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Hauts Grades

LES PLUS SECRETS MYSTERES DES HAUTS-GRADES DE LA MACONNERIE DEVOILES

3 Mai 2012 , Rédigé par Mr de Bérage Publié dans #hauts grades

Histoire de l'origine de la Maçonnerie

 

Cet Ordre fut institué par Godefroi de Bouillon, dans la Palestine en 1330, après la décadence des Armées Chrétiennes et n'a été communiqué aux François Maçons, que du temps après, et à un très petit nombre, en récompense des obligeans services qu'ils ont rendus à plusieurs de nos Chevaliers Anglois et Ecossois, dont la vraie Maçonnerie est tirée. Leur Métropole Loge est située sur la montagne d'Hérédon , où s'est tenue la premiere Loge en Europe, et qui existe dans toute sa splendeur. Le Conseil général s'y tient toujours, et c'est le siège du souverain Grand-Maître en exercice. Cette Montagne est située entre l'Ouest et le Nord de l'Ecosse, à soixante milles d'Edimbourg.

II est d'autres secrets dans la Maçonnerie qui n'ont jamais été connus parmi les François , et qui n'ont aucun rapport à l'Apprentis, Compagnons et Maîtres, Grades qui ont été faits pour la généralité des Maçons, et qui ont paru, en public sous le titre des Maçons trahis, et autres. Ces hauts Grades qui vous développent le vrai but pour lequel la Maçonnerie a été faite , et les vrais secrets qui n'ont jamais été sçus, ne sont autre chose que ce qui suit.

Les Sarrasins s’étant emparés des Lieux Saints, autrement dits la Palestine où se sont passés tous les mystères de notre Ordre auguste , qu'ils faisoient servir aux exercices les plus profanes; les Chrétiens se liguèrent pour conquérir ce beau Pays et chasser ces barbares d'une terre aussì respectable.

 Ils réussirent à aborder en ces Iieux à la faveur des Armées nombreuses que tous les Princes Chrétiens avoient envoyées, et qui avoient pris le nom de Croisés de la Guerre Sainte; mais les pertes considérables qu'ils firent , les obligerent de vivre, et de rester confondus parmi cette Secte ; ce qui occasionnoit tous les jours des disputes , dont la fin étoit tragique aux fidèles Croisés ; la fureur de ces barbares fut même portée si loin,. qu'au seul nom de Chrétien, ils massacroient tous ceux qui en faisaient leur bonheur.

 Ce fut ce qui détermina Godefroi de Bouillon , leur Chef, vers la fin du troisième siècle , à cacher et à couvrir les mystères de la Religion sous les figures qui sont tracées dans les Estampes ci-jointes, où l'on a eu soin de faire graver, avec l'attention la plus scrupuleuse, ces emblèmes et ces allégories. On voit par là que ce fut le motif qui fit que les zélés Chrétiens choisirent le Temple de Salomon, qui a tant de rapport à l'Eglise Chrétienne, dont cet édifice sacré si superbe est vraiment l'emblème et le symbole. C'est donc par cette raison que les Chrétiens cacherent le mystère de l'édification de l'Eglise sous celui de la construction du Temple, et qu'ils se donnèrent le nom de Maçons, d'Architectes ou Bâtisseurs, puisqu'ils s'occupoient à édifier la foi; ils firent donc un tableau semblable à l'Estampe, page i , et s'assembloient, sous le prétexte de lever des plans d'Architecture , afin de suivre la Religion Chrétienne, par tous les emblèmes et toutes les allégories que la Maçonnerie pouvoit fournir, et pour mettre leur vie à l'abri des cruautés du peuple Sarrasin.

