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Hauts Grades

Note historique sur les relations entre le Suprême Conseil pour la France et la Grande Loge Nationale Française (1965-1980)

9 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Dans son communiqué en date du 29 octobre 2010 adressé à tous les Frères

appartenant au Rite Ecossais Ancien et Accepté et publié sur le site internet du SCPLF, le T. Ill. F. Jean- Luc FAUQUE 33e, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, écrit notamment.  En 1965, en raison des tensions internes à la Grande Loge de France qui la bannissaient de la Maçonnerie régulière, le T. Ill. F. Charles RIANDEY 33e, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, fut missionné par les Souverains Grands Commandeurs des Juridictions Sud et Nord des Etats- Unis d’Amérique, du dominion du Canada et des Pays- Bas pour rétablir le Suprême Conseil en France qui avait été déclarée « Territoire inoccupé du Rite Ecossais ». Pour satisfaire à cette mission et en accord avec les Suprêmes Conseils précités, la Grande Loge Nationale Française, présidée par le Grand Maître E. Van Hecke, fut retenue pour administrer les trois premiers degrés symboliques du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le Suprême Conseil pour la France fut confirmé par tous les Suprêmes Conseils réguliers du monde comme le deuxième plus ancien Suprême Conseil après celui de la Juridiction Sud des Etats- Unis créé en 1804 par le Comte Alexandre de Grasse- Tilly. C’est dans ces circonstances que le Rite Ecossais Ancien et Accepté a rejoint la Grande Loge Nationale Française qui procéda, à partir de 1965, à la transmission des trois premiers degrés écossais. Depuis lors, les liens fraternels n’ont cessé de s’intensifier antre le Suprême Conseil pour la France et la Grande Loge Nationale Française. Le Suprême Conseil entend ici rappeler :  

- Qu’il détient un droit imprescriptible sur les trente trois degrés du Rite Ecossais

Ancien et Accepté qui lui est conféré par les Grandes Constitutions de 1786 – Lois fondamentales de l’Ordre écossais – seules références à sa régularité.  Ces affirmations sont toutefois en contradiction avec le propre témoignage de son prédécesseur, le T. Ill ; F. Charles RIANDEY (1892- 1976) Souverain Grand commandeur du Suprême Conseil de France (1961-1965) puis du Suprême Conseil pour la France (1965- 1975) et l’analyse historique irréfutable des évènements de 1964- 1965 faite par Alain BERNHEIM, le meilleur historien de l’Ecossisme.

Dans son ouvrage, Confession d’un Grand Commandeur de la Franc- Maçonnerie, ses mémoires posthumes publiés en 1989 par Raoul MATTEI qui lui succéda à la tête du SCPLF entre 1976 et 1981, Charles RIANDEY tint à apporter, pp. 168-176, les précisions suivantes. « Le projet de remise en ordre du Rite Ecossais en France élaboré par Hofman [Willem HOFMAN, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil des Pays- Bas dont RIANDEY avait fait la connaissance lors de la Conférence des Grands Commandeurs européens à Francfort en juin 1962] fut adopté par les trois Grands Commandeurs des Etats- Unis et du Canada. Il m’incombait à le mettre en exécution. La première phase consistait à faire régulariser par la Grande Loge Nationale Française en même temps que moi, un certain nombre de Frères choisis par moi et consentants, parmi lesquels on pourrait ultérieurement prendre ceux qui seraient appelés à

