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Hauts Grades

Maître Maçon de la Marque : explication du Tableau du grade (GODF)

4 Février 2014 , Rédigé par GODF Publié dans #Rites et rituels

Les marques utilisées par les Maîtres Maçons de Marque, bien que très variées par le détail des figures adoptées, comme par leur aspect d'ensemble, sont pour la plupart du temps inspirées des ornements, emblèmes, bijoux et outils en usage dans l'Ordre et symbolisant les différents enseignements moraux de la Franc-Maçonnerie. 

Chacun des anciens Maçons opératifs, employés à la construction du Temple du Roi Salomon pouvait reconnaître son propre travail par la marque ou le symbole qui y était gravé et de la même façon l'Inspecteur identifiait le travail de chaque Homme du Métier.

De tous les objets et emblèmes utilisés, ceux qui vont suivre ont été retenus comme particulièrement représentatifs des enseignements de cette branche de notre Ordre ancien et nous allons en donner l'explication symbolique.

1. LE LIVRE DE LA LOI SACRÉE. Il occupe la première place car tout le système maçonnique repose sur lui comme sur des fondations. Les Saintes Ecritures doivent diriger notre foi. Sur elles nos candidats prêtent leur Obligation. Elles nous furent données par Dieu l'image parfaite de la vérité et de la justice afin de nous permettre de régler nos vies et nos actions par les préceptes divins qu'elles contiennent. Ces Paroles de lumière maçonnique sont nos guides les plus sûrs et, en nous apprenant à remplir tous les devoirs de l'homme, elles nous enseignent à faire de nos corps des temples du bonheur.

2. L'OEIL QUI VOIT TOUT. Il nous fait souvenir de la vigilance incessante du Grand Inspecteur de l'Univers qui, comme nous l'avons appris, quelles que soient notre croyance et notre origine, non seulement a été créé toutes les choses mais préside aussi à leur préservation. Quelles que soient nos fautes, de quelque façon que nous puissions négliger les diverses tâches qui nous sont assignées dans nos positions respectives, que la paresse ou l'indifférence nous amène à ne plus entendre l'appel du devoir, l'oeil de l'omniscience qui ne se relâche et ne dort jamais exerce une surveillance infatigable sur les actes et les affaires de toute l'espèce humaine. Ces considérations doivent nous inciter à tout moment à veiller sur nos pas, à être prudent dans notre conduite, à éviter le médire. Nous montrerons ainsi dans nos actes, à chaque instant de notre vie, que sommes profondément conscients d'être toujours sous l'oeil qui voit tout du Tout-Puissant.

3. LE CISEAU. C'est l'emblème de la discipline et de l'éducation. Dans son état premier, l'esprit est informe et rugueux comme la pierre brute. Et de même que, par son action sur la surface extérieure de la pierre brute, le ciseau en révèle beautés ignorées, de même l'éducation fait apparaître les vertus cachées de l'esprit et met en lumière la perfection de la connaissance humaine, ce qui est notre devoir envers Dieu et envers les hommes. 

4. LA PERPENDICULAIRE. Elle est employée par les Maçons opératifs pour vérifier et rectifier les verticales lorsqu'on les élève sur les fondements appropriés. Mais, en tant que Maçons spéculatifs, nous nous en servons pour indiquer la justesse et la droiture de nos actes. De même que l'édifice qui n'est pas vertical est instable et doit nécessairement s'écrouler, de même l'homme dont la vie ne repose pas sur des principes rigoureux mais oscille au gré des impératifs incertains de l'intérêt ou de la passion doit rapidement se perdre dans l'estime des personnes de bien. A l'opposé, l'homme droit et rigoureux qui résiste aux attaques de l'adversité et aux séductions de la prospérité ne s'écarte ni sur la droite ni sur la gauche du droit chemin du devoir. Celui-là restera toujours ferme sous les plus terribles coups du sort et n'aura à redouter ni l'atteinte des envieux ni la calomnie des méchants.

