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Hauts Grades

Les Francs-Maçons divisés et séparés par le concept “Dieu” ou “le Grand architecte de l’univers”

22 Juin 2012 , Rédigé par Guillaume Publié dans #histoire de la FM

 La franc-maçonnerie spéculative a vu le jour au XVIIIe siècle en Angleterre lorsque le pasteur James Anderson de l’Église presbytérienne écossaise à Piccadilly est chargé de la rédaction des Constitutions d’Anderson, charte fondamentale de la franc-maçonnerie, publiées en 1723 avec l’aide du pasteur de l’Église anglicane Jean-Théophile Désagulier Ces constitutions ne se réfèrent plus aux “Old Charges” (Anciennes Obligations) chrétiennes qui invoquaient Dieu, la Sainte Trinité, la Sainte Église ou la Vierge Marie. Les Constitutions d’Anderson de 1723 n’imposent qu’une religion, celle sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être hommes de bien et loyaux, ou hommes d’honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou confessions qui aident à les distinguer. On a prétendu que ces Constitutions prônaient le déisme, une religion naturelle et universelle au sens étymologique du mot, reliant les hommes entre eux par delà les religions Ce déisme pouvait dévier vers le naturalisme, le relativisme et l’incroyance. On les modifia en 1738. L’Église vit une concurrence dangereuse dans la Charte maçonnique voulant fédérer les religions. Le pasteur Anderson a clairement exclu de ses Constitutions les athées stupides et les libertins irréligieuxce qui rétrécit fort le principe de tolérance qui y est exprimé. Il faut d’ailleurs constater qu’Anderson ne fait aucune allusion aux croyants stupides, ni aux pasteurs ou curés stupides. Seuls les athées ont ce vice rédhibitoire par le seul fait d’être athée. Certains ont cru que l’athée pouvait devenir maçon s’il n’était pas stupide, mais cette thèse est contredite par le texte lui-même et par l’expérience. Au XVIIIe siècle, un athée ne pouvait qu’être stupide. Chez beaucoup de croyants, cette idée préconçue persiste toujours. Peu de maçons sont athées et osent le révéler, même au Grand Orient de France ou de Belgique. L’athée, qu’il soit stupide ou intelligent, n’a jamais été admis dans une obédience régulière. L’interdiction s’étend aussi aux libertins irréligieux. Le mot "libertin", au XVIII siècle, était synonyme de libre-penseur, d’incroyant. Les déistes anglais à cette époque étaient des free thinkers.

À la fin de la très longue scission entre les "Anciens" qui rejettent les Constitutions d’Anderson de 1723, trop libérales et les “Modernes” qui s’appuient sur celles-ci, les deux courants se réunifièrent en formant l’actuelle grande Loge Unie d’Angleterre. Celle-ci a modifié les Constitutions en 1738 par la réintroduction du théisme et du noachisme .Elle inclut en 1813 le texte suivant dans ses nouvelles constitutions : « Concernant Dieu et la religion : Un maçon est obligé, de par sa tenure d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que Dieu voit le cœur. Quelle que soit la religion de l’homme ou sa manière d’adorer, il n’est pas exclu de l’Ordre, pourvu qu’il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu’il pratique les devoirs sacrés de la morale. Les maçons s’unissent aux hommes vertueux de toutes les croyances dans le lien solide et agréable de l’amour fraternel, on leur apprend à voir les erreurs de l’humanité avec compassion et à s’efforcer, par la pureté de leur propre conduite, de démontrer la haute supériorité de la foi particulière qu’ils professent ». C’est un virage obscurantiste, une négation de la liberté de conscience et de la