constituer l’embryon du Suprême Conseil à réorganiser. Je pris accord avec le Grand Maître Van Hecke. [Au mois de février 1964, RIANDEY avait rencontré secrètement VAN HECKE et en avait informé HOFMAN. Il le revit le 16 octobre 1964 après la ratification par le Convent de la Grande Loge de France le 17 septembre 1964 du traité d’alliance avec le Grand Orient de France] Il fut convenu que la cérémonie de régularisation aurait lieu le 1er février 1965 dans le temple loué rue Froidevaux, à Paris, et que quatorze Frères, désignés par moi et acceptés par Van Hecke, seraient régularisés. De plus, Van Hecke désira régulariser le 9 février à sa propre loge « Persévérance », boulevard Bineau, à Neuilly, Drapanaski qu’il connaissait personnellement et moi- même. Donc à la date du 9 février 1965, seize Frères, appartenant anciennement à la Grande Loge de France, étaient devenus des Maîtres Maçons réguliers de la Grande Loge Nationale Française. Le lendemain, j’adressai au Suprême Conseil rue Puteaux ma démission. La deuxième phase du projet Hofman consistait à ré initier ou à initier jusqu’au 33e degré une dizaine de Frères choisis par moi. J’en désignai neuf qui, avec moi, allèrent à Amsterdam le 13 février 1965. Là, nous fûmes ré initiés ou initiés du 4e au 33e degré. Nous reçûmes nos diplômes de 33e. Il était indiqué sur le mien que j’avais mission de réformer en France un Suprême Conseil régulier en appliquant strictement les règles édictées par les Grandes Constitutions de 1786. Je fus, en outre, nommé membre actif du Suprême Conseil des Pays- Bas et installé comme tel, afin de donner à la mission dont j’étais investi une base maçonnique légale. J’abordai ensuite la troisième phase du plan Hofman ….. Il me fallait appeler auprès de moi, choisi parmi les neufs ré initiés ou initiés au 33e degré, celui qui allait être le Lieutenant Grand Commandeur. J’hésitai entre Paul Naudon, qui avait été membre du Suprême Conseil rue Puteaux, et Georges Hazan. Je me décidai pour ce dernier …….  Il avait été Grand Maître de la Grande Loge de France……Il accepta et me promit aussitôt allégeance. Je lui proposai de choisir comme troisième Paul Naudon. Il fut d’accord. Ce dernier, convoqué, accepta à son tour et prit le poste de Ministre d’Etat que nous lui offrîmes. A trois nous désignâmes un quatrième, à quatre un cinquième, toujours à l’unanimité, conformément aux Grandes Constitutions. Les principes offices furent ainsi pourvus et le Suprême Conseil fut formé ……… Van Hecke devait se rendre aux Etats- Unis pour assister, en février, à la Conférence des Grands Maîtres américains, à Washington. Il me suggéra d’y aller avec lui, ce qui me procurerait l’occasion de rencontrer Luther Smith, Bushnell et Berkinshaw [Grands Commandeurs des Suprêmes Conseils des Juridictions Sud et Nord et du Canada]…… Luther Smith me pria d’assister à une conférence dans son cabinet de la « House of the Temple » avec Bushnell et Berkinshaw. J’y emmenai Van Hecke ……..Cette conférence avait pour objet de passer en revue les évènements de France, de faire le point, d’envisager des mesures à prendre, et, enfin, d’examiner sous quelle forme les trois Suprêmes Conseils, des USA et du Canada, pourraient aider le Suprême Conseil pour la France, réorganisé.  La conférence dura deux longues heures. Je relatai comment avait été réorganisé le Suprême Conseil pour la France. Les modalités suivies furent approuvées. Je dis nos espoirs de refaire en France un Rite Ecossais parfaitement régulier, et fort. Sur la proposition de Bushnell, il fut convenu que le Suprême Conseil pour la France, réorganisé, serait considéré comme le continuateur de celui créé en 1804. Il fut décidé que je rédigerais un « Manifeste » au monde maçonnique pour annoncer la renaissance du Rite en France, que je soumettrais le projet de ce « Manifeste », pour accord, aux trois Grands Commandeurs, et que ceux- ci, de leur côté, s’associant à Hofman, rédigeraient une note, signée des quatre, qui serait adressée à tous les Suprêmes Conseils, qui les informerait de l’irrégularité dans laquelle était tombé le groupe Bonnet- Bittard [Stanislas BONNET, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France de 1965 à 1967 et son successeur Henri BITTARD, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France de 1967 à 1975] et leur demanderai de reconnaître le Suprême Conseil Réorganisé……………………………………………………………………………..

