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Hauts Grades

Ordre des chevaliers et des nymphes de la rose

16 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Cet ordre gracieux fut fondé à Paris, en 1778, par le frère de Chaumont, pour complaire aux désirs du duc de Chartres, dont il était le secrétaire particulier pour ce qui concernait la francmaçonnerie. Le siège principal était rue de Montreuil, à la Folie-Titan, petite maison du prince. Plusieurs seigneurs de la cour avaient des succursales dans leurs hôtels.

Le président se nommait Hiérophante ; il recevait les hommes à l'initiation, avec l'aide d'un chevalier introducteur nommé sentiment.

La présidente, sous le nom de Grande-Prêtresse, initiait les femmes, avec l'aide d'une nymphe introductrice, appelée discrétion.

Les hommes et les femmes prenaient le titre de frères et de sœurs ; ils étaient censés chercher le bonheur.

L'âge, pour un chevalier, est celui d'aimer, et, pour une nymphe, celui de plaire et d'aimer.

Formule du serment : « Je jure et promets, au nom du Maître de l'Univers dont le pouvoir se renouvelle sans cesse, par le plaisir, son plus bel ouvrage, de ne jamais révéler les secrets de l'ordre de la Rose. Si je manque à mes serments, que le mystère n'ajoute rien à mes plaisirs ! Qu'au lieu de roses du bonheur, je ne trouve jamais que les épines du repentir ! »

L'amour et le mystère étaient le but principal des chevaliers et des nymphes de la Rose.

La salle d'initiation s'appelait le Temple de l'Amour ; elle était décorée avec élégance et ornée de devises galantes. Des nœuds d'amour, tracés sur le parquet, partent du trône de la Grande-Prêtresse et aboutissent à la place occupée par le frère sentiment. C'était ce cercle magique que devaient parcourir les récipiendaires dans leurs voyages.

La salle n'était d'abord éclairée qu'à la lueur d'une lanterne sourde tenue par la sœur discrétion, mais au moment de l'admission, mille bougies éclairaient ce lieu de délices.

La Réception était une imitation de la Maçonnerie d'Adoption. L'introducteur, s'il s'agit d'initier un chevalier, ou l'introductrice, si l'on admet une nymphe, les dépouillent de leurs armes, bijoux ou diamants, leur couvrent les yeux, les charge de chaînes et les conduisent à la porte du temple de l'amour, à laquelle on frappe deux coups. Le frère sentiment, sur l'ordre de l'Hiérophante ou de la G\ Prêtresse, introduit les récipiendaires. On leur demande leur nom, leur patrie, leur état et ce qu'ils cherchent. A cette dernière question, ils répondent : le bonheur.

D. Quel âge avez-vous ?

R. L'âge d'aimer (si c'est un chevalier), l'âge de plaire et d'aimer (si c'est une nymphe).

Ils sont ensuite interrogés sur leurs sentiments particuliers, sur leurs préjugés, leur conduite en matière de galanterie, etc. Après les réponses, on ordonne que leurs chaînes, symboles des préjugés, soient brisées et remplacées par celles de l'amour. Alors, des chaînes de fleurs et de roses succèdent aux premières.

Dans cet état, on commande le 1er voyage. Le frère sentiment leur fait parcourir le chemin tracé par les nœuds d'amour. Le 2e voyage est ordonné, et la même route est suivie en sens contraire. Si c'est une nymphe qui doit être admise, elle est conduite par la sœur discrétion qui la couvre de son voile.

Ces deux voyages terminés, les récipiendaires s'approchent de l'autel de l'amour et s'engagent par le serment. (V. plus haut.)

Après le serment, on ordonne qu'ils soient conduits dans les bosquets mystérieux ; on donne au chevalier une couronne de myrte, à la nymphe, une simple rose.

Pendant ce voyage, un orchestre nombreux exécute une marche tendre, avec des sourdines.

On les conduit à l'autel du mystère ; là, des parfums sont offerts à Vénus et à son fils.

Si l'on reçoit un chevalier, il échange sa couronne avec la rose de la dernière sœur admise.

Si c'est ane nymphe qui est reçue, elle échange sa rose avec la couronne du frère sentiment.

L'Hiérophante lit des vers en l'honneur du dieu du mystère ; après quoi, il fait ôter le bandeau qui a couvert les yeux des récipiendaires pendant toute la cérémonie.

Une musique mélodieuse se fait entendre, et vient ajouter au charme du spectacle qu'offrent aux initiés une réunion brillante et un lieu enchanteur. Pendant l'exécution, l'Hiérophante ou la G\ Prétresse donne aux néophytes les signes de reconnaissance qui se rapportent tous à l'amour et au mystère.

Ces cérémonies portent le cachet de la galanterie et celui des mœurs de l'époque.

En 1780, il y eut, à Paris, une fête splendide, dans laquelle on introduisit la cérémonie de l'initiation d'une nymphe de la Rose. M. le duc de Chartres y remplissait les fonctions d'Hiérophante.

Après la réception, on donna la représentation d'un intermède, mêlé de chants et de danses, qui offrait, dans son entier, le tableau des cérémonies d'initiations des chevaliers et des nymphes de la Rose.

Ces réunions et celles des sociétés de ce genre ont toutes disparu à l'approche des événements politiques de 1789.

Observation. Les sociétés androgynes, surtout celles des Félicitaires et celle des chevaliers et des Nymphes de la Rose, malgré leur apparence si frivole, ont été un agent très-puissant pour propager la maçonnerie d'adoption et semer, dans les esprits, le germe des principes maçonniques d'égalité.

En effet, les personnages de la haute aristocratie qui dédaignaient alors de se mêler, en aucune manière, à la bourgeoisie, se laissèrent entraîner à ces fêtes de plaisir, de goût et de galanterie, par l'attrait piquant de la nouveauté ; et leur fréquentation avec les francmaçons devint favorable au progrès de l'ordre et aux succès des fêtes d'adoption.

Qu'ils sont mal inspirés ces écrivains dont les écrits blâment la présence des dames aux réunions maçonniques ! Ont-ils oublié que c'est un rôle qu'a joué la femme en Europe que nous devons notre civilisation malheureusement encore entravée par l'orgueil de l'homme ?

L'Étoile flamboyante est-elle encore cet astre lumineux, ce soleil resplendissant qui doit éclairer l'univers ? Sa lumière pâlie ne semble-t-elle pas être celle d'une lune présageant la nuit disposée à couvrir de ses voiles la maçonnerie française ? Sont-ce ces isolateurs de la femme et leurs théories qui désobscurciront le firmament maçonnique, et rendront aux voûtes de nos temples le scintillement affaibli de leurs nombreuses étoiles ?

Quand voudra-t-on comprendre que, pour rendre à l'ordre son attrait irrésistible et son antique splendeur ; aux mœurs publiques, leur pureté, leur vérité purgée d'hypocrisie ; aux progrès sociaux, leur avancement, à l'éducation domestique, pleine encore de préjugés, son rayonnement humanitaire, il s'agira d'admettre aux travaux maçonniques les femmes qui, par leurs productions utiles et par leurs vertus, honorent leur sexe et leur patrie. Leur présence rendra les séances plus intéressantes, leurs discours exciteront l'émulation ; les ateliers s'épureront comme la nature printannière s'épure aux rayons vivifiants d'un soleil nouveau. Les hommes instruits, les personnes de distinction accourront comme jadis, et la maçonnerie redeviendra ce qu'elle était avant l'intrusion malfaisante des hauts grades (32).

Source : www.ledifice.net

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