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Hauts Grades

Mazdéisme (zoroastrisme)

1 Juillet 2012 Publié dans #spiritualité

Mazdéisme (zoroastrisme)

(ou le zoroastrisme).

Dérivé du mot mazda (sage, en avestique), le mot mazdéisme désigne la religion des anciens Perses ou Iraniens attestée dès le IIe millénaire avant J. C., appelée aussi zoroastrisme, du nom du réformateur Zarathoustra ou Zoroastre (dans la tradition grecque). Les dates de naissance et de mort de Zarathoustra sont incertaines; elles ont oscillé entre le XVIIe et le VIe siècle avant J. C.: les plus probables situent sa vie entre le milieu du VIIe siècle et les années 580 avant J. C.

Mazdéens et hindous

Les origines du mazdéisme se confondent dans la nuit des temps avec celles du brahmanisme, ce qui en fait une des plus anciennes religions de l'humanité. À une date qu'il est impossible de fixer, même approximativement, le groupe ethnique auquel appartient en propre l'appellation d' Aryens , et qui habitait une région septentrionale de l'Asie centrale, se scinde en deux rameaux, dont l'un envahit l'Inde, tandis que l'autre s'installe en Iran.

Les traces d'une origine commune

L'indice le plus évident de cette même origine est l'étroite parenté entre le sanscrit, langue sacrée des hindous, et l'avestique, langue sacrée des mazdéens, ainsi que de nombreuses similitudes dans la doctrine des uns et des autres. Il y a tout lieu de penser que ce fut un désaccord sur le plan doctrinal qui provoqua cette séparation, désaccord dont on relève la trace jusque dans le vocabulaire, où certains mots essentiels tels que deva et asoura présentent en avestique (dev , démon, et ahoura , dieu-seigneur) un sens diamétralement opposé à celui qu'ils ont conservé en sanscrit. D'autres traits marquent cette divergence: le célibat ascétique, exalté en Inde, est réprouvé en Iran; le chien, animal impur pour les hindous, est vénéré par les mazdéens; l'incinération des morts, pratiquée par les premiers, est considérée par les seconds comme sacrilège. Les livres sacrés des mazdéens portent le nom collectif d'Avesta, d'où le nom d'avestique donné à la langue qu'ils emploient.

La destinée du mazdéisme

On ignore, évidemment, si toutes ces divergences existaient déjà quand les deux clans aryens se séparèrent ou, au contraire, si elles sont intervenues par la suite sous l'influence du prophète Zarathoustra. Celui-ci, en effet, semble avoir été plutôt un réformateur, bien que les auteurs de l'Antiquité sans exception, ainsi que la tradition iranienne, aient toujours vu en lui le fondateur de la religion mazdéenne. Dans une prière, les mazdéens déclarent être les adorateurs d'Ahura-Mazdâ (le maître de l'Univers, représenté à Persépolis par un disque entouré de deux ailes et d'une queue d'oiseau) et les adeptes de la doctrine de Zarathoustra. La vérité lui a été révélée, dans des colloques directs, par Ahura-Mazdâ, mais cette référence à la révélation divine est courante chez tous les réformateurs. L'enseignement de Zarathoustra est consigné dans les Gathas , hymnes qui forment une partie de l'Avesta.

Sur le plan historique, le contraste entre les deux religions issues d'une souche commune n'est pas moins remarquable. Alors que le brahmanisme a pu se développer dans les plaines du Gange pendant de longs siècles, sans grands heurts et surtout sans dommages pour sa prodigieuse productivité littéraire, le mazdéisme s'est trouvé aux prises pendant mille ans avec de multiples dominations étrangères et, au cours des persécutions, ses livres furent systématiquement détruits. Parthes, Grecs, Romains, Mongols et Arabes se relayèrent pour éliminer en terre d'Iran la religion de Zarathoustra. La conversion forcée à l'islam de toute la population iranienne, lors de la conquête de la Perse par le calife Omar, n'a laissé subsister qu'une infime minorité de croyants, dont les représentants actuels se trouvent dans le Caucase iranien: les Guèbres; et en Inde, dans la région de Bombay: les Parsis, à qui l'on doit la conservation partielle de la bible mazdéenne. Ils continuent à perpétuer leurs rites ancestraux: présentation de l'enfant à l'âge de sept ans à la communauté; port de la ceinture, symbole de leur lien à la religion, et prières, cinq fois par jour, devant un feu, en dénouant et renouant leur ceinture.

