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Hauts Grades

Ordre chapitral - Nouveau grade de Rose-Croix

29 Avril 2012 , Rédigé par Jean-Marie Ragon Publié dans #hauts grades

Bellum vitiis, pax hominibus



DECORATIONS. Le dais est rouge à franges d'or. il est surmonté de deux triangles dont le deuxième est lumineux, il représente notre hémisphère éclairé ; au centre est l'iod (un, seul, l'unique ; les tables sont couvertes d'un draprouge. Les deux colonnes sont surmontées de sphères (symbole des sciences). La lettre I:. signifie Isis ou la nature, la lettre B:., Bienfaisance. Le pavé mosaïque est en carreaux rouges, noirs et blancs. Tenture rouge. Emblèmes : un demi-Zodiaque d'un côté, le complément, de l'autre : un télescope (l'astronomie), une équerre (l'architecture), une truelle(l'indulgence) un van (l'agriculture, le triage des aspirants) ; un alambic (la chimie), la flûte de Pan aux sept tuyaux (l'harmonie) ; trois colonnes triangulaires ou candélabres à trois branches portant en inscription : Foi, Espérance, Charité, et une étoile d'or ou dorée au-dessus.
Age : 33 ans (les deux 3 symbolisent les deux natures ou les deux hémisphères. Les signes, l'ordre, mots de passe, parole, attouchement, marche, batterie et acclamation, comme au ritefrançais ci-dessus.
HABILLEMENT. Habit noir, gants blancs (costume de ville).
CORDON. Point. TABLIER, blanc, bordé de rouge, sur lequel sont peints deux sphères et leur pied ; au milieu, un soleilrayonnant, ayant au centre un compas ouvert sur une règle.
TITRES. L'assemblée se nomme Chap:., le local, Chambre de perfection. Le présid:. prend le titre de T:. S:., les surv:. d'Ecl:. parf:. Mes ; les FF:., de parf:. Mes.
L'aspirant, en costume de Me, est dans une chambre séparée où se trouvent une chaise, une table, sur laquelle sont une bougie jaune allumée et le livre des règlements généraux.
OUVERTURE. Le T:. S:. frappe un coup, répété à l'Occ:..
T:. E:. et P:. Me 1er surv:. : Etes-vous R:. C:. ?
R. J'ai ce bonheur.
Assurez-vous si le chap:. est à couvert et si tous les FF:. ici présents peuvent assister à nos travaux. (Les surv:. s'en assurent.)
R. T:. S:., le Chap:. est à couvert et tous les FF:. sont R:. C:.
EE:. FF:. et PP:. Mes 1er surv:., prévenez vos FF:. que les travaux de R. C. vont être ouverts.
R. T:. S:., c'est annoncé.
E:. F:. et P:. Me 1er surv:. : Quelle heure est-il ?
R. L'heure où le soleil ouvre les portes du jour annonçant aux humains que l'heure du travail vient de sonner.
Profitons de cet avertissement et prévenez vos FF:. que les travaux du Chap:. de R:. C:. de la R:. L:. à l'O:. d sont ouverts : A moi ! TT:. parf:. FF:., par le signe ; il élève l'index vers le ciel (où montent les émanations terrestres). Les FF:. répondent en élevant l'index et le renversant (descente sur la terre des influences célestes) ; par la batterie : six coups plus un, et tous disant sept fois OSÉE (en hébreu, Ascheah, sauveur) ! prenez place, mes FF:.
Lecture de la colonne gravée de la dernière assemblée.
Introduction des visiteurs, félicitations, applaudissements, placements.
Le T:. S:. annonce, en ces termes le but de la réunion.
TT:. CC:. et TT:. PP:. FF:., le chap:., dans sa dernière tenue, ayant fixé pour aujourd'hui la réception au grade de R:.-C:., du Resp:. Me, le F:. N:., nous allons y procéder, mais en nous servant d'un nouveau formulaire. Beaucoup de chefs de Chap:. désapprouvant, depuis longtemps, la mise en scène d'un acte important du christianisme où le fils de Marie n'est que la doublure d'Hiram, ont désiré qu'il fut substitué un nouveau rituel à l'ancien qui n'est, en réalité, qu'une profanation et une anomalie étrange en maçonnerie, qui respecte les religions et s'en interdit formellement toute discussion. – Le grade de R:. C:. étant passé dans les mœurs des maçons, il est à espérer que cet essai, qui peut être modifié et dont la teneur est toute philosophique et maçonnique, obtienne les suffrages des FF:. éclairés. Puisse-t-il, TT:. PP:. FF:. visiteurs, recevoir votre approbation ! – Les quatorze grades qui séparent le R:.-C:. de la maîtrise n'étant pas pratiqués et le R:.-C:., lui-même, 18e degré, cessant de l'être, le nouveau rituel contient l'analyse de tous ces grades. Elle est communiquée, ainsi que l'ancien R:.-C:., au récipiendaire, qui, tout en en possédant la connaissance, ne se présente cependant qu'en maître bleu, dont ce grade est le complément.
On a conservé ici les signes, mots, attouchements, batterie, etc., de l'ancien mode et même des questions d'ordre, afin que les R:.-C:. de tous les régimes puissent facilement se reconnaître et s'entendre.
Le T:. S:. invite un F:. expert à se transporter près du F:. préparateur pour s'informer si la communication des grades est terminée et en rendre compte, à moins que le Chap:., pour l'instruction des FF:., décide que cette communication aura lieu en séance.
Cet ordre exécuté, l'Expert rentre et dit : T:. S:., la communication est terminée, le récipiendaire va être présenté. – (On frappe à la porte du Chap:. en Me.)
Le T:. S:. : FF:. SS:., Voyez qui frappe ainsi ?
R. C'est un Me, son âge maçonnique est sept ans et plus ; il a travaillé sur la planche à tracer.
D. Demandez-lui ses noms, son âge, le lieu de sa naissance, sa profession, sa demeure actuelle. (On répond.)
D. Demandez-lui s'il a voyagé.
R. Du Nord au Sud et de l'Orient à l'Occident.
