque moment de la vie.

Quand il découvrit que la Loi constituait une totalité de lois, Moïse se donna les moyens d'une connaissance intuitive de l'origine du monde et du commencement de toutes les choses. C'était de ce commencement de toutes les choses qu'il déduisait les lois de la vie quotidienne. Il avait appris que toutes les choses font partie d'un tout, et qu'elles sont mises ensemble conformément à une loi; et que les sept éléments, autrement dit les sept forces fondamentales de la vie, sont apparus lors des sept grand cycles entre lesquels s'est divisée la création, un élément apparaissant à chaque cycle. Il regroupa les jours de la semaine en un cycle de sept, s'efforçant de faire correspondre chaque jour à chacun des sept éléments. Cela est resté symbolisé dans les traditions esséniennes par le chandelier à sept branche, dont les bougies étaient allumées tous les sept jours, le jour du sabbat, pour rappeler à l'homme les sept cycles et les sept forces fondamentales du monde visible et les sept puissances fondamentales du monde invisible de la conscience de l'homme.

Les trois périodes de la vie de Moïse, au cours desquelles il a fait la découverte de la Loi et de ses manifestations, représentent les trois périodes entre lesquelles la vie de pratiquement tout homme peut être divisée. La première est celle de la vie en Egypte, appelée la période du servage, de l'obscurité, de l'ignorance, lorsque le libre cours de l'énergie essentielle est obstrué par l'ignorance et les fausses valeurs. Les Egyptiens, parce qu'ils pratiquaient l'esclavage, apparaissent comme le comble de la déviation par rapport à la Loi.

La deuxième période de la vie de Moïse correspond à la traversée du désert que vit tout individu quand ses fausses valeurs tombent et qu'il ne voit que le vide au-devant de lui. C'est dans cette période que l'homme a le plus besoin, et de la façon la plus urgente, d'être guidé intérieurement pour retrouver le chemin de la lumière, le chemin de la Loi.

La troisième période, l'exode, est une possibilité ouverte à chaque homme. Il y a toujours une lumière au bout du tunnel de l'exode. L'Egypte du servage n'est jamais éternelle. L'exode de Moïse a durée quarante ans, mais c'était seulement le commencement du chemin de l'intuition, de la voie de l'apprentissage de la vie en harmonie avec les lois de la vie, de la nature et du cosmos. A l'échelle de l'humanité, l'exode peut seulement être accompli par les efforts accumulés de beaucoup de gens durant beaucoup de générations.

Mais cela peut-être accompli et cela sera accompli. Il y a toujours un Canaan, qui n'est pas une utopie mythique, mais une réalité vivante. L'exode est la voie qui mène à Canaan, la voie emprunté par Moïse, la voie éclairée par les pratiques des esséniens.  

"Je te remercie, père céleste car tu m'as placé à la source de courants impétueux, près d'une source vivante dans un désert, qui arrose un éternel jardin de merveilles, et l'Arbre de Vie, mystère des mystères, qui étend sans fin ses branches éternelles et plonge éternellement ses racines dans le courant d'une source éternelle."  

"Et Toi, Père Céleste, protège leurs fruits avec les anges du jour et de la nuit

Et avec des flammes de lumière éternelle brûlant partout"  

Tiré des Psaumes d'Action de Grâce des Manuscrits de la Mer Morte. Livre VIII (viii.4-12)  

L'Arbre de Vie des Esséniens  

Il semble que l'homme a su, toujours, c'est-à-dire depuis aussi longtemps qu'on puisse en juger par des témoignages existants, qu'il était entouré par des forces invisibles. Dans toutes les civilisations du passé, il a fait usage d'un certain symbolisme pour exprimer sa relation avec ces forces, cet environnement dans lequel s'inscrit son action. Ce symbole mystique, qui apparaît dans presque toutes les religions et dans tous les enseignements occultes, fut pour les esséniens l'Arbre de Vie. C'est sur cette image que sont focalisées les intuitions les plus profondes de l'homme aussi bien dans les légendes (c'est-à-dire la manifestation pour l'extérieur) que dans la sagesse (c'est-à-dire la formulation intérieure).

L'Arbre de Vie était considéré par Zoroastre comme la Loi elle-même; il occupait le centre de sa philosophie et de sa manière de penser. Dans les enseignements cachés de Moïse, dans le livre essénien de la Genèse, c'était l'Arbre de la Connaissance dans le jardin d'Eden gardé par des anges. Les esséniens l'appelaient l'Arbre de Vie.

