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Hauts Grades

Notre Frère René Guénon

22 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rene Guenon

René Guénon est né à Blois, le 15 novembre 1886. Après des études à Blois, puis à Paris - en classe préparatoire de mathématiques - qu’il ne terminera pas, du fait d’une santé précaire, il se met dès 1906 à la recherche de la « parole perdue », pour reprendre le titre d’un chapitre de la biographie de Guénon par Paul Chacornac, La vie simple de René Guénon, Éditions traditionnelles, 1958. C’est d’abord son entrée dans l’Ordre Martiniste où il recevra rapidement le grade de Supérieur Inconnu, puis dans deux loges maçonniques dont le Chapitre et Temple « INRI » du rite Primitif et Originel Swedenborgien, où il s’élèvera à la dignité de Kadosh. Ces expériences de jeunesse ont leur importance, car elles lui ont permis de juger très tôt de ce néo-spiritualisme « fin de siècle » dont il dira : « Il est impossible d’associer des doctrines aussi dissemblables que le sont toutes celles que l’on range sous le nom de spiritualisme ; de tels éléments ne pourront jamais constituer un édifice stable ». Il se sépare donc rapidement de ces milieux. Il est admis cependant à la Loge Thébah, relevant de la Grande Loge de France, Rite Écossais Ancien et Accepté, et c’est, en 1909, vers l’Église gnostique qu’il se tourne alors. Il y fut consacré évêque sous le nom de Palingenius et devint le principal rédacteur de la revue La Gnose qu’il fonda et à laquelle il va collaborer jusqu’en 1922. René Guénon y publia sous forme d’articles « une grande partie du Symbolisme de la Croix, la partie essentielle de l’Homme et son devenir selon le Védanta, et de nombreux articles qui, remaniés, prirent place dans Les principes du calcul infinitésimal ». Guénon n’en prend pas moins la mesure de cette Église gnostique qu’il jugera plus tard en ces termes : « Les « néo-gnostiques » n’ont jamais rien reçu par une transmission quelconque, et il ne s’agit que d’un essai de « reconstitution » d’après des documents, d’ailleurs bien fragmentaires qui sont à la portée de tout le monde ».

 

De la vraie transmission, René Guénon va en être le bénéficiaire à deux reprises, d’abord de la part d’un ou plusieurs maîtres hindous, vers 1910. Transmission orale, dont on ne sait à peu près rien, malgré les investigations de ses disciples. (On pense à l’article de Jean Reyor, dans le Cahier de l’Herne consacré à René Guénon : « De quelques énigmes dans l’œuvre de René Guénon », pp. 136 et suivantes). Mais transmission bien réelle, puisqu’elle sera à l’origine de la rédaction de l’Homme et son devenir selon le Védânta. Transmission mystérieuse, enfin, qui fera de Guénon fondamentalement un « Védantin », selon l’expression de Robert Amadou, et cela, même si, en 1912, il sera initié à l'ésotérisme islamique, sous l’influence d’un peintre suédois, Yvan Aguéli, converti à l’Islam sous le nom de Abdul-Hâdi (1869-1917). Guénon prendra le nom sous lequel il sera connu de ses amis et de ses relations musulmanes en Égypte quelques années plus tard : Abdel Wahêd Yahia. Il recevra peu après la barakah - l’influence spirituelle de l’initiation dans l’ésotérisme musulman - d’un sheikh de l’ordre shâdhilite, Addel-Rahmân Elish el-Kebir.

En 1912, aussi, René Guénon se marie avec une jeune fille de Blois, de famille catholique. Le couple n’aura pas d’enfants, mais s’occupera d’une jeune nièce, jusqu’à la mort de la jeune femme. L’année suivante, Guénon s’engage dans le combat mené par la revue catholique La France Anti-Maçonnique et y publie pendant un an, sous un pseudonyme - le Sphinx - une série d’articles sur la Franc-Maçonnerie. Durant la Première Guerre Mondiale, exempté de service, à cause de sa santé, il devient professeur de philosophie, ses rentes ne lui permettant plus de subvenir aux besoins du couple. Il fera aussi un séjour d’une année (1917), à Sétif, en Algérie. A la fin de la guerre, il quitte l’enseignement pour se consacrer à ses ouvrages dont le premier paraît en 1921 : Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues. Les ouvrages suivants, Le Théosophisme, L’erreur spirite qui constituent des critiques sévères du néo-spiritualisme seront naturellement fort mal accueillis, tandis que la parution d’Orient et d’Occident, en 1924, rencontrera un certain succès, avec les critiques élogieuses d’un certain Léon Daudet.