liberté de pensée. Un retour au religieux et à Dieu. Le maçon peut s’unir aux hommes de toutes les croyances pourvu qu’elles soient religieuses, mais pas aux incroyants, il doit être pieux. C’est le retour du Dieu tout-puissant du ciel et de la terre, le Dieu personnel révélé et non plus un vague principe créateur afin d’éviter l’entrée des athées, des agnostiques et des polythéistes. Après le schisme des Anciens et des Modernes en Angleterre, on va assister au schisme entre la franc-maçonnerie anglo-saxonne et la maçonnerie continentale, ou autrement dit entre ce qui deviendra la franc-maçonnerie régulière et la franc-maçonnerie irrégulière. En 1929, la Grande Loge Unie d’Angleterre publie ses "basic principles" qui permettront de marquer les oppositions entre les deux camps distincts et qui établiront la suprématie de la Grande Loge Unie d’Angleterre (The mother Lodge). Elle seule peut délivrer les patentes de régularité. En dehors de la Grande Loge Unie d’Angleterre, il n’y a pas de salut, elle s’érige en « Vatican maçonnique » et seul juge infaillible de la régularité maçonnique. Dans les « basic principles » il est dit que « la croyance dans le Grand Architecte de l’Univers et en Sa volonté révélée est une condition essentielle de l’admission des membres et que les initiés prennent leurs Obligations sur ou en pleine vue du Volume de la Loi Sacrée ouvert, de manière à symboliser la révélation d’en haut qui lie la conscience de l’individu particulier qui est initié. » Il est également dit que parmi les Trois Grandes Lumières, le Volume de la Loi sacrée est la première, et que la prestation de serment sur la bible en assure la pérennité, marquant ainsi la préférence, la primauté sur les deux autres symboles. Il ne s’agit donc plus de 3 grandes lumières mais d’une grande et de deux petites. Seule la bible ou un autre livre sacré des religions traditionnelles peut assurer la régularité maçonnique, les autres livres sont exclus.

En 1989, la Grande Loge Unie modifie de nouveau ses « basic principles » et dit que les Francs-maçons placés sous sa juridiction doivent croire en un ETRE SUPREME, (the belief in a Supreme Being) et in fine elle ajoute qu’il existe quelques soi-disant obédiences maçonniques qui ne respectent pas ces normes, par exemple qui n’exigent pas de leur membres la croyance en un Être Suprême et qui de ce fait sont "ipso facto" excommuniées. Dans les loges régulières, l’Être suprême c’est Dieu et même un Dieu révélé. La présence du Volume de la Loi sacrée est une autre condition de la régularité. Dans la maçonnerie anglo-saxonne, ce volume est généralement "The King James version of the Bible" qu’on appelle même la bible maçonnique (Masonic Bible parce qu’elle contient l’histoire de la franc-maçonnerie. Presque tous les maçons anglo-saxons sont des "maçons protestants", néanmoins en 1987 le synode général de l’Église d’Angleterre juge la franc-maçonnerie hérétique et sa pratique incompatible avec la religion chrétienne. C’est donc une bulle maçonnique de la Grande Loge Unie d’Angleterre qui excommunie tous les francs-maçons non réguliers. La franc-maçonnerie a vocation à réunir l’ensemble des frères dispersés sur les deux hémisphères. La Grande Loge Unie d’Angleterre, en divisant la maçonnerie universelle en régulière et irrégulière, brise le principe d’universalité et en fait un mot "vide de sens". La position de la Grande loge Unie d’Angleterre est claire : les francs-maçons des loges irrégulières ne sont pas reconnus comme tels, ils restent des “profanes” ce ne sont pas des maçons parce qu’ils ne vénèrent pas le Tout-Puissant.

