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Hauts Grades

Ordre des Juges Philosophes inconnus

13 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Deuxième point

Grade de juge-commandeur

 

Préambule. Le novice ayant été éprouvé pendant trois années de postulance, et étant jugé digne d'être élu à la dignité de Juge-commandeur, en est averti par son commandeur-initiant. Pour s'assurer de ses dispositions, il fait en sorte de savoir de lui l'opinion qu'il a prise de l'Ordre. Il lui demandera par écrit ses réflexions sur tout ce qu'il a pu voir, sur tout ce qui lui a été enseigné des sacrés mystères, et la promesse de se soumettre à tout ce qui lui sera prescrit dans le nouveau degré qu'il va obtenir. Il lui posera aussi quelques questions philosophiques sur lesquelles il lui demandera, aussi par écrit, ses réponses ; enfin, il emploiera tous les moyens qui peuvent mettre à même de juger des moyens, de la tournure d'esprit et des opinions du novice. Toutes ses réponses seront remises au chapitre, et par lui transmises à la Puissance suprême, qui jugera s'il est à propos de l'admettre. Dans le cas où les dispositions du novice ne conviendraient pas à l'attente de l'Ordre, on se borne à lui communiquer la deuxième partie de l'histoire des Templiers, à partir du point où on l'a laissé au 1er degré, et telle qu'elle se trouve ci-après, et on lui dit qu'il n'y a point d'autre secret que celui qui vient de lui être révélé. Si, au contraire, il montre des dispositions convenables, on procède à son admission comme on va le voir. Le novice est prévenu qu'il doit se pourvoir d'une robe noire, nécessaire pour assister dans le chapitre ; il la confie à son commandeur-initiant, qui la dépose sur la table du président. Il est amené dans le chapitre avec les mêmes précautions qu'au 1er degré de la réception.

Réception. Le novice étant introduit, le président lui dit :

« Mon respectable frère, vous avez vu, depuis votre admission dans l'Ordre des Juges philosophes inconnus, combien il est nécessaire de s'appliquer à connaître les hommes, et combien la philosophie est une étude indispensable dans nos laboratoires. Depuis votre initiation, trois années se sont écoulées ; en cela vous avez été assimilé aux disciples de Pythagore, qui étaient tenus, pendant un pareil laps de temps, de garder le plus profond silence ; d'observer la nature dans ses effets, afin de remonter plus aisément à la cause primitive de ce qui s'offrait à leurs regards. Vous avez dû, pendant le temps de votre