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Hauts Grades

Les Rose-Croix ou le complot (extrait)

1 Juin 2012 , Rédigé par Humanisme Publié dans #histoire de la FM

En France, le chevalier de Ramsay rédigea un « Discours » dans lequel il faisait remonter la franc-maçonnerie à l’ordre des Templiers mais ne parlait pas des rose-croix. La supposition de Ramsay influença la création de hauts-grades dans la franc-maçonnerie. Le grade de rose-croix eut un immense succès. Bayard prétend qu’il émanait d’authentiques rose-croix qui « noyautaient » les hauts-grades. A la fin du XVIIIè, des initiés mirent de l’ordre dans la franc-maçonnerie chevaleresque qu’on appelait écossisme. Il s’en dégagea deux rites parallèles, le Rite Ecossais rectifié, surtout répondu en Europe centrale, où l’influence des rose-croix d’or est indéniable et le rite écossais Ancien et Accepté pratiqué en France. Le Rite Ecossais Rectifié n’avait pourtant pas de grade rose-croix. A la fin de la Révolution se créa l’Ordre des Illuminés d’Avignon. Son animateur fut l’abbé Pernéty. Il créa un Ordre maçonnique directement inspiré par la rose-croix. Pernéty naît à Roanne le 13/2/1716. Il est le neveu d’un chanoine de Lyon. En 1732, il prononce ses vœux de bénédictin. En 1754, il traduit un énorme Traité de mathématiques et publie un Manuel bénédictin. Il rédige un dictionnaire des arts et rassemble un herbier. Il s’enthousiasme pour les doctrines hermétiques, la kabbale, l’alchimie. En 1758, paraît son dictionnaire mytho-hermétique puis les Fables égyptiennes et grecques dévoilées. Pour échapper à une probable censure, Pernéty part, en 1763, en qualité d’aumônier, avec Bougainville, pour l’expédition des Iles Malouines. Il publie le récit de ce voyage. En 1705 il quitte l’Eglise et se réfugie à Avignon. Il s’ affilie aux loges maçonniques du Comtat. En 1738, le pape Clément XII décrète l’excommunication des francs-maçons mais la bulle In Eminenti est sans effet en France. Bravant l’Inquisition, Pernéty fonde au sein des « sectateurs de la vertu », le Rite hermétique ou des Illuminés d’Avignon ou rite de Pernéty. Il comprenait les trois grades de base plus des hauts-grades inspirés des rose-croix : vrai maçon, vrai maçon de la voie droite, chevalier des Argonautes, chevalier de la Toison d’or. Bientôt la hiérarchie fut complétée par le grade des chevaliers du Soleil. Inspiré par l’alchimie. Poursuivi l’Eglise, Pernéty se réfugie en Prusse où le roi Frédéric II le nomme conservateur de la bibliothèque de Berlin, membre de l’Académie royale et lui octroie le bénéfice d’une abbaye de Thuringe. A Berlin, l’ancien bénédictin découvre l’œuvre de Swedenborg. Il traduit les Merveilles du ciel et de l’Enfer de William Blake. Frédéric II en prend ombrage et Pernéty doit quitter la Prusse en 1783. Il se fixe à Valence. En adversité avec le GODF se crée une maçonnerie inspirée des vers d’or de Pythagore : les Sublimes Maîtres de l’anneau lumineux. L’Inquisition perd son autorité. La maçonnerie est hébergée dans le Comtat. Le Rite hermétique prend un essor considérable. Le comte Thadée Lesczy Gabrianka avait rêvé de conquérir la Palestine puis de se faire élire roi de Pologne et apporta aux Illuminés d’Avignon le secret de la Sainte Parole qu’il tenait d’un mystérieux adepte connu sous le nomen mysticum d’Elie Artiste. La Sainte Parole était un moyen de communication avec les anges. D’une manière générale, les idées de Pernéty sont celles de Swedenborg. Il croit en un dieu unique enfermant en lui la divine Trinité. Il croit aux anges, esprits célestes, intermédiaires entre le ciel et l’homme, l’initiation conférant le pouvoir de communiquer directement avec les anges. Mais il différait de Swedenborg car il vouait un culte à la vierge Marie. Cela choque Gabrianka qui cré sa dissidence : le Nouvel Israël. Le Comtat fut intégré à la France en 1791. La Convention interdit les réunions maçonniques. Pernéty fut emprisonné en 1793 et mourut en 1796. Il ne reste plus du Rite hermétique que le 28 è degré, celui de chevalier du Soleil, au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L’ordre maçonnique des Princes de Merci