En 1927, paraît, enfin, La crise du monde moderne, ouvrage qui a connu la plus large audience du vivant de Guénon et qui a été constamment réédité (jusque dans des collections « de poche », de nos jours). Il s’agit d’un ouvrage fondamental - auquel on pourrait comparer Chevaucher le Tigre de Julius Evola, par exemple - moins par l’exposé de la doctrine traditionnelle que par ce regard sur le monde moderne qui provoque un « retournement » chez beaucoup de ses lecteurs, du moins ceux chez qui ce « retournement » peut se produire, car, pour les autres, « le livre leur tombe des mains » ou ils n’y « entrent » pas, selon différents témoignages. Léopold Ziegler dira, lui, de La crise du monde moderne : « Ici, le temporel est enfin mesuré, compté et pesé avec des mesures éternelles, et trouvé trop léger ».

Les années 1928-1930 forment en quelque sorte le « milieu de la vie » de René Guénon. Sa femme meurt  le 15 janvier 1928, il se sépare de sa nièce en mars 1929, fait la connaissance d’une Américaine, Dina, une riche veuve, avec qui il part pour l’Égypte, le 15 mars 1930. René Guénon ne reviendra plus en France et ne quittera plus le Caire où il s’installe, seul, menant une vie extrêmement précaire d’un point de vue matériel. Il continue de collaborer au Voile d’Isis et publie en 1931 Le symbolisme de la croix.

En 1934, il se marie avec Fatma Hanem, fille du sheikh Mohammed Ibrahim. Et liquide tous ses biens de France. Revenant sur son ouvrage Orient et Occident, René Guénon constate que « la situation est devenue pire que jamais, non seulement en Occident, mais dans le monde entier », tout en maintenant que « l’Orient véritable, le seul qui mérite vraiment ce nom, est et sera toujours l’Orient traditionnel, quand bien même ses représentants en seraient réduits à n’être plus qu’une minorité, ce qui, encore aujourd’hui, encore loin d’être le cas ». En revanche, l’Occident ne lui semble plus posséder les moyens de redresser la situation désespérée, d’un point de vue traditionnel, où il se trouve. Ce jugement péremptoire sera cause de l’orientation qui sera prise par nombre de ses disciples vers l’Islam et le soufisme, dont Frithjof Schuon qui lui avait rendu visite au Caire en 1935. Les années 30 voient donc se former autour de Guénon tout un groupe d’Européens, Schuon, mais aussi Titus Burckhardt, Martin Lings, Michel Vâlsan, etc., qui entreront dans la voie ésotérique musulmane. Ce sont les « disciples » de la première génération. La vie de René Guénon ou plutôt d’Abdel Wahêd Yahia se partage ainsi, jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, entre les visites, ses nombreuses correspondances, et la rédaction de ses articles pour Le voile d’Isis, - qui devient Les Études traditionnelles, en 1936. Une première fille naît en 1944 et c’est en 1945 que paraît la « suite » de la Crise du monde moderne qui accentue le trait de la critique de l’Occident - et annonce « la fin d’un monde » : « Nous sommes arrivés là au dernier terme de l’action antitraditionnelle qui doit mener ce monde vers sa fin ; après ce règne passager de la « contre-tradition », il ne peut plus y avoir, pour parvenir au moment ultime du cycle actuel, que le « redressement » qui, remettant soudain toutes choses à leur place normale alors même que la subversion semblait complète, préparera immédiatement « l’âge d’or » du cycle futur. » En 1947, naît une seconde fille - René Guénon aura encore deux enfants, deux fils, Ahmed et Abdel Wahid - et il donne son accord à la création en France d’une loge maçonnique, la Grande Triade, de Rite Écossais Ancien et Accepté. Peu après avoir obtenu la naturalisation égyptienne (1949), il meurt le 7 janvier 1951. source : http://reeavenelles.kazeo.com/

 

 

 

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