 Comme les mystères de la Maçonnerie n'étoient dans leur principe , et ne sont encore autre chose que ceux de la Religion Chrétienne; on fut extrêmement scrupuleux à ne confier ce secret important qu'à ceux dont la discrétion étoit éprouvée, et dont on étoit bien sûr. C’est pourquoi on imagina de faire des Grades pour éprouver ceux à qui l’on vouloit les confier, et on ne leur donnoit d'abord que le secret symbolique d'Hiram , sur lequel est fondé tout le mystère de la Maçonnerie bleue , tant pour l'Apprenti, le Compagnon que pour le Maître; ce qui est, au vrai, le seul secret de cet Ordre connu du Public, et qui ne consiste que dans le mot Macbenac , qui n'a aucun rapport à la vraie Maçonnerie.

 On ne leur expliquoit pas autre chose, crainte d'être trahis, et on leur avoit seulement conféré ces Grades comme un moyen propre pour se reconnoître entre eux, malgré la confusion où ils étoiernt parmi les barbares. Pour y réussir plus efficacement, il fut résolu qu'on se serviroit de signes, de paroles et de marques différentes à chaque Grade , pour les distinguer non-seulement des profanes Sarrasins; mais pour marquer les differens Grades, qui furent fixés au nombre de sept, à l'exemple du Grand Architecte qui bâtit l'Univers en six jours, et se reposa le septième, de même qu'on demeura sept ans à construire le Temple de Salomon, qu'on avoit choisi pour base figurative de la Maçonnerie, et sous le nom d'Hiram, dont la Maîtrise ne donne qu'une fausse explication, le vrai secret n'étant dévoilé que dans cet ouvrage ici.

 

EXPLICATION DES- EMBLEMES DES ESTAMPES.

 L'ACACIA, figure I, si renommé dans la Maîtrise est pour rappeller la mémoire de la Croix du Sauveur du monde, parce qu'elle fut faite de ce bois, dont la Palestine est remplie; c'est la raison pourquoi le Bijou du Grand-Maître est tel qu'il est ici tracé, Fig. IV.

 Figure II. La captivité, en. Maître Ecossois, désigne la persécution, les tribulations de l’Eglise sous les Empereurs Romains , et la liberté sous le grand Constantin.

Figure IIL Le Songe de Cyrus expliqué dans les Chevaliers de l'Epée, page 100.

Figure IV. L'Equerre et le Compas qui forment le Bijou, représentent l'union de l’Ancien Testament et du Nouveau

Figure V. L'Arche d'Alliance qui contenoit les Tables de la Loi , la "Verge d’Aron », etc.

Figure VI. Le triple Triangle représente la Gloire de l'Eternel, emblème des trois .Unités de la Trinité.

 Figure VII. Les sept Sceaux qui sont ce livre, désignent les sept Grades de la Maçonnerie; et l'Agneau couché dessus, qui est le Stekènna, nous montre que, comme il est seul digne de lever ces sceaux , il n'y a de même que le vrai Rose-Croix qui jouisse du privilège de lire dans le livre qui contient la doctrine complette des Maçons, et d'en pénétrer les plus secrets mystères. Voyez les pages 91 et 92.

 .Figure VIII. L'Autel qui contient le Pains de Proposition , désigne l'union qui doit régner entre les Frères qui participent au même banquet.

Figure IX. L'Autel des Parfums représente les vœux d'un parfait Maçon, toujours purs, et s'élevant jusqu'au Ciel.

Figure X. Le Chandelier à sept branches représente les sept Sacremens.

Figure XI. Les dix Cuves représentent les dix Commandemens de Dieu.

Figure XII. L'Autel des sacrifices est l'emblême du sacrifice sanglant du Sauveur.

Figure XIII. La Navette qui renferme l'encens, représente un cœur pur, qui ne doit être rempli que d'un zèle vif et d'un amour ardent, dignes d'être offerts au Seigneur.

Figure XIV. L'urne remplie de manne représente un coeur rempli de la grâce divine.

 Figure XV. Les douze Bouvillons qui soutenoient la Mer d'airain»

Figure XVI. Les douze Apôtres qui ont triomphé de tous les obstacles, et qui ont forcé les passages les mieux défendus pour porter la foi partout.

