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Hauts Grades

Lettre Initiatique 4° degré

1 Avril 2012 , Rédigé par Jean MOURGUES 33° Publié dans #Rites et rituels

Nous sentons que nous sommes. Nous vivons à l'intérieur de nous-mêmes. Nous éclairons de l'intérieur un certain horizon, une scène mouvante, dont nous ne percevons que des fragments d'ailleurs; le plus souvent successifs.

C'est là ce que symbolise la marche du Maître Secret à la découverte du Saint des Saints.

Nous ne nous dédoublons que très tard, vers les cinq ou six ans. C'est alors que nous prenons peu à peu conscience de notre personnalité intime. Mais ce dédoublement ne fera que s'accentuer, jusqu'au moment où nous aurons parfaitement compris que, au cœur même de notre être une lumière immobile et rayonnante à la fois donne à nos relations avec le monde une qualité singulière et une coloration unique.

C'est cette prise de conscience que nous opérons symboliquement en accédant au grade de Maître Secret.

On a voulu polémiquer sur les formes authentiques des Rites, et surtout sur la progression initiatique.

Est-ce qu'il faut considérer que seule la série entière des cérémonies rituelles confère l'initiation ou la réception au grade d'apprenti recèle-t-elle en puissance tous les développements possibles ?

La question me paraît dépourvue d'intérêt. C'est en chacun de nous que s'accomplit le processus initiatique. On peut tout aussi bien subir les épreuves rituelles de tous les régimes sans y voir clair, que se trouver à même de comprendre par la seule réception au grade d'apprenti. C'est une question de personnalité, d'intuition et de sens.

Dire qu'il n'y a pas d'initié en dehors de l'Ordre est aussi stupide que de prétendre que les membres de l'Ordre sont tous des initiés.

Si être initié signifie connaître: comment assurer cette connaissance quand on ne la détient pas. La parole est perdue. Non pas seulement le mot de passe des Maîtres, mais la parole inscrite sur le Triangle d'or.

Je ne vais pas parler de ce symbolisme aujourd'hui, mais seulement évoquer les querelles déplacées sur la nature même de l'initiation aux divers degrés. Certains disent, le premier des Hauts Grades est le Grade de Maître. D'autres, affirment que le premier est celui de Maître secret, et qu'il y a une rupture radicale entre les loges bleues et les ateliers de Hauts Grades.

Tout cela est affaire de coutumes, et de circonstances. En Amérique du Nord, la coupure serait plutôt au niveau du 32°. En Angleterre, le Grade de Maître et les loges d'Instruction paraissent suffire à l'enseignement.

Si nous nous écartions de toutes ces approches formelles nous pourrions me semble-t-il considérer avec plus de sérénité des perspectives dont le discours de Ramsay symbolise la vertu.

Ces perspectives quelles sont-elles ? La première c'est que rien ne peut être dans l'esprit qui ne soit passé par les sens. Il y a une matérialité de la connaissance qui peut et doit justifier les premiers grades. Le franc-maçon en tant que maçon ne travaille pas sur une révélation mais en fonction d'un apprentissage nécessaire.

Mais il découvre que l'idée inspire l'acte. Que la conception oriente l'exercice des instruments et des outils. Il y a un renversement qui s'opère et qu'il faut considérer.

Ce n'est pas un fait tout fortuit que la partition trinitaire des fonctions dans le cadre de l'action.

On a fait grand cas, dans la mythologie historienne, des trois ordres. Clergé, Noblesse, Tiers Etat. R. Dumézil a mis en valeur la vocation trinitaire des fonctions sociales chez les peuples aryens : prêtres, soldats, paysans.

Je laisse de côté toute érudition, et me refuse à parler de ce que je n'ai pas observé, mais tu me permettras d'évoquer la relation militaire et la hiérarchie des grades : la définition trinitaire et présente à tous les niveaux: Soldat, Caporal, Caporal-chef, Sergent, Sergent-chef, Sergent Major ou Sergent, Sergent-chef, Adjudant, ou Adjudant, Adjudant-chef, Aspirant, ou encore Sous-lieutenant, Lieutenant, Capitaine, Commandant, Lieutenant-colonel, Colonel, Général de Brigade, de Division, d'Armée, etc. On peut s'amuser à déceler les groupes trinitaires. Pourquoi? C'est qu'il y a toujours une position de contact avec l'extérieur, une position de transmission dans les deux sens, et une position de conception.