Comme vous aurez pu le constater, les « basic principles » dans leur rédaction de 1989 omettent le caractère révélé de l’être suprême dans le but de ne pas heurter les francs-maçons qui croient bien en Dieu, mais qui ne se réfèrent pas au Dieu biblique, afin d’admettre les différentes croyances religieuses (protestantes, catholiques, musulmanes, hindoues, etc.). Chacun, selon sa croyance, pouvant jurer sur la Bible, la Thora, le Coran, les Védas ou un autre livre saint des religions traditionnelles. Il suffit toutefois de consulter les sites internet maçonniques de la franc-maçonnerie anglo-saxonne et américaine et tous les sites des obédiences régulières dans le monde pour savoir que l’entrée dans ces loges est subordonnée à la croyance en un Dieu personnel et révélé, à la croyance en l’immortalité de l’âme, et au serment sur la bible. En 1871, le Grand Orient de Belgique décida d’abolir la référence obligatoire au Grand Architecte de l’Univers, suivi en 1877 par le Grand Orient de France, la même chose valant pour le Volume de la Loi sacrée. La décision prise par ces obédiences de supprimer toute référence obligatoire à un principe supérieur et de se déclarer adogmatiques créa la rupture définitive avec la maçonnerie anglo-saxonne. Le but n’était pas d’interdire la bible en loge ou la référence au Grand Architecte, mais de laisser à chaque loge le choix de s’y référer ou pas. Dans beaucoup d’ateliers du Grand Orient, le GLADLU et la Bible ont survécu comme symbole maçonnique. La référence obligatoire à ces symboles a été supprimée parce qu’elle violait la liberté de conscience et empêchait le maçon d’être un homme libre dans une loge libre. Les Constitutions la GLRB et de la GLNF obligent à croire en Dieu révélé et le serment doit être prêté sur le Livre de la Loi sacrée, par lequel est exprimée la Révélation d’En Haut, contrairement aux Constitutions du GODF et du GOB qui assurent la liberté absolue de conscience et laissent les conceptions métaphysiques à l’appréciation individuelle de ses membres, n’imposant aucun dogme. Dans la “franc-maçonnerie régulière”, le maçon est un être "hétéronome" qui dépend d’un Etre supérieur, il doit se soumettre à un argument d’autorité. Dans la "maçonnerie irrégulière" ou libérale (par opposition à dogmatique), le maçon est un homme libre et autonome. Il ne doit se soumettre à aucun dogme, à aucun préjugé, à aucune vérité préétablie, à aucun Être supérieur, que se soit Dieu ou son alter ego le Diable. Il peut pratiquer le libre examen, il dispose de son libre arbitre, de sa liberté de pensée et de conscience. L’abandon de l’Être suprême étant en opposition totale avec les « basic principles », la Loge Mère d’Angleterre décida de ne plus reconnaître pour francs-maçons les membres qui ne respectaient pas ce landmark. La franc-maçonnerie plurielle se trouve divisée d’une part en maçonnerie dite régulière, religieuse, authentique, conservatrice et dogmatique, telles la GLNF et la GLRB, et d’autre part en maçonnerie dite irrégulière, libérale, humaniste, adogmatique, agnostique, athée telles le GODF et le GOB. Devant cette division, cette opposition entre obédiences, on voit disparaître l’idée de fraternité, de centre d’union ou d’universalité de la franc-maçonnerie et cela grâce au Sublime et Grand Architecte de l’Univers qui ne sème pas uniquement la discorde totale dans ce monde, mais qui n’épargne pas non plus la franc-maçonnerie. Dieu divise les hommes comme il divise la franc-maçonnerie. « La division, écrivait en 1884 Mgr de Ségur dans son étude sur les Francs-maçons, est le caractère des œuvres de Satan parce que l’unité ne subsiste que dans la vérité et dans la charité ». Il oubliait sans doute combien la chrétienté est divisée en différentes sectes qui se sont entre-tuées pendant des siècles, ce qui n’a jamais été le cas entre les Obédiences maçonniques régulières et irrégulières. On ne parle dès lors plus de maçonnerie, mais des maçonneries. La franc-maçonnerie universelle et la fraternité entre obédiences sont donc une utopie. Difficile