La franc-maçonnerie écossaise comporte 33 grades mais l’initié passe directement du 18è au 30è donc le 26è intitulé prince de Merci n’est plus qu’un souvenir. Les opérations du Grand Œuvre y sont évoquées en mode sensible. Ce rituel devait laisser au candidat une impression durable l’obligeant à réfléchir sur une certaine conception de l’Homme, du cosmos et du ciel. Tout en ce grade offre l’emblème de la Trinité, de la science de la chimie minérale dont Hermès fut le fondateur. Démontrer que le bien et le mal ne sont que les accords et les discordances dont la réunion fait l’Harmonie universelle est le but de ce degré. Il fait battre en brèche tout privilège, tout monopole, toute division fondée sur la naissance, la position ou la richesse pour parvenir à leur abolition, à l’égalité sociale et à la substitution de l’esprit maçonnique à l’esprit de classe. L’invocation hermétique des Princes de Merci est l’appel à la Vérité qui fut et demeure la loi suprême du sage initié. La loge, qui se nomme 3è ciel, sera tendue de vert et décorée de 9 colonnes dont une blanche et une rouge alternativement. Il y aura, à chaque colonne, un bras portant 9 étoiles, ce qui fera le nombre de 81. Le Président s’appelle Prince Excellent. Au dessus de lui se trouve un dais tricolore, vert, blanc et rouge. Devant lui, sur la table est étendu un tapis de la même couleur. Sur sa table sera une statue de femme nue représentant la vérité, une flamme sortira de sa tête, elle tiendra un miroir de sa main gauche, la droite sera élevée vers le cœur tenant un triangle d’or. La statue sera couverte d’une voile tricolore comme le tapis. Le piédestal supportant la statue sera triangulaire et creux pour qu’il contienne un tiroir dans lequel se trouvera un livre triangulaire couvert d’une enveloppe tricolore comme le tapis. Ce livre, qui est le livre de la vérité renfermera l’explication de tous les emblèmes du grade. Il y aura sur la table une flèche longue de 3 pieds. Le bois sera blanc et les ailes vertes et rouges. La pointe sera d’or. Le Président porte une tunique tricolore et une couronne entourée de 3X3 pointes de flèches d’or et il tient à la main une flèche qui lui tient lieu de maillet. L’habillement de tous les autres frères consiste en un tablier rouge, un triangle blanc et vert garnit le milieu. Chacun porte un cordon tricolore, blanc, rouge et vert en sautoir à l’extrémité duquel est suspendu un grand triangle équilatéral en or. Le Président se nomme Rince Excellent et les surveillants, 1er et 2è excellents. Tous les frères ont le titre de Très excellent. La batterie est de 15 coups. L’âge maçonnique est 81 ans. Le néophyte, ayant les yeux bandés, et étant arrivé à l’entrée du Troisième ciel, frappe à la porte cinq coups lents, trois précipités, un lent. Puis il fait neuf pas en serpentant. On fixe sur les épaules du candidat des ailes en forme de rame et on lui met dans les mains les manches de ces ailes qui se croisent devant la poitrine, de sorte qu’il puisse les faire mouvoir aisément. On avance un gradin qui doit avoir neuf marches et être au moins haut de cinq pieds et on le place entre les frères 1er et 2è excellents, les marches tournées du côté de la porte d’entrée. Quand le néophyte a monté les neuf degrés du gradin, sans quitter la manche de ses ailes, le sacrificateur le laisse seul en lui disant tout bas d’attendre l’ordre du maître. Si l’intention du néophyte est de continuer, il répond « oui » à la question de savoir s’il veut faire son 1er voyage, le Prince excellent lui donne le signal de départ, qui sera trois claquement de main. Au 3è coup le candidat doit sauter et au-dessous de lui se trouve une bonne couverture de laine tendue par six frères pour que la chute du candidat soit freinée. Après cette épreuve, on le débarrasse de ses ailes. Le Prince excellent lui dit qu’il atteint le firmament du 1er ciel. Puis le néophyte monte une échelle de trois échelons. Ainsi il atteint le 2è ciel. Il doit prononcer le nom des trois colonnes du grade de rose-croix (Foi, Espérance et Charité) en montant. Arrivé en haut d l’échelle, on approche une cire allumée de la main du néophyte pour lui faire comprendre qu’il a atteint la chaleur des étoiles. Puis on lui fait boire l’éther du 2è ciel (un verre plein de mousse de savon). Ensuite on le repose sur le plancher. Le 3è voyage consiste pour le Frère sacrificateur à saisir à saisir le néophyte par le milieu du corps, le balancer comme pour le précipiter et à le remettre sur ses pieds. Quand le néophyte a atteint le 3è ciel, le Prince excellent tire un coup de pistolet et le Frère sacrificateur enlève le bandeau du néophyte et lui fait faire trois fois le tour du Triangle emblématique. On lui explique les figures se trouvant sur le tableau de loge. Un bûcher allumé, un bras armé d’un grand coutelas, un ange dans un nuage rappelait le sacrifice d’Abraham ; une grande croix, une lance, une couronne d’épines, ces figures rappellent la Passion du christ ; une arche d’alliance, des tables de la Loi, un encensoir, ces trois figures rappellent la manifestation du Seigneur à Moise ; une figure au mercure, un réchaud surmonté d’un creuset, un lingot d’or, ces figures rappellent le principe, l’argent et le produit du Grand Œuvre ; un flambeau ardent, un globe tournant sur son axe, un triangle équilatéral d’or, ces trois figures sont l’emblème du feu central qui anime tout ce qui existe, du mouvement imprimé à l’univers et duquel résulte l’harmonie éternelle et enfin, du Créateur de toutes choses. On apprend au néophyte que les Frères du grade savent fabriquer de l’or et qu’il va apprendre. Quand la somme de trois millions est atteinte, le plus ancien des frères part avec l’or dans un pays lointain pour jouir de sa fortune. Puis le frère gardien sacré enlève le voile de la Statue et la montre au néophyte. Le Prince excellent lui demande s’il sait ce qu’elle représente. Alors le Prince excellent prend le livre triangulaire et en lit un passage au nouvel initié. Il l’informe que les princes de Merci ne passent pas leur vie à fabriquer de l’or et qu’il faut trouver la force de supporter sa destinée, le courage de se plier à sa condition, d’en être satisfait. Enfin, le Prince excellent fait approcher le candidat de l’autel, lui fait poser un genou à terre et le constitue Prince de Merci en frappant 16 coups sur sa flèche avec une autre flèche.

Source : http://humanisme.canalblog.com/archives/

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