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Hauts Grades

Liberté - Egalité - Fraternité

24 Mai 2013 , Rédigé par Mohamed Radé Publié dans #Planches

LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE, c’est la planche que je dois vous présenter ce soir. Je vous avoue que ces 3 mots de notre acclamation m’ont fait à la fois réfléchir et souffrir, mais d’une souffrance qui me relie à tous mes frères passés et présents. J’ai totalement séché sur ce sujet, j’avais beau cherché, je ne trouvais rien. J’avais beau tapé sur la pierre brute, lui parler, tourner autour, rien ne venait ! Mais lors d’une réunion d’apprenti, mon maître et second surveillant m’a amorcé et ferré tel un poisson et j’ai croché. Mon esprit s’est ouvert sur cette acclamation avec le cortège d’interrogations qui accompagne la réflexion. Que voulons nous dire quand nous utilisons de façon très fréquente cette acclamation ?
Nous le faisons peut-être de façon mécanique ?
Accordons nous tous la même signification à ces 3 mots MAGIQUES ?
Cette Acclamation est utilisée à chacune de nos tenues, dans le rituel d’ouverture et de fermeture, de façon concomitante aux batteries, dans ces moments ritualisés très importants, qui rythment notre vie Maçonnique. Je pense que cette acclamation et la batterie représentent pour moi Le Verbe qui a crée le Monde par la parole donc le Son, nous recréons ainsi le Monde à ce moment là, car nous entrons dans le mystère que nous ne connaissons pas, nous sommes dans le sacré. C’est aussi un cri de gloire et de joie : le vénérable maître à ce moment précis, dans le Temple prononce ces paroles : « Unissons nous mes frères, par le signe de l’apprenti et célébrons cet heureux moment par une Triple batterie suivie de l’acclamation » cette précision « d’heureux moment », prouve bien que nous sommes dans un moment de joie car nous allons être en présence du « Divin ».Chacun ressent confusément que quelque chose qui le dépasse est en train d’arriver. Chacun sent monter en lui une quiétude, une sensation d’élévation spirituelle qui relève déjà d’une hiérophanie  

v - Nous qui sommes des initiés qu’elle signification donnons nous à ces Trois Mots ?
v - Nous ne pouvons donner leur donner une signification profane car dès l’ouverture des travaux nous sommes dans le Sacré ! l’hégrégore doit émerger de nos travaux et de l’ambiance ritualisée de la loge.
Je vous propose ce travail qui a pour ambition d’aborder l’analyse de trois mots que nous risquons de prononcer de façon mécanique sans donner à ceux-ci, tout le sens symbolique qu’ils recouvrent pour nous les Apprentis.
Tout d’abord d’après les historiens : seule Liberté et Egalité étaient utilisé Fraternité est arrivée après, à la fin du 19ème siècle.

 

La Liberté :

v - est le vrai choix du libre arbitre, entre le bien et le mal, celui qui respecte la Loi divine qui lui est imposée ou celui qui la refuse.
v - pour moi Adam est un bon exemple de ce libre arbitre, car face au choix de vivre dans L’immortalité près du Divin ou d’être mortel mais avoir la connaissance, il a préféré la connaissance. C’est aussi la faculté de rester fidèle à la lumière qui nous a été offerte, cette liberté principe se manifeste même quand l’homme est esclave ou prisonnier d’autres hommes pour preuve cette belle histoire qui m’émeut à chaque fois car ces frères en fait étaient plus libre que leurs geôliers :

Le 15 novembre 1943, sept francs-maçons belges déportés pour faits de résistance fondèrent la loge maçonnique Liberté Chérie dans le baraquement n°6 du Camp de concentration Emslandlager VII d'Esterwegen. Le nom de la loge fut choisi d'après les paroles du chant La Marseillaise.
Ces sept fondateurs étaient :
v Paul Hanson,
v Luc Somerhausen,
v Jean De Schrijver,
v Jean Sugg,
v Henry Story,
v Amédée Miclotte,
v Franz Rochat,
Par la suite, ils initièrent, puis élevèrent jusqu'au troisième degré le Frère Fernand Erauw, un autre belge.

