Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Les loges militaires

11 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

Le chapitre 1 des constitutions de la Grande Loge de France nous rappelle, je cite, que : « la Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité ».

Pour autant, son caractère universel ne doit pas s’opposer aux devoirs que tout Franc-Maçon doit à l’égard de sa patrie. Cela est d’ailleurs clairement rappelé dans l’article 3 de la déclaration de principes de la Grande Loge de France de décembre 1953, à savoir : « La Grande Loge de France proclame son indéfectible fidélité et son total dévouement à la Patrie ».

Ces 2 proclamations, loin d’être en contradiction, tout au contraire, nous rappellent, s’il en était vraiment besoin, que l’humanité doit toujours être placée au dessus de la patrie, et c’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les Franc-Maçons doivent continuellement rechercher la fraternité entre les peuples, en s’opposant par les moyens les plus pacifiques mis éventuellement à leur disposition, à tout conflit armé.

Et, lorsque toutes les solutions pour conserver la paix auront été épuisées, alors, la Franc-Maçonnerie, et les Franc-Maçons eux-mêmes, à titre individuel ou collectif, et dans la mesure du possible, doivent s’exercer à rendre les combats les moins pénibles pour les hommes qui les subissent, ou, tout du moins, à soulager au mieux les souffrances qu’inévitablement, ils engendrent.

Pour ce faire, entre autre, la Franc-Maçonnerie a aidé à la création de loges spéciales destinées à accueillir principalement les officiers et sous-officiers des différentes armées ; il s’agit, bien entendu, des loges militaires.

Ces loges militaires étaient établies dans la plupart des villes de garnison en temps de paix. Il s’agissait de loges dites « ambulantes », ambulantes puisqu’elles se déplaçaient au gré des déménagements de garnison, ou bien encore, quand c’était le cas, des conflits armés. On a également retrouvé quelques exemples de loges se réunissant à bord des navires de guerre.

Leurs tenues se tenaient, la plupart du temps, soit dans les camps, soit, lorsque l’on était en temps de guerre, bien évidemment, directement sur les territoires conquis.

La 1ère loge militaire dont on ait, semble t-il, trouvé trace, daterait de 1728, et aurait été créée par la Grande Loge de Londres pour un bataillon du Royal Scots en garnison sur les côtes de Coromandel, dans le sud-est de l’Inde, au nord du Sri Lanka.

Une 2nde loge fut fondée, toujours par la Grande Loge de Londres, en 1729, pour les troupes stationnant depuis 1704 sur la forteresse de Gibraltar.

Enfin, le 7 novembre 1732, la Grande Loge d’Irlande octroya une charte au 1er bataillon du régiment royal écossais.

A noter, enfin, qu’au milieu du 18ème siècle, 29 loges militaires dépendront de cette même Grande Loge d’Irlande, pour 112 à la fin de ce même siècle. Et, à la fin du 19ème siècle, 409 loges militaires auront été érigées par les 3 grandes loges britanniques que sont l’Ecosse, l’Angleterre, et donc, l’Irlande.

Le reste de l’Europe ne fut pas non plus en reste.

En France, des loges militaires avaient essaimé dès 1688 par l’intermédiaire du régiment « Royal Irlandais » ayant suivi le roi Jacques II Stuart en exil, et elles se sont très probablement reconstituées à la même époque, à Saint-Germain-en-Laye, sous le titre distinctif de « La Parfaite Egalité ».

Ces écossais et ces irlandais ont ainsi recréé la Maçonnerie écossaise sur le continent, en acceptant par la suite au sein de leurs loges, des nobles et des officiers français. Ces loges seront déjà au nombre de 5 en 1744. En 1778, 30 loges militaires dépendront ainsi du Grand Orient de France.

Il est d’ailleurs peut-être utile de rappeler ici que la plupart des loges de province seront principalement fondées par l’entremise de ces mêmes loges militaires qui, au fil de leurs déplacements, laisseront bien souvent derrière elles un embryon de loge civile.