de parler de fraternité lorsqu’on interdit à un membre d’une obédience régulière de fréquenter une obédience irrégulière sous peine d’excommunication. Les obédiences régulières ne peuvent entretenir des relations d’amitié avec des obédiences irrégulières. Il y a des opinions très divergentes concernant le concept de « Grand Architecte de l’Univers ». Il peut s’agir d’un dieu révélé ou non révélé, d’un dieu biblique ou non biblique, d’un dieu tout-puissant ou insignifiant, il peut être théiste, déiste, panthéiste, etc., il peut être un principe créateur ou non, un principe organisateur, un géomètre, il peut être réel ou symbolique, il peut être "un simple idéal", une énergie, un symbole de l’Amour, de l’Infini et de la Perfection. Sa nature diffère d’obédience en obédience, de loge en loge, d’un maçon à l’autre. C’est la raison pour laquelle la franc-maçonnerie a remplacé dans ses travaux le mot "Dieu" par "le Grand Architecte de l’Univers ou GLADLU. Ce concept permet toutes les interprétations mais est condamné par l’Église qui voit dans celui-ci la dénomination d’un "Dieu maçonnique" ce qui est bien entendu faux. Dans les loges régulières, ce vocable permet d’accommoder "Dieu" avec sa “religion personnelle”, pourvu que cela reste Dieu. Il permet également dans les loges irrégulières la même interprétation pour les croyants ou une tout autre interprétation pour les non-croyants. La franc-maçonnerie régulière oblige à la croyance en Dieu et a pour conséquence qu’en France seule la Grande Loge Nationale Française et en Belgique seule la Grande Loge régulière de Belgique peuvent s’octroyer le label de la régularité. Le principe de la croyance en Dieu, est un principe universel de toute Grande Loge Régulière. La Grande Loge régulière de Belgique affirme dans l’article 1er de sa Constitution “l’existence de Dieu”, Être Suprême, qu’elle désigne sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle requiert de ses adeptes qu’ils admettent cette affirmation et le texte ajoute que « Cette exigence est absolue et ne peut faire l’objet d’aucun compromis, ni d’aucune restriction ». La Franc-maçonnerie ne définit pas l’Être Suprême et laisse à chacun la liberté de le concevoir ». L’article 3, dit qu’« en affirmant la liberté de conscience, la Franc-maçonnerie requiert de tous ses adeptes le respect des opinions d’autrui ». Cet article est contraire à l’article 1er qui supprime la liberté de conscience. Il faut noter que Dieu est écrit au singulier, ce qui exclut la croyance en plusieurs dieux et donc les polythéistes. L’hindouisme est de nature polythéiste. Un hindou remplit-il le landmark du "Dieu unique”, c’est une question maçonnique à soumettre à un exégète grand maître régulier. L’affirmation de l’existence de Dieu imposée par les loges régulières peut être comparée à ce que le Pape Paul VI affirmait dans un discours en date du 15 novembre 1972 pour le diable : « Quiconque n’admet pas l’existence du démon ou la considère comme un phénomène indépendant n’ayant pas, contrairement à toute créature, Dieu pour origine, ou bien encore la définit comme une pseudo-réalité, comme une personnification conceptuelle et fantastique des origines inconnues de nos maladies, transgresse l’enseignement biblique et ecclésiastique ». Le diable ou Satan, qui était si puissant au Moyen Âge, a perdu toute sa vigueur au fur et à mesure que l’obscurantisme a disparu en Europe. Les intégristes veulent le faire revivre, comme ils veulent faire revivre Dieu. L’un n’allant pas sans l’autre, parce que Satan n’est plus qu’une métaphore, un mythe ou un symbole. La même valeur sémantique peut être attribuée au concept "Dieu", mais la franc-maçonnerie régulière en fait un "être personnel et réel" à la gloire duquel on prie à l’ouverture et à la fermeture des travaux. Dieu est réel, mais son "alter ego", le diable ne l’est plus. Les loges régulières, en imposant de croire en Dieu, auraient tout aussi bien pu imposer de croire dans le diable puisque l’un et l’autre relèvent de la mythologie générale (millions de dieux) ou