L'action peut être ponctuelle, sectorielle, générale, universelle, on y découvre toujours ces trois modalités: la relation (échange, information, pression), avec l'extérieur, la transmission (analytique ou synthétique, mais dans les deux sens), et la conception (détermination de l'effet à produire et de l'objectif à atteindre.)

Mais à chaque niveau on pourrait recommencer l'analyse et retrouver les aspects complémentaires de cette trinité : absorption, digestion, excrétion.

Si tu varies les domaines, ton schéma sera toujours valable.

Est-ce que ce schéma est le seul possible ? Voilà en effet la véritable question. Le schéma dualiste a ses partisans, de même que le schéma quaternaire.

Il y a même le schéma pentagonal qui doit être aussi envisagé comme moyen d'analyse. Quand tu considères les ordres de Noblesse, Clergé, Tiers état, tu dois bien placer le Roi, et le peuple, et selon que tu assimiles les uns aux autres tu as trois, quatre ou cinq pôles de la réalité vivante au cœur de ta démarche analytique.

Est-ce là une donnée absolue ? Tu sens bien que non !

Certains conscients de ces variations schématiques ont voulu chercher une structure qui serait applicable partout, et toujours: la structure absolue. Mais ils ne tiennent peut-être pas compte du fait que toute structure est une formulation de notre propre relation avec le monde, et donc qu'elle ne peut être que relative.

Je ne vais pas t'engager dans une voie où les spéculations les plus abstraites sont de pratique courante J'ai voulu seulement te présenter une façon de considérer la connaissance, non plus cette fois dans le cadre d'une action immédiate, non pas dans le cadre d'une construction donnée, mais dans le sens de l'analyse spéculative.

On peut très bien se satisfaire de la symbolique des trois premiers grades. Il est peut être difficile, à nos esprits obscurcis par trop de préoccupations matérielles de percevoir à juste distance les diverses fonctions inhérentes à toute activité.

Ce ne sont pas des organigrammes qui sont présentés dans les enseignements rituels, mais peu s'en faut. Sans doute les divers grades de la hiérarchie ne s'offrent-ils pas avec la sécheresse d'un croquis. Il y a une enveloppe mythique qui dissimule, mais dissimule-t-elle vraiment, la détermination pédagogique. Ce que je constate, c'est que celui qui reçoit les enseignements maçonniques se trouve aussi bien armé pour comprendre les relations humaines que n'importe quel étudiant d'économie politique ou de sociologie.

Seulement, les langages différent, au point de paraître tout à fait s'exclure. Personnellement, je suis en admiration devant la richesse des connaissances transmises par le traditionnel parcours rituel, et dans l'étonnement le plus complet quand je constate que ces connaissances n'ont pas été reconnues dans les écoles. Mais après tout c'est très bien ainsi, car les enseignements de l'Ordre ne s'adressent pas aux trop vite instruits, mais à ceux qui comprennent qu'on n'apprend rien qu'avec le temps.

La fiction royale, la construction du Temple de Salomon, c'est un mythe comme un autre, une construction peut-être secondaire ou tertiaire, par rapport à la Bible, qui devait être également une mise en forme de données primitives.

Mais cette fiction est à la base d'un enseignement dont la portée ne saurait être sous estimée. L'équerre que le Maître parfait porte au front témoigne de la nécessité d'apporter à la connaissance la rigueur de l'esprit géomètre.

La vocation de l'atelier de Maître secret est l'Instruction. Ce n'est pas une boutade. Non seulement il convient de découvrir aux Maîtres qu'ils ne connaissent encore qu'un aspect de la relation entre l'homme, le monde et les valeurs (ou les Dieux), mais encore que tout sur le plan humain peut apparaître à la fois selon les aspects contradictoires et complémentaires; qu'une même chose peut être à la fois la pire et la meilleure.

Tout ce que l'enfant a appris n'est que l'apparence des choses. Mais tout ce que nous ne saurons jamais se ramènera toujours à l'apparence. Cela, le maçon est supposé l'ignorer tant qu'il n'a pas dépassé l'exercice de son métier et l'administration de son chantier.

Le premier des enseignements du grade de Maître, c'est qu'il n'est jamais heureux, ni salutaire de se faire de l'homme une idole. Or nous ne sommes que trop portés à chercher dans les fortes personnalités soit des protecteurs, soit des Maîtres, soit des modèles.