D. Dans quel but ?
R. Pour répandre la lumière en s'instruisant et pour rassembler ce qui est épars.
D. Que vient-il chercher ici ?
R. La perfection de son être.
D. Demandez-lui si son Me est content de lui et comment il se nomme.
R. Il a toujours observé ses commandements ; son Me se nomme le G:. A:. de l'U:.
« Que l'entrée lui soit donnée. »
« Resp:. Me, nos travaux sont inachevés, l'indifférence s'est glissée parmi nous ; l'instruction a perdu son attrait à l'espritdes maçons ; la lumière maçonnique ne fait aucun progrès ; nous cherchons à changer ce triste état des choses, nous avons quelque espoir dans nos efforts ; seriez-vous disposé à nous donner votre concours pour mieux atteindre notre but et surtout pour retrouver la parole du grade, clef de nos mystères, qui s'est perdue pendant ce fatal sommeil ?
R. Oui, de tout mon cœur.
D. Vous allez faire trois voyages : les remarques que vous aurez faites nous feront juger ce que nous devons attendre de vous ; y consentez-vous ?
R. J'y consens.
Le T:. S:. : « Avant d'entreprendre ces voyages, je vais vous adresser quelques questions.
D. Qu'est-ce que l'homme et sa nature ? (Il répond.)
Le T:. S:. : L'HOMME (du latin homo, le terrestre, venant de humus, terre) est un être moral, social, susceptible de raison, doué d'instinct et d'intelligence. l'homme, paraissant destiné à régner sur les autres êtres, dut recevoir une stature droite, moyen unique de lui attribuer un cerveau lumineux et la liberté des mains, instruments merveilleux ; aussi, trois dons précieux et privilégiés lui assurent-ils l'empire exclusif du globe : l'intelligence pour inventer, le langage pour s'associer et les mains pour exécuter. Il a été réservé à l'homme seul de sonder les profondeurs de sa propre nature, de mesurer ses droits et ses devoirs, de savoir distinguer le juste de l'injuste, le bien du mal, la vérité de l'erreur ; car tout ce qui vit s'ignore soi-même, excepté notre seule espèce. L'homme est né libre et, par le fait de sa nature, il peut développer toutes ses facultés physiques, morales et intellectuelles. Quelque vives que soient ses passions, par cela même que l'homme est livre, il peut s'opposer à un entraînement qui n'est jamais irrésistible ; il ne s'agit que de bien vouloir, autrement, ce serait nier sa nature. »
D. Qu'est-ce que la raison ? (Il répond.)
Le T:. S:. : « La RAISON est cette forme de l'intelligence qui introduit dans l'esprit les éléments que ne peut lui fournir l'expérience, soit celle qui nous met en relation avec le monde extérieur, soit celle qui nous dévoile les replis intimes de notre conscience. Elle ne vient ni du moi ni du monde externe ; reflet pur, quoique affaibli, de cette lumière primitive qui émane du sein même de la substance éternelle, c'est une révélation du monde invisible ; elle forme le passage nécessaire de la psychologie à l'ontologie, de la conscience à l'être, de l'homme à Dieu Régulatrice intérieure de nos jugements , loi suprême du moi, règle absolue de la liberté, la raison se communique aux hommes à des degrés différents et les éclaire sur leurs devoirs, sur leur destinée, sur le but de la vie. La raison est ce qui résulte de toutes les opérations de l'âme bien réglées, ou une qualité de l'âme qui la rend sage, modérée, et l'éloigne de toutes sortes d'extravagances. C'est une mesure de réflexion que nous avons pour les choses qui sont hors du cercle de nos habitudes. Elle se dit, en général, des lumières que produisent les principes incontestables de vérité et de justice qui peuvent seuls donner aux pensées et aux actions des hommes une direction juste, sage et légitime. L'instinct, raison de l'animal, ne le trompe jamais ; la raison, instinct de l'homme, pourrait-elle le tromper ? La raison vient tard aux gouvernements comme aux hommes (Voltaire). L'empire de la raison publique est le vrai fondement de la liberté. La seule forcequi a toujours raison est celle de la vérité (Jussieu). La raison finira par avoir raison (D'Alembert).
D. Qu'est-ce que le raisonnement ?
Le T:. S:. : « Le RAISONNEMENT est le procédé par lequel l'esprit produit un jugement renfermé dans d'autres jugements Il s'emploie soit pour découvrir des vérités nouvelles, soit pour démontrer des vérités qu'on possède déjà. Comme moyen de découverte, il est fort douteux que le raisonnment proprement dit ait toute la fécondité qu'on a attribuée à cette faculté de l'esprit. Cependant les vérité mathématiques, par exemple, à part les axiomes, sont exposées et déduites au moyen du raisonnement. C'est encore par le raisonnement qu'on a découvert les grandes lois du système astronomique. » – « Il faut contracter, parl'exercice, l'habitude du raisonnement. Une mauvaise action est toujours l'effet et la cause de mauvais raisonnements (Boiste). » « La plupart des hommes se conduisent plus par leur caractère et leurs sentiments que par les raisonnements (De Rulhières). »
D. Qu'est-ce que le jugement ? (Il répond.)
