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Hauts Grades

Lettre initiatique 8° degré

2 Avril 2012 , Rédigé par Jean MOURGUES 33° Publié dans #Rites et rituels

Nous sommes, au 8ème grade dans la perspective royale :

L'intendance des Bâtiments est une des fonctions essentielles de toute bonne administration.

La plupart des institutions officielles font l'objet de magnifiques projets. Les réalisations sont déjà plus médiocres car il y faut consacrer des fonds, qui ne sont pas toujours disponibles. Mais ce qui laisse le plus à désirer, c'est l'entretien.

Il n'y a pas de meilleur signe d'une administration bien conduite que l'excellent état des locaux. Les Temples, les palais, comme les casernes ou les écoles, demandent des soins continus et attentifs. Mais la plupart du temps on ne soigne que ce qui se voit. Et budgétairement, les dépenses d'entretien apparaissent toujours superflues.

Sans compter que les impondérables appellent le plus souvent des interventions imprévues.

Il est vrai que les fêtes et les expositions sont également du ressort de l'Intendant des Bâtiments. La surprise, l'admiration, comme hélas, la douleur de constater tant de ruines sont des réactions coutumières, de la part des visiteurs.

Mais le Souverain détourne la tête. Il a tant de soucis. S'il ne peut faire confiance à l'intendant, comment pourrait-il s'en tirer ?

L'intendant ignore souvent les projets du Maître mais il se doit d'être fidèle exécuteur des intentions de ce dernier. Il est l'homme de la vérité, et doit parfaire sa science.

Il est curieux de constater que les enseignements du grade confinent à la leçon d'art. Les divers ordres architecturaux sont évoqués. Qui dira que le propos maçonnique n'est pas ici pédagogique ?

Au demeurant, tout est rappelé dans le rituel : les cinq sens, l'Etoile, les sept marches qui offrent également les outils de la maçonnerie comme un rappel nécessaire: le compas, l'équerre, le niveau, le ciseau, le maillet, la pince, et la planche à tracer.

Mais le paradoxe philosophique n'est pas sans portée ! C'est en confessant son ignorance, et en prouvant son exactitude que le néophyte assure sa sélection à la fonction. C'est en somme le véritable programme du chercheur, qui ne peut compter vaincre son ignorance que par l'exactitude de la mesure, et la fidélité de l'observation.

Mais par souci de complémentarité, il lui est rappelé, la bienveillance et la sympathie fraternelle à l'égard des subordonnés.

Quand on considère les hommes, avec le fardeau du métier, on se dit qu'il n'est pas toujours facile de leur communiquer les notions élémentaires nécessaires à une conception heureuse de la vie.

Sans-doute les enseignements tout à fait superficiels des divers grades maçonniques ne suffisent pas à meubler les esprits, ou à leur donner une connaissance suffisante des exigences de la gestion pour faire d'eux des individus compétents. Mais il n'est pas négligeable cependant que des signes soient faits, qui orientent l'attention vers des nécessités immédiates.

La plupart des incidents graves de la vie en société naissent d'une mauvaise pratique de la relation humaine, comme de négligences dans la surveillance des meubles et des immeubles.

Il faut avoir observé la conduite de milliers et de milliers de familles pour concevoir que ces enseignements, si légers aient-ils été s'avéraient cependant nécessaires.

Ne le sont-ils plus aujourd'hui? Je n'en jurerais pas. Ou plutôt, je sais bien qu'ils sont nécessaires même si on les ignore, ou si on les délaisse pour se complaire à des déclamations.

Je connais des conflits du travail qui sont nés du mauvais entretien des douches.

Je connais des accidents graves dont la cause fut simplement une insouciance vénielle.

Il n'est pas question de prétendre que l'attention suffit à tout. Mais il est intéressant de dire à ceux qui sont appelés à prendre des responsabilités que les réussites qui entraînent l'admiration, et d'abord la surprise, sont dues à de simples attentions, et à une conscience prudente des obligations de la charge que l'on assume.

Quant aux hommes, rares sont ceux qui ne sont pas sensibles à l'attention fraternelle.

Pour oublier les petites choses de la vie, nos sociétés en perdent l'équilibre.

Je me refuse à croire en tous cas à l'inutilité d'un rappel sous forme d'une séance d'instruction, des divers degrés de l'échelle des grades Ecossais, ne serait-ce qu'en Atelier de perfection.

L'action ne peut venir que d'un être dont le centre est en repos.

H. MILLER

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