Aux concepts premiers de l'Arbre, les esséniens ajoutèrent ce que les auteurs antiques ont appelé l'Angiologie. Cette science des anges fut élaborée par la fraternité des esséniens en Palestine. Leurs anges étaient les forces en œuvre dans l'univers.

Bien des peuples de l'antiquité savaient que ces forces invisibles étaient des sources d'énergie et de puissance, et que la vie des hommes s'alimentait de leur contact. Ils savaient que c'était dans la mesure où l'homme apprenait à utiliser ces forces qu'il pouvait aller de l'avant dans son évolution individuelle, en corps et en esprit, et que c'était dans la mesure où il se mettait en harmonie avec ces forces que sa vie pouvait être prospère. Un certain nombre de ces peuples non seulement avaient connaissance de ces forces mais avaient des méthodes spécifiques pour entrer en contact avec elles et les utiliser.

Dans beaucoup de nations, ces forces étaient considérées comme de deux sortes, bonnes et mauvaises, et éternellement opposées les une aux autres. Zoroastre, dans son Zend Avesta, décrit l'Ahuras et le Fravashis comme des forces bonnes luttant pour toujours contre les forces mauvaises que sont le Khrafstras et le Devas. Les Toltèques du Mexique et de l'Amérique centrale se représentaient le monde comme un terrain d'affrontement entre les forces du bien, c'est-à-dire les armées de Quetzalcoatl, le serpent à plumes, et les forces du mal, c'est-à-dire les armées de Tezcatlipoca, le jaguar. Ces deux armées dans les codex Toltèques, étaient en conflit continuel l'une contre l'autre. Selon Zoroastre et selon les Toltèques, les forces destructrices étaient sans cesse occupées à combattre les forces constructives.

La représentation que se faisait le esséniens différait de ces représentations et d'autres représentations du monde dans la mesure où elle ne reconnaissait l'existence que de forces positives et constructives à l'œuvre dans l'univers. Les anges esséniens correspondaient aux forces du bien de Zoroastre, les Ahuras et les Fravashis, et aux forces du bien des Toltèques, l'armée de Quetzalcoatl. Le rôle dévolu à l'homme dans l'univers était de renforcer les forces du bien, les forces positives, afin que les forces du mal, les forces négatives, soient vaincues et disparaissent de la surface de la terre.

L'Arbre de vie essénien représentait quatorze forces positives, sept forces célestes, ou cosmiques et sept forces terrestres, ou mondaines. L'Arbre était représenté avec sept racines s'enfonçant dans la terre et sept forces s'étirant vers les cieux, symbolisant ainsi le rapport de l'homme avec à la fois la terre et le ciel. L'homme était représenté au centre de l'Arbre, à mi-chemin entre le ciel et la terre.

L'utilisation du numéro sept est un élément essentiel de la tradition essénienne qui s'est transmise aux cultures occidentales sous plusieurs formes manifestes, comme les sept jours de la semaine.

Chaque racine et chaque branche de l'Arbre représentaient une force ou une puissance différente. Les racines représentaient les forces et les puissances terrestres, la Mère Terrestre, l'Ange de la Terre, l'Ange de la Vie, l'Ange de la Joie, l'Ange du Soleil, l'Ange de l'Eau et l'Ange de l'Air. Les sept branches représentaient autant de puissances cosmiques, le Père Céleste et ses anges de la Vie éternelle, Du Travail Créatif, de la Paix, de la Puissance, de l'Amour et de la Sagesse. C'étaient les Anges esséniens des mondes visibles et invisibles.

Dans la littérature hébraïque et médiévale antique (sic), ces forces, ou ces anges céleste et terrestres étaient désignés par des noms: Michel, Gabriel et ainsi de suite; et ils apparaissaient dans l'art pictural religieux en tant que figures humaines dotés d'ailes et vêtus de longues robes flottantes, comme les fresques de Michel Ange.

L'homme représenté au centre de l'arbre, était entouré par toutes les forces, autrement dit tous les anges du ciel et de la terre, disposés comme dans un champ magnétique. Il était représenté dans une espèce de posture méditative, la moitié supérieure de son corps flottant au-dessus de la terre et la moitié inférieure au niveau de la terre. Cela indiquait qu'une partie de l'homme est allié aux forces du ciel et une autre partie, aux forces terrestres. Cette représentation rappelle celle de Zoroastre, qui faisait de l'univers une espèce d'emboîtement de royaumes, avec l'homme au centre et les diverses forces disposées au-dessus et au-dessous de lui. Cela correspond également au rituel des Toltèques, effectué sur les marches de leurs pyramides, avec l'homme placé au centre de toutes les forces.