de la démonologie. Dieu a aussi créé le Diable, sans quoi il y aurait deux principes égaux et le divin ne serait plus le Tout-Puissant Dieu, c’est donc aussi le Diable puisque personne d’autre ne peut l’avoir créé. Comment Dieu a-t-il pu créer son ennemi dont le but serait de saper ses plans divins, d’ébranler sa toute-puissance et faire douter de son existence ? La maçonnerie dogmatique, en imposant la croyance en ce Dieu unique, anéantit l’humain au profit du divin. Protagoras a fondé la base de l’humanisme, affirmant que « l’homme est la mesure de toute chose ». On aurait tout aussi bien pu demander aux maçons réguliers qu’ils affirment croire en Lucifer. Lucifer du latin "lux" (lumière) et "ferre" (porter) veut dire "porteur de lumière", et avant de devenir Satan, Lucifer était un Dieu latin, personnification de la connaissance. Le choix aurait symboliquement bien plus de sens, puisque les francs-maçons sont les "enfants de la lumière" et aspirent à s’améliorer par la connaissance. Le néophyte qui sollicite la GLNF, doit croire en Dieu et sa volonté révélée, la Divine Providence, sans quoi il est incapable de perfectionnement. Selon cette obédience, sans lien entre Dieu et l’homme il n’y a plus de but spirituel et les rites deviennent des simulacres. La GLNF met l’accent sur la spiritualité religieuse qui doit dominer dans toute l’action maçonnique. On y travaille dans un esprit pieux. C’est une franc-maçonnerie de nature spirituelle, religieuse et traditionnelle, les membres étant invités à méditer sur la Loi d’Amour de l’Évangile de Saint Jean. Elle rejette toute spiritualité laïque ou athée, elle ne conçoit la spiritualité que transcendantale, reliée à la religion, à Dieu. Cette spiritualité religieuse dont il est constamment question dans la maçonnerie régulière est un rempart contre le rationalisme, l’agnosticisme ou l’athéisme qui pourraient la contaminer. « Il est souhaitable, écrit le Grand Secrétaire de la GLNF, Jean-Pierre Pilorge dans un Compte-rendu sur la Commission Stasi le 30.10.2005, que la laïcité de France expurge une partie des scories de la philosophie des lumières du 18ième siècle ». On peut regretter qu’il n’ait pas explicité ces "scories" et de quelle liberté il aurait pu disposer s’il n’y avait pas eu la philosophie des lumières et la Révolution française pour mettre fin à 16 siècles de persécution et de dictature religieuse catholique et romaine. Le Grand Prieuré des Gaules stipule que le Régime Écossais Rectifié a pour but de renforcer, d’affermir la fidélité à la religion chrétienne, fondée sur la foi en la sainte Trinité.  Alberto Menasche, Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina, explique sur le site de son obédience que le concept maçonnique de Grand Architecte de l’Univers signifie que le Franc-maçon n’est pas athée, mais qu’il est en quête de spiritualité, conscient d’une transcendance. Dans certains ateliers du GOB, le Grand Architecte est mort, mais il survit dans d’autres avec une variété d’interprétations laissées à l’appréciation individuelle de chaque membre de chaque atelier. Étant donné l’interprétation maçonnique du concept Dieu, l’Église accuse la maçonnerie d’avoir créé un "Dieu maçonnique" distinct du Dieu de la religion, ce qui est inexact. Les loges régulières se réfèrent au concept "Dieu" tel qu’il est compris par les religions traditionnelles. Les loges irrégulières telles que le GODF et le GOB n’en font qu’un symbole. Sur le site internet de la GNLF, le Grand Maître de la Grand maître Foellner écrit que la Franc-maçonnerie régulière repose sur des principes séculaires considérés comme immuables et intangibles et que ne partagent pas les francs-maçons non réguliers : « Nous croyons, dit-il fermement, à la réalité du Grand Architecte de l’Univers qui est DIEU ». De tels propos empêchent toute évolution dans la franc-maçonnerie puisque ses principes doivent rester immuables et intangibles ce qui en fait des dogmes. Ces principes sont alors érigés en une Vérité éternelle, puisqu’immuable. Ces propos me font penser