Le T:. S:. : « Le JUGEMENT (en latin, judicium, de jus, le droit, et dicere, dire) est la faculté de l'entendement qui compare et qui juge. Il faut, de bonne heure, cultiver le jugement des jeunes gens. C'est une opération de l'esprit qui consiste à rapprocher deux idées pour en déterminer le rapport de convenance ou de disconvenance ; l'aperception du rapport de ces deux termes est le jugement. Ainsi, juger, c'est faire usage des acquisitions antérieures de l'entendement. Penser, dans l'habitude de la vie intellectuelle, n'est guère que cela. C'est essentiellement assembler des conceptions, les subordonner les unes aux autres, réduire par subsomption les individus à leurs espèces déterminées à l'avance, les espèces à leur genre, ou, développant les conceptions générales, descendre, par division, du genre aux espèces, ou des espèces aux individus. Nos discours se réduisent tous une série de propositions qui expriment une suite de jugements. La logique, qui compare les opérations intellectuelles relativement à la forme, distingue sous ce rapport, diverses espèces de jugements.
En jurisprudence, il indique généralement toute espèce de décision rendue par un tribunal sur un différend qui lui est soumis. Dans le langage légal, en France, le jugement ne s'entend que des décisions rendues par des tribunaux inférieurs, les décisions des cours souveraines étant appelées arrêts. l'équité doit se combiner, autant que possible, avec le droit. Il faut que l'antique maxime : La chose jugée doit être regardée comme la vérité, loin d'être une pure fiction, soit, au contraire, l'expression de la réalité. » – « L'esprit de parti égare le jugement. Tout jugement, quand il est universel, est nécessairement vrai (Cicéron). » « Le crime est un faux jugement (Duclos). » « Il y a beaucoup de jugeurs et peu de juges. »
D. Qu'est-ce que l'art et les arts ? (Il répond.)
Le T:. S:. : « L'ART est le procédé, la méthode pour bien exécuter un ouvrage selon certaines règles. L'hirondelle fait son nid avec un art admirable. C'est aussi une habileté dans la conduite : il faut beaucoup d'art pour plaire à tout le monde. L'art peut embellir, imiter et même surpasser la nature. On dit l'art par opposition à nature : cette substance n'existe pas dans la nature, c'est un produit de l'art. Art est le titre de quelques professions : l'art du tisserand ; de certains ouvrages : l'art poétique, l'Art d'aimer ; ce dernier titre est absurde, il n'y a jamais d'art d'aimer ; l'ARS AMANDI d'Ovide signifie l'Art de se faire aimer.
Les ARTS sont la réunion des arts mécaniques ou scientifiques et des arts libéraux, considérés comme beaux entre tous les arts et qui semblent exister pour n'être goûtés ou exercés que par des hommes libres ; ce sont : l'éloquence, la poésie, la peinture, la sculpture, la musique, la pantomime et la déclamation.
D. Qu'estce que la science et les sciences ? (Il répond.)
Le T:. S:. : « LA SCIENCE est une collection de faits certains, relatifs à un objet, ou fondés sur des principes ou sur des démonstrations. On dit : la science du droit, la science des affaires, la science du monde ; cet ouvrier a la science de son métier. La science de vivre est la grande science. La science sociale est l'art de coordonner sa conduite, ses rapports, ses devoirs et ses droits envers autrui, suivant la justice et la raison.
LES SCIENCES sont les collections d'idées, dee règles et de principes dont chaque science est constituée. Il faut posséder au moins deux sciences pour avoir le titre de SAVANT. Si l'on ne connaît qu'une science, la médecine, par exemple, on dira c'est un savant médecin.
D. Qu'est-ce qu'un Etat ? (Il répond.)
Le T:. S:. : « UN ETAT (du grec staô, je suis placé) est une société établie à perpétuité, en forme de nation, sur un territoire déterminé et se gouvernant par ses propres lois, sous quelque dénomination que ce soit. Les Etats ou Nations, dans leurs rapports entre eux, prennent le titre de PUISSANCES, qui est consacré par le droit des gens. » – « L'Eglisedoit être dans l'Etat, et non l'Etat dans l'Eglise (Bonaparte). »
« F:. Me des cérém:., veuillez faire faire les trois voyages.
Le Me des cérém:. fait faire les trois voyages, et, à chaque tour, il fait remarquer, au récipiendaire, une étoile et son inscription, dont le F:. préparateur a dû l'entretenir.
Les voyages faits et annoncés, le T:. S:. dit : Mon F:., qu'avez-vous remarqué dans ces voyages ?
R. Trois étoiles.
D. Que disent-elles à votre esprit ?
R. Que ce sont trois guides pour conduire heureusement dans le chemin de la vie.
D. Quels sont leurs noms ?
R. Foi, Espérance, Charité.
D. Ce sont les noms des trois piliers qui soutiennent notre nouveau temple ; mon F:., qu'est-ce que la foi ? (Il répond.)
D. Qu'est-ce que l'espérance ? (Il répond.)
D. Qu'est-ce que la charité ? (Il répond.)
« Vous en entendrez une explication plus développée dans l'instruction qui terminera cette séance. En attendant, ayons foi dans l'excellence de la maçonnerie ; espérons en la justice divine ; exerçons la charité envers tous les hommes.
Mon F:., dans l'enfance et la jjeunesse, toute la nature sourit à l'homme innocent et irréfléchi ; mais, quand vient l'âge mûr, les passions humaines lui révèlent de terribles secrets, et jusqu'à ce qu'il ait acquis une foi vive dans la justice du G:. A:. et jusqu'à ce que l'étoile de l'espérance ait brillé à ses yeux, l'homme marche d'un pas inégal, plein de trouble et d'incertitude. »
D. En résumé, ces trois choses ne feraient-elles pas toute la loi maçonnique ? (Il répond.)
D. Qu'attendez-vous de la loi maçonnique ?
R. La paix, l'union et la liberté.
D. La loi maçonnique enseigne-t-elle quelque chose de plus ?
R. J'espère l'apprendre de vous.
