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Hauts Grades

Mère-Loge du rite écossais Philosophique (1776)

8 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Cette association a toujours eu soin de cacher son origine. Elle a appelé rite sa collection de grades hermétiques, lesquels n'ont rien d'écossais, ni de philosophique, car on dit la pierre philosophale et non pas la pierre philosophique ; son titre définitif devrait donc être Mère-Loge du rite philosophal.

 Elle fut fondée à Paris le 2 avril 1776, sous le titre du Contrat-Social. Son installation eut lieu, le 5 mai suivant, par les commissaires du comtat Venaissin. Cette loge avait été constituée, en 1766, sous le nom de Saint-Lazare, par la G.-L. dissidente (G.-L. Lacorne), composée des frères exclus de la G.-L. de France, les 5 avril et 14 mai de la même année. Elle a fait renouveler, sous le nom de Contrat-Social, ses constitutions, en 1771, par la G.-L. de France ; puis, s'étant rangée du côté du G.-O., lors de la révolution maçonnique de 1772, elle se fit constituer de nouveau par cette autorité, sous le titre de Saint-Jean d'Ecosse du Contrat-Social ; et elle prend ensuite, « au moyen de titres dérisoires et illusoires, la qualité de Mère-Loge écossaise, sans savoir ce qu'est un Ecossais, la raison pour laquelle on parle d'Ecossais, ni ce qu'il substitue, dit un écrivain de l'époque, auteur de G.-J. G.-E. » (Avertissement, p. 12).

 Cette prétendue mère loge a prouvé, par la plume du frère Thory, qu'en maçonnerie, comme dans le monde profane, l'arrogance est souvent le partage des parvenus.

 Le 21 mai, le G.-O. refuse de l'inscrire sur son tableau avec le titre de Mère-Loge. L'ordre de renoncer à ce titre lui est intimé le 9 décembre, sous peine d'être rayée de la liste des loges régulières.

 18 août. Acte d'incorporation de la M.-L. du comtat Venaissin dans la M.-L. du rite écossais philosophique en France.

Le 20 février 1777, la grande assemblée chapitrale prend un arrêté qui défend aux loges et chapitres du régime de pratiquer ni de reconnaître le grade de Chevalier du Temple et tous autres ayant rapport au système des Templiers, soit de la Stricte-Observance, soit de Dresde.

18 mai. Après une année de discussion et de résistance, le G.-O. raie cette association du tableau général de l'Ordre, à raison de son titre de Mère-Loge écossaise de France.

Le 4 octobre 1780, elle donne au frère de Montausier des pouvoirs de député pour établir à Saint-Domingue et dans les îles françaises la Maçonnerie philosophique. (Pour être compris, dites donc philosophale ou Maçonnerie hermétique.)

Le 5 novembre 1781, toutes contestations entre le G.-O. et cette mère-loge sont conciliées par un concordat passé entre les commissaires des deux corps : la mère-loge renonce à prendre ce titre à l'égard du G.-O. et consent à ne le conserver, dans sa correspondance, qu'à l'égard des loges du rite philosophique. Le droit de constituer des loges à l'étranger lui est réservé; mais elle consent encore à employer l'expression agréger au lieu de celle constituer, dans les établissements qu'elle pourra former dans l'intérieur de la France.

1782. L'écossisme se reproduit jusque dans les grades symboliques, mais toujours pour dominer : on fonde, en sa faveur, à Paris, le 7 juillet, la loge de Saint-Alexandre d'Ecosse ; elle servira de refuge, en 1801, à la loge du Contrat-Social ; elle prendra aussi le titre de M.-L. écossaise de France, sous le nom de Saint-Alexandre d'Ecosse et du Contrat-Social réunis.

Le 27 juillet 1785, la mère-loge arrête qu'elle ne reconnaît pas le rite égyptien de Cagliostro et qu'il sera adressé une circulaire aux loges et aux chapitres du régime philosophique, pour les inviter à se garantir des novateurs en maçonnerie, lesquels sont d'autant plus dangereux qu'ils-éloignent les véritables maçons du but auquel doivent tendre les frères de l'Ordre ; et attendu que le frère Devisme, l'un de ses membres, a été signalé pour faire partie de la loge la Sagesse-Triomphante, travaillant à Lyon, sous le régime égyptien, la M.-L. décide qu'il se rendra à Paris, pour rendre compte de sa conduite. »

Le 10 mars 1788, C.-A. Thory est nommé conservateur à vie des livres, manuscrits et monuments composant les archives générales de l'Ordre philosophique (on ignore ce qu'elles sont devenues).