au Coran écrit il y a 14 siècles et qui mentionne : « l’islam est une religion immuable, mais la plupart des hommes ne l’entendent pas ». Dans un communiqué à l’Agence France-Presse, le Grand Maître de la GLNF Jean-Charles Foellner, adresse ses condoléances dans une lettre aux autorités ecclésiastiques et vaticanes en soulignant que les 34.000 frères de son Obédience ont la particularité de croire en Dieu. Il est écrit que le pape Jean-Paul II était le défenseur des droits de l’homme, des valeurs morales et spirituelles universelles et on ajoute même que l’Eglise reste de façon intangible porteuse des valeurs éternelles qui structurent l’homme, etc. Dommage que les millions de victimes de l’Inquisition ne puissent plus exprimer ce qu’ils pensent des valeurs morales éternelles du Vatican. Jean-Paul II, ce Pape misogyne, comme tous ceux qui l’ont précédé, a canonisé Pie IX, l’auteur du syllabus (1864), texte condamnant la liberté de pensée, la liberté religieuse, la laïcité, la recherche philosophique, la critique linguistique des textes "sacrés »il a prouvé tout au long de son long règne que rien n’est changé sur ce point. Canoniser les ennemis de la liberté, c’est apparemment défendre les droits de l’homme. Le Cardinal Ratzinger, avant d’être Benoît XVI, déclarait dans un sermon que toutes les religions, à part la religion catholique, sont défectives. Dans un livre paru le 3 mars 2005 "Mémoire et Identité", il met en cause la démocratie et ses dangers et il semble aussi vouloir comparer subtilement l’holocauste aux avortements légaux.[24] Benoît XVI ou Ratzinger, tout comme feu Jean-Paul II, ont toujours exprimé leur opposition au laïcisme, à la science, à la modernité, à la liberté de pensée, à la liberté religieuse, à la procréation artificielle in vitro, aux recherches sur l’embryon à des fins médicales, à la contraception, l’avortement légal, l’euthanasie légale, au divorce, à la communion pour les divorcés, aux femmes-prêtres. En maintenant des prêtres pédophiles en service au lieu de les révoquer, le Vatican perd toute crédibilité et toute moralité. Aux États-Unis, l’Église dépense des milliards pour les soustraire aux tribunaux et on trouve qu’ils sont toujours bons à être fonctionnaires de Dieu. "Le Vatican, la dernière dictature", est le livre du prêtre Rik Devillé.Comment peut-on faire passer un tel Pape pour le défenseur des droits de l’homme et des valeurs universelles ? Quelle complicité avec le Vatican ! Quel panégyrique de l’ennemi des libertés ! Faut-il rappeler à la Grande Loge Nationale française que le pape Clément XII dans sa Constitution "In Eminenti" (1738) déclare la franc-maçonnerie une secte condamnée à perpétuité. Comme le pape est infaillible, « perpétuel » c’est pour toujours. Léon XIII qualifie la maçonnerie de secte criminelle. Pie IX affirmait que Satan était le fondateur de la franc-maçonnerie mais les papes, eux, sont les fondateurs de l’Inquisition. Dans une « Déclaration sur l’incompatibilité entre l’appartenance à l’Église et la franc-maçonnerie », le Pape Jean Paul-II, via le Préfet Ratzinger, fait savoir que le jugement négatif de l’Église sur les associations maçonniques demeure inchangé et que les maçons sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion « Le canon 1374 dans lequel les maçons réguliers ont voulu voir leur salut n’y change rien. Obédience régulière ou irrégulière n’y change rien. Les 34.000 croyants de la GLNF ne peuvent aller communier. L’Église catholique a raison lorsqu’elle affirme l’incompatibilité entre l’Église et la franc-maçonnerie. Ce qui serait grave c’est que la maçonnerie soit compatible avec l’idéologie chrétienne.La franc-maçonnerie ne peut ressembler à une Église ou à une demi-Église, comme c’est le cas pour la GLNF. L’Église originale vaut toujours mieux que sa copie. La franc-maçonnerie invoque en vain la Tradition pour mettre la Bible ou le Coran sur l’autel. Que tout soit clair, qu’on laisse à l’Église son fonds de commerce : Dieu, la Bible et les prières et tous les rites à caractère religieux, cela