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Hauts Grades

Ordre de l’Etoile Flamboyante (1766)

8 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Le baron de Tschoudy, écrivain spirituel et caustique, est l'auteur de l’Etoile flamboyante. Il naquit à Metz en 1730 et mourut à Paris en 1769. Nous avons vu qu'il avait composé quelques grades et des rituels pour le Conseil des Chevaliers d'Orient, dont on fut étonné de le voir membre.

En 1766, il institua, en dehors de ce conseil éphémère, l’Ordre de l'Etoile flamboyante, composé de grades chevaleresques, remontant aux croisades, d'après le système templier des jésuites.

Cette production renouvela avec esprit, sous des formes neuves, la doctrine de Ramsay. Partisan adroit de l'école jésuitique, l'auteur attribue la fondation de la Franc-maçonnerie à Pierre l'Hermite (45), ce fameux provocateur des croisades, et il en détermine le modèle, le caractère et l'origine sur les institutions religieuses et chevaleresques, dont les croisades inondèrent la chrétienté.

Croisades. « Le véritable motif des croisades contre l'Orient, dit Laurens, est encore inconnu. La conquête de la terre sainte est le but apparent que l'histoire ne caractérise pas assez. L'esprit des conquêtes n'est pas l'esprit de l'Évangile. La politique, qui ne juge que par les résultats, ne voit, dans cette conception gigantesque, que le complément de toutes les folies et la source d'une infinité de maux que le temps seul a pu faire oublier.

En effet, le délire des croisades, loin de propager les bienfaits du christianisme, ne servit qu'à en dépraver la doctrine, à produire la dissolution des mœurs, en introduisant, dans l'Occident, les vices de l'Orient, en agitant violemment les esprits, et en les « disposant, au milieu d'une guerre entreprise au nom de la divinité (Dieu le veut !), à la fureur des guerres religieuses, qui donnèrent l'impulsion à tous les excès qui, pendant longtemps, ont déchiré le sein du christianisme, et singulièrement retardé les progrès de la raison. (Essai sur la Franc-maç., par Laurens, 2e édit., p. 87 ; Paris, 1806).

Et ce serait là notre origine ! — Ce qui serait plus qu'étrange et contraire à toutes les probabilités, serait de voir une société éclairée, philosophique, essentiellement tolérante, prendre naissance au sein d'une armée immense, au milieu d’un tas d'hommes et de femmes perdus de crimes, parmi lesquels, dit le président Hénault, le vrai christianisme était aussi rare que la vertu » (Hist. chronol. de France).

Le but secret des croisades (secret papal) était de substituer, à Constantinople, l'Eglise d'Occident (romaine) à l'Eglise d'Orient (grecque), et non, comme quelques-uns l’ont cru, de rebâtir le temple de Jérusalem. Des chrétiens relever un temple juif ! Quelle idée !

L’ordre jésuitique étant sur le point de crouler en Allemagne, les jésuites publièrent, entre autres ouvrages de leurs partisans, l’Etoile flamboyante, où Tschoudy ne manque pas d'annoncer l’Ordre des Chevaliers bienfaisants de la Cité sainte, dernier refuge des jésuites.

 « L’Etoile flamboyante ou pythagoricienne est le pentagone étoilé des sept sages de la Grèce, que les jésuites, dit Bonneville, qui en voit partout, ont souillé de leur lettre G (initiale de général). »

Le baron de Tschoudy, frère plein de zèle, d'esprit et de franchise, a, dans son Etoile flamboyante, loué la Maçonnerie en homme qui l'aime avec passion ; mais il en critique les abus avec chaleur.

Il appelle les hauts grades une occasion de frais pour les dupes, il en donne la.nomenclature et s'écrie: « D'où nous vient cette marchandise ? Et par quelle fatalité une aussi mauvaise drogue a-t-elle acquis un aussi prodigieux débit ? Tout ce qui est hors-d'œuvre, tout ce qui enveloppe un objet sous des accessoires superflus, plus propres à l'avilir qu'à le relever, est un vice qu'il faut détruire : c'est la honte de la raison, le tort de l'esprit et le poison du cœur. »

Le F. Boileau, maçon enthousiaste, s'exprime, sur certains grades de l'échelle écossaise et principalement sur les grades à poignard, avec une semblable énergie, dans ses savants mémoires. (V. les Annales maçonniques de Caillot, 1708 et 1709.)

 

source : www.ledifice.net

 

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