Pour compléter le Suprême Conseil, je demandai à Van Hecke de désigner quatre membres de la Grande Loge Nationale Française qui, initiés par nos soins du 3e au 33e degré, pourraient être présentés aux suffrages des dix membres déjà incorporés au Suprême Conseil. En lui faisant cette demande, je lui précisai que, dans le but de maintenir l’indépendance réciproque de la Grande Loge Nationale Française et du Suprême Conseil, il convenait de renoncer à ce que lui, Grand Maître, et Derosière, Député Grand Maître, fussent parmi les quatre, ce qui n’empêchait pas de les initier tous deux jusqu’au 33e degré. Il en convint sans la moindre difficulté. Il désigna Robinson, Johnson, Baylot et Lepage……………………………………………………….   Presque aussitôt après, une autre tenue fut convoquée pour initier jusqu’au 33e degré et pour régulariser à ce grade les Frères récemment consacrés comme Maîtres Maçons de la Grande Loge Nationale et susceptibles d’être nommés membres actifs du Suprême Conseil ………………………………………………………………………… Après avoir complété le Suprême Conseil et pourvu aux Offices, il devenait urgent de reconstituer les ateliers des hauts grades. Mais seuls pouvaient les composer des frères régularisés aussi dans les hauts grades qu’ils possédaient rue Puteaux. Je pressai Cerbu de hâter la régularisation au grade de Maître Maçon, par la Grande Loge Nationale, sinon de la totalité des membres de la Grande Loge de District, du moins de ceux d’entre eux qui appartenaient précédemment à des Ateliers de hauts grades. J’éprouvai quelques résistances de la part de Cerbu, déçu de n’avoir pas été nommé membre actif du Suprême Conseil ; mais il avait été régularisé au 33e degré et il céda, me promettant de faire le maximum d’efforts pour convaincre les intéressés de se soumettre à la régularisation. De leur côté, les dirigeants de la Grande Loge Nationale, Van Hecke le premier, souhaitaient que la Grande Loge de district ne s’éternisât pas. Aussi apportèrent- ils la plus grande bonne volonté à organiser de nombreuses séances de régularisation. En quelques semaines, au prix de sacrifices de temps considérables de leur part, la presque totalité des possesseurs de hauts grades furent ré initiés au 3e degré . Le Suprême Conseil, à son tour, entra en action et, dans un minimum de temps, plusieurs loges de perfection, plusieurs chapitres et l’aréopage de Paris furent reconstitués et consacrés………………………………………………………………………. La consécration du Suprême Conseil réorganisé, qui avait pris le titre de « Suprême Conseil du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et accepté pour la France » …..

eut lieu le 24 avril 1965. » Dans son article, Présentation des problèmes historiques du Rite Ecossais Ancien et Accepté, publié dans le N° 61 de janvier 1985 de la revue Renaissance traditionnelle (pp. 1- 29), Alain BERNHEIM a tenu à apporter, pp. 24- 26, les précisions suivantes sur la création du SCPLF.  Il n’est peut- être pas inutile que je vous rappelle les circonstances ayant amené la création du Suprême Conseil pour la France. Les FF. souhaitant avoir des enseignements à ce sujet peuvent consulter trois livres écrits par des membres – ou ex- membres – de ce Suprême Conseil : les TT. Ill. FF. Cerbu, Marsaudon et Naudon.  C’est le F. Cerbu, alors Grand Chancelier de la Grande Loge de France, qui raconte que quelques mois avant la soumission du Traité d’Alliance Fraternelle entre le Grand Orient de France et la Grande Loge aux Convents des deux Obédiences, le F. Bushnell, Grand Commandeur de la Juridiction Nord des USA, vint à Paris et lui proposa devant témoins d’assurer la reconnaissance de la Grande Loge de France par les Grandes Loges américaines si le Traité projeté échouait (le F. Cerbu devant poser sa candidature à la Grande Maîtrise contre le Grand Maître sortant Richard Dupuy, artisan du Traité). 