Dualisme et pureté

Les mazdéens ne sont pas des «adorateurs du feu», comme les appelaient les envahisseurs musulmans. Leur adoration s'adresse à Ahura-Mazdâ (le Seigneur Grand Sage), à Mithra (dieu du soleil), à Anahita (déesse principalement de la fécondité), et à bien d'autres dieux. Le feu, pour les mazdéens, est une manifestation éminente de l'omniprésence divine, et à ce titre il doit être préservé de tout contact impur, en particulier des corps en décomposition. Les morts sont exposés dans les dakhma («sépultures», qu'un journaliste britannique a appelées «tours du silence»), où ils sont dévorés par les vautours. L'eau aussi fait l'objet d'une profonde vénération: encore aujourd'hui, certaines sources en Inde et en Iran sont considérées comme sacrées.

Ce n'est que plus tard qu'apparaît la notion dualiste d'un dieu bon (en persan Ormuzd ) et d'un dieu mauvais (Ahriman ). Ormuzd est tout-puissant, mais, jusqu'à la consommation des siècles, son pouvoir est entravé par l'action d'Ahriman, le génie du mal. La lutte qui oppose ces deux principes durera autant que l'humanité elle-même et se terminera avec le triomphe définitif d'Ahura-Mazdâ et la disparition ou, mieux, la transformation, d'Ahriman par la réintégration de la dualité dans l'unité divine. Les méchants auront entre-temps expié leurs méfaits dans les épreuves de la réincarnation ou dans les tourments de l'enfer et ils renaîtront comme les bons avec un corps glorieux. Le mazdéisme est une religion eschatologique: à la fin des temps se produira une conflagration universelle; le monde sera envahi par un fleuve de feu, puis viendra la résurrection de tous les humains et l'annihilation des forces du mal. Le manichéisme, le priscillianisme et l'hérésie albigeoise présentent des analogies avec le mazdéisme.

Si le dualisme qu'on attribue au mazdéisme n'a rien de fondamental, l'antagonisme du bien et du mal y apparaît, toutefois, avec un relief qu'on ne retrouve pas dans d'autres doctrines (à l'exception du manichéisme). Il est d'autant plus accusé qu'il commande une répartition minutieuse et sans nuance de tout ce qui existe, en êtres et choses purs et impurs, avec une masse de prescriptions rigoureuses à l'adresse des humains, pour la sauvegarde d'un état de pureté qui les associe à Ahura-Mazdâ, dans son combat incessant contre Ahriman. Il en résulte l'impression que la dogmatique mazdéenne n'envisage que l'action méritoire et ne tient aucun compte, au contraire de l'hindouisme, de la valeur salvatrice de la connaissance.

C'est là une appréciation qui appelle des réserves, car la morale prescrite par Zarathoustra se rattache à un ensemble aussi vaste que complexe de données théologiques, cosmologiques, liturgiques et autres. La pureté, sur laquelle il est tant insisté dans le mazdéisme, doit être entendue avec les multiples acceptions que comporte le mot dharma pour les hindous. Sous cet angle, la pureté mazdéenne signifie une participation au maintien de l'ordre cosmique, en collaboration avec les puissances intermédiaires, qui sont autant de degrés d'intelligence de plus en plus élevés, à partir du niveau humain jusqu'au plan divin.

Les anges

Pour mettre en lumière ce qui vient d'être dit, on mentionnera brièvement la hiérarchie d'archanges et d'anges qui selon l' Avesta constitue l'armature invisible de l'Univers. Au sommet, se placent les saints immortels, au nombre de sept, appelés Amshaspends , lesquels correspondent à la manifestation informelle.

Viennent ensuite différentes catégories de Yazata les anges exécuteurs, qui correspondent aux entités du monde subtil parmi lesquelles figure le Feu, principe purificateur et véhicule de l'âme dans son ascension spirituelle.

Parmi les catégories de Yazata nous retiendrons celle des Favrasis . Ceux-ci sont décrits comme étant les mânes des défunts, auxquels il faut rendre un culte les dix derniers jours de l'année et qui, tout en restant cachés, sont des génies bienfaisants en communion réelle avec l'humanité. Ce sont également des anges tutélaires ayant pour mission de protéger toute âme humaine et de recueillir le fruit de ses actes vertueux, accomplis sous leur inspiration et dont dépend leur existence.

On retrouve là, réunies sous un même vocable et exprimées en termes théologiques, les conceptions hindoues du karman (ou karma ) et des pitri . Nous nous sommes arrêtés à cette notion de Favrasis pour montrer, à l'aide d'un exemple, que le mazdéisme ne se laisse pas définir avec les seules données d'une «morale très pure».

© 2004, Hachette Multimédia / Hachette Livre

Source : http://mani.blogspirit.com

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