Cette tendance est universelle. Et il serait oiseux que je te donne des exemples qui sont connus de tous. Le père, le Maître, le Personnage politique ou le Héros de roman, voire l'ami plus âgé, tiennent dans la relation humaine des positions que nous connaissons.

Il y a des périodes où il semble, au sens strict du terme, que les individus soient hissés sur un piédestal, et adorés comme sauveurs.

Le danger de cet aveuglement, c'est que le personnage imité ou le Héros adulé, voire le Souverain obéi ne sont que des hommes, même s'ils polarisent les attentions et l'obéissance.

La démission de l'homme n'est jamais une voie salutaire puisqu'elle conduit à l'asservissement et à la ruine de la personnalité.

Le réconfort que l'on éprouve en confiant son sort à celui que l'on considère comme un modèle ou un sauveur, n'est jamais durable, et en tout cas, jamais suffisant pour justifier le renoncement à soi.

Sans doute, certains ont-ils fait du Christ ou du Bouddha des modèles. Mais l'imitation du Christ ou celle du Bouddha, c'est proprement la résolution d'inventer sa propre vie, la détermination de construire son propre destin, la volonté de prendre en charge l'existence pour s'en délivrer. Il n'y a pas de commune mesure entre l'idolâtrie et la foi. C'est une considération à méditer.

Nous ne sommes jamais rien par nous même tant que nous ne nous sommes jamais remis entièrement en question. Cela peut paraître excessif aux jeunes gens qui naturellement plein d'eux-mêmes imaginent que rien ne pourra ébranler leurs certitudes, et cette foi qui les anime, qui est la dynamique de la vie.

Il est vrai que les certitudes de l'enfance passent avec l'affrontement des travaux et des jours. L'exaltation ne dure guère, et les audaces généreuses sont plus volontiers tournées vers la mort ou le sacrifice total que vers la construction méthodique et lente d'une demeure habitable pour l'homme.

Nous les connaissons ces ardents qui veulent risquer le plus cher d'eux-mêmes pour le salut des plus nobles causes. C'est à vingt ans qu'on choisit de mourir. Est-ce à vingt ans qu'on apprend à vivre ?

Le sacrifice de soi, dont HIRAM a fourni le symbole ce n'est pas l'indispensable renoncement, mais l'épreuve absolue. Celle de la fragilité des serments, celle de la faiblesse des hommes, celle de l'inconsistance des ambitions les plus déterminées.

Le spectacle du monde tel que les apparences le révèlent est désolant précisément parce que tout y paraît à la fois facile, dérisoire et sordide. Quand ce n'est pas tragique et définitif.

Les héros sont souvent les plus désespérés des hommes. Les femmes se font infirmières ou élèvent des enfants, ce qui est encore une façon d'espérer au-delà de la mort.

La véritable clé de la vie, c'est le rejet de tout ce qui nous a fait ce que nous sommes, pour autant que ce que nous sommes jusqu'alors n'est pas nous. Que sommes-nous si nous ne renaissons pas à nous-mêmes ? Les alchimistes avaient très bien figuré le passage au noir. Nous avons aussi notre passage au noir à travers la porte étroite, tout le long des tentures noires, brodées de larmes d'argent brillant. Qu'est-ce qui nous guide, sinon cette étoile, projection de la dernière flamme qui brûle en nous après l'abandon.

La chair d'HIRAM a quitté ses os, mais l'acacia nous reste, disions-nous. C'est la vie, qui n'est jamais finie tant qu'on a un cœur qui bat, un cerveau qui analyse, et des sens pour vibrer au printemps nouveau.

Tu m'écris dans une lettre qui m'a beaucoup touché " Est-ce l'âge, est-ce la fatigue, j'éprouve depuis un certain temps déjà un curieux sentiment: celui de douter de plus en plus de tout et de rien; et de concevoir mon initiation comme un enlisement plutôt que comme une élévation."

Nous avons tous connu ce sentiment. C'est celui qui s'empare de nous quand nous percevons clairement que notre liberté passe par l'abandon de tout ce qui nous a accompagné jusqu'ici. Nous savons qu'il nous faut tout perdre.

Mais de là à supporter sans réaction le lent dépouillement par le temps, il y a une distance que seuls nos viscères nous révèlent.

