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Hauts Grades

Malte, les chevaliers et la FM

8 Juin 2012 , Rédigé par JYL Publié dans #histoire de la FM

Provenant de Londres en 1717 la Franc Maçonnerie moderne a connu un succès et un essor rapide en Europe au XVIII me siècle.

Bien implantée à Malte du fait de la situation géographique de cette principauté au cœur de la Méditerranée, elle n’y est pas moins dynamique.

 

En effet l’ordre maçonnique de St Jean, composé à cette époque majoritairement de français, souvent aristocrates et influencés par la pensée des lumières, est composé également de nombreux ecclésiastiques dans tous les pays catholiques, en dépit de la bulle papale in enimenti de 1738.

Les relations compatibles et fraternelles existantes entre la franc- maçonnerie et les chevaliers de Malte sont le fruit d’une réciprocité en matière de réseaux de sociabilité qu’ils ont pu disséminer, dans une grande partie de l’espace européen.

D’ailleurs des échanges permanents s’effectuent entre les centaines de commanderies de ces pays (France, Espagne, Portugal, Italie, Autriche, Allemagne du sud) et la principauté maltaise, mais qui plus est les loges, au sein des grandes et moyennes villes des royaumes, échangent entre- elles des garants d’amitié, accueillent les frères voyageurs, correspondent et tissent des liens invisibles et authentiques à travers tout le continent.

Bon nombre de jeunes chevaliers passent par Malte afin d’y être initiés à la formation navale et à un service militaire sur les galères, plus spécifiquement appelé : les caravanes.

Une fois revenu sur le continent, ils mettent en pratique l’esprit universel de la Franc Maçonnerie.

 

La première loge connue à Malte, à MSIDA précisément remonterait à 1730. Le bailli du Brandebourg, Philip GUTTENBURG en fut le mécène.

Malgré cette présence discrète, une décennie plus tard, l’inquisiteur Ludovico GUALTIERI demande déjà à Rome la position à tenir face aux Francs Maçons.

Ce dernier a pour mission de sommer le Grand Maître de l’ordre Raymond DESPUIG de publier la bulle papale et de sévir.

Par conséquent quelques maçons sont expulsés du fait de leur appartenance à la Franc Maçonnerie.

Après la mort de DESPUIG en 1741, PINTO qui lui succède bannit six autres maçons de l’île, du fait de leur activité.

Les courriers échangés entre les inquisiteurs et Rome démontrent le problème récurrent que pose les francs maçons à l’autorité religieuse catholique de l’île.

Durant vingt ans des incidents vont par ailleurs ensuite se multiplier du fait de cette présence maçonnique et principalement, émanant de la loge de St Jean de Jérusalem, sur fond de rivalité, entre les autorités ecclésiastiques et celles de l’ordre, entraînant le bannissement contre les chevaliers maçons.

 

Jusqu’en avril 1776, où ces sanctions de principe laissent place à une enquête policière plus officielle mais toujours à charge contre la maçonnerie maltaise. Cette enquête étant dirigée par l’inquisiteur Antoine LANTE.

De part le climat chargé émanant de l’élection du nouveau Grand Maître ROHAN et de la révolte des prêtres, cette enquête est conduite dans un secret relatif, révélant néanmoins que certains proches d’inquisiteurs font partie de l’ordre maçonnique, mais également que certaines autorités ecclésiales de l’île en font aussi partie.

Le nom du Grand Maître ainsi que les noms d’autres chevaliers français sont jetés en pâture.

Mais les inquisiteurs se rendent quelque temps après à l’évidence quant à l’importance de l’implantation de l’ordre dans l’île.

Le rapport ad-hoc intitulé rapport « LANTE », quelque temps égaré suite à une erreur de classement, ne sera point communiqué à Rome mais ressurgira trente ans après, dans les archives de la cathédrale insulaire.

Le chevalier de Formosa de FRENEAUX au cours de son interrogatoire explique les conditions de son initiation au sein d’une loge de MSIDA et démontre le zèle qu’il éprouve par son travail initiatique mais aussi en visitant d’autres loges et recevant le chevalier GUASCONI de Palerme aux fins d’initiation.

 

D’après son exposé tout laisse à penser que les maçons de Malte pratiquaient ce qu’on appelle dorénavant le Rite Français.

Une patente citée dans le rapport venait de France ; ceci aux fins de création de la loge la Parfaite Harmonie à l’Orient de MALTE.

Puis en annexe de ce rapport des témoignages écrits dans les carnets de voyages de l’aristocrate allemand Karl Von ZINZENRDORF confirmeront que lui-même a été reçu maçon dans une loge insulaire ST Jean d’Ecosse du Secret et de l’Harmonie fille de ST Jean d’Ecosse de Marseille.

Dans ces carnets de voyages figurent aussi les noms d’autres membres de la loge, chevaliers de Malte, dont un qui aurait accompagné CAGLIOSTRO, lors de séjours en terre maltaise et italienne.

Le dossier envoyé à la Grande Loge d’Angleterre par un groupe de maçons pour intégrer leur loge St Jean du Secret et de l’Harmonie nouvellement recrée, à cette obédience est une source historique prouvant l’activité maçonnique au sein de l’île et prouvant également que les maçons maltais pratiquaient les rituels de maçonnerie française du XVIIIme siècle tels que pratiqués notamment à Marseille et Toulon en cette même époque, tendant à restaurer le christianisme primitif par la vie initiatique. L’intérêt de cette source est qu’elle permet également de révéler le nom des membres qui sont autant de preuves de la bonne implantation au cœur de l’ordre de St Jean de Jérusalem, dont trois des sept fondateurs de la loge devenus chevaliers deviendront Grands Croix.

Eu égard à des troubles persistants en année 1790, la loge St Jean du Secret et de l’Harmonie devient un pôle de rassemblement qui permet à une quarantaine de frères de se regrouper.

Ces frères étant pour la plupart des prêtres ou des employés importants de l’ordre.

Malte du fait de ses liens avec différents lieux de pouvoir européen a contribué à la formation de maçons qui seront intégrés dans les différentes cours catholiques des pays concernés, ainsi que ponctuellement au sein des marines nationales et de leurs états major ou dans les grands ports.

Il y a bien plus de chevaliers de malte répartis dans toute l’Europe qu’au sein de l’île.

 

Ce qui rejoint l’idée que la Franc Maçonnerie du XVIIIme siècle, donne cette possibilité d’échange, de contact et de commerce comme relaté dans l’article premier des constitutions d’Anderson :

La maçonnerie devient le centre de l’union et le moyen de nouer une amitié sincère entre des personnes qui n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères.

Les liens maçonniques entre les frères maltais et les frères des loges dans les ports français de la Méditerranée dont principalement Marseille et Toulon sont continus.

D’ailleurs la loge marseillaise ST Jean d’Ecosse verra régulièrement dans ses colonnes les commandeurs de Malte comme LA DURANE de PIOLIN, HANA, VINCENCINI, FORESTA et VILHENA.

La loge de Narbonne sera quant à elle animée par le CHEFDEBIEN d’ARMISSAN.

L’aîné des fils initié à MALTE pendant ses caravanes, lors de son retour en terre narbonnaise, créera une loge avec ses frères qui comptera en son sein treize chevaliers de Malte parmi ses quarante huit membres actifs.

Écrit par JYL.

 

Source : http://aprt.biz

R.T n° 147-148 Juillet - Octobre 2006

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