On peut citer l’exemple, entre autre, de la loge militaire de la 41ème demi-brigade, connue sous le titre distinctif « La Concorde », et qui, en 1802, à son départ du Luxembourg, laissera derrière elle, 6 mois plus tard seulement, un nouvel atelier, « Les Enfants de la Concorde ».

Il est à noter, pour l’anecdote, que cette 41ème demi-brigade ne dut son salut, lors d’un combat maritime contre un navire anglais, en 1801, qu’en se présentant à l’avant du navire, et en faisant le signe de secours et jetant le cri de détresse. Parmi les officiers anglais, se trouvaient des maçons. Le feu fut alors suspendu et des canots échangèrent les conditions de la reddition, au moment ou la défaite du navire français était certaine.

D’après Jean-Robert Lagache, à la fin du 18ème siècle, « des bateaux de guerre, et un tiers des régiments, possédaient des loges ».

A La Rochelle, en 1770, le baron Beufvier de la Rouerie proposera même la construction d’un navire de guerre de 300 canons financé par les seuls Frères, qui en auraient bien évidemment formé l’équipage. Ce projet n’aboutira cependant jamais.

Enfin, en 1811, on recensera, en tout et pour tout, 69 loges militaires dans les rangs de l’armée française, et, faut-il encore le préciser, la grande majorité des maréchaux (18 au total sur les 26 nommés après le rétablissement du titre en 1804), et des généraux, étaient Franc-Maçons.

Car ce véritable phénomène que sont les loges militaires, connaîtra son apogée au tout début du 19ème siècle, et ce même si, bien évidemment, et nous l’avons déjà vu précédemment, elles n’ont pas leur origine directe dans les armées napoléoniennes.

Prenons néanmoins quelques exemples.

En 1799, pendant la campagne d’Egypte, la 42ème demi-brigade et la 13ème légère obtiendront du Grand Orient de France la constitution de 2 ateliers sous les titres distinctifs de « L’Union Militaire » et de « L’Egalité Triomphante ». En 1800, la 60ème demi-brigade crée également « Les Amis Réunis de la Victoire » ; quand à la 92ème, elle crée « La Parfaite Union ».

On dénombre ainsi 42 loges militaires pour 90 régiments d’infanterie de ligne, et 18 loges militaires pour 26 régiments d’infanterie légère. D’après Jean Tulard, spécialiste de cette période, le pourcentage maximum de Franc-Maçons dans les régiments était alors de 44 %, la moyenne, de 24 % environ, ce qui est considérable pour une armée et, sûrement, jamais égalé depuis lors, dans aucune autre armée au monde.

On assiste à ce moment là à un mouvement de constitution de loges militaires sans précédent en Europe, des loges affiliées à un Ordre maçonnique dont les différentes branches, Grande-Loge Générale Ecossaise et Grand Orient de France, venaient tout juste d’être unifiées par un pouvoir désireux d’en faire très rapidement une authentique institution impériale.

Le Grand Orient de France devint dès lors représentatif de tous les groupements maçonniques de l’Empire.

Il convient malgré tout de rappeler ici, pour, éventuellement, un peu mieux comprendre le rôle en Europe, des loges militaires d’inspiration française, que déjà, au cours du 18ème siècle, ces dernières, de rites et d’importances variées, avait créé un peu partout dans le monde de très nombreuses « filiales », notamment au-delà du Rhin, des Antilles et sur le pourtour méditerranéen.

De même, de nombreuses loges relevant de juridictions étrangères s’étaient installées en France.

La différence, ici, c’est que ces loges, attachées au drapeau d’un régiment, allaient rapidement devenir, non plus simplement un lieu de rencontres fraternelles, mais surtout l’instrument idéologique d’une France post-révolutionnaire.

A cette époque, la Franc-Maçonnerie était, il est vrai, très fortement implantée dans les armées européennes, et toujours sous l’influence persistante des idées issues du grand siècle des Lumières.