Le 7 mai, la M.-L. nomme une commission pour examiner l'ouvrage de Nicolas Bonneville, intitulé : Les jésuites chassés de la Maçonnerie et leur poignard brisé par les maçons, etc. Les commissaires font, le 21 mai, leur rapport, où ils présentent cet écrit comme une production enfantée par un esprit pervers, et un poison préparé pour devenir un fléau destructeur de la Maçonnerie, etc. (ou ils ne l'ont pas compris, ou ils subissaient, sans le savoir, l'influence jésuitique). Le 28 juin,  sur les conclusions du grand-orateur, la M.-L. arrête que le livre sera brûlé dans la salle des Pas-Perdus.

Le 22 octobre, la M.-L. écossaise prête son temple et donne son appui aux loges du nouveau rite écossais dit ancien et accepté, assemblées pour organiser une G.-L. de ce régime et rivaliser de puissance avec le G.-O. (Ce procédé est peut être écossais, mais il n'est pas philosophique.)

Voici ce que cette M.-L. a fait de plus important : elle initie le 24 novembre 1808 Askeri-Khan, ambassadeur de Perse près la cour de France. Après sa réception, le néophyte donne à la M.-L. le damas dont il est armi et dit :

« Messieurs, je vous promets amitié, fidélité et estime. On m'a dit, et je n'en, saurais douter, que les franc-maçons étaient bons, charitables, pleins d'amour et d'attachement pour leurs souverains ; souffrez que je vous fasse un présent digne de véritables français. Recevez ce sabre qui m'a servi dans 27 batailles : puisse cet hommage vous convaincre des sentiments que vous m'avez inspirés, et du plaisir que j'ai d'appartenir à votre ordre ! »

Le 23 novembre 1809, les archives générales de l'Ordre sont enrichies de la curieuse collection des idoles indiennes du célèbre cabinet du baron de Horn. Le 14 décembre suivant, son neveu fit don aux archives d’ un manuscrit mythe logique indien, écrit sur trente feuillets de bois blanc, d'un sceau contenant trois lignes en caractères sanscrits. (Al. Lenoir a décrit ces idoles dans son livre intitulé: La Franche-Maçonnerie rendue à sa véritable origine.) (V. pour plus de détails sur cette association notre Précis historique.)

Opinion du frère Bezuchet sur la M.-L. du rite écossais philosophique :

« M. Thory, l'un de ses membres, s'est efforcé de donner une grande importance à cet atelier (V. Acta Latomorum, etc.) ; il signale ses travaux dans toutes les occasions, dans les plus petits détails ; il la met constamment sur la ligne de la G.-L. et du G.-O., et quelquefois au-dessus. Le temps, cet éternel juge, et le bon sens des maçons en général, ont fait justice des vanités de l'historien et de son œuvre elle-même : la loge, atteinte d'une langueur mortelle, a cessé tout-à-fait d'exister.

La Mère-Loge écossaise avait de belles archives, un riche dépôt de livres et de manuscrits et une rare collection de médailles, tous objets d'une assez grande valeur, et acquis des deniers de la loge. Le frère Thory en était le conservateur ; la loge s'étant éteinte, il a conservé ces objets. Il est mort lui-même depuis. On dit que sa veuve en est devenue la conservatrice à son tour ; mais quand cette dame décédera, les héritiers, qui n'y ont aucun droit légitime, puisque tant de précieuses acquisitions ont été faites des derniers des membres de la loge, en seront-ils aussi les conservateurs, ou, pour mieux dire, les propriétaires ? Cette question pourrait regarder l'autorité maçonnique en France, ou mieux encore les tribunaux, si les intéressés s'avisaient de réclamer un jour leurs droits. » (Précis historique de l’Ordre de la Franc-maçonnerie, 1829, p. 71.)

Le tableau des ateliers constitués par la Mère-Loge écossaise du rite philosophique, à Paris, en porte le nombre à, soixante-quatorze. (V. les Fastes initiatiques.)

Dans la revue que nous venons de faire, on a dû remarquer que les grades hermétiques occupent une assez grande place dans la plupart des rites, parce qu'en effet, il n'y a pas d'initiation complète sans l'étude des sciences occultes. Nous traitons, dans la deuxième partie de cet ouvrage, de la Maçonnerie occulte, et, dans la troisième, de la Maçonnerie hermétique, si dignes de l'attention du maçon instruit.

Avant de passer aux quelques rites qui ont apparu en France depuis 1800, nous allons jeter un coup d'œil sur la Maçonnerie (qui n'en est pas une) du soi-disant frère Enoch.

source : www.ledifice.net

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