Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Les Grands Initiés : Moïse la vision du Sinaï

1 Juillet 2012 , Rédigé par E SCHURE Publié dans #spiritualité

La véritable Mission de Moïse, donner une base solide à la religion Universelle... et pour cela il a choisi les descendants d'Abraham....

Une sombre masse de granit, si nue, si ravinée sous la splendeur du soleil qu'on la dirait sillonnée d'éclairs et sculptée par la foudre. C'est le sommet du Sinaï, le trône d'Aelohim, disent les enfants du désert. En face, une montagne plus basse, les rochers du Serbal, abrupte et sauvage aussi. Dans ses flancs, des mines de cuivre, des cavernes. Entre les deux montagnes, une vallée noire, un chaos de pierres, que les Arabes appellent l'Horeb, l'Erèbe de la légende sémitique. Elle est lugubre, cette vallée de désolation quand la nuit y tombe avec l'ombre du Sinaï, plus lugubre encore quand la montagne se coiffe d'un casque de nuages, d'où s'échappent des lueurs sinistres. Alors un vent terrible souffle dans l'étroit couloir. On dit que là, Aelohim renverse ceux qui essaient de lutter avec lui et les lance dans les gouffres où s'effondrent les trombes de pluie. Là aussi, disent les Madianites, errent les ombres malfaisantes des géants, des Refaïm qui font crouler des rochers sur ceux qui tentent de gravir le lieu saint. La tradition populaire veut encore que le Dieu du Sinaï apparaisse quelquefois dans le feu fulgurant comme une tête de Méduse à pennes d'aigle. Malheur à ceux qui voient sa face. Le voir c'est mourir.

Voilà ce que racontaient les nomades, le soir, dans leurs récits sous la tente, quand dorment les chameaux et les femmes. La vérité est que seuls les plus hardis parmi les intités de Jétro montaient à la caverne du Serbal et y passaient souvent plusieurs jours dans le jeûne et la prière. Des sages de l'Idumée y avaient trouvél'inspiration. C'était un lieu consacré depuis un temps immémorial aux visions surnaturelles, aux Ealohim ou esprits lumineux. Aucun prêtre, aucun chasseur n'eût consenti à conduire le pèlerin.

Moïse était monté sans crainte par le ravin d'Horeb. Il avait traversé d'un coeur intrépide la vallé de la mort et son chaos de rochers. Comme tout effort humain, l'initiation a ses phases d'humilité et d'orgueil. En gravissant les marches de la montagne sainte, Moïse avait atteint le sommet de l'orgueil, car il touchait au sommet de la puissance humaine. Déjà, il croyait se sentir un avec l'Etre suprême. Le soleil d'un pourpre ardent s'inclinait sur le massif volcanique du Sinaï et les ombres violettes de couchaient dans les vallées, quand Moïse se trouva à l'entrée d'une caverne dont une maigre végétation de térébinthes protégeait l'entrée. Il s'apprêtait à y pénétrer, quand il fut comme aveuglé par une lumière subite qui l'enveloppa. Il lui sembla que le sol brûlait sous lui et ques les montagnes de granit s'étaient changées en un mer de flammes. A l'entrée de la grotte, une apparition aveuglante de lumière le regardait et du glaive lui barrrait la route. Moïse tomba foudroyé, la face contre terre. Tout son orgueil s'était brisé. Le regard de l'Ange l'avait transpercé de sa lumière. Et puis, avec ce sens profond des choses qui s'éveille dans l'état visionnaire, il avait compris que cet être allaitlui imposer des choses terribles. Il eût voulu échapper à sa mission et rentrer sous terre comme un reptile misérable.

Mais une voix dit : "Moïse ! Moïse !" Et il répondit : "Me voici !

-Ne t'approche point d'ici. Déchausse les souliers de tes pieds. Car le lieu où tu te tiens est une terre sainte."

Moïse cacha son visage dans ses mains. Il avait peur de revoir l'Ange et de rencontrer son regard.

Et l'Ange lui dit : "Toi qui cherches Aelohim, pourquoi trembles-tu devant moi ?

-Qui es-tu ?

-Un rayon d'Aelohim, un ange solaire, un messager de Celui qui est et qui sera.

-Qu'ordonnes-tu ?

-Tu diras aux enfants d'Israël : L'Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jacob m'a envoyé vers vous, pour vous retirer du pays de servitude.

-Qui suis-je, dit Moïse, que je retire les enfants d'Israël de l'Egypte ?