évitera que le Vatican puisse parler de secte. Ainsi, la GLNF qui cite si souvent l’Évangile rendra à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il y a assez d’églises, de synagogues, de mosquées et de sectes innombrables pour y vénérer Dieu et faire des prières, les temples maçonniques ne doivent pas être les lieux de la superstition religieuse. Les Églises accusent la maçonnerie religieuse d’attirer ses fidèles vers le temple maçonnique, ce qui n’est pas étonnant. La maçonnerie en général se dit adogmatique, il est évident que cette philosophie est contraire à toutes les religions parce que la religion est "l’ensemble des dogmes et des croyances définissant les rapports de l’homme avec le sacré » On est aussi étonné de lire sur des sites de maçonnerie régulière que les maçons peuvent être dogmatiques mais que la maçonnerie ne l’est pas. Comment alors composer une maçonnerie non dogmatique avec des maçons qui le sont ? Interdire dans les loges l’examen critique des idéologies religieuses va à l’encontre de la recherche illimitée de la vérité. Le maçon doit pouvoir exercer son libre arbitre dans tous les domaines (« Sapere aude »). Le maçon doit avoir le courage de se servir de son propre entendement. Les religions s’accusent mutuellement d’être fausses et les fidèles s’entretuent parce qu’ils trouvent le fondement de leur intolérance religieuse, de leur fanatisme religieux dans les textes de leur Bible ou de leur Coran. Voir le contenu dangereux de ces textes sur : http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=982
http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=451 Les livres saints utilisés par les loges sont contraires à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et à la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales ainsi qu’au droit national et européen. Ces livres n’ont donc pas leur place dans la maçonnerie. On ne peut défendre la "tolérance" en prêtant le serment sur des livres intolérants. Le Grand Orient de France s’est toujours opposé à l’obscurantisme et a jusqu’à présent défendu la laïcité, mais cette défense s’amollit au fur et à mesure que le fanatisme religieux progresse. On dit que le Grand Orient est anticlérical, c’est tout à fait normal si l’on sait que cléricalisme veut dire "favorable à l’intervention du clergé dans les affaires publiques". La franc-maçonnerie est aussi antireligieuse, bien qu’elle s’en défende et qu’en loge la critique religieuse soit interdite. La religion n’est qu’un ensemble de dogmes et la maçonnerie rejette tous les dogmes et tous les préjugés. En rejetant tous les dogmes, elle ne peut qu’être en opposition avec la religion, sinon la maçonnerie doit changer ses statuts. Ce qui est inquiétant pour le Grand Orient de France, c’est de voir la réintroduction du Rite Écossais Rectifié parmi les rituels pratiqués, alors que celui-ci fut jadis abandonné. Ce rite dans lequel on prie au nom de Père, du Fils et du Saint-Esprit est de nature à faire du prosélytisme pour la religion catholique. On dit même que dans la GLNF certains ateliers exigeraient un certificat de baptême. Ce rite tient pour acquis l’existence de Dieu, de son fils Jésus-Christ et vénère la Vierge. Le perfectionnement se fait par la pratique des vertus chrétiennes. Dans les banquets rituels au R.E.R, les maçons font une prière qui débute comme suit : « Grand Architecte de l’Univers, qui pourvoit aux besoins de Tes créatures, nous recevons ces aliments de Tes mains avec reconnaissance... »