5. LE MAILLET. On s'en sert dans la pratique pour enlever toutes les parties saillantes inutiles. Du point de vue moral, il nous enseigne à corriger les écarts, à adopter une conduite calme dans les voies de la discipline et à apprendre à nous contenter de ce que nous avons. Ce que le maillet est à l'ouvrier, la raison lumineuse l'est au Maçon spéculatif. Elle freine l'ambition, elle nous enseigne à modérer nos désirs et à favoriser l'harmonie de l'amour fraternel.

6. LA TRUELLE. Cet outil sert en Maçonnerie opérative à répandre le ciment qui unit en un seul bloc toutes les parties de l'édifice. Symboliquement, il nous enseigne à répandre le ciment de l'affection et de la prévenance qui unit tous les membres de la famille maçonnique, où qu'ils se trouvent sur la surface de la terre, en une grande confrérie d'Amour fraternel, de bienfaisance et de vérité.

7. L'ÉCHELLE DE JACOB. C'est le symbole de l'espoir que comme Maçons nous entretenons d'atteindre les cieux après une vie juste en ce monde sublunaire. Cette échelle est composée d'un certain nombre d'échelons dont les trois principaux symbolisent les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité. Le premier de ces échelons représente notre foi dans le Volume de la Loi Sacrée. Par l'observance des enseignements contenus dans ce Livre de la Loi Sacrée. Au moye, des doctrines contenues dans ce Livre Saint, nous devenons capables d'atteindre le second qui représente l'Espérance. Ceci fait naturellement naître en nous le désir d'obtenir notre part des promesses bénies de salut. Le troisième et dernier échelon qui représente la Charité, embrasse le tout. Car le Maçon qui possède cette vertu dans le sens le plus large peut être à juste titre considéré comme ayant atteint le point le plus élevé de sa carrière.

8. LA REGLE DE VINGT QUATRE POUCES. Elle sert aux Maçons opératifs à mesurer leur ouvrage. Pour nous, Maçons spéculatifs, elle symbolise la meilleure utilisation des vingt-quatre heures du jour : une partie à prier Dieu Tout-Puissant, une autre à travailler et à nous reposer, une autre enfin à aider à un ami ou à un Frère dans le besoin sans pour autant négliger nos intérêts ou ceux de nos proches.

9. L'ÉQUERRE ET LE COMPAS. Ils peuvent être ainsi interprétés. L'équerre nous enseigne à régler nos vie et nos actions par la règle maçonnique et à mettre notre conduite en accord avec les préceptes de la vertu. Le compas nous enseigne à tracer une juste limite à nos désirs à chaque moment de notre vie en sorte que, nous élevant par le mérite, nous puissions vivre entourés de respect et laisser des regrets après notre mort.

10. LE SABLIER. Cet emblème nous rappelle, par l'écoulement rapide de ses grains de sable, le caractère passager de l'existence humaine. Même si nous avons le bonheur d'échapper aux nombreux dangers qui menacent l'enfance et à l'adolescence et si nous arrivons plein de santé et de vigueur à l'âge d'homme, nous devons malgré cela quitter un jour cette scène où nous ne passons que pour être éprouvés. Efforçons-nous donc de nous améliorer pendant le temps qu'il nous reste à vivre afin que lorsque nous serons appelés de cette terre pour être jugés, nous soyons admis à place dans ces contrées bénies où règnent la vie et la lumière éternelles.

11. LA CORDE ET L'ANCRE. Ils sont l'emblème d'un espoir solide puisant ses racines dans les actes d'une vie juste. Ils  représentent aussi cette corde et de cette ancre spirituelles par lesquelles nous mouillerons en sécurité dans un port paisible où "le méchant cesse de poursuivre et celui qui est fatigué trouve le repos" et où nous pouvons espérer être accueillis avec cette joyeuse bienvenue : "Tu as bien agi, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de Ton Seigneur".

12. LE NIVEAU. Cet instrument sert aux les Maçons opératifs à placer et à contrôler les horizontales. Pour nous, c'est l'emblème de l'égalité. Devant Dieu, qui seul est grand, tous les hommes sont égaux, sujets aux mêmes infirmités, se hâtant vers le même but et en se préparant à être jugés par la même loi immuable. Souvenons-nous donc toujours que, de quelque façon que nous puissions différer maintenant en rang et en fortune, nous sommes tous Frères et qu'un temps viendra où toutes les distinctions disparaîtront, sauf celles de la piété et de la bonté.