Ainsi, à l’instar des armées romaines dont les légionnaires étaient pour le plupart membres de nombreuses confréries initiatiques, et dont la mission était, entre outre, d’apporter la civilisation romaine dans les pays conquis, les armées françaises, et, au premier rang, les Franc-Maçons membres de ces mêmes loges militaires, se sentaient, pour la plupart, sans aucun doute, investis pareillement d’une mission civilisatrice, en apportant à l’Europe les idéaux révolutionnaires et républicains.

Ce fut, en Espagne particulièrement, une très lourde erreur.

Comme l’écrit Jean-Luc Quoy-Bodin dans son livre, L’armée et la Franc-Maçonnerie : « Les maçons français ont sous-estimé la profondeur et l’enracinement historique des préjugés religieux. […] Les maçons français ont cru pouvoir, en quelques années, convertir les esprits à une vision plus sereine des choses. C’était une erreur psychologique grave et ce fut un échec stratégique encore plus grave ».

Malgré tout, les maçons français étaient convaincus que l’implantation de loges dans les pays nouvellement conquis pouvait être considérée comme une sorte de pacifisme, car elles permettaient, entre autre, de faire se rencontrer, et échanger, des membres d’horizons intellectuels très divers, tout en laissant le plus souvent, derrière elles, de nouvelles loges civiles, comme nous l’avons déjà vu précédemment.

Durant toute cette période, le Grande Orient de France affirma sa volonté d’être le centre régulateur unique des loges travaillant sur toute l’étendue de l’Empire, par la prise en charge des loges qui existaient déjà, et la création de nouvelles, et l’on peut parfois affirmer, sans se tromper, qu’une réelle fraternité s’était installée entre ses membres.

Ainsi, la loge de Cologne, dite du « Secret des Trois Rois » écrivit-elle au Grand Orient après la débâcle de 1814 : « Si nos désirs les plus chers sont exaucés, nos travaux reprendront un jour. Non seulement ils respireront la même ferveur que ceux des temps passés, mais nous viendrons vous demander vos lumières ».

Mais, malheureusement, ce ne fut pas toujours le cas.

Ainsi, au Portugal, le général Andoche Junot, Franc-Maçon lui-même, lors de son entrée à Lisbonne en 1807, reçut fraternellement une délégation maçonnique venue le complimenter, en leur demandant ni plus ni moins de remplacer les portraits de la Reine et du régent, dans les temples maçonniques, par celui de l’Empereur. Devant leur refus, il crut bon, alors, de pouvoir demander, pour lui-même, la dignité de grand-maître.

En guise de réponse, voici ce qu’écrivit alors le Frère Libertaro, également membre de l’ordre de Saint-Augustin : « L’honneur et la fidélité ne permettaient pas que l’on accordât une aussi haute dignité à un étranger, notre conquérant, et la décision fut prise de refuser à Junot ce qu’il demandait ».

Mais il existe peut-être également d’autres raisons, moins philosophiques dirons-nous, à ce très fort engagement maçonnique dans les loges militaires, et ce, si l’on s’en réfère notamment à Alain Pigeard, docteur en histoire et spécialiste de l’armée, à savoir la recherche d’une assurance humanitaire, lorsque l’on était blessé, ou fait prisonnier par l’ennemi.

La promesse de se porter mutuellement secours pouvait alors devenir très utile en certaines circonstances, et ce même entre ennemis, comme en 1815, à Waterloo, par exemple. Ainsi, le grenadier hollandais Henri Scheltens, alors dans le camp des coalisés, après avoir été, il faut quand même le noter, sergent des grenadiers de la garde jusqu’en 1814, et qui témoigne alors : « J’ai protégé 2 officiers français dans cette débâcle. Ils m’avaient fait le signe maçonnique, je les ai fait conduire hors des lignes, sur les derrières ».

Ce dernier raconte également dans ses souvenirs, je cite encore : « [être Franc-Maçon] cela permettait d’établir des relations agréables avec les notabilités des villes dans lesquelles on était envoyé en garnison, et cela assurait, en temps de guerre, des protections utiles ».