D. Etant Me, vous est-il arrivé, dans vos études sur la Maçonnerie, de la comparer aux religions ?
R. Oui, sans doute.
D. Quel était le résultat de votre comparaison ? (Il répond.)
Le T:. S:. : Les religions parquent les hommes, les divisent et s'opposent au progrès [Note de l'auteur : Que peut-on espérer d'une égliseennemie des lumières dont les prélats continuent à enseigner que : Plus on avance dans la voie du progrès, plus on s'éloigne de la voie du salut ? (Lettre pastorale du cardinalSisto Riario Sforza, 9 décembre 1839).], tandis que la Maçonnerie travaille à les unir pour en faire une famille d'amis et de frères. Elle n'a jamais armé le bras d'un assassin ni allumé la torche d'un incendiaire. Les pages de l'histoire sont ensanglantées, elle n'y est pour rien : ses armes sont la persuasion et le bon exemple. Elle naquit en orient, alors les peuples y étaient calmes et heureux. Depuis qu'elle en est sortie, les hommes, excités par un fanatisme religieux qu'entretiennent des fauteurs ignares qui en vivent, s'entr'égorgent et s'incendient mutuellement, afute de se connaître et de s'entendre. Les plus forts détruisent les temples des plus faibles, tandis que le véritable initié élève des temples et n'en détruit point. « A la vérité, quelques orientaux plus instruits et haut placés, qui visitent nos contrées occidentales, aiment à se retremper aux sources vives de la Francmaçonnerie, pour en reporter les bienfaits à leur patrie qui fut la sienne ; races si cruelles, parce qu'elles sont ignorantes ? Ne nous décourageons donc pas, et puisque vous avez tant voyagé, voyons, si dans les réponses à mes questions, nous ne découvrirons pas la parole du grade.
D. Mon F:., d'où avez-vous tiré le plus de connaissances ?
R. De l'Inde.
D. Qui vous a le mieux guidé ?
R. La Nature.
D. Qu'a-t-elle produit en vous ?
R. Ma Régénération.
D. Qu'avez-vous eu à combattre ?
R. Mon Ignorance.
D. Auriez-vous remarqué, dans les aphorismes des anciens philosophes, quelque vérité relative à ce grade et à l'objet de nos recherches ?
R. Peut-être, cette vérité entre autres, m'a toujours frappé : Par l'Ignition (le feu), la Nature se Régénère Intégralement.
Le T:. S:. joyeusement : Nous y sommes : Igne, Natura, Renovatur, Integra [Note de l'auteur : ou Ignem Natura Regenerando Integrat. D'autres philosophes hermétiques, voulant spécifier les trois principes de l'œuvre : sel, soufre, mercure, avaient formé cet aphorisme :
Igne Nitrum Roris Invenitur. – Si l'on substitue à ces quatre lettres leurs correspondantes hébraïques, on trouve, dans cette languen les initiales des quatre éléments :
Immim (maria, ou l'élément eau).
Naour (ignis, le feu).
Raouah (ventus, le vent, l'air).
Iebeschah (arida, la terre). ]
.
« Quel bonheur ! Rassemblez les initiales de vos quatre mots, et deux fois, sans le savoir, vous avez recouvré la parole perdue. A moi, mes frères, la parole est retrouvée, applaudissons !
Nous avons vu, dans le grade de maître, que la parole perdue fut l'effet de l'automne, où le soleil en perdant sa puissance, rend la nature muette ; la parole retrouvée doit figurer dans un grade qui annonce un printemps prochain symbolisé par la rose, et par le feu base du grade.
Ce n'est pas à ce feu matériel qui sert à satisfaire une partie de nos besoins que se rapportent les allégories de ce grade, c'est à cet élément principe, à ce feu conservateur et vivifiant, qui pénètre et embrase toute la nature, que se rattachent tous les symboles antiques et révérés ; c'est à cet élément pur dont la chaleur et la lumière ne sont que des modifications, dont la fécondité, le mouvement et la vie sont les effets et dont les soleils sans nombre, répandus dans l'immensité de l'univers, semblent être les foyers inépuisables ; qui prête aux corps le charme des plus vives et des plus brillantes couleurs, ou, se cachant à nos regards, pénètre jusqu'au sein de la terre, écarte les molécules des corps, malgré la force qui les unit, et y produit une action qui tantôt est le pincipe de leur existence, de leur conservation, de leur reproduction, et tantôt est la cause de leur division, de leur destruction, de leur transformation ; qui, d'autres fois encore, sillonne la nue qui le porte et, sous le nom d'étincelle électrique, frappe à la fois notre œil ébloui, notre oreille étonnée, tous nos sens effrayés, et transforme la vapeur des nues en une masse d'eau qui se précipite sur la terre qu'elle ravage ; ce feu, enfin, roi des éléments, sans lequel les autres seraient froids et inertes, communique à l'air sa pureté, à l'eau sa fluidité, à la terre son inépuisable fécondité.
Frère maître des cérémonies, faites approcher le R:. Me.
Mon frère, dans le premier grade, nos lois et nos usages vous ont révélé que l'égalité régnait parmi nous et que le maçon était un homme libre ; le deuxième, qui est consacré à l'instruction et au travail, est une conséquence naturelle du premier, car il n'y a point de liberté pour la paresse et l'ignorance ; dans le troisième, vous apprenez que celui qui ne sait pas souffrir ne sait pas vivre, et que le maçon ne peut se croire homme que lorsqu'il aura vaincu l'adversité par son courage et sa résignation. On y combat les préjugés et ces vaines terreurs qui assaillissent la crédulité et l'ignorance de ces esprits sans culture que la superstition égare ; dans le grade qui nous occupe, vous trouverez des emblèmes qui se lient à ceux des grades précédents, comme pour vous indiquer que vous devez perfectionner vos connaissances, afin de rendre vos enseignements plus parfaits. Il a aussi pour objet de faire briller aux yeux de l'homme de bien qui persévère la compense qui lui est due et qu'il trouve au fond de sa conscience et dans le respect et l'admiration de ses frères [Note de l'auteur : La justice sociale vient de Dieu ; une rémunération posthume, si elle avait lieu, n'en serait-elle pas la négation ?].
