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Hauts Grades

Les trois coups distincts (1760)

9 Décembre 2012 , Rédigé par les 3 coups distincts Publié dans #Rites et rituels

Catéchisme caractéristique des Anciens Devoirs de la maçonnerie opérative anglaise, daté de 1760 et intitulé « Les Trois coups distincts »  

Ce texte est le reflet de la tendance religieuse qui animait depuis 1756, la toute débutante maçonnerie spéculative en ce pays (publication à cette date de l’Ahiman Rezon, pamphlet en réaction de la maçonnerie philosophique et non confessionnelle illustrée par les Constitutions d’Anderson de 1720).
A cet égard, il marque une rupture en se positionnant comme un catéchisme symbolique entaché de religiosité. Il donne une nouvelle orientation à la maçonnerie anglaise.
 

« Les Trois coups distincts » est l’un des premiers textes à évoquer un certain nombre de thèmes qui connaîtront une extraordinaire diffusion dans la maçonnerie mondiale au cours des deux siècles suivants, en particulier au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Parmi ces thème, retenons entre autres celui très spirituel des oppositions rencontrées sur le chemin.  


Degré d'apprenti

« Le maître : Y a-t-il un lien qui nous unit, mon frère ?
Réponse : Oui vénérable.
Maî.: Quel est ce lien mon frère ?
Rép.: C'est un secret.
Maî.: Quel est ce secret, mon frère ?
Rép.: La maçonnerie.
Maî.: Alors je suppose que vous êtes maçon.
Rép.: Mes frères et mes compagnons me reconnaissent et m'acceptent comme tel.
Maî.: Pouvez-vous me dire quel genre d'homme un maçon doit-il être ?
Rép.: Un homme né d'une femme libre.
Maî.: Où vous êtes-vous d'abord préparé pour devenir maçon ?
Rép.:Dans mon coeur.
Maî.: Comment avez-vous été admis ?
Rép.:Par trois coups distincts.
Maî.: Qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Rép.: Qui va là ?
Maî.: Qu'avez-vous répondu, mon frère ?
Rép.: Quelqu'un qui demande à prendre part au bienfait de cette très respectable loge dédiée à saint Jean, comme ont fait beaucoup de frères et compagnons avant moi. Maî.: Comment espérez-vous l'obtenir ?
Rép.: En étant libre et de bonne réputation.
Maî.: Après avoir fait cette prière, qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Rép.: On me demanda en qui j'ai mis ma confiance.
Maî.: Qu'avez-vous répondu, mon frère ?
Rép. En Dieu.
Maî. ; Que vous a-t-on dit ensuite ?
Rép.: On me prit par la main droite, on me dit de me lever et de me laisser guider sans crainte d'aucun danger.
Maî.: Après cela, que vous a-t-on demandé de faire ?
Rép.: On me fit faire trois fois le tour de la loge.
Maî.: Où avez-vous rencontré la première opposition ?
Maî.: Que vous a-t-il répondu ?
Rép.: Derrière le second surveillant au midi où je frappai trois coups comme je l'avais fait à la porte.
Maî. : Que vous a-t-il répondu ?
Rép. : Il a dit : Qui va là ?
Maî.: Qu'avez-vous répondu ?
Rép.: J'ai fait la même réponse qu'à la porte : C'est quelqu'un qui demande à être reçu.
Maî.: Où avez-vous rencontré la seconde opposition ?
Rép.: Derrière le premier surveillant à l'ouest où je répétai ce que j'avais dit à la porte. Il dit : Qui va là ? J'ai répondu que c'était quelqu'un qui demandait à être reçu.
Maî.: Où avez-vous rencontré la troisième opposition ?
Rép. :Derrière le maître à l'est, où je répétai la même chose qu'auparavant.
Maî.: Que vous fit faire le maître ?
Rép.: Il m'ordonna de retourner au premier surveillant à l'ouest pour y recevoir des instructions.
Maî.: Dites-moi, mon frère, après que vous avez prêté cette obligation, quelle est la première question qu'on vous a posée ?
Rép.: On me demanda quel était mon plus grand désir ?
Maî.: Et qu'avez-vous répondu ?
Rép.: Recevoir la lumière.
Maî.: Qui vous a conduit à la lumière ?
Rép.: Le maître et le reste des frères.
Mai.: Qu'avez-vous vu en premier lorsque vous avez reçu la lumière ?
Rép.: La Bible, l'équerre et le compas.
Maî.: Vous a-t-on dit ce qu'ils signifiaient ?
Rép.:Les trois grandes lumières de la maçonnerie.
Maî.: Expliquez-les, mon frère.
Rép.: La Bible dirige et gouverne notre foi; l'équerre sert à ajuster nos actions ; le compas doit nous maintenir dans une juste mesure avec tous les hommes, en particulier avec un frère.