D’autres, comme le capitaine Eléazar Blaze, trouvait dans la maçonnerie l’occasion d’échapper à l’ennui et à la solitude, comme il en a laissé le souvenir dans ses mémoires : « Lorsque nous devions rester longtemps dans une garnison, nous avions 2 grands moyens pour passer gaiement la vie. S’il existait une loge de Franc-Maçons, nous nous y présentions en masse, ou bien nous en formions une à nous tout seuls. Chacun sait qu’en travaillant au Grand Orient, les Frères aiment à rire, à banqueter ».

On ne peut pas, enfin, évoquer les loges militaires sans parler, bien évidemment, des loges de prisonniers.

On estime aujourd’hui à 120.000 le nombre de militaires et de marins emprisonnés en Angleterre et dans les zones occupées par les anglais entre 1803 et 1814, dans des conditions de détention souvent particulièrement pénibles, comme sur les tristement îlots concentrationnaires de Calabra, au large de l’Espagne.

L’existence de ces nombreuses loges, installées dans les villes, ou les camps, ou ces prisonniers étaient le plus souvent internés, fut, en effet, très fortement ancrée dans cette période.

Ce mouvement, d’ailleurs, avait été déjà timidement amorcé, et ce bien avant les guerres révolutionnaires.

Pour exemple, en 1759 et en 1760, des officiers Franc-Maçons autrichiens, wurtembourgeois et suédois, furent maintenus prisonniers dans la forteresse prussienne de Magdebourg et créèrent alors un atelier qui obtint d’une loge de Berlin l’autorisation de devenir, très rapidement, une loge régulière.

En 1805, un bataillon de régiment anglais échoua sur le continent et ses membres furent internés à Valenciennes. Les officiers Franc-Maçons y pratiquèrent leurs travaux de loge et tinrent régulièrement des tenues jusqu’à la paix, finalement conclue en 1814.

En ce qui concerne les soldats français, on estime à 45 le nombre de loges de prisonniers en Espagne et en Angleterre. A une époque ou la Croix-Rouge n’existait pas encore, ces loges ont, indubitablement, apporté un peu d’humanité et de fraternité entre ses membres.

A remarquer, paradoxalement, que plusieurs de ces loges demandèrent, sans succès aucun, des constitutions au Grand Orient de France, alors que la Grande Loge d’Angleterre en octroya certaines, très rarement demandées il est vrai, mais gratuitement, et, surtout, de très bon cœur.

Prenons comme exemple une étude réalisée en 1966 par Jean Bossu, et éditée en 1988 par la Loge nationale de recherches « Villard de Honnecourt », de la Grande Loge Nationale Française. Elle porte sur la loge « L’Espérance », sise à bord du ponton « Le Sampson », à Chatham, dans le Kent, sur les côtes anglaises.

Les prisonniers français Franc-Maçons se réunissaient selon toute vraisemblance dans un local mis à disposition par le commandant anglais du ponton. Il faut par d’ailleurs préciser que les maçons prisonniers recevaient bien souvent l’aide de leurs frères anglais qui leur offraient un maximum de facilités afin de permettre leurs travaux. D’autres leur fournissaient même également les objets nécessaires : bijoux, diplômes, épées et colliers d’officiers.

Des comptes étaient régulièrement tenus pour la décoration du Temple et son entretien ; 15 shillings et 1 penny pour les décors de la loge en papier de couleur et main d’œuvre en 1812, par exemple.

Ils purent ainsi y tenir des discours bien souvent ouvertement hostiles à leurs geôliers sans que ceux-ci n’en aient jamais vent.

Il existait de même un recrutement de profanes, après différentes enquêtes, bien entendu. Une boule noire était alors quasiment rédhibitoire, sauf en cas de nécessité absolue, comme celui d’un marin sur le point d’être éloigné de cet Orient et qui fut reçu Maître 5 jours seulement après son initiation.

Tous les rituels et les fêtes de l’ordre étaient soigneusement observés, de même que les travaux de table et les santés, la 1ère étant toujours, je cite : « celle de notre auguste Empereur ».

Comme quoi, la patrie n’est jamais toujours très loin.