Ils feraient mieux de remercier les fermiers, parce que sans eux leurs assiettes seraient vides et leurs prières n’y changeraient rien. Des millions de gens meurent de la faim, des tremblements de terre, de la sécheresse ou des inondations, malgré toutes leurs vaines prières. « La prière, a dit Bertrand Russell, est une humiliation indigne d’un homme libre. » Dieu est immuable et à un tel point qu’il n’a jamais rien fait pour l’humanité. Il ne faut donc pas s’étonner qu’on doute de son existence, sauf dans les statuts maçonniques des loges régulières...“Une Loge Révèle "écrit à propos de ce rite christique : « Il s’agit d’une machine de guerre religieuse née au XVIII siècle. Son but est de ramener dans le sein de l’Église catholique les "frères égarés". Les non-catholiques, les Juifs en particulier n’y sont pas les bienvenus. Les postes de commande sont réservés à des catholiques bon teint, pourvus d’un acte de baptême, etc. derrière laquelle se cache l’Église tout court. » Le Grand Orient de France compterait actuellement 45 ou 55 ateliers au Rite Écossais Rectifié. La religiosité y progresse donc à grands pas. Le Grand Orient, en laissant pratiquer ce rite christique, se livre à son tour au prosélytisme religieux et la communautarisation interne de l’obédience est en route, en opposition avec les statuts qui prônent la laïcité. Vu cette évolution, on y verra bientôt des ateliers musulmans, hindous, bouddhistes, etc. Ce sera la fin du Grand Orient de France et de son caractère essentiellement laïque. La maçonnerie scandinave prédominante (Norvège, Suède, Danemark, Finlande, etc.) est chrétienne. Nul ne peut y être initié s’il n’est pas chrétien. Elle est donc bien entièrement communautarisée puisqu’elle ne tolère aucune autre religion, ni aucun libre-penseur en son sein. Le travail maçonnique ne peut être majoritairement consacré au symbolisme et aux rituels si les maçons veulent réellement construire le temple idéal de l’humanité. Trop de symbolisme occulte les problèmes essentiels de ce monde sur lesquels les maçons devraient se pencher. C’est l’écrivain Cavanna qui, en entrant en maçonnerie, se lassa très vite des rituels et symboles et abandonna à cause de cela. « Je m’emmerdais, dit-il, le rituel avait vite perdu son maigre pittoresque pour n’être plus qu’un fatras de symboles aussi barbants que la messe. Le rituel franc-maçon n’est qu’allégorique, et pourtant, avec quelle ferveur ils s’y cramponnent ! La franc-maçonnerie, qui n’attache à son rituel aucune autre valeur que symbolique, n’en abandonne pourtant rien, et même passe d’innombrables heures à en commenter tel ou tel point. » Notre planète est menacée par la surpopulation, la famine, la pollution, la surchauffe, le manque de matières premières et d’énergie. Elle est aussi gravement menacée par les intégristes musulmans qui ont déjà installé le Conseil Européen de la Fatwa à Londres pour introduire la charia partout en Europe et mettre fin à notre liberté d’expression. Des fatwas de mort sont lancées contre plusieurs personnes vivant en Europe. Plusieurs parlementaires et politiciens hollandais sont menacés de mort et la peur règne depuis la mort de Théo Van Gogh. La liberté d’expression est remise en cause par l’islam. Les maçons restent muets pendant que nos libertés fondamentales sont gravement menacées. Travailler à la construction du temple idéal de l’humanité, oui, mais pas au « temple spirituel de l’humanité » comme le dit la GLNF. Les religions s’occupent déjà assez de la construction des temples spirituels. Par ce texte je ne veux nullement critiquer ou mettre en cause la valeur des maçons des loges régulières et l’utilité de la franc-maçonnerie en général, mais bien uniquement la religiosité qui imprègne tout dans les obédiences régulières. Il est interdit d’y parler de religion, mais tout y est religiosité, prières, rituels christiques, vénération du Grand Architecte. La maçonnerie régulière n’est bien entendu pas une secte et tous les maçons réguliers sont des gens respectables et de qualité comme le sont ceux de toutes les autres loges dites irrégulières. L’ex-Grand Maître du GODF Alain Bauer, est conscient que la franc-maçonnerie a besoin de se redynamiser. C’est pourquoi il a déclaré : « Alors, puisqu’il n’y a pas de débats d’idées, nous nous empaillons sur des problèmes d’intendance, sur la couleur de nos cordons. Nous tombons souvent dans la facilité en ne parlant que de ce qui se trouve dans les grimoires, en restant enfermés dans des cavernes. « 

Source : http://www.fairelejour.org/

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