Debout et à l'ordre, mes frères.
Mon frère, vous allez prêter, debout et la main sur les statuts de l'ordre, votre obligation ; répétez avec moi :
OBLIGATION. « Sur les statuts généraux de l'ordre, je renouvelle les promesses faites dans les grades précédents, je promets en outre d'éclairer mes frères des degrés inférieurs, et, par mes paroles et mes actions, d'inspirer aux hommes cet esprit de fraternité qui fait l'essence et la base de la Maçonnerie ; que le G:. A:. me soit en aide ! » – Le T:. S:. étendant le bras, dit :
« A la G:. du G:. A:. de l'U:., au nom et sous les auspices du G:. O:. de France, et en vertu des pouvoirs qui me sont confiés, je vous crée et constitue Rose-Croix, Parfait-Maître 4e degré, Membre du Chapitre de Rose-Croix, régulièrement établi près le Resp:. Loge d..... à l'O:. d.....
Le T:. S:. lui donne le baiser de paix et dit : Sachez que vous acquérez aujourd'hui le droit de diriger les travaux d'un Chapitre de Rose-Croix.
Mon frère, nous avons dans ce grade, comme dans les précédents, des signes, mots et attouchements pour nous reconnaître. Il y a plusieurs signes :
SIGNES DE DEMANDE OU D'ADMIRATION. Lever les yeux au ciel, porter, en même temps, les mains, les paumes en dehors, à la hauteur du front, les doigts entrelacés, et les laisser tomber ainsi sur le ventre.
SIGNE DE RÉPONSE. Lever la main droite à la hauteur du front sur le côté, ayant le pouce et les doigts fermés, à l'exception de l'index, avec lequel on montre le ciel, en levant aussi les yeux. Ce signe indique que tout vient d'en haut et qu'il n'y a qu'un seul être, source pure de vérité.
SIGNE DE SECOURS. Croiser la jambe derrière la gauche, à la hauteur du mollet. – On y répond en croisant la jambe gauche derrière la droite.
ORDRE ET SIGNE DU BON PASTEUR. Les bras croisés sur la poitrine, les mains écartées.
ATTOUCHEMENT. Placer réciproquement la maind roite à plat sur la mammelle droite du F:., et la main gauche sur la mammelle gauche et se donner le baiser de paix, en disant, le premier frère, Emmanuel, et le second, Paix profonde.
MOT DE PASSE. Emmanuel (en hébreu, Gimmanouel), (Deus nobiscum, saint Matthieu, ch. 1, verset 23). – EN RÉPONSE : Pax vobis, ou paix profonde.
MOT SACRÉ. I. N. R. I. (Ces quatre lettres ne formant pas un mot, elles s'épellent. Voyez l'Instruction).
AGE. 33 ans (ces deux 3 indiquent deux triangles ou les deux hémisphères).
MARCHE. Marche naturelle par trois pas précipités et étant à l'ordre.
BATTERIE. Sept coups par six plus un.
ACCLAMATION. Osée ! répété sept fois.
TABLIER. Je vous ceins du tablier de R:. C:., il honore le maçon comme le travail honore l'homme. Sa blancheur exprime la pureté de nos intentions et de nos actions. sa bordure rouge indique l'adeur avec laquelle nous devons secourir l'humanité. Les deux sphères vous rappelleront que les merveilles du ciel et de la terre doivent avoir une grande part dans vos méditations. Le soleil est l'image sensible du père des humains ; ce père égalitaire répand indistinctement sa chaleur, sa lumière et ses bienfaits sur l'homme bon, vertueux, et sur l'homme méchant et pervers ; seulement il a placé dans sa conscience un remords qui peut le ramener à la vertu. Nous n'avons qu'un moyen de plaire au suprême auteur de toutes choses, de lui témoigner notre vive gratitude et de nous acquitter envers lui, c'est de l'imiter, c'est-à-dire de faire à nos semblables le plus de bien que nous pouvons.
Allez, mon F:., vous faire reconnaître par les FF:. SS:., F:. Me des cérém:., présentez leur le F:.. Cette reconnaissance étant terminée, le premier surv:. dit :
T:. S:., les signes, mots, parole et attouchement sont justes.
Le T:. S:. : TT:. Ecl:. FF:. 1er et 2e surv:., annoncez à tous vos RR:. et PP:. FF:. qu'ils aient à reconnaître, à l'avenir, le très cher frère N... pour Rose-Croix, Parfait maçon et membre du Chapitre d... – Les surv:. répètent et le 1er surv:. informe le T:. S:. que c'est annoncé.
Le T:. S:. : Applaudissons, mes frères. – On applaudit par sept, disant autant de fois OSÉE !
Le néophyte demande à remercier et son remerciement est couvert. Puis, le T:. S:. lui dit :
« Mon frère, prenez place parmi nous et prêtez votre attention au discours qu'à votre occasion, va vous lire le frère orateur.
Frère Me des cérémonies, veuillez placer le frère à l'O:.
T:. E:. et parfait frère orateur, vous avez la parole.
Le T:. S:. fait applaudir au discours du frère orateur. Il remercie. On couvre sa batterie.
Le T:. S:. fait circuler, par le Me des cérémonies et par le frère hospitalier, le sac des propositions et le tronc de bienfaisance. Ces objets rendus sur l'autel, le T:. S:. en opère le dépouillement à la manière accoutumée, en présence des FF:. orateurs et secrétaires, appelés par lui.
Le T:. S:. : F:. R:.-C:. nouvellement admis, je vous invite à donner toute votre attention à l'instruction qui va suivre.


