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Hauts Grades

Liberté-Egalité-Fraternité

23 Mai 2013 , Rédigé par Georges Dillinger Publié dans #Planches

Il semble bien que ce soit la franc-maçonnerie qui ait imaginé cette devise, ce "slogan" dont la fortune a dépassé toutes ses espérances. Ces trois mots ont animé, ou plutôt embrasé la Révolution française. Le respect qui leur est dû ne s'est jamais démenti ou affaibli. Les cinq Républiques successives y ont été obstinément fidèles. Les enfants des écoles les ont appris pieusement sous la férule d'instituteurs laïcs. Ils illuminent de leur message le fronton de nombreux édifices publics. Cependant, jamais comme dans notre période contemporaine, nous en mesurons la nocivité, la dangerosité pour une société organisée.

Liberté

Pour commencer à un bout, l'un va dire que la religion chrétienne a prêché sans relâche pour que l'Homme se libère de ses péchés, de ses passions, de ses entraînements. L'autre va dire que la liberté se trouvait dans la faculté de faire le bien. Noble liberté.

A l'autre bout, il y a la liberté de suivre son caprice et utiliser cette liberté pour mal vivre. Dans le recul du sacré que connaît notre temps, Anatrella disait que "l'homme moderne en l'absence de tout projet, de toute valeur qui le dépasse, est ramené à sa seule subjectivité". Il faut bien reconnaître – sans être affecté d'un pessimisme maladif – que notre époque se caractérise par une liberté mauvaise, sans mesure, sans borne. Car non seulement la déchéance morale, pour la grande majorité des personnes, n'est plus endiguée par un système de valeurs et de vertus, mais elle est portée par la loi de l'État qui se fait le chantre de la liberté la plus débridée. Faut-il rappeler la loi du communiste Gayssot ? Faut-il rappeler les lois autorisant l'avortement puis son remboursement, c'est-à-dire l'assassinat de l'être humain dans le sein de sa mère et voulu par celle-ci ou son entourage ?

La liberté moderne fait rejeter le mariage qui contraint ceux qui s'y engagent au profit d'ersatz misérables tels que le pacs ou plus encore au profit de compagnonnage éphémère et d'accouplements répétés et plus ou moins durables.

Le communisme a fait beaucoup naguère pour que se développe et s'amplifie cette liberté morale – ou plutôt immorale. Le trotskisme, plus encore sans doute, ainsi que la révolution culturelle née en Allemagne dans les années 1920 qui a affecté et souillé plus ou moins profondément une partie de notre vieille Europe chrétienne. Ces deux post-phénomènes ont parachevé l'œuvre marxiste. Bref, au lieu de la liberté où l'on pouvait choisir le bien, la liberté qui s'y est substituée est celle de choisir entre le bien et le mal.

La liberté individuelle, c'est celle d'ignorer même la morale. Le concept de liberté souffre d'une duplicité certaine, d'une duplicité au sens de double sens et au sens de perversité. En exaltant la liberté sans frein, on a ruiné la liberté morale qui, comme l'enseigne l'Église, n'est pas l'exercice sans limite de la liberté naturelle mais son orientation vers le bien.

Rappelons enfin que pour un libéral tout dogmatisme – en particulier religieux – est un mal absolu. Le libéral condamne toute philosophie qui reconnaît l'existence d'une autorité supérieure à l'Homme et une vérité qui le transcende, d'où l'anathème jeté contre l'"intégrisme".

Egalité

L'égalité fut un concept clé de la Révolution française. C'est dans la nuit du 4 août 1789 – une vingtaine de jours après la prise de la Bastille – que fut proclamée l'abolition des privilèges dans une réunion commune aux trois ordres des Etats Généraux. Le Roi et les aristocrates, les cardinaux et les évêques, devenaient des citoyens juridiquement et légalement égaux à tous les autres. Beaucoup connurent la machine du docteur Guillotin dans le droit fil de la chanson "Les aristocrates à la lanterne". Tous les hommes sont égaux dans la mort.

Jamais autant qu'après la Seconde Guerre mondiale, après la Shoah, n'a été proclamée l'égalité des races. Davantage même : certains ont nié l'existence de races au sein de l'espèce Homo Sapiens. Le cheval ou le chien sont des espèces animales que l'on divise en races. Mais l'homme échapperait à ces distinctions, en dépit de l'évidence qui paraît pourtant difficile à nier quand on évoque côte à côte un pygmée, un noir et un esquimau. Si nous sommes tous des citoyens égaux du village planétaire, cela peut être vrai dans le domaine du droit. C'est insoutenable dans le domaine physique et naturel.