Dans cette cérémonie où nous t'avons reçu parmi les Maîtres secrets, nous t'avons montré le signe du silence. Mais nous t'avons aussi fourni la clé de l'avenir. Le silence, c'est l'évidente inutilité de la plainte qui nous le dicte. Le monde est divisé entre ceux qui savent, et ceux qui ne savent pas encore ou qui ne sauront jamais.

Qui savent quoi, dira le jouvenceau ? Qui savent quoi dira le sot ? Ne savons-nous pas par les livres tout ce qu'il nous faut savoir ? Non, les livres ne disent pas ce qui est la clé de ce monde: c'est qu'il n'y a pas de certitudes et que nous devons pourtant marcher comme si nous savions où aller. Et nous savons en fait où aller. La clé nous est donnée: c'est celle du devoir. C'est celle du devoir immédiat.

Ce que nous avons à faire nous le savons toujours. Marcher, et marcher encore, avancer pas à pas sans regarder plus avant, sinon vers l'étoile qui brille. Notre tâche quotidienne, sans éclat mais sans renoncement, voilà ce qui importe.

Elle n'est ni noble ni exaltante ? Soit. Elle ne glorifie pas ses serviteurs ? Soit encore.

Qu'attends-tu de la vie ? T'a-t-on promis une récompense ? Qui te dit ce que tu dois si ce n'est ton métier, tes proches, ton propre sentiment de l'obligation contractée. Déserter le travail quotidien est la pire des désertions: il peut paraître merveilleux de sauver le monde, et de s'envoler sur l'aile des chimères, mais c'est à bout de bras qu'il faut porter sa charge, et celle que nous avons contractée, sans le savoir toujours, sans le vouloir parfois mais bien réelle, et bien présente.

La clé de cette vie c'est le devoir prochain. Le secret du Maître tu l'as, sans le savoir, depuis toujours à ta portée.

Je comprends qu'on soit surpris d'entendre au cours de la cérémonie d'initiation "Ce que tu as appris jusqu'à aujourd'hui n'est rien comparé à ce qui te reste à apprendre."

A vrai dire, c'est pourtant une banalité. Mais cette banalité prend son relief quand elle s'adresse à un Vénérable qui a conduit un atelier et qui suppose être au plus près de la connaissance initiatique.

Du reste, que peut-on dire après ces principes réaffirmés de Liberté, d'égalité ou de fraternité ?

Or précisément tout reste à dire, quand les termes dont on fait usage n'ont plus que des sens dérisoires.

Qui, passé trente trois ans, peut encore se croire libre au sens puéril : je fais ce que je veux.

Qui hormis quelque sot, et la plupart des aveugles aux yeux grands ouverts.

Etre libre ce ne peut être faire ce que l'on veut si faire ce que l'on veut signifie faire n'importe quoi. Etre libre c'est avoir sur soi assez d'emprise pour n'être pas la proie de ses émotions ni de ses passions.

Le sens social et civique du terme, diront les activistes n'est-il pas le plus important? Qu'est-ce que la liberté civique, si ce n'est du plus ou du moins.

Quant à l'égalité, il suffit de nous regarder pour comprendre qu'elle ne peut s'entendre que du respect dû à chacun, et de la noblesse égale des fonctions comme des existences.

De toute façon nous touchons là la véritable conversion que doit opérer le maçon en entrant dans la voie intérieure.

Non pas seulement le comment, mais le pourquoi. Non pas le fait, mais la raison, non pas les certitudes mais les relativités.

L'enseignement des Maîtres secrets n'est pas dogmatique en ce sens que c'est un passage.

Mais il est à comprendre, et c'est là en quoi l'épreuve est redoutable.

Quelle est la clé qui peut nous ouvrir la porte sinon celle qui nous est fournie par la nécessité des recommencements.

Quand on a découvert la vanité des choses, et la fragilité des honneurs, et la futilité des pouvoirs, et la banalité des talents, on peut se demander ce qui reste. Or il reste le devoir, et qui suffit à tout.

On dit parfois qu'en raison de l'âge symbolique du Maître secret, sa référence est celle de l'espace. Il y a là une sorte d'artifice pédagogique, qui ne manque pas de vertu.

Dans une certaine mesure, il y a deux sortes de progressivité, la progressivité linéaire (la succession), et la progressivité volumique (l'accroissement en tous sens). Est-ce cette nouvelle dimension de la connaissance que le rituel entend signaler au Maître Secret ?