Figure XVII. Les trois lettres qui sont sur le pont signifient que les obstacles sont détruits, et liberté de passer.

Figure XVIII. Le Sanctuaire représente nos cœurs, renfermant les mystères de la Loi.

XIX. L'enceinte des murailles signifie le soin que l'on doit avoir à ne pas se laisser surprendre, et à ne laisser rien transpirer des Mystères qui doivent être ignorés des Profanes.

Figure XX. Voyez l'explication de ceci au passage du Fleuve qui est décrit, page 116, dans le Chevalier de l'Epée.

Figure XXL. La Tour où furent enfermés les meurtriers d'Hiram.

Figure XXII. Quarré de la Loge du Chevalier de l'Epée, fermé par une muraille de carreaux, garnie de sept Tours, six plus basses et une plus élevée.

Les autres Figures dont on ne parle point ici, ont paru si intelligibles, que l'on n'a pas cru devoir en donner une explication particulière.

PREMIER GRADE DE LA MACONNERIE

 

PARFAIT MACON ELU

QUI A CONSERVE LA FORMULE ORIGINAIRE DE LA MACONNERIE

ORNEMENS NECESSAIRES.

LA Loge qui représente le Cabinet de Salomon, doit être proprement décorée. La tapisserie peut être de plusieurs couleurs. L'orient doit être assez large pour contenir deux fauteuils dessous. Sur la même ligne au pied du trône à la droite, on placera un petit autel couvert d'un tapis qui portera trois bougies de cire jaune placées en équerre, et le Livre de la Sagesse. La Loge doit être éclairée par neuf bougies jaunes suspendues dans un lustre,ou placées indistinctement dans des flambeaux à terre, mais il faut qu'il y en ait une séparée des autres au moins d'un pied. Si on veut l'éclairer davantage, on peut représenter le Buisson ardent avec des feuilles et des branches d'arbres qu'on éclairera par des lampions. La Loge doit être craïonnée sur le carreau de la salle, comme elle est représentée ci-après. Tout autour seront des siéges sur lesquels s'asseoient les Frères. Cette Loge étant le conseil des neuf, on ne peut absolument la tenir qu'on ne soit neuf, dont les deux premiers sont Salomon et Hiram Roi de Tyr, qui tous deux occupent le Trône, mais Salomon préside à la droite. Ces deux Rois doivent avoir la couronne en tête. Celle de Salomon est enrichie de pierreries; il n'y en aura point à celle du Roi deTyr; il portera seulement un sceptre bleu doré â filets et surmonté d'un triangle lumineux, emblème de la Sagesse et de la perfection. Le Roi de Tyr tiendra en main un grand poignard. Le reste de l'habillement sera semblable à celui des Frères, excepté que Salomon aura des gands garnis d'une frange, et le tablier bordé d'une dentelle d'argent. Tous les Frères seront vêtus de noir et porteront un petit plastron sur le côté gauche, sur lequel sera brodée une tête de mort avec un os et un poignard en sautoir en argent, le tout entouré de la devise « vaincre ou mourir ». Ils auront un grand cordon noir-moiré large de quatre doigts pendant de droite à gauche, portant sur le devant cette devise, « vaincre ou mourir », brodée en argent. Au bas du cordon il doit y avoir une rosette de ruban blanc au bout de laquelle pend un petit poignard dans son fourreau. Le tablier doit être de peau blanche doublée de noir; sur la bavette sera brodée une tête de mort avec un os et une épée en sautoir, soumise à une équerra brodée en or. Sur la poche du tablier sera une grosse larme, au bas et sur les côtés huit autres larmes plus petite; au bout de la poche une branche d acacia. Les gands seront doublés de taffetas noir et bordés de même.

TITRES

Le Maître se nomme très-Sage, le Roi de Tyr très-Puissant, et les Frères très-Respectables. lí n'y a point de Surveillant; mais le-très-Sage, aussitôt qu'il est monté au trône, nomme un Frère, qu'on appelle l'Intime du Conseil.