-Va, dit l'Ange, car je serai avec toi. Je mettrai le feu d'Aelohim dans ton coeur et son verbe sur tes lèvres. Depuis quarante ans tu l'évoques. Ta voix à retenti jusqu'à lui. Voici, je te saisis en son nom. Fils d'Aelohim, tu m'appartiens à jamais."

Et Moïse enhardi s'écria :"Montre-moi Aelohim ! Que je voie son feu vivant !"

Il releva la tête. Mais la mer de flammes s'était évanouie et l'Ange avait fui comme l'éclair. Le soleil était descendu sur les volcans éteints du Sinaï ; un silence de mort planait sur le val d'Horeb ; et une voix qui semblait rouler dans l'azur et se perdre dans l'infini disait : "Je suis Celui qui suis."

Moïse sortit de cette vision comme anéanti. Il crut un instant que son corps avait été consumé par le feu de l'Ether. Mais son esprit était plus fort. Quand il redescendit vers le temple de Jétro il se trouva prêt pour son oeuvre. Son idée vivante marchait devant lui comme l'Ange armé du glaive de feu.

Chapitre V

L'EXODE - LE DESERT - MAGIE ET THEURGIE

Le plan de Moïse était un des plus extraordinaires, des plus audacieux qu'homme ait jamais conçus. Arracher un peuple au joug d'une nation aussi puissante que l'Egyte, le mener à la conquête d'un pays occupé par des populations ennemies et mieux armées, le traîner pendant dix, vingt ou quarante ans dans le désert, le brûler par la soif, l'exténuer par la faim ; le harceler comme un cheval de sang sous les flèches des Hittites et des Amalécites prêts à le tailler en pièces ; l'isoler avec son tabernacle de l'Eternel au milieu de ces nations idolâtres, lui imposer le monothéisme avec une verge de feu et lui inspirer une telle crainte, une telle vénération de ce Dieu unique qu'il s'incarnât dans sa chair, qu'il devînt son symbole national, le but de toutes ses aspirations et sa raison d'être. Telle fut l'oeuvre inouïe de Moïse.

L'exode fut concerté et préparé de longue main par le prophète, les principaux chefs israélites et Jétro. Pour mettre son plan à exécution, Moïse profita d'un moment où Ménephtah, son ancien compagnon d'études devenu pharaon, dut repousser l'invasion redoutable du roi des Lybiens Mermaïoui. L'armée égyptienne tout entière occupée du côté de l'Ouest ne put contenir les Hébreux et l'émigration en masse s'opéra paisiblement.

Voilà donc les Béni-Israël en marche. Cette longue file de caravanes, portant les tentes à dos de chameaux, suivie de grands troupeaux, s'apprête à contourner la mer Rouge. Ils ne sont encore que quelques milliers d'hommes. Plus tard l'émigration se grossira "de toutes sortes de gens" comme dit la Bible, Cananéens, Edomites, Arabes, Sémites de tout genre, attirés et fascinés par le prophète du désert, qui de tous les coins de l'horizon les évoque pour les pétrir à sa guise. Le noyau de ce peuple est formé par les Béni-Israël, hommes droits, mais durs, obstinés et rebelles. Leurs hags ou leurs chefs leur ont enseigné le culte du Dieu unique. Ils constituent chez eux une haute tradition patriarcale. Mais dans ces natures primitives et violentes le monothéisme n'est encore qu'une conscience meilleure et intermittente. Dès que leurs mauvaises passions se réveillent, l'instinct du polythéisme, si naturel à l'homme, reprend le dessus. Alors ils retombent dans les superstitions populaires, dans la sorcellerie et dans les pratiques idolâtres des populations voisines d'Egypte et de Phénicie, que Moïse va combattre par des lois draconiennes.

Autour du prophète qui commande à ce peuple, il y a un groupe de prêtres présidés par Aaron, son frère d'initiation, et par la prophétesse Marie qui représente déjà dans Israël l'initiation féminine. Ce groupe constitue le sacerdoce. Avec eux soixante-dix chefs élus ou initiés laïques se serrent autour du prophète de Iévé, qui leur confiera sa doctrine secrète et sa tradition orale, qui leur transmettra une partie de ses pouvoirs et les associera quelquefois à ses inspirations et à ses visions.