Certains Frères, comme le commis de comptoir Le Beau, cessèrent de venir aux tenues qui avaient lieu 2 fois par mois. Après exclusion, il fut néanmoins réintégré.

Le tronc de la Veuve circulait à chaque fin de tenue pour le redistribuer aux plus malheureux des compagnons d’infortune.

Ainsi, vous le voyez, le fonctionnement de ces loges était exactement comparable au nôtre, mais dans des conditions de détention souvent pénibles, et la fraternité toujours de mise, malgré l’emprisonnement.

Aussi, pendant ces années cruelles, la Franc-Maçonnerie permit à des Frères dans l’adversité de s’apporter mutuellement le réconfort de leur fraternité.

Malgré tout, au final, après le retrait des loges militaires en pays occupés, et le rétablissement des anciens souverains, de très graves décisions furent alors prises, dans la majorité des états européens, contre les loges, coupables à leurs yeux de collusion avec le pouvoir impérial français.

Ainsi, dans le royaume d’Italie, le commissaire plénipotentiaire nommé par les Alliés, prit un édit interdisant toute association dont les opérations « paraîtraient mystérieuses ».

Des primes furent même promises aux délateurs.

En Espagne, le roi Ferdinand VII invita les Frères à se dénoncer « spontanément et volontairement ». Et, pourtant, nombre d’entre eux avaient combattu contre l’envahisseur français.

Le Portugal interdit la Franc-Maçonnerie en 1818, et l’on promettait à ses membres, je cite, dans le texte : « une mort exécutée avec cruauté ».

La Russie l’interdit dans ses états en 1819, bien que de nombreux officiers russes aient fréquenté des loges françaises pendant l’occupation en France après 1815.

Toutes ces persécutions visent bien évidemment à souligner, s’il en était encore besoin, l’importance que les loges militaires, mais aussi les loges civiles laissées derrière leurs passages, eurent durant toute cette période.

Malgré tout, depuis ce conflit, plus jamais les loges militaires ne connaîtront l’essor qui fut le leur à cette époque, et c’est, bien évidemment, pourquoi j’ai aussi fortement insisté sur cette période si cruciale de leur développement, et du rôle majeur qu’elles ont joué dans le renouveau et le rayonnement de la Franc-Maçonnerie à travers toute Europe.

Alors, qu’en retenir au final ?

Je suis convaincu que nous sommes tous ici présents, ce soir encore, pour des raisons multiples et diverses. Nos motivations n’étaient très certainement pas les mêmes lorsqu’un beau jour, nous sommes venus frapper à la porte du Temple.

Et au fond, après tout, qu’importe que ce soit effectivement le cas.

Peu importe également que ces militaires aient été initiés dans ces loges pour fréquenter une certaine société, pour que le simple soldat soit fier d’être appelé « mon Frère » par le colonel de son régiment, ou même par pur idéal de liberté, d’égalité, ou de fraternité, ces valeurs patriotiques et, au-delà même, d’humanité, dont nous nous réclamons encore aujourd’hui dans nos loges.

En ce qui me concerne, je reste intimement persuadé que l’homme est profondément bon, que, quelques soient ses motivations profondes, il est capable d’une réelle fraternité, comme ces prisonniers de guerre qui croupissaient, pour l’immense majorité d’entre eux, sur des pontons, ou bien encore ces Frères réunis dans ces loges, vainqueurs et vaincus d’hier, militaires et civils, travaillant ensemble.

Je veux effectivement croire que chacun d’entre nous est réellement capable de cette fraternité dont nous nous réclamons tous, et ce, sans qu’elle ne soit jamais dictée par les circonstances.

C’est, sans nul doute, l’un des nombreux défis qui nous attendent tous, collectivement, et individuellement.

C L

 

Source : http://marquisdelafayette.midiblogs.coml

Partager cet article

Commenter cet article

guillaut michel 25/03/2015 16:56

quel était le rituel pratiqué dans les loges militaires

guillaut michel 25/03/2015 16:22

très interessant comble mon ignorance