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Hauts Grades

Les Sociniens

9 Juin 2012 Publié dans #spiritualité

« L'on peut penser que le Rite fut fondé en 1788 à Venise, par un groupe d'une cinquantaine de Sociniens, survivants de la secte du 17ème siècle, secte protestante antitrinitaire, fondée par Lélio Socini, né à Sienne en 1525, décédé en 1562.

C'est Cagliostro qui résidait à Trente à 100 km à peine de Venise, qui les investit de la qualité maçonnique, par sa maçonnerie Égyptienne, d'où le nom de Misraïm "Les Égyptiens". »

Ils n'ont pas accepté la Trinité


Alors que les Eglises de la chrétienté enseignent depuis plus de seize siècles la doctrine de la Trinité, considérée comme la "doctrine fondamentale de la religion chrétienne", des hommes et des femmes courageux ont, souvent au péril de leur vie, osé prétendre que la Bible apporte un tout autre enseignement.


MICHEL SERVET fut de ceux-là. Il fut considéré comme un hérétique par les catholiques et les protestants parce qu'il avait écrit des ouvrages prouvant que l'enseignement des Eglises sur la Trinité n'est pas biblique. En autre, il déclara ceci : "La Trinité, le baptême des enfants et les autres sacrements chers à la papauté sont des enseignements de démons." On comprend que cette déclaration ait suscité les foudres de l'Eglise !

Cette défense des vérités bibliques lui valu de vivre en fugitif. Il tenta de fuir vers un groupe de partisans situés dans le nord de l'Italie, mais en passant par Genève, il fut reconnu malgré son déguisement. Devant les autorités de la ville, Calvin le chargea et usa de son influence pour qu'il soit exécuté. C'est ainsi que le 27 octobre 1553 il fut brûlé vif, un de ses livres attaché à la cuisse. Il mourut en priant pour ses ennemis. Certaines personnes qui assistèrent à son exécution furent saisies par sa fermeté et cessèrent de croire en la Trinité.

Une des personnes qui fut influencée par les écrits de Michel Servet se nommait Lélius Socin, un Italien. Cette cruelle exécution l'incita à examiner la doctrine de la Trinité. Le Réveillez-vous! du 22 novembre 1988, page 19, rapporte ceci : "Ayant conclu lui aussi à son caractère non biblique, il fit part de ses convictions à son neveu, Fauste, auquel il confia même tous ses papiers et écrits. Véritablement impressionné par ce qu'il découvrait, Fauste se décida peu à peu à abandonner sa vie confortable de courtisan pour faire connaître à autrui ce qu'il apprenait dans la Bible.

"Pourchassé par l'Inquisition, Socin partit en direction du nord. En Pologne, il rencontra un petit groupe d'anabaptistes qui se faisaient appeler "Les frères (...) qui ont rejeté la Trinité". Cette religion apparut clairement à Socin comme étant la plus proche de la vérité biblique. Il s'installa donc à Cracovie et commença à écrire pour défendre la cause de ces hommes." Ainsi naquirent les Sociniens.

Leurs croyances

Les Sociniens désiraient restaurer le christianisme pur qu'enseigne la Bible. Ils considéraient que la Réforme n'avait fait disparaître qu'une partie de la corruption et du formalisme de l'Eglise catholique, mais que le fond mauvais, à savoir les enseignements non bibliques, était resté.

Comme le reste de la chrétienté, les Sociniens se trompaient sur de nombreux points. Cependant, de toutes les religions engendrées par la Réforme, ce mouvement était l'un de ceux qui adhéraient le plus étroitement à la Bible. Comme les Anabaptistes, les Sociniens enseignaient que le baptême des nouveau-nés est contraire aux Ecritures, puisque la Bible ne relate que des baptêmes d'adultes. Ils étaient fermement attachés au commandement de Dieu enjoignant d'aimer son prochain et de se détourner de la guerre. Alors que les catholiques et les protestants se massacraient mutuellement en Europe, les Sociniens ne prenaient part à la guerre sous aucun prétexte. Beaucoup ont même payé de leur vie cette attitude courageuse. De plus, pour éviter toute responsabilité dans les conflits armés, ils refusaient les fonctions officielles.

Le nationalisme qui régnait à l'époque n'avait pas prise sur eux. Ils estimaient en effet que, dans quelque pays du monde que ce soit, les véritables chrétiens sont des étrangers (Jean 17:16 ; 18:36). Connus pour leur haute moralité, ils excommuniaient tous ceux de leurs membres qui n'acceptaient pas les explications du socinianisme relatives à la Parole de Dieu. - 2 Jean 10 ; 1 Corinthiens 5:11.

Les Sociniens utilisaient le nom personnel de Dieu, Jéhovah. Ils accordaient une valeur particulière aux paroles contenues en Jean 17:3, selon lesquelles apprendre à le connaître, lui et son Fils, signifie la vie éternelle. Récusant catégoriquement le dogme de l'immortalité de l'âme, ils enseignaient, comme le fait la Bible, que l'âme meurt, et qu'il subsiste un espoir de vie grâce à une résurrection à venir. - Ezékiel 18:4 ; Jean 5:28, 29.

Les Sociniens rejetaient également la doctrine de l'enfer. Socin l'avait compris, il est absurde de prétendre que Dieu torture éternellement les humains dans le feu pour les punir des péchés qu'ils ont commis pendant les 70 ou 80 années de leur courte vie. Au début, certains chefs du socinianisme enseignaient même la venue du Règne millénaire de Christ sur la terre. - Ecclésiaste 9:5 ; Révélation 20:4.