COMMENCEMENT DU TRAVAIL

Le très-Sage, la couronne en tête, étant assis, dit au Roi de Tyr, qui se présente au pied du trône : « Très-puissant Roi de Tyr, que venez vous faire ici » ? Le Roi de Tyr répond : «Très Sage, je viens vous demander vengeance de la mort de l'Architecte du Temple, laquelle jusqu'à ce jour est restée impunie». Le très-Sage dit : «Prenez place , mon Frère, et soyez témoin des recherches que je vais ordonner de faire du meurtrier». Le Roi de Tyr monte au trône et se place. Salomon nomme un Frère, qui, à l'instant, vient mettre un genou en terre au pied du trône. Salomon prend son sceptre, et le lui pose sur la tête, en lui disant : » Frère, je vous constitue l'Ancien du Conseil., pour veiller à la sûreté de la loge; commencez vos fonctions par vous assurer des qualités des Frères ici présens ». Le Frère se lève, salue les deux Rois, puis va prendre le signe, l’attouchement et la parole de chaque Frère; de retour au pied du trône, il dit en s'inclinant très-profondément : » Très-Sage, le Conseil n'a que des sujets fidèles ».

Salomon se lève, et dit: » Mes Frères , que le grand Architecte nous éclaire, que l'équité nous dirige, et que la vérité prononce. Frère ancien, écartez tous les Profanes , et souvenez-vous que sous ce nom nous comprenons les Maçons qui ne sont pas honorés du nom de Maître élu.

Le Frère ancien va visiter tous les environs, place un Frère en sentinelle en-dedans de la porte, l'épée à la main, et revient au pied du trône, où s’étant incliné, il dit : » Tout est couvert : les gardes environnent les portes du Palais , et nul Profane ne peut pénétrer nos mystères ». Salomon fait signe au Frère ancien d'aller aux extrémités des ouvrages. Sitôt qu'il y est arrivé, le très-Sage dit : « Quelle heure est-il ? La pointe, ou le commencement du jour « ? Salomon frappe sept coups égaux et deux précipités, en disant N. N. M. qui signifie « vengeance ». Les Frères répètent de même N. N. M. et frappent neuf coups dans leurs mains. Après quoi Salomon dit : « Mes très-respectables Frères, la Loge est ouverte ». II fait le signe de demande, et les Frères celui de réponse ; puis il continue : » Vous savez avec quelle douleur j'ai appris la perte du grand homme que j'avois commis à la. direction de nos ouvrages; en vain j'ai tout mis en œuvre pour découvrir les malheureux qui ont commis ce crime détestable, tout doit nous porter à sa vengeance, le Roi de Tyr vient ici la réclamer; je lui laisse le soin de vous inspirer de justes sentimens qui vous animent pour venger la mort funeste d'un homme qui étoit si digne de ma confiance ».

Le Roi de Tyr descend du trône, vient sur le tableau, tire son épée, et montre avec la pointe le fils d'Hiram, qui y est représenté , et dit : » Voilà , mes Frères, le gage sacré que vous a laissé ce grand homme. Il doit s’attendre que si sa mémoire vous est chère, les cris de cet enfant, ses larmes et ses prières vous toucheront. II vous demande vengeance, de la mort de son père, qui étoit votre compagnon et votre ami. Unissons donc nos efforts pour découvrir l'assassin. Qu'il éprouve ce qu'il mérite». Alors tous les Frères mettent la main sur leur poignard, le tirent, et s'écrient N. N. M. Le Roi de Tyr remonte au trône, et comme Salomon se lève pour recueillir les voix, l'on entend un grand bruit à la porte, qui se termina par neuf coups que frappe le Récipiendaire , averti.par un coup qu'a donné en dedans le Frère sentinelle : Salomon paroît s'en indigner, et dit avec colère: » Frère Intime, voyez qui occasionne ce bruit, et comment mes ordres sont exécutés».