Maî.: Que vous a-t-on dit ensuite ?
Rép.: Le maître m'a fait monter à l'angle nord-est de la loge, c'est-à-dire à sa droite.
Maî.:Vous a-t-il remis quelque chose ?
Rép. : Il m'a remis un tablier dont il me revêtit en me disant que c'était un signe d'innocence plus ancien que la Toison d'or ou que l'Aigle romaine, et plus honoré que l'Ordre de la Jarretière, ou que tout autre Ordre existant sous le soleil, qu'on pourrait me conférer à présent ou à l'avenir.
Maî.: Que vous montra-t-on encore ?
Rép.: Je m'assis à la droite du maître et il me montra les outils de l'apprenti entré.
Maî.: Quels étaient ces outils ?
Rép.: La règle à 24 divisions, l'équerre et le marteau ordi­naire ou maillet d'ajusteur.
Maî.: A quoi servent-ils ?
Rép.: L'équerre sert à régler mon travail, la règle à 24 divi­sions à le mesurer, le maillet à éliminer toute la matière superflue afin que l'équerre puisse s'y apposer et s'y ajuster aisément.
Maî.: Mon frère, puisque nous ne sommes pas tous des maçons opératifs, nous appliquons ces outils à nos moeurs; c'est ce que nous appelons spiritualisation. Expliquez cela.
Rép. : La règle à 24 divisions représente les 24 heures du jour.
Maî.: A quoi les passez-vous, mon frère ?
Rép. : Je passe six heures à travailler, six heures à servir Dieu, et six heures à rendre service à un frère ou à un ami tant que cela est en mon pouvoir sans porter préjudice ni à moi-même ni à ma famille.
Maî.: Vous m'avez dit, mon frère, que vous avez donné trois coups distincts à la porte. Pouvez-vous me dire ce qu'ils signifiaient ?
Rép.: Un certain passage de l'Ecriture.
Maî.: Quel est ce passage, mon frère ?
Rép.: Demande et tu recevras, cherche et tu trouveras, frappe et on t'ouvrira.
Maî.: Comment interprétez-vous ce texte en maçonnerie ?
Rép.: J'ai cherché dans mon esprit. J'ai demandé à un ami. J'ai frappé et la porte de la maçonnerie m'a été ouverte.
Maî.: Pourquoi a-t-on touché votre sein gauche dénudé avec une épée, une lance ou quelque autre arme ?
Rép. : Parce que c'est le sein gauche qui se trouve le plus près du coeur.
C'était un aiguillon visant davantage ma conscience que ma chair.
Maî.: Mon frère, nous avons longtemps parlé de loge. Dites-moi, qu'est-ce qui compose une loge ?
Rép. : Un certain nombre de maçons réunis ensemble pour travailler.
Maî.: Pouvez-vous me dire combien composent une loge ?
Rép.: Trois, cinq, sept ou onze.
Maî.: Pourquoi trois composent-ils une loge ?
Rép.: Parce qu'il y eut trois Grands-maîtres à la création du monde ainsi qu'à la création de ce noble morceau d'archi­tecture qu'est l'homme, lequel est si parfait dans ses propor­tions que les anciens conçurent leur architecture d'après les mêmes lois.
Maî.: Quelle est la seconde raison, mon frère ?
Rép.: Il y eut trois Grands-maîtres lors de la construction du temple de Salomon.
Maî.: Pourquoi cinq composent-ils une loge ?
Rép.: Parce que tout homme est pourvu de cinq sens.
Maî.: Quels sont les cinq sens ?
Rép.: L'ouïe, la vue, l'odorat, le goût et le toucher.
Maî.: A quoi vous servent ces cinq sens en maçonnerie ?
Rép.: L'ouïe, la vue et le toucher me sont très utiles.
Maî.: A quoi servent-ils, mon frère ?
Rép. : L'ouïe sert à entendre le mot, la vue à voir le signe, le toucher à sentir l'attouchement. Je peux de la sorte reconnaître un frère tant dans l'obscurité qu'en pleine lumière.
Maî.: Pourquoi sept composent-ils une loge ?
Rép.:Parce qu'il y a sept arts libéraux... /...
Mai.: Pourquoi onze composent-ils une loge, mon frère ?
Rép.: Parce qu'il y avait onze patriarches lorsque Joseph fut vendu en Égypte et considéré comme mort.
Mai.: Quelle est la deuxième raison, mon frère ?
Rép.: Il ne resta que onze apôtres après la trahison du Christ par Judas.
Maî.: Quelle forme a votre loge ?
Rép.: Celle d'un carré long.
Maî.: Quelle est sa longueur, mon frère ?
Rép.:Elle va de l'orient à l'occident.
Maî.: Quelle est sa largeur, mon frère ?
Rép.: Elle va du septentrion au midi.
Maî.: Quelle est sa hauteur, mon frère ?
Rép.: Elle va de la surface de la terre jusqu'au ciel.
Maî.: Quelle est sa profondeur, mon frère ?
Rép.: Elle va de la surface de la terre jusqu'à son centre.
Maî.: Pourquoi dit-on que la loge s'étend de la surface de la terre jusqu'à son centre ?
Rép.: Parce que la maçonnerie est universelle.
Maî.: Pourquoi votre loge est-elle orientée de l'orient à l'occident ?
Rép. : Parce que toutes les églises et chapelles le sont, ou devraient l'être.
Maî.: Pourquoi cela, mon frère ?
Rép.: Parce que l'Évangile a été d'abord prêché en orient avant de s'étendre à l'occident.
Maî.: Qu'est-ce qui soutient votre loge ?
Rép.:Trois grands piliers.
Maî.: Quel est leur nom ?
Rép. :Sagesse, force et beauté.
Maî.: Pourquoi dit-on que votre loge est soutenue par ces trois grands piliers : sagesse, force et beauté ?
Rép. : Parce que la sagesse, la force et la beauté contri­buent à l'achèvement de tout travail, et qu'on ne peut rien accomplir sans elles.
Maî.: Pourquoi en est-il ainsi, mon frère ?
Rép.: Parce que la sagesse conçoit, que la force soutient et que la beauté orne.
Maî.:Votre loge est-elle couverte ?
Rép. : Oui, par un dais orné de nuages de diverses cou­leurs. »

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