Au coeur de ce groupe on porte l'arche d'or. Moïse en a emprunté l'idée aux temples égyptiens où elle servait d'arcane pour les livres théurgiques ; mais il l'a fait refondre sur un modèle nouveau pour ses desseins personnels. L'arche d'Israël est flanquée de quatre chérubs en or semblables à des sphinx, et pareils auxquatre animaux symboliques de la vision d'Ezechiel. L'un a une tête de lion, l'autre une tête de boeuf, le troisième une tête d'aigle et le dernier une tête d'homme. Ils personnifient les quatre éléments universels : la terre, l'eau, l'air et le feu ; ainsi que les quatre mondes représentés par les lettres du tétragramme divin. De leurs ailes les chérubs recouvrent le propitiatoire.

Cette arche sera l'instrument des phénomènes électriques et lumineux produits par la magie du prêtre d'Osiris, phénomènes qui, grossis par la légende, enfanteront les récits bibliques. L'arche d'or renferme en outre le Sépher Béréhit ou livre de Cosmogonie rédigé par Moïse en hiéroglyphes égyptiens, et la baguette magique du prophète, appelée verge par la Bible. Elle contiendra aussi le livre de l'Alliance ou la loi du Sinaï. Moïse appellera l'arche le trône d'Aelohim ; car en elle repose la tradition sacrée, la mission d'Israël, l'idée de Iévé.

Quelle constitution politique Moïse donna-t-il à son peuple ? A cet égard il faut citer l'un des passages les plus curieux de l'exode. Ce passage a l'air d'autant plus ancien et plus authentique qu'il nous montre le côté faible de Moïse, satendance à l'orgueil sacerdotal et à la tyrannie théocratique, réprimée par son initiateur éthiopien.

Le lendemain, comme Moïse siégeait pour juger le peuple, et que le peuple se tenait devant Moïse depuis le matin jusqu'au soir,
Le beau-père de Moïse ayant vu tout ce qu'il faisait au peuple, lui dit : Qu'est-ce que tu fais au peuple ? D'où vient que tu es seul assis et que le peuple se tient devant toi depuis le matin jusqu'au soir ?
Et Moïse répondit à son beau-père : C'est que le peuple vient à moi pour s'enquérir de Dieu.
Quand ils ont quelque cause, ils viennent à moi ; alors je juge entre l'un et l'autre et je leur fais entendre les ordonnance de Dieu et ses lois.
Mais le beau-père de Moïse lui dit : Tu ne fais pas bien.
Certainement tu succomberas, et toi, et même ce peuple qui est avec toi ; car cela est trop pesant pour toi, et tu ne sauras faire cela à toi seul.
Ecoute-donc mon conseil ; je te conseillerai, et Dieu sera avec toi. Sois pour le peuple auprès de Dieu, et rapporte les causes à Dieu ;
Instruis-les des ordonnances et des lois, et fais-leur entendre la voix par laquelle ils doivent marcher, et ce qu'il auront à faire.
Et choisis d'entre tout le peuple des hommes vertueux, craignant Dieu,des hommes véritables haïssant le gain déshonnête, et établis sur eux des chefs de milliers, des chefs de centaines, des chefs de cinquantaines, et des chefs de dizaines ;
Et qu'ils jugent le peuple en tout temps ; mais qu'ils te rapportenttoutes les grandes affaires, et qu'ils jugent toutes les petites causes. Ainsi ils te soulageront et ils porteront une partie de la charge avec toi.
Si tu fais cela, et Dieu te le commande,tu pourras subsister, et même tout le peuple arrivera heureusement en son lieu.
Moïse donc obéit à la parole de son beau-père, et fit tout ce qu'il avait dit -Exode, XVIII, 13-24(12)

Il ressort de ce passage que dans la constitution d'Israël établie par Moïse, le pouvoir exécutif était considéré comme une émanation du pouvoir judiciare et placé sous le contrôle de l'autorité sacerdotale. Tel fut le gouvernement légué par Moïse à ses successeurs, sur le sage conseil de Jétro. Il resta le même sous les juges, de Josué à Samuël jusqu'à l'usurpation de Saül. Sous les rois, le sacerdoce déprimé commença à perdre la véritable tradition de Moïse, qui ne survécut que dans les prophètes.

Nous l'avons dit, Moïse ne fut pas un patriote, mais un dompteur de peuple ayant en vueles destinées de l'humanité entière. Israël n'était pour lui qu'un moyen, la religion universelle était son but, et par-dessus la tête des nomades sa pensée allait aux temps futurs. Depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la mort de Moïse, l'histoire d'Israël ne fut qu'un long duel entre le prophète et son peuple.

La suite - L'Exode - Le désert - Théurgie et Magie (suite)

  

Source : http://graal.over-blog.com/article-7144722.html

 

Partager cet article

Commenter cet article