13. LA HACHE. C'était un instrument de châtiment utilisé par diverses nations. Elle occupe une place importante dans ce grade comme emblème de l'office du Second Surveillant. Muni de cette arme, l'ancien Second Surveillant devait se tenir à la gauche de l'ancien Premier Surveillant pendant le paiement de leur salaire aux ouvriers des différentes classes employés à la construction du Temple du Roi Salomon. Et si on décelait un imposteur, c'est-à-dire un ouvrier tentant d'obtenir par fraude le salaire d'une classe supérieure, il était chargé d'infliger le châtiment encouru. Ceci doit nous enseigner à éviter l'écueil de la tromperie ou de l'imposture en agissant ouvertement et loyalement devant nos Compagnons en sorte qu'ayant une conscience en ordre nous ne craignions point d'être découverts ou dénoncés. Ainsi nous pourrons avancer hardiment, sachant que nous n'avons offensé ni Dieu ni nos semblables.

14. LE TRIANGLE ÉQUILATÉRAL. C'est la plus parfaite de toutes les figures géométriques. Il a été adopté par toutes les anciennes nations comme un symbole de la divinité et il conserve cette signification en Maçonnerie. Dans la Maçonnerie de Marque, il sert plus particulièrement à indiquer l'approbation du travail par le Maître. C'est pourquoi cet emblème doit nous inciter à remplir avec zèle nos devoirs, à la fois envers Dieu et envers nos semblables, en sorte que, lorsque nous quitterons notre labeur ici-bas, nous puissions être trouvés dignes de recevoir la marque d'approbation du Grand Inspecteur de l'Univers.

Le chiffre ou l'alphabet que vous voyez utilisé est généralement considéré comme d'origine maçonnique et certains pensent qu'il appartient plus particulièrement au grade de la Marque. Il peut être utilisé en différentes combinaisons et comme moyen de correspondre après communication des instructions nécessaires sur la façon de servir qui ne doivent être données qu'oralement.

Les pierres cubique, rectangulaire et la clef d'Arc occupent une place de choix dans le tableau pour les enseignements que leur usage dans la cérémonie d'Avancement a gravé dans vos esprits et qui, nous l'espérons, ne s'en sont pas effacés.

Le rayon de soleil frappant le dôme du Temple a une signification importante et propre à ce grade, mais l'explication ne peut en être donnée qu'à ceux qui sont admis à la position imminente de Vénérable Maître d'une Loge de Maîtres Maçons de la Marque.

Les scènes représentées sur le tableau rappellent diverses circonstances des travaux de la construction du Temple : sur les sols argileux entre Soccoth et Zarédatha, dans les forêts du Liban et près des rivages escarpés de Jaffa. Elles ont été déjà minutieusement expliquées durant la cérémonie d'Avancement.

L'inscription en haut du tableau "Lapis reprobatus caput anguli" (1) nous rappelle avec force de vérité fondamentale inculquée dans ce beau grade la faillibilité du jugement humain et la réconfortante assurance que nous tirons de notre croyance en un juge céleste. C'est devant son tribunal impartial et, nous en sommes persuadés, miséricordieux que là-haut, notre travail devra être jugé. Dieu ne voit pas comme l'homme. Même si nous nous efforçons honnêtement de conformer notre conduite aux plans tracés pour nous guider, en les interprétant au mieux de notre capacité à l'aide de la lumière imparfaite qui nous a été accordée, nous risquons d'être jugés injustement et demeurer incompris de nos semblables soumis à l'erreur. Mais nous pouvons placer toute notre confiance en Son tribunal et attendre notre récompense de Celui qui est aussi miséricordieux qu'Il est infaillible.

(1) La pierre rejetée est devenue la pierre angulaire. Cette phrase est extraite de Psaumes CXIII, verset 22. Elle peut également figurer en hébreu. Elle se prononce alors : "EVEN MÄHASOÜ HABONIM HAŸETÄH LEROSH PINNÂH". Elle signifie : "La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la principale de l'angle".

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