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Hauts Grades

Mes serments

4 Mars 2013 , Rédigé par Liliane NAVARRO Publié dans #Planches

L’étymologie du mot serment vient du latin populaire sacrementurn ainsi que ceux de sacrement, sacrifice, sang, dé­versés du mot sacré. C'est l'affirmation d'un fait ou d'une obligation prenant à témoin Dieu ou ce qu'on regarde comme sacré. L'importance symbolique du serment est donc très ancienne. Le sang, véhicule de l'âme, est partie liée dans esprit de nos ancêtres au serment.

Le serment maçonnique, c'est avant tout moment où le profane devient par cet engagement initié. C'est le début du chemin vers la connaissance grâce laquelle il tend à reconstruire la métaphysique de son être matériel vers le spirituel.

La promesse solennelle du serment est scellée sur un livre reconnu comme sacré. Elle s'articule autour des trois parties :
- l'invocation
- la promesse
- l'imprécation

 

PREMIÈRE PARTIE : L'INVOCATION

Elle fait appel au Grand Architecte de Univers, le garant du serment. C'est le moment où cette promesse ineffabl­e et mystérieuse nous relie au divin. Cette promesse sacrée se situe hors du temps. Elle est aussi légère qu'un verbiage, qu'une vapeur d'alcool, mais plus dure que l'acier. Elle a pour dimension le cœur des Hommes. Rien ne peut la casser sous peine de parjure.

DEUXIÈME PARTIE : LA PROMESSE

Elle désigne l'engagement contracté en pleine liberté pris sans aucune inquiétude afin de pouvoir être observé. Le cœur serment comprend :
- L'engagement, énumérant les devoirs de la franc-maçonnerie,
- Les secrets, ceux ne concernant pas le monde profane.
Les grands secrets :
Le premier secret : ceux du rituel ; des textes sacrés, et des légendes maçonniques.
Le deuxième secret : les travaux maçon­niques et de ce qui se dit en loge.
Le troisième secret : le non-dévoilement de l'appartenance de ses sœurs et frè­res,
Le dernier secret ; les secrets personnels, ceux que l'on devinent, découvrent par le travail, le raisonnement et l'obser­vation au fils des années au sein de la loge.

Les devoirs :

Le premier des devoirs est celui de mé­diter les enseignements du rituel afin d'y calquer sa conduite.

Vient ensuite l'obligation de se taire de­vant les profanes. Il n'est pire erreur que la vérité mal comprise. Un maçon doit donc s'abstenir de toute divulgation sus­ceptible de porter préjudice à la franc- maçonnerie et à ses membres.

C'est aussi de considérer tous les Francs- maçons comme des Sœurs et frères. Mais c'est avant tout cette joie profonde, envahissante, cette petite voix intérieure qui vous dit «TU FAIS LE B0N CHOIX»

TROISIÈME PARTIE : L'IMPRÉCATION

Ce sont les châtiments consentis en cas de parjure. Le serment est donné par le Moi relié au Divin. Ce lien est puis­sant. Les châtiments infligés à l'homme dépendent de la force du serment, de l'idéal que prête l'homme dans celui-ci. Il ne peut se trahir sans tomber dans le chaos.

Le serment naît dans l'obscurité, sous le bandeau. La. nuit ne prépare-t-elle pas le jour? Le jour, il faut le rendre lumi­neux pour qu'il éclaire le futur, non-pas comme une chandelle de courte durée, niais comme un phare montrant la voie. La quiétude et la confiance aveugle que met le postulant dans sa détermination à tenir ce serment en sont l'énergie.

Il est prononcé, la main gauche armée du poignard rituel, la pointe de la lame sur son cœur, rappel du consentement, d'avoir le cœur percé en cas de félonie envers la maçonnerie. La main droite posée sur le Compas, l'Equerre et le Livre sacré I la loi I placé devant le Vénéra­ble Maître de la loge. Le récipiendaire, apprendra que ce sont les bijoux de la loge, marques de l'équité, de la justice, et de la droiture.

Chaque parole du serment articulée par le postulant est conséquente une fois celles-ci prononcées. Elles sont gravées à jamais dans sa mémoire. Il devient Frère, reconnu des membres de l'Ordre. La lumière lui est accordée, son parrain ôte son bandeau. Il peut commencer sa métamorphose d'initié.