Liberté Chérie

Dans le camp de concentration d'Esterwegenau nord-ouest de l'Allemagne (Frise orientale) étaient détenus des prisonniers politiques belges, des résistants sous le statut "Nacht und Nelbel" ("Nuit et brouillard"). Parmi eux, dans le baraquement n°6, des non croyants qui "couvraient" les réunions religieuses de leurs co-détenus catholiques. A leur tour, les prêtres catholiques (dont l'abbé Froidure très connu pour avoir créé l'œuvre des "Petits Riens") couvraient extérieurement les premières réunions des Francs-maçons détenus. Ils étaient 7 et purent ainsi poser les Colonnes d'un nouveau Temple en novembre 1943. Cet Atelier allait s'appeler Liberté Chérie. Les Frères se réunissaient autour d'une table de triage de cartouches. La Loge initia même un profane, Fernand Erauw. Vénérable Maître, mes frères je vous demande de vous mettre en situation, et d’imaginer d’être dans ce baraquement, de ressentir l’atmosphère, l’odeurs de tout ces hommes, qui ne mangent pas à leur faim, qui ne se lavent pas, avec cette angoisse de ne pas savoir, d’être totalement coupé du monde profane, de leur famille, et malgré tout ils ont su ériger la Sagesse, la Force et la Beauté, de vivre nos mystères, n’est-ce pas merveilleux , n’est-ce pas là La « Liberté », l’acclamation ne prend-elle pas toute sa signification, je pense que Oui !

L’Egalité :

Extrait de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique : Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

- Tous les êtres sont égaux, car crée de la même essence, mais nous sommes des initiés et nous ne sommes pas venus par le pur des hasards, nous sommes là pour une recherche intérieur, je ne prétends aucunement à être meilleur qu’un autre, je suis convaincu que nous sommes là par la volonté seule du Grand Architecte de l’Univers, afin que l’on soit Maçon à l’intérieur de nos ateliers mais aussi à l’extérieur tel qu’il est dit.

- Dans nos Ateliers on s’appel frères, nous sommes-nous pas fils de la Veuve ? donc c’est un lien plus fort que le lien du sang qui nous attache, le lien entre nous est le Divin, le Créateur des Mondes,

- Sommes-nous des êtres d’exception, ou des Hommes Dieux tel que le dit le Corpus Hermeticum (chapitre 12) je pense que nous le sommes, tous les hommes le sont, mais néanmoins peu ont commencé à en prendre conscience et nous sommes dans cette recherche de cette conscience et connaissance perdue.

- L’Egalité, si nous savons regarder autour de nous, nous pouvons la décelée dans certaines cultures et dogme, par exemple pour l’Islam que je connais le mieux, l’égalité se traduit par exemple lors du pèlerinage à la Mecque , par le fait que tout les pèlerins portent le Haraam (3), que les pèlerins soient Rois, princes, président ,riches ou pauvres, tous sont dans la même tenue, tous se sont rasés, car lors de leur mort ils seront tous tels qu’ils ont été crée, et leur pouvoir ou leur argent ne leurs serviront à rien, et devant le Divin nous sommes tous au même niveau et sur le Niveau.

Enfin il y a ce beau poême de notre Frère Kipling qui illustre si bien notre égalité : MA LOGE MERE

