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Hauts Grades

Martinez de Pasqually

5 Août 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #histoire de la FM

La naissance de Martinez de Pasqually est toujours entourée d’un certain mystère, tant quant au lieu qu’à la date de cette dernière. On la situe donc aux alentours de 1727, et selon la source, Martinez de Pasqually serait né en France ou en Espagne. Notons toutefois qu’une Patente Maçonnique émise au père de Martinez de Pasqually par la Grande Loge des Stuarts en 1738 enregistre la naissance de ce dernier à Alicente (Espagne) en 1671. Il serait donc plus que probable que Martinez de Pasqually fût d’origine, si pas de nationalité espagnole ! 

Par contre, un fait semble acquis ; Martinez de Pasqually aurait passé la majorité de son existence en France, pays où son père s’était installé dès le début du XIIIème. 

Il demeure également un grand débat quant à la religion de naissance de Martinez de Pasqually, certains le voudraient comme ayant été élevé dans la foi chrétienne, tandis que d’autres le veulent juif. Nous dirons juste qu’il existerait des documents attestant du mariage du père de Martinez au sein d’une Eglise Catholique de Grenobles (France) dans les années 1710.

 Qu’il fût Juif ou pas, Martinez de Pasqually fût un authentique Maître en Kabbale Hébraïque, système sur lequel il bâtira l’entièreté de son Œuvre. Martinez de Pasqually fît son entrée dans les milieux initiatiques peu avant la mort de son père, lorsque ce dernier l’initiera aux Mystères Maçonniques, tout en prenant soin de lui léguer la Patente qu’il avait reçue de la Grande Loge des Stuarts.  Aux alentours de 1750, maîtrisant désormais l’Art Royal et étant prémuni de la Patente léguée par son père, Martinez de Pasqually se mettra à parcourir la France et à visiter une multitude de Loges Maçonniques, dont certaines travaillant sous l’Obédience du Grand Orient de France.  Déjà à l’époque, Martinez de Pasqually avait élaboré sa théorie de la Réintégration, selon laquelle la Dieu a créé l’Homme à son image et dont le but sur cette terre est de remonter à Dieu par l’acquisition de la Connaissance de tous les plans de la réalité, visibles et invisibles.   Au fil de ses Voyages Maçonniques, Martinez de Pasqually se mettra à élaborer la mise en place d’un Ordre Secret qui permettra de transmettre les Outils Symboliques et Opératifs nécessaires à l’accomplissement de la Réintégration. Martinez de Pasqually nommera cet Ordre « Les Chevaliers Francs-maçons Elus Cohen de l’Univers », plus communément nommé « Chevaliers Maçons Elus Cohen » ou encore « Ordre des Elus Cohen ».  L’Ordre fondé par Martinez de Pasqually se base sur un Rite décomposé en sept « hauts grades » Maçonniques uniquement accessibles aux Maîtres-Maçons issus de la Franc-maçonnerie « classique » :“Apprenti Cohen”  “Compagnon Cohen” ,“Maître Elu Cohen”,“Grand Maître Elu Cohen” “Grand Elu de Zorobabel” et “Réau Croix”   

Une fois son système définitivement mis au point, Martinez de Pasqually se mettra à recruter et à initier parmi les contacts établis au sein des Loges Maçonniques qu’il avait visitées, en s’assurant que les candidats potentiels manifestaient, outre la Foi en Dieu, une solide connaissance de la Kabbale et de la Théurgie, « essences » du Rite Cohen.  Contrairement aux Rites Maçonniques en vigueur à cette époque, le Rite des Elus Cohen se voulait Opératif et Théurgique. Il ne relevait donc plus uniquement du symbolique et ses rituels et symboles y étaient considérés comme des Outils religieux et cérémoniels permettant à l’initié d’entrer en communication avec les plans invisibles, dont avec les Anges (Théurgie).  Outre les rituels pratiqués en Loge, le Rite des Elus Cohen fût le premier à accorder une place prépondérante à la pratique rituelle en solitaire. En effet, les réunions en Loge étaient plutôt rares, mais chaque membre de l’Ordre devait effectuer diverses Oraisons de manière quotidienne, mais devait aussi accomplir de longues et complexes Opérations Théurgiques aux dates transmises par son initiateur, celui-ci ayant le pouvoir de vérifier rituellement que les opérations ont été dûment accomplies, permettant ainsi d’accorder tel ou tel degré supérieur à l’initié. 

Les sources actuellement disponibles, dont le fameux Manuscrit d’Alger, restent plutôt énigmatiques en ce qui concerne le degré de Réau Croix, tel qu’il était conféré sous l’égide de Martinez de Pasqually. Cela portant à croire qu’à cette époque, l’humain ne jouait plus aucun facteur quant à l’accès au degré, ou plutôt à l’état de Réau Croix. En effet, il semblerait que pour y accéder, le Grand Elu Zorobabel accomplissait une longue et fatigante Opération rituelle de la tombée de la nuit au lever du jour et que si cette dernière avait été correctement effectuée, il recevait la « Passe », soit la transmission de la part de l’Ange patronnant l’Opération, ainsi que les instructions nécessaires pour se faire reconnaître comme Réau Croix auprès de ses pairs. 

La durée du premier cycle d’existence de l’Ordre des Chevaliers Francs-maçons Elus Cohen fût de courte durée. Cependant, pendant cette période, le Grand Orient de France s’intéressera à ce Rite, voyant même un Grand Tribunal Cohen se former à Paris en 1770. A cette époque, il semblerait que l’Ordre des Elus Cohen comporta plusieurs Loges dans les grandes villes de France, Loges, dont on ne retrouvera guère de traces par la suite. Et pour cause, le Grand Orient de France, se tournant déjà peu à peu à l’époque vers la cause laïque (si pas athéiste) et républicaine, se désintéressera bien vite de la portée Spiritualiste et Religieuse cultivée par l’Ordre fondé par Martinez de Pasqually et cessera bien vite d’y apporter son soutien matériel, et surtout, sa caution morale.  Toutefois, pendant la même période, Martinez de Pasqually initiera ses deux principaux disciples et continuateurs, à savoir Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz. 

Martinez de Pasqually partira s’installer à Saint-Domingue en 1772, tout en continuant à envoyer certaines instructions à ses disciples restés en France, dont son fameux « Traité de la Réintégration des Êtres. »  Certaines sources, assez obscures prétendent que Martinez de Pasqually aurait constitué quelques Loges à Saint-Domingue et en Haïti, il aurait également reçu certaines Initiations, dont celle du Vaudou de la Main Droite, excluant les sacrifices d’âmes et de sang. Toutefois, s’il existe aujourd’hui quelques acteurs se réclamant de cette filiation « Haïtienne », il existe peu de traces réelles de cette dernière. Mais nous savons aussi que l’histoire, en tant que discipline scientifique, n’est pas à même de démontrer tous les canaux de transmission, puisqu’elle se refuse à certaines interprétations qu’elle considère comme déraisonnables. 

Contrairement en ce qui concerne sa naissance, on connaît la date de la mort terrestre de Martinez de Pasqually, à savoir le 20 septembre 1774, survenue à Saint-Domingue. Par contre, sa tombe n’a jamais pu être localisée ou identifiée avec certitude. L’Ordre des Chevaliers Francs-Maçons Elus Cohen de l’Univers tombera, quant à lui, progressivement en sommeil dans les années qui suivront les décès de Martinez de Pasqually

source : http://serviteursinconnus.unblog.fr/

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