Il est maintenant lié à l'invisible. Afin de concrétiser son serment, un dernier cérémonial reste à accomplir, celui de brûler le testament philosophique et le serment. Lors du troisième voyage de son initiation, celui du feu, le récipien­daire a donné quelques gouttes de son sang avec lequel il signe le serment. Le sang c'est la vie, le véhicule de l'âme. L'âme devra être aussi légère qu'une plume lors de sa pesée au royaume des morts. On peut aussi y voir le symbole du sacrifice lié à l'idée d'échange au niveau énergie matérielle, énergie spi­rituelle. L'objet du sacrifice est toujours précieux. Le sang c'est la vie, le facteur de transmission (celui de nos enfants}, quoi de plus inestimable ?

« La parole humaine s'altère, mais ce qui est confié au Feu perdure indéfini­ment. »

QUE REPRÉSENTE POUR MOI LE SERMENT ?

Hier, j'étais profane, aveuglé par le ma­térialisme de mon quotidien mais heu­reuse dans les ténèbres. Aujourd'hui je cloute, tourne en rond, me perds. Pour­tant, je m'acharne à rechercher la Lu­mière. Le chemin maçonnique est un combat contre soi même. Prêter serment est facile, s'y tenir plus difficile. Il est parfois dur de viser l'invisible.

Le serment n'est pas seulement un acte d'appartenance à la franc-maçonnerie, à un rite, à une Loge. C'est un engage­ment personnel qui dicte le futur de mon évolution au seing de cette institution. Cet acte volontaire contient bien plus de devoirs que de droits. Il faut bien des fois faire taire ses convictions, sortir des schémas bien tracés et sécurisant de ses idées pour si tenir. Le serment m'aide à oser sortir de l'obscurcissement de mon regard, sans l'endurcir. Il m'est difficile de repousser mon être de matière sans re­pousser mon Moi. Le serment, cette force aveugle me soutient dans les moments sombres, les phases d'abandon. Il est la petite voix qui titille ma conscience dans les décisions difficiles à prendre ou la fa­cilité est de mise. C'est le juge me rap­pelant nies devoirs. Le gardien du phare de ma spiritualité. Le pire serait de le tra­hir. Je briserai nia confiance, éteindrai la flamme de nia conscience. On peut vivre sans fortune ni intelligence, mais pas sans conscience. La conscience de l'homme, c'est la pensée de Dieu. Prêter serment, c'est mettre son âme en danger. Plutôt mourir que le parjure.

J'ai prêté serment une deuxième fois en franc-maçonnerie, non pas pour le re­nouveler. Le serment est unique et ne se prête qu'une fois. Il est souvenir éternel, reflet spirituel, écho réel. J'ai fait serment d'affiliation à votre loge. Dans cet en­droit clos où l'on travaille à couvert, ni par prudence, ni fortuitement. Dans ce lieu où les abstractions sociales et per­sonnelles sont bannies. Dans cette loge, où l'on oeuvre à la construction du tem­ple, à l'épanouissement de l'être. Et aussi à vous tous nies soeurs et frères qui avec ardeur vivifient la loge, avec amour con­courent à son développement spirituel.

Ce serment d'affiliation, je ne le considè­re pas comme un acte administratif. J'ai beaucoup réfléchi avant de frapper à vo­tre porte. « Ne dit-on pas, la réflexion est appelée l’œil de l'âme. » Cette réflexion, le temps l'a mûri. J'ai apprécié votre fra­ternité, l'atmosphère apaisante de vos te­nues. C'est un choix de cœur.

Je ne pensais pas vivre ce serment avec une telle émotion. Je baigne dans une bulle de volupté, les mots devant moi dansent une folle farandole. J'entends une voie, la mienne. Tout nie semble ir­réel, je flotte dans un rêve, bercée par la mélodie de la paix.

Je suis heureuse d'être maçon dans votre loge. Radieuse de pousser doucement ici parmi vous, éclairée de votre aura, les ra­cines arrosées par votre fraternité maçon­nique et nourrie de votre connaissance. Cette affiliation me permet de continuer à chercher la Lumière. Je dégrossis douce­ment nia pierre pour y révéler ses facet­tes. Chaque transformation et mutation de mes métaux engendreront l'amélio­ration de mon Être. Afin qu'un jour j'ac­complisse mon projet d'architecture et puisse transmettre la connaissance.

Mes serments, le serment de l'initiation et celui d'affiliation à votre loge sont les deux cordes de ma Ivre, vibrant à l'unis­son. Je terminerais en disant que les plus beaux serments sont ceux qu'on écrira ja­mais. Ils vivent dans la pensée des cœurs, demeurent dans le vent de la mémoire des hommes et perdurent dans le souffle du Divin.

J'ai dit, Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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