  Instruction

Demande. Etes-vous Rose-Croix ?
Réponse. J'ai ce bonheur.
D. Où avez-vous été reçu ?
R. Dans un chapitre où règnent l'amour des sciences et la modestie.
D. Qui vous a reçu ?
R. Le plus modeste de tous.
D. Qu'entendez-vous par ces paroles ?
R. Que, dans nos réunions, on ne se distingue que par les talents, et le plus instruit voit qu'il ne sait rien en comparant ce qui lui reste à apprendre.
D. Comment avez-vous été reçu ?
R. Avec toutes les formalités requises pour un si grand sujet.
D. Comment avez-vous été présenté au Chapitre ?
R. Libre de tous mes sens et de ma propre volonté.
D. Que fites-vous en entrant?
R. Mon âme a été ravie à l'aspect de ce que j'aperçus : le silence, l'attitude des frères, les dispositions du temple, m'ont fait concevoir une grande idée de ce que j'allais apprendre.
D. Qu'a-t-on fait de vous après votre introduction ?
R. On m'a fait voyager.
D. Qu'avez-vous appris dans vos voyages ?
R. Les trois soutiens de notre édifices et leurs noms que j'ai répétés et gravés toujours dans mon cœur.
D. Quels sont ces noms ?
R. Foi, Espérance, Charité.
D. Qu'est-ce que la foi ?
R. C'est la croyance à l'existence d'une chose démontrée ou reconnue par les sens, par l'intelligence ou par la raison. Par le sentiment et le jugement, l'homme fortifie sa croyance, sa foi, parce qu'ils l'aident à discerner le juste de l'injuste, le vrai du faux, le bien du mal. Croire une chose qu'on ne comprend pas ou parce qu'elle absurde, comme a fait saint Augustin, c'est indigne d'un être pensant, c'est renoncer à son libre arbitre, c'est méconnaître la légitimité des sens, c'est nier les vérités de la science. Celui qui a la foi en lui a le pouvoir de vaincre le mal (ses mauvais penchants). Il pourra exécuter tout ce qu'il concevra, parce qu'il ne désirera faire que ce qui est juste et utile au bien-être de l'humanité. Celui qui croit aveuglément est un fanatique dangereux. L'ignorant, enfant de la nuit, au lieu de savoir, croit, au lieu de penser, il imagine, et ses rêves enfantent l'erreur, un des fléaux de l'humanité.
D. Qu'est-ce que l'espérance ?
R. C'est une disposition de l'âme à se persuader que ce qu'elle désire arriveera ; c'est l'attente d'un bien qu'on désire, et qui paraît devoir arriver. la nature en a fait un sentiment, la mythologie une divinité, et la religion une vertu; l'espérance trompée accable et décourage (Voltaire).
D. Qu'est-ce que la charité ? (du grec charis, grâce, d'où le latin charus, cher).
R. La CHARITÉ est l'amour sacré de l'humanité, c'est une sainte philanthropie, la première des vertus ; elle ne fut jamais le monopole d'aucune secte, d'aucune religion, parce qu'elle est, dans le cœur humain, un sentiment inné qui ne dépend ni des temps ni des lieux. Son but est le bonheur du genre humain. Son rôle est de consoler, de pacifier, d'unir les hommes, d'introduire la justice dans leurs relations et dans leurs lois. Dans tous les temps, elle a animé les hommes justes de tous les pays, les âmes généreuses et les philosophes. Si tous les peuples obéissaient à ses douces impulsions, la concorde le bonheur règneraient sur la terre. Les prêtres ont affaibli le sens humanitaire de ce mot, en le rendant synonyme d'aumône. Jean-Jacques a dit avec plus de raison : Ne faites pas seulement l'aumône, mais aussi la charité. Elle est une des principales bases de la loi maçonnique.
D. Qu'est-ce que l'aumône ?
R. C'est la prière par excellence.
D. Qu'est-ce que la loi maçonnique ?
R. C'est la loi principe, la première, la plus ancienne et la base de toutes les lois.
D. N'est-elle pas connue sous un autre nom ?
R. Oui, on la nomme Loi naturelle.
D. Pourquoi ?
R. Parce qu'elle est native, innée dans l'homme non dépravé.
D. En quoi consiste-t-elle ?
R. Contemporaine des premiers hommes, elle fut une réunion de sentiments et de préceptes qui forma le LIEN moral de la famille et de la communauté sociale ; son souffle inspirateur enfanta l'ordre primitif à une époque où l'homme, né bon, pratiquait la justice, sans le mobile dégradant du châtiement et des récompenses. Elle fut, pendant des siècles et pendant l'âge patriarcal, la seule lumière de la société humaine, la seule consécration des mœurs et des lois.
D. Mais est-elle donc une religion ?
R. NON. Elle est bien la religion des sages et des personnes vertueuyses, parce qu'elle est le flambeau moral et le guide de l'homme qu'elle tend à rendre éclairé par l'esprit, bon par le cœur, pur dans son âme, juste dans ses actions et parfait dans ses œuvres.
D. Pourquoi ne la nommerait-on pas Religion naturelle ?
R. D'abord, parce que n'ayant ni culte, ni mystères, ni victime sacrifiée, elle n'est point une religion, comme on l'entend ; ensuite, pour mieux diviser les nations, on a, depuis si longtemps, abusé de ce nom qui ne convient qu'à elle seule, comme étant la première révélation divine, que cette dénomination ne lui convient plus, n'exprimant pas toute la portée d'une loi qui LIE tous les peuples dans une même lumière, dans un même sentiment, dans un même précepte. Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fît ; et rendez-vous aimables les uns aux autres, afin de vous aimer tous et de vous entr'aider.
D. Que pensez-vous du polythéisme ?
R. La corruption des hommes, la discorde, les guerres entre les peuples étant survenues, une religion se manifesta et s'établit presque universellement : si l'on considère la loi naturelle comme ayant été la première religion, la seconde fut le ploythéisme ou la pluralité des dieux. Cette religion subversive, monstrueuse, fut une révolte contre Dieu. Dans cette étrange aberration, destructive de toute morale, toutes les facultés de la nature furent divinisées : les idées les plus perverses, les crimes sociaux, l'immoralité, l'adultère, la guerre même furent érigés en puissances olympiques et reçurent les honneurs divins. Pendant ce long règne d'iniquité, l'homme, qui auparavant était le roi de la nature et n'avait à rendre foi et hommage qu'à Dieu seul, perdit son titre d'homme libre et devint l'esclave de l'erreur, du mensonge, de sa propre corruption et, par une conséquence inévitable, l'esclave de tyrans religieux et politiques qui, pendant trente siècles, tinrent impitoyablement les nations sous une domination absolue aussi odieuse qu'avilissante.
D. Où se conserva le feu sacré ?
R. Dans les mystères de la Perse, de l'Egypte et de la Grèce, ainsi que l'enseigne la Maçonnerie.
D. Que cherchiez-vous en voyageant dans le Chapitre ?
R. La parole perdue par le relâchement des maçons.
D. L'avez-vous retrouvée ?
R. Notre persévérance nous l'a fait recouvrer.
D. Donnez-la moi.
R. Il n'est permis à qui que ce soit de la donner ; le T:. S:. l'a trouvée deux fois dans mes réponses à ses questions.
D. Comment pourrais-je la connaître ?
R. En m'interrogeant sur mes études.
D. D'où avez-vous tiré plus de connaissances ?
R. De l'Inde.
D. Qui vous a le mieux guidé ?
R. La Nature.
D. Qu'a-t-elle produit en vous ?
R. Ma Régénération.
D. Qu'avez-vous eu à combattre ?
R. Mon Ignorance.
D. Auriez-vous remarqué dans les aphorismes des anciens philosophes quelque vérité relative à ce grade et à l'objet de nos recherches ?
R. Oui, cette vérité m'a, entre autres, toujours frappé : par l'Ignition (le feu), la Nature se Régénère Intégralement.
D. Je connais cet aphorisme des anciens : Igne Natura Renovatur Integra.
D. I ?
R. N.
D. R ?
R. I.
D. Qu'a-t-on fait après cette découverte ?
R. Tous les frères, guidés par le T:. S:., ont applaudi.
D. Pourquoi l'élément Feu se rapporte-t-il à ce grade, symbole de la dernière saison, l'hiver ?
R. Ces tableaux de la nature ont été, dans nos grades, ingénieusement tracés par des sages qui n'ont point oublié qu'ils devaient peindre, non ce qui paraît être, mais ce qui est réellement : l'époque de l'année à laquelle doit se rapporter l'élément TERRE est celle où le sol se couvre partout de verdure et de fleurs c'est alors que les champs vont rendre à l'homme les trésors qu'il leur a confiés. La terre doit donc se rapporter au printemps. – Dans l'été, le ciel plus pur semble briller d'un éclat plus vif, le soleil lance ses rayons les plus ardents qui semblent descendre en langues de feu pour donner la parole aux êtres vivants. L'air, raréfié par la chaleur, acquiert une action plus active ; c'est à l'été que se rapporte l'AIR. L'automne, saison des pluies est caractérisé par l'EAU, dont le Verseau est le symbole.
Pour caractériser la dernière saison, écoutons ce que dit le poète du quatrième élément :