Cette position de l'homme au centre de l'arbre, avec les forces terrestres au-dessous et les forces célestes au-dessus, correspond également à la position des organes dans le corps physique. Les fonctions gastriques et génératives qui sont situées dans la moitié inférieure du corps, et qui sont des instruments pour la conservation et la pour la survie de l'individu, relèvent des forces terrestres. Alors que poumons et cerveau, qui sont les organes de la respiration et de la pensée, sont situés dans la moitié supérieure du corps, et relient ainsi l'homme aux forces plus subtiles de l'univers.

Le contact avec les forces angéliques représentées par l'Arbre de Vie était l'essence même de la vie quotidienne des esséniens. Ils savaient que pour être en harmonie avec ces forces ils devaient faire un effort conscient pour entrer en contact avec elles. Les auteurs antiques décrivent les esséniens comme un peuple extrêmement pratique. Leurs concepts ne s'épuisaient pas dans de simples théories; ils savaient exactement comment être conscient à tout moment des forces s'exerçant sur eux, comment absorber leur puissance et comment les mettre en action dans leur vie quotidienne.

Ils avaient suffisamment de sagesse pour comprendre que ces forces étaient des sources d'énergie, de connaissance et d'harmonie par lesquelles l'homme pouvait transformer son organisme en un instrument de plus en plus sensible, afin de recevoir et de consciemment utiliser les forces en question. En outre, ils considéraient que se mettre en harmonie avec les forces du Père Céleste et de la Mère Terrestre était ce que l'homme avait de plus important à faire dans son existence.

Les caractéristiques de chacune des différentes forces étaient très claires pour les Esséniens, et ils savaient ce que chaque force signifiait dans la vie de chaque individu et comment chaque force devait être utilisée.

Il comprenait également le rapport entre les forces. Ils considéraient qu'à chaque force céleste correspondait une force terrestre et qu'à chaque force terrestre correspondait une force céleste. Ces forces célestes correspondant à autant de forces terrestres étaient placées sur l'Arbre de Vie essénien de manière symétrique, au-dessus et au-dessous de l'homme. Une ligne tracée entre deux forces correspondantes passait par conséquent directement par l'homme placé au centre de l'Arbre.

Les forces qui correspondent l'une à l'autre, au-dessus et au-dessous de l'homme, s'établissaient comme suit:

Le Père Céleste et la Mère Terrestre

L'Ange de la Vie Eternelle et l'Ange de la Terre

L'Ange du Travail Créatif et l'Ange de la Vie

L'Ange de la Paix et l'Ange de la Joie

L'Ange de la Puissance et l'Ange du Soleil

L'Ange de l'Amour et l'Ange de l'Eau

L'Ange de la Sagesse et l'Ange de l'Air  

Ces corrélations montraient aux esséniens que lorsqu'un individu établit un contact quelconque avec l'une des forces terrestres, il est aussi en contact avec une certaine puissance céleste. C'est cela qui leur a permis de comprendre à quel point il est nécessaire d'être en harmonie parfaite avec chacune des forces et avec chacun des anges, à la fois dans les mondes visibles et invisibles.

L'Arbre de Vie symbolique rendait évident aux yeux des gens le fait que leur sort soit inséparablement lié à toutes les forces, cosmiques et terrestres, et il leur montrait quelle relation ils avaient avec chacune de ces forces.  

Je suis reconnaissant, Père Céleste,

Car tu m'as élevé à une hauteur éternelle

et je marche au milieu des merveilles de la plaine.

Tu m'as guidé pour que je rejoigne Ton éternelle compagnie

Depuis les profondeurs de la Terre.

Tu as purifié mon corps,

Afin qu'il rejoigne la pureté des Anges de la Terre,

et mon esprit, afin qu'il accède

à la congrégation des anges célestes.

Tu as donné l'éternité à l'homme,

Afin qu'il rende grâce, à l'aube et au crépuscule,

De Tes œuvres et de Tes merveilles,

Dans un chant plein de joie.  

Extrait des Psaumes d'Action de Grâce des Manuscrits de la Mer Morte

Livre VI (iii. 19-36)

 

Source : l’Enseignement des Esséniens, d’Hénoch aux manuscrits de la Mer Morte . Textes Hébreux et Araméen

Partager cet article

Commenter cet article