« Et la Grande Loge Nationale Française . » demandèrent les FF. Riandey et Bittard, présents à l’entretien. « Ne vous occupez pas de cela, j’en fais mon affaire », répondit Bushnell(Marcel Cerbu, Le combat des Francs- Maçons, 1976).

On peut se rapporter au texte du Convent de la Grande Loge de France (1964) et au rapport du F. Cerbu (notamment p. 33). Mais le Traité fut ratifié le 17 septembre 1964 ce qui produisit une réaction atomique en chaîne :

- Le jour suivant, le Suprême Conseil annula ses trois décrets de 1894, 1904 et 1927 qui avaient accordé l’autonomie administrative à la Grande Loge de France.

- Deux mois plus tard le Suprême Conseil de France mit ses membres devant

l’alternative de quitter la Grande Loge ou d’être rayés des listes du Suprême Conseil.

- Puis le Suprême Conseil annula ce dernier décret, déposa le F. Riandey et élit le F. Bonnet comme Grand Commandeur à la place du F. Riandey. - Le 10 février 1965 le F. Hofman, Grand Commandeur du Suprême Conseil de Hollande, déclara le Suprême Conseil de France irrégulier, et que, de ce fait, la France

était désormais « territoire inoccupé ». Son Suprême Conseil réinitia aux 33 grades de l’Ecossisme le F. Riandey. Dans son La Chair quitte les os, le Grand Commandeur Honoraire du Grand Collège des Rites Corneloup écrit , p. 121.  

« Riandey portera devant l’histoire une lourde responsabilité et la honte de s’être laissé soumettre à une humiliante régularisation qui permettrait de conclure – faussement – qu’elle est l’aveu que les initiations et les investitures que le T. Ill. F. Riandey, Souverain Grand Commandeur, avait reçues avant la guerre, à une époque où personne au monde ne mettait en doute l’orthodoxie du Suprême Conseil de France , n’étaient que de vains simulacres ».  Le « Suprême Conseil pour la France » fut installé le 24 avril 1965 par le Suprême

Conseil de Hollande, tant en son nom qu’en celui des deux Juridictions américaines et du Suprême Conseil du Canada. Vous savez les problèmes que ce troisième Suprême Conseil en territoire français souleva au sein des Suprêmes Conseils du monde entier et notamment à la IXe Conférence Internationale, réunie à Bruxelles en 1967. [Au mois de juin 1967, à la IXe Conférence Internationale de Bruxelles, où quatorze Suprêmes Conseils étaient représentés, six délégations, dont celle d’Allemagne, quittèrent la Conférence après avoir protesté contre la présence du Suprême Conseil de RIANDEY, ainsi que le mentionne le compte rendu publié en 1980 dans Annalem, pp. 72- 73].

Le F. Naudon semble avoir été le seul membre du Suprême Conseil de France à suivre le Grand Commandeur Riandey au départ de l’opération. Mais le F. Marsaudon rejoignit ensuite ce « Suprême Conseil pour la France » dont il fut nommé Grand Commandeur Honoraire. Dans son livre de souvenirs, Souvenirs et réflexions, paru en 1976, il rapporte sa stupéfaction d’avoir entendu lors de la fête de l’Ordre Ecossais, le 27 avril 1975, le Grand Commandeur Honoraire Hollandais Hofman avoir glorifié en public ces évènements en les qualifiant de «coup d’état », terme qu’avait déjà employé le Grand Commandeur Riandey dans une lettre au F. Marsaudon (p. 352).

Source : http://deusmeumquejus.over-blog.com/

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