Le Frère sort, et rentrant tout-à-coup d'un air surpris dit : « Très-Sage, le Conseil est trahi ». Tous les Frères mettent l'épée à la main, et disent N. N. M. Salomon en impose en disant, le sceptre levé : » Que notre indignation cède un instant à la nécessité d'entendre le Frère Intime en son rapport. Dites-nous, Frère Intime, qui a causé cette rumeur, et qui a eu l'audace de troubler notre auguste Conseil ? » Le Frère ancien au signe de réponse dit : « Je viens de voir avec surprise qu'un Frère s'est glissé clandestinement dans l'extérieur de cet appartement. II est à craindre qu'il n'ait entendu les secrets du Conseil. Je dirai même en tremblant qu'il est à présumer qu'il est souillé de quelque grand crime : ses mains sont teintes de sang, et le glaive tranchant qu'il tient dépose contre lui, et tout excite mes soupçons ».

Salomon lève son poignard, et dit, « qu'il soit sacrifié aux mânes d'Hiram ». Le Roi de Tyr se lève, et dit : » Mon Frère, écoutez votre sagesse ordinaire, et ne précipitons rien. Si j'en crois mes soupçons et mon coeur, cet homme est le meurtrier que nous cherchons, ou du moins pourra-t-il nous en donner quelques nouvelles. Mon avis seroit qu'il fût désarmé et introduit, le col, le corps et les mains liés, les yeux couverts d'un bandeau , afin que dans cet état il répondît aux interrogations que votre sagesse vous inspirera ». Salomon levant son sceptre dit : » Mes très-respectables Frères, vous avez entendu les motifs de confiance du très puissant Roi de Tyr , les précautions que sa sagesse et sa prudence lui suggèrent ; êtes-vous d'avis qu'on suive son sentiment »?
Tous les Frères qui veulent consentir étendent la main à la manière accoutumée; ensuite Salomon dit: « Frère ancien, vous avez entendu ce que le Conseil vient de décider. Allez trouver le téméraire, inspirez-lui de la confiance et de la terreur; amenez-le au pied de notre trône dans l'état dit ». Le Frère Intime sort pour aller chercher le Candidat.

PREPARATION DU RECIPIENDAIRE.

Le Frère Ancien en arrivant se saisit de son épée, la lui ôte, et l'envoie à la Loge par un Frère qu'il a eu soin d'emmener avec lui. Ce Frère en le présentant au trés-Sage , lui dit : « Il est désarmé ». Le Frère Ancien le mène au bout de la Loge, il lui passe un cordon ou ruban rouge pardessus le col, avec lequel on lui attache les mains, et dans lequel on lui enferme le corps. Après on lui fait ôter tout-à-fait ses souliers, on lui met un bandeau fort épais sur les yeux, et des gands ensanglantés dans les mains, ayant son chapeau ôté et son tablier mis en Maçon. Quand il est en état, le Frère Ancien lui dit : « Sondez votre cœur, mon Frère , on vous soupçonne d'un grand crime digne d'un châtiment capable d'épouvanter le coeur le plus féroce. Vous pouvez cependant espérer de l'indulgence, si la sincérité guide vos paroles. Si vous êtes innocent, suivez moi avec confiance ». Ensuite le Frère Ancien met son poignard sur le cœur du Récipiendaire, le mène à la porte de la Loge, il en doit avoir la clef, il ouvre , il introduit le Candidat, et le met à l'occident. Lorsqu'il y est, et que tous les Frères sont assis, Salomon dit au Récipiendaire : « Que cherches-tu? » Le Frère Ancien lui dicte ses réponses : « La récompense qu'il m’est dûe ».

D. Crois-tu que les Maçons autorisent le crime et le meurtre ? Tremble plutôt du juste châtiment qui t'est réservé! Qui es-tu ?