Comme avant eux Michel Servet, les Sociniens n'acceptaient pas les enseignements des Eglises sur la Trinité. Tout d'abord, ils avaient perçu que ce dogme n'est pas biblique. Encore aujourd'hui, des spécialistes reconnaissent volontiers que la Bible ne fait mention d'aucune Trinité, que cette doctrine résulte d'une 'théologie créatrice' du IVe siècle dans le moule de la philosophie grecque.

En outre, ils estimaient que les arguments bibliques en faveur de la Trinité manquaient de force. On savait déjà à l'époque que le passage préféré des trinitaires, 1 Jean 5:7, était corrompu, car il résultait d'une addition tardive. Un autre texte, Jean 1:1, ne signifie pas que le Christ est le Dieu Tout-Puissant, mais qu'il est un être "divin", un "dieu".

Outre les arguments bibliques, la raison pure n'était pas étrangère à leur position. Selon un historien de la Réforme, "Socin estimait que (...) bien que [la Bible] contienne des pensées supérieures à la raison (...), elle ne renferme rien de contraire à la raison". La Trinité, sous-tendue par l'idée contradictoire d'un dieu qui est en même temps trois personnes, renferme quant à elle des pensées qui sont contraires à la raison. Voici ce qu'écrit un historien sur les sentiments de Michel Servet à propos de cette doctrine : "Elle embrouillait son esprit, sans réchauffer son coeur ni stimuler sa volonté."

Evidemment, toutes les vérités bibliques n'étaient pas rétablies. Ainsi, les Sociniens niaient le principe de la rançon du Christ, alors qu'il s'agit là d'une doctrine fondamentale du christianisme (Matthieu 20:28 ; 1 Timothée 2:5, 6). Socin se trompait sur d'autres points encore, comme l'existence pré humaine de Christ, pourtant clairement enseignée par la Bible. - Jean 8:58.

Une fin rapide et tragique

La "petite Eglise polonaise", c'est le nom officiel donné aux Sociniens, a prospéré en Pologne pendant près d'un siècle. Au plus fort de son influence, elle regroupait 300 congrégations. Les Sociniens créèrent un centre à Raków, au nord-est de Cracovie, y installèrent une presse et fondèrent une université qui attira des professeurs et des élèves éminents venus de diverses contrées. Leur presse produisit quelque 500 pamphlets, livres et tracts en près de 20 langues. Dans toute l'Europe, des missionnaires et des étudiants diffusaient ces publications sous le manteau.

Toutefois, haïs par les catholiques autant que par les protestants, les Sociniens n'allaient pas connaître longtemps la tranquillité. En raison de ses croyances, Socin fut soumis à de violentes attaques, il fut pris à partie par des foules en furie, battu et presque noyé. Ensuite, la persécution s'intensifia. En 1611, un riche Socinien fut dépouillé de ses biens et condamné à avoir la langue et la tête tranchées, ainsi qu'une main et un pied, et à être brûlé. Bien sûr, il lui suffisait de changer de religion pour pouvoir continuer de vivre tranquillement. Il ne voulut pas céder aux menaces et demeura fermement attaché à ses convictions jusqu'à son exécution, qui eut lieu sur la grand-place de Varsovie.

En 1658, sur les instances des jésuites, le roi décréta que tous les membres de la petite Eglise polonaise devaient quitter le pays dans les trois ans sous peine d'être exécutés. Des centaines de Sociniens choisirent l'exil. C'est alors qu'une persécution brutale éclata. Subsistèrent quelques petites congrégations en Transylvanie, en Prusse et aux Pays-Bas, mais ces groupes isolés finirent par disparaître (voir La Tour de Garde du 1er janvier 2000, pages 21-23).

L'héritage socinien

Malgré cette persécution, les écrits sociniens continuèrent d'exercer une influence. Ainsi, en 1652, le Catéchisme de Raków, qui s'inspirait des ouvrages de Socin et qui avait été publié peu après sa mort, fut traduit en anglais par John Biddle. Les arguments contre la Trinité ne sont pas passés aux oubliettes. Isaac Newton, l'un des plus grands hommes de science de tous les temps, réfuta lui aussi la Trinité dans ses écrits. Il est d'ailleurs parfois considéré comme un Socinien, ainsi que Joseph Priestley, chimiste célèbre. John Milton, le grand poète, rejeta également la Trinité.

Les premiers Sociniens ont donné un exemple qui, à notre époque, pourrait profiter à de nombreuses religions. Un ministre presbytérien a loué leur position contre la guerre et l'a opposée à l' "impotence [des Églises modernes] face à la guerre mondiale". Il espérait que toutes les Églises de la chrétienté allaient bien-tôt prendre position contre la guerre. Il écrivit ces paroles en 1932. Quelques années après éclata la Seconde Guerre mondiale, dont les Églises soutinrent une fois de plus les effusions de sang. Aujourd'hui, la majeure partie du globe est ravagée par la guerre ; et, dans ce contexte, la religion est plus souvent une cause de conflits qu'une force d'apaisement.

Qu'en est-il de votre Église ? A-t-elle, comme bien d'autres aujourd'hui, perdu le respect des Écritures ? Enseigne-t-elle, à leur place, des idées humaines ? Quelle est sa position sur des questions doctrinales telles que l'immortalité de l'âme, l'enfer ou la Trinité ? Avez-vous examiné ces enseignements à la lumière de la Bible ? C'est ce qu'avaient fait les Sociniens. Nous vous encourageons à les imiter.

Source : http://www.queditlabible.fr/Personnages%20pass%E9s/sociniens.html

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