« Ignis ubique latet, naturam amplectitur omnem ;
Cuncta parit, renovat, dividit, urit, alit.
»

        

« Le feu se cache partout, il embrasse toute la nature ;
il produit, il renouvelle, il consume, il entretient tous les corps.
»


Dans l'hiver, où le calorique se concentre, où, tandis que des frimas couvrent la surface du sol, la nature prépare, dans l'intérieur, toutes les merveilles qui doivent, au printemps, charmer nos yeux et nous enrichir en automne ; c'est alors que le feu central, le feu élémentaire, le feu de la nature agit avec plus de force et de pouvoir ; c'est alors qu'il opère, quoique caché, ses plus étonnantes merveilles : ignis ubique latet ; c'est alors qu'il embrasse la nature, qu'il la féconde, qu'il opère, dans l'univers entier, ce mouvement qui nous ramène, par un ordre constant et éternel, le soleil et ses beaux jours: naturam amplectitur omnem ; c'est le feu caché, mais toujours agissant, qui produit tout, qui entretient tout : cuncta parit, cunctaque alit ; c'est ce feu, l'âme de la nature, dont il renouvelle perpétuellement les formes, qui divise les éléments des corps, ou qui réunit leurs molécules éparses : cuncta renovat, cunctaque dividit ; c'est cet élément enfin, qui après avoir été le principe de la vie de tous les êtres, devient, par suite de son activité, la cause toujours agissante de leur destruction et de leur agrégation à d'autres mixtes : cuncta urit. Les anciens jugèrent cet élément tellement actif qu'ils en firent d'abord le premier agent de la nature, puis l'emblème de la Divinité, puis la Divinité elle-même.
Tels furent ces éléments contre lesquels les modernes ont tant disputé, mais par lesquels les aanciens expliquaient toute la nature. Ces sages avaient trouvé un rapport singulier entre ces éléments et les organes qui, en nous, sont destinés à concevoir les impressions ; ils l'établissaient ainsi :
Le feu est le plus léger des éléments, il occupe la partie supérieure de l'éther et se manifeste particulièrement à nous par la lumière ; or, l'œil, destiné à en recevoir les impressions, est placé dans la partie supérieure de la face, au-dessus de tous les autres organes.
Au-dessous de l'œil, sont placées, de chaque côté, les oreilles destinées à percevoir les sons dont le véhicule est l'air ; or, l'air est placé au-dessous du feu et au-dessus des éléments plus grossiers.
Les houppes nerveuses du nez sont disposées pour percevoir les odeurs ; or, les parfums sont des émanations aqueuses, aériformes qui pénètrent ces organes, et l'eau est au-dessous de l'air.
Enfin, la terre occupe la plus basse région, comme le plus lourd et le plus matériel des éléments, et la bouche ou l'organe du goût, destiné à savourer les corps, est au bas de la face.
Ces principes ne sont pas la physique moderne, mais ils n'ont l'intérêt que leur donne l'antiquité.
D. Donnez-nous votre opinion sur la parole.
R. L'homme est, après Dieu, la première puissance de la terre, le représentant, l'ouvrier du G:. A:. ; il est son imitateur et, par la parole, le créateur du monde social. Composé d'esprit et de matière, l'homme est l'abrégé de l'univers. C'est par les yeux que l'homme voit ; ayant acquis la science par les yeux du corps et de l'esprit, il la transmet au moyen de la parole, écrite ou parlée, et peint ainsi, dans l'entendement d'autrui, ses idées et les choses. Les animaux n'ont que des cris qu'ils modifient dans le danger et pour se convier à l'amour ; ils ont une voix plaintive pour la souffrance et terrible pour la colère. L'homme, seul, a une parole intelligente, des appels articulés, son langage est raisonné, il converse avec ses semblables et donne un nom à chaque chose. La faculté dont l'homme est doué de percevoir l'idée des choses et de l'exprimer par des sons compréhensibles, constitue pour lui le privilège du verbe, de la parole. Le gosier de l'homme, qui la produit, cet organe improvisateur est l'instrument où raisonne cette intelligente harmonie des sons. Heureux, quand ils n'expriment que la vérité ! Le Verbe de la civilisation primitive était un parallélisme des rapports physiques et des relations morales, établis sur les mêmes radicaux. C'est ainsi que le même radical exprimait la nourriture et l'entendement : la science de la vérité n'est-elle pas la nourriture de l'âme ?
D. Quelle est la parole maçonnique ou le verbe ?
R. La Parole maçonnique est le verbe civilisateur du genre humain ; lien de la sociabilité humaine, elle fait participer l'universalité des hommes à la lumière vivifiante de la vérité, en les menant à la certitude par l'évidence. Lyre céleste, elle exprime les harmonies de la création, l'essence des êtres, leur nature et leurs rapports, Zoroastre l'appelait la lumière et la loi, c'est-à-dire, pour nous, la vérité et la justice.
La parole maçonnique est le verbe de la raison parlant à nos sens ; c'est la sagesse opposée aux intérêts matériels ; c'est Ormusd (la lumière) disant à Zoroastre : je suis la parole qui détruit les maux en combattant Ahrimane le père du mensonge et de l'ignorance [Note de l'auteur : Cette réponse est plus explicite que celle de Jéhova à son interlocuteur : ego sum qui sum. Ce qui voulait dire : Tu ne le sauras pas.]. » Ainsi que Jésus, le Verbe, est l'Agneau (soleil nouveau) qui efface les péchés du monde (hivernal).
La PAROLE était l'épouse de Brahma, le Créateur (fils de brahmâ) ; elle lui suffit pour créer le monde.
D. Donnez-moi le mot de passe.
R. EMMANUEL (Deus nobiscum). Dieu est avec nous. (Saint Mathieu ch. 1, 8, 2).
D. Quelle est la réponse ?
R. PAX VOBIS ou paix profonde.
D. D'où vient le mot de pax, étranger aux anciens dialectes de l'Occident ?
R. Il vient du sanctuaire des mystères, aussi a-t-il vainement occupé beaucoup de savants.
Après la célébration des mystères d'Eleusis on levait la séance par ces trois mots : konx, om pax [Note de l'auteur : Cette formule sanscrite est imitée des Brahmes qui disaient : Konska om pakscha. Konska signifie : le sujet de nos vœux. Pakscha veut dire : Changement, devoir, travail préiodique, vicissitude de la fortune.
Mussius a prétendu qu'aux mystères de cérès, l'assemblée était congédiée par les mots : Konx ompax. Hésichius, qui nous les a transmis, dit seulement que c'était une acclamation aux initiés, sans faire connaître à quel moment de la cérémonie, on les prononçait. Leclerc a dit qu'ils signifiaient : Veillez, et ne faites pas de mal ; d'autres : Veillez, soyez purs. (G. Dumast.)]
. Le mot Konx n'a jamais franchi le seuil de nos temples ; Om est ce fameux mot que les indiens emploient au commencement et à la fin de leurs cérémonies.
La destiné du mot pax est plus singulière : en usage seulement dans le sanctuaire des mystères, étranger à la langue grecque, comme à celle des Romains, ce mot a pénétré dans la vie habituelle des peuples de l'antiquité. Mais, occupant, dans la formule, la dernière place, pax reçut une autre signification, probablement celle de fin, liée à la signification de silence. Tout se réunissait d'ailleurs pour attacher à cette exclamation une idée de discrétion et de mystère. Ce fut sous ces acceptions que ce mot s'établit et circula dans nos dialectes modernes, car pax, dans ce sens, est, sans nul doute, l'origine du mot paix ! employé souvent au lieu de silence ! [Note de l'auteur : PAIX. L'antiquité avait fait de la paix une divinité, fille de Jupiter et de la Justice ; elle avait des autels dans la Grèce et un temple à Rome.
Chez les Phéniciens , le nom que portait la paix (Salam) est le même que le peuple donnait à la justice.
Chez les Hébreux, le nom du sage Salomon est aussi le même que ceux de justice et de paix.
L'Evangile a fait de la paix la base du bonheur de l'homme sur la terre.
Jésus abordait ses disciples par ces mots : La paix soit avec vous !
Un président de Loge clôt les travaux par ceux-ci : Retirons-nous en paix, ou mieux : sortons en paix, pour nous conformer à l'esprit de la philosophie des nombres, observé dans les formules des mystères.]