C'est possible. Je ne jurerais pas des intentions des rédacteurs du rituel, mais ce qui importe c'est l'ouverture que leurs enseignements nous indiquent.

Il est utile de savoir que celui qui avance n'est pas forcément devenu meilleur ou plus sage.

Il est important de tenir compte pour apprécier d'un spectacle, ou pour mesurer un objet, de la dimension triple dans l'espace.

Toutefois, c'est en fait la relativité qui se découvre par la perception de l'espace. Il n'y a pas de position dans l'espace qui soit référencée dans l'absolu. Nous devons toujours prendre un point d'appui, forcément arbitraire.

Nous, les hommes, avions mis la terre au centre de l'univers, et tout tournait autour de nous.

Ces positions sont renversées. Mais où est dès lors le point de référence. J'oserais dire que c'est encore la Terre, mais c'est la terre relativisée dans sa position. Révolution Copernicienne. Mais de fait, rien n'a changé si ce n'est le point de vue où se place l'observateur dans l'appréciation des rapports entre les astres.

Cette révolution Copernicienne nous devons nous y préparer par le travail dans l'Atelier de perfection. Elle consiste à nous savoir non plus un sujet, non plus un centre, mais un parmi d'autres, et aussi insignifiant, ou aussi important qu'on voudra, un, et l'égal de tous, et à la fois unique et banal.

Ce cheminement, qui est celui déjà entrepris du dépouillement est souvent le plus difficile, car il est parfois décevant. Alors tous mes efforts, alors tous mes élans, alors tous mes gestes et ma générosité et mon courage ne sont de rien ?

Alors je ne suis qu'une parcelle sans importance dans l'immensité des relations universelles ? Sans doute.

Mais tu demeures lumière, et c'est en toi que monte l'espoir d'une rencontre possible avec la vérité de l'homme.

Nous ne travaillons guère qu'aux 4ème, 14ème, 18ème et 30ème degré, pour ce qui est du Rite Ecossais Ancien Accepté. Cela n'a du reste qu'une importance toute relative.

L'important n'est pas l'atelier en soi mais le travail que l'on y fait.

Si c'est pour répéter les errements des ateliers bleus, il est inutile de franchir les barrières bien fragiles qui se dressent sur la route des candidats aux divers degrés.

Mais si c'est pour méditer, et comprendre les enseignements successifs, alors je crois que tu découvriras une richesse d'aperçus qui t'étonneront.

Ne te dis pas, « ce qui m'est enseigné, je le sais. » Ou « à quoi bon ces légendes puériles : la sagesse du Roi Salomon, et ces gardes qui entourent un cercueil ! »

Combien tout cela est risible quand on sait que les secrets de la tradition sont connus partout et par tous !

Peut-être ! Peut-être ! N'empêche que tu dois considérer que les gardiens assurent la garde non seulement du cercueil, mais des lois ancestrales, et non seulement des lois, mais du triangle d'or sur lequel est gravée la parole sacrée.

Cela ne te dit rien peut-être, mais si tu as seulement vécu une de ces périodes de troubles sociaux, si tu as compris ce que peut être un exode, si tu devine les bouleversements qu'un raz de marée ou un tremblement de terre peuvent apporter dans une communauté, tu prendras conscience de l'importance des gardiens de la loi.

Oh ! Non pas seulement de cette loi profane que les policiers ordinaires assurent de leur mieux, mais de cette loi non écrite qui règle les rapports profonds entre l'humanité et le cosmos.

J'en ai vu de ces peuples chassés de leurs foyers, qui ne conservaient plus que dans leurs souvenirs les vertus de leur Ordre. Et je me suis demandé ce qui nous arriverait, à nous, si nous étions un jour obligés à l'exil ?

Ne sourions pas de nos devoirs à l'égard des mythes. Ils sont encore utiles quand tous les savoirs sont oubliés.

Le silence, l'obéissance et la fidélité feront de toi le Maître couronné du Laurier et de l'Olivier. La splendeur de ta vie intérieure comblera l'espace où tu vis. Le rayonnement de ta parole suffira à apaiser les esprits, et ton autorité n'aura besoin ni de sceptre ni de couronne.

On ne passe pas d'une erreur à une vérité, mais d'une vérité moins haute à une vérité plus haute.

Vive RANAUDA

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