Il y avait Rundle, le chef de station, Beazeley, des voies et travaux, Ackman, de l’intendance, Dankin, de la prison, Et Blake, le sergent instructeur, Qui fut deux fois notre Vénérable, Et aussi le vieux Franjee Eduljee Qui tenait le magasin "Aux denrées Européennes". Dehors, on se disait : "Sergent, Monsieur, Salut, Salam". Dedans c’était : "Mon frère", et c’était très bien ainsi. Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre. Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas ! Il y avait encore Bola Nath, le comptable, Saül, le juif d’Aden, Din Mohamed, du bureau du cadastre, Le sieur Chucherbutty, Amir Singh le Sikh, Et Castro, des ateliers de réparation, Le Catholique romain. Nos décors n’étaient pas riches, Notre Temple était vieux et dénudé, Mais nous connaissions les anciens Landmarks Et les observions scrupuleusement. Quand je jette un regard en arrière, Cette pensée, souvent me vient à l’esprit : "Au fond il n y a pas d’incrédules Si ce n’est peut-être nous-mêmes ! " Car, tous les mois, après la tenue, Nous nous réunissions pour fumer. Nous n’osions pas faire de banquets De peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères. Et nous causions à cœur ouvert de religion et d’autres choses, Chacun de nous se rapportant Au Dieu qu’il connaissait le mieux. L’un après l’autre, les frères prenaient la parole Et aucun ne s’agitait. L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets Et le maudit oiseau porte-fièvre ; Comme après tant de paroles Nous nous en revenions à cheval, Mahomet, Dieu et Shiva Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes. Bien souvent depuis lors, Mes pas errant au service du Gouvernement, Ont porté le salut fraternel De l’orient à l’Occident, Comme cela nous est recommandé, De Kohel à Singapour Mais combien je voudrais les revoir tous Ceux de la Loge Mère, là-bas ! Comme je voudrais les revoir, Mes frères noirs et bruns, Et sentir le parfum des cigares indigènes Pendant que circule l’allumeur, Et que le vieux limonadier Ronfle sur le plancher de l’office. Et me retrouver parfait Maçon Une fois encore dans ma Loge d’autrefois. Dehors, on se disait : »Sergent, Monsieur, Salut, Salam ». Dedans c’était : "Mon frère " et c’était très bien ainsi. Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre. Moi, j’étais second diacre dans ma Loge Mère, là-bas !

Rudyard Kipling (1865-1936)

La Fraternité :

L’emploi du fraternité, si courant, donne lieu à de nombreux commentaires illustrant, certes des trésors de bonne volonté, mais qui relèvent bien souvent d’une approche trop littérale, plus voisine de la bonne camaraderie que du concept « fils du même Père ».Tout comme ceux qui désignent la charité comme seulement la Pratique de l’aumône alors que la vertu théologale de ce nom vise beaucoup plus haut, jusqu’à l’élan du Cœur, élan Mystique bien entendu, condition sine qua non de l’initiation sans laquelle « La Quête » ne débouche que sur des connaissances superficielles et des effets oratoires sans concrétisation. Le mot Fraternité à une forte conation artisanale dans le monde profane, on parle couramment de « confréries professionnelles » et de communauté fraternelles de métiers » dès le 11ème siècle. Le mot corporation n’apparaissant qu’au 18ème siècle. Dans notre rituel il y est dit que l’homme est relié au Divin par la conscience, donc tout les hommes sont reliés par leur conscience, ce qui implique que nous sommes tous liés les uns aux autres par me Divin, et nous Maçons nous oeuvrons fraternellement sous l’Equerre pour le bonheur de tout les êtres. Au moment fort de la chaîne d’Union on nous demande fortifier nos cœurs de l’amour de notre prochains, tout est dit mais mon sentiment de la fraternité est soit une façon d’être, impliquant la manière de penser ou une façon de penser déterminant une façon d’être. Dans les deux cas la fraternité se veut pour moi, toujours généreuse, car elle exhale l’Agapè (6), je comprends aujourd’hui ce mot et ma chance d’être parmi vous en tant qu’apprenti FRANC-MAÇON dans cette respectable Loge, je comprends même encore mieux en me remémorant les moments fort de mon initiation et cette première chaîne d’union. Je ne peux trouver les mots assez forts pour vous parler de l’amour que j’ai dans le cœur pour vous tous mes frères, le bonheur à la fois simple et fort de sentir que je suis avec vous.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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