 Clôture du Chapitre


Le T:. S:. frappe les sept coups mystérieux que répètent les surv:., tous les FF:. sont debout et à l'ordre.
D. T:. Ec:. et P:. F:. 1er surv:., quelle heure est-il ?
R. T:. S:., le soleil quitte notre horizonet nous annonce qu'il est temps de quitter le travail et que l'heure du repos est arrivée.
D. Puisqu'il en est ainsi, TT:. EE:. et PP:. FF:. surv:., annoncez sur vos col:. que je vais fermer le chap:. de R:. C:.
– Chaque surv:. fait cette annonce aux FF:. de sa col:. et le 1er surv:. informe le T:. S:. que l'annonce est portée sur les col:.
Le T:. S:. : « TT:. PR:. et PP:. FF:. Rose-Croix, les travaux du chap:. de R:. C:. d... sont fermés ; faisons notre devoir :
Tous les FF:., guidés par le T:. S:., font le signe et applaudissent par sept, en disant autant de fois Osée !
Les FF:. attendent, en silence, qu'ion vienne les avertir pour la cérémonie de la Cène ou du banquet.


Cène du banquet mystique


On terminait toutes les mystagogues  antiques, en fracturant, tous, le même pain et en dégustant le vin à la coupe commune, pour rappeler, entre eux, la communauté des biens, et que les initiés n'ont rien en propre. On doit donc faire la Cène après chaque tenue du R:. C:. dont elle est la clôture. Le pain et le vin y sont consacrés. Cette nourriture mystique, qui doit alimenter l'âme et le corps, était un emblème d'immortalité. On lit dans une prière chrétienne : « Seigneur, nourrissez-moi du pain des anges, laissez-moi boire à la source de la vie ; c'est dans ce sens que les Romains disaient d'un empereur qu'on supposait divinisé, qu'il buvait dans la coupe des immortels.
Le ROSEAU de sept pieds que portent les R:. + était un emblème de la royauté de l'esprit et de l'intelligence ; il rappelle le rameau de toute initiation et le sceptre léger des anciens patriarches  ou conducteurs des peuples. Ce signe du commandement, symbole de la vigilance et du droit de l'exercer, signifie que la vie est un pèlerinage et que la faiblesse de ce soutien ne suffit pas pour la parcourir dignement, si l'on ne s'appuie sur l'amour de l'humanité. Sa flexibilité exprime la fragilité humaine ; mais, comme plante vivace et pullulante, elle symbolise ici la reproduction perpétuelle de la nature. On termine cette agape fraternelle par le baiser de paix.


Banquet


La table et les sutensiles ont les mêmes noms que dans les 1ers grades, à l'exception des verres qu'on appelle coupes ; boire, c'est vider une coupe. L'exercice, pour les santés, est le même que ci-dessus.

 

Source : http://www.boutiquefs.com/

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