Notons que le cosmopolitisme, phénomène généralisé à notre époque où les peuples migrent avec tant de facilité, s'avère dévastateur à l'égard de toutes les traditions, tous les patrimoines, toutes les cultures, propres jusqu'alors à une ethnie donnée. Le contact imposé à chacun avec toutes les autres débouche sur un relativisme rapidement dévastateur. Les religions se valent, n'est-ce pas ? Ma conviction – qui n'a aucune importance dans le débat – est qu'elles ne se valent pas. En dehors de la véracité, comment peut-on mettre à égalité le christianisme avec son message de paix, d'amour et de charité, et l'islam cruellement fanatique et, dans l'Histoire, prosélyte avec une brutalité inouïe ? Il n'en reste pas moins que leur cohabitation et leur confrontation quotidienne présentent plus de risques pour la foi que l'existence unique de l'une ou de l'autre dans une société homogène. Comment peut-on croire que tous les comportements se valent, que la morale ou l'immoralisme représentent un choix individuel, que les compagnonnages peuvent se substituer sans dégât à la famille ? N'est-il pas évident pourtant que l'on est ainsi en train de bousculer les principes qui assuraient la simple survie d'une société ? Et vice-et-versa, les comportements actuels qui se généralisent signeront le suicide de notre société occidentale.

C'est un égalitarisme de fait qui règne dans les arts contemporains – ou dans ce qui en tient lieu. La plus magnifique peinture de Leonard de Vinci ou de Delacroix est mise à égalité avec le plus misérable barbouillage contemporain ou une toile monochrome ; un tam-tam insupportable à l'oreille est mis à égalité avec une symphonie de Beethoven.

A une évolution subreptice assurant le règne de l'immonde égalité s'ajoutent des mesures politiciennes et législatives pour imposer et accélérer le mouvement. De la loi Pleven en 1972 à la loi Gessaut en 1990 – sans compter quelques autres entre les deux –, tous ces textes se présentent comme une sécrétion de l'idéologie anti-discriminatoire qui s'appesantit sur la France nouvelle. Vouloir encore préférer sa patrie – la terre de ses pères – aux autres nations est devenu une conviction qui peut vous valoir de comparaître à un tribunal pour xénophobie ! Mais le comble nous restait encore à subir.

Alors que toute discrimination – naturelle à tout citoyen au profit de son patrimoine et de ses éléments identitaires – faisait l'objet d'un interdit total, voici que l'on nous impose la discrimination positive qui érige l'autre, sa culture (?), son tam-tam, son homosexualité éventuellement, en un droit sacré devant lequel il importe de s'incliner avec respect. Pauvre France ! Pauvre Europe qui fut jadis et naguère foyer de la civilisation universelle !

Fraternité

Avec la fraternité qui constitue le troisième terme de la triade républicaine, nous retrouvons un paradoxe. Il est en effet évident que notre époque se caractérise par un individualisme déchaîné. Belle fraternité en vérité ! D'ailleurs, nous avons tué le Père, Dieu pour les uns, le monarque pour quelques autres, le père de famille lui-même destitué par la loi républicaine de sa position de chef de famille. Comment oser encore parler de fraternité et l'inscrire au fronton de certains de nos édifices publics ?

Source : http://leblogdegeorgesdillinger.over-blog.com/article-liberte-egalite-fraternite-111616881.html

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Luigi 23/05/2013 12:52


Le Franc-Maçon doit être un homme marié avec  enfants, catholique, blanc, hétérosexuel, de
culture occidentale, anti-avortement, royaliste ou au moins anti-révolutionnaire,  contre l'art dégénéré, anti-républicain.  CQFD.  


A lire d'urgence pour une compréhension limpide et pour une bouffée d'air frais:  Thomas
Schlesser: "L'art face à la censure, 5 siècles d'interdits et de résistance" , Georges Corm: "Face sombre et face lumineuse dans l'histoire de l'Occident", Ernest Renan : "Qu'est-ce qu'une
Nation" et tant d'autres encore que je n'ai plus en tête hélas...


Luigi