R. Le meilleur des Maçons , le plus zélé de tous les Frères, ou du moins le plus digne de ce titre.

D. Vil assassin ! Qu'oses - tu dire quand tu te présentes dans ce lieu sacré, les mains teintes d'un sang sans doute innocent ? Tout dépose contre toi, tout annonce le meurtre.

R. Je me soumets à tout, si je suis coupable.

Le Roi deTyr dit : « Hiram Abif soit vengé ».

Tous les Frères disent N. N. M.

Mes Frères,soyez contens, le meurtrier d'Hiram est découvert,

D. L'imposture est trop grossière, il est déjà coupable, puisqu'il cherche à nous tromper ; que réponds-tu ?

R. Que c'est à tort qu'on me soupçonne du meurtre d'un Maître dont je respecte la mémoire; je ne viens qu'à dessein de vous en donner des nouvelles, par les découvertes que j'ai faites.

D. Quelles sont donc ces nouvelles?

R. Une caverne, un buisson ardent, une fontaine jaillissante, un chien pour guide, m'ont indiqué le lieu de sa retraite.

D. Quels en sont les garants ?

R. Mes mains trempées dans le sang de trois animaux, le lion, le tigre et l'ours, qu'il avoit apprivoisés pour garder l'entrée de sa caverne et que j'ai détruits pour y parvenir.

D. Que viens-tu demander ?

R. Me jetter aux pieds du Roi pour prendre ses ordres, et s'il veut que je lui livre Abiram mort ou vif.

D. Quelle preuve donnes-tu de ta foi ?

R. Les promesses les plus sacrées seront le garant de mon innocence, et les supplices les plus rigoureux auxquels je consens d'être exposé, si je suis reconnu criminel.

« Frère Intime, puisque ce Frère commence à calmer nos soupçons, faites-le avancer par neuf pas, trois d'Apprenti, trois de Compagnon et trois de Maître, jusqu'au trône, pour y venir prêter son obligation entre nos mains ».

Le Frère Intime fait avancer le Récipiendaire, ainsi qu'il est ordonné, jusqu'au trône , où étant arrivé, il met le genou droit á terre, la main droite nue sur le livre de la Sagesse, lequel tenant de la gauche le compas qui embrasse un maillet, Salomon lui pose son poignard sur le front, et le Frère Intime lui met une épée nue sur le dos; puis le très-Sage en frappant un coup de son sceptre sur l'autel, pour que tous les Frères se lèvent, il lui dit : « Prenez garde à ce que vous allez faire. Le moment est critique. Si vous cherchez à nous tromper, notre indulgence augmentera la rigueur des supplices qui la suivront. Si vous êtes sincère, prononcez avec nous :

OBLIGATION.

« Je promets foi d'honnête homme, et devant cette auguste assemblée, au pied de la plus haute puissance de la Maçonnerie, de ne jamais révéler à aucun homme qui n’ait pas fait ce que j'ai fait , les secrets qui font parvenir et donnent le titre sublime de Maître Elu. Je promets d'en remplir scrupuleusement les obligations au péril de mon sang, en telle rencontre que ce puisse être, de sacrifier aux mânes d'Hiram les parjures qui pourroient révéler quelqu'un de nos secrets aux Profanes. Je tiendrai mes engagemens ; ou que la mort la plus affreuse soit l'expiation de mon parjure ; après que mes yeux auront été privés de la lumière par le fer rouge, que mon corps devienne la proie des vautours, que ma mémoire soit en exécration aux enfans de la veuve par toute la terre. Ainsi soit-il ».

Salomon dit N. N. M. ce que tous les Frères répètent ensemble. Ensuite il dit : « Mes respectables Frères, vous avez entendu, jugez-vous à propos que ce Frère achève maintenant la vengeance » ? Tous les Frères marquent leur acquiescement par le signe de réponse.

Alors Salomon relève le Récipiendaire , et dit : « Frère Intime, faites retourner le Frère à l'extrémité de la Loge, comme il est venu au Trône en arrière, pour lui apprendre qu'on n'a rien sans peine, et qu'il ne doit jamais s'offenser des mortifications ordonnées par le jugement de la Loge, l'humilité étant le véritable chemin de la perfection maçonne ». Ensuite le très-Sage adresse la parole au Roi de Tyr en lui disant : « Très-puissant Monarque, êtes-vous satisfait » ?

R. Je le serai lorsque l'Inconnu aura rempli ses obligations, en poursuivant Abiram mort ou vif.

Salomon dit : « Frère Intime, déliez les mains à l'Inconnu, armez-le de son glaive, et le mettez en état d'aller effectuer ses promesses ». Après qu'il est délié, que le Frère Intime lui a remis son chapeau et son épée, Salomon lui dit : « Consomme ton ouvrage à la faveur des ténèbres, et te rends digne du choix que nous avons bien voulu faire de toi pour faire expirer sous tes coups le meurtrier d'Hiram; mais tâche de nous le livrer vivant ».

Le Frère Intime prenant le Récipiendaire par les mains le fait voyager par sept tours lents et deux précipités; au neuvième on ouvre la porte de la Loge doucement, et on le conduit, s'il se peut, sans qu'il s'en aperçoive, à la chambre obscure, qui doit être ainsi disposée.

CHAMBRE OBSCURE.

Cette Chambre doit être tendue de noir. Au fond d'un côté doit être une espèce d'antre ou caverne couverte de branches d'arbre. L'entrée ni le fond n'en doivent pas être éclairés. Dans la caverne doit être un phantôme assis dans les branches; la tête doit être garnie de cheveux, et seulement posée sur le reste du corps. On la met dans une attitude convenable dans la Chambre tendue de noir; il doit y avoir une table et un tabouret devant; en face doit être un tableau en transparent, représentant un bras tenant un poignard, et ce.mot écrit, « vengeance ». Sur la table doit être un gobelet; à terre doivent être un grand poignard et une lampe qui puisse se prendre à la main, et qui fasse une faible lumière. A l'autre côté doit être une fontaine avec de l'eau, et quelque chose dessous pour la recevoir, parce qu'il faut la laisser couler.

Lorsque tout est ainsi disposé, et que le Frère Intime a conduit le Récipiendaire dans cet appartement, il le place sur le tabouret devant la table, sa tête appuyée sur un de ses poignets ; en cet état, il lui dit : « Ne bougez pas, mon Frère, de cette situation, que vous n'entendiez frapper trois coups, qui vous serviront de signal pour vous découvrir les yeux. Suivez exactement ce que je vous prescris, sans cela vous ne pourriez jamais être admis dans l'auguste Loge de Maître Elu ».

Le Frère Intime après ce discours sort, ferme la porte avec force, on abandonne le Récipiendaire quelques instans à ses réflexions; puis on frappe trois coups , et on lui donne le temps d'examiner ce qui est autour de lui. Ensuite le Frère Intime rentre avec un air très-sérieux, et lui dit : « Courage , mon Frère, voyez-vous cette fontaine ? Prenez ce gobelet, puisez de l'eau et buvez; car il vous reste bien de l'ouvrage à faire ».

Quand le Récipiendaire a bu : « Prenez, lui dit le Frère Intime, cette lampe ; armez- vous de ce poignard, entrez au fond de cette caverne, et frappez tout ce que vous trouverez qui vous résistera. Défendez-vous, vengez votre Maître, rendez-vous digne d'être élu ».

Le Récipiendaire entre le poignard levé, la lampe de la main gauche. Le Frère Intime le suit en en lui montrant le phantôme ou la tête, il lui crie : « Frappez, vengez Hiram; voilà son assassin». Le Récipiendaire frappe de son poignard, ensuite le Frère Intime lui dit : « Quittez cette lampe, prenez cette tête par les cheveux, levez votre poignard, et suivez-moi ».

source : http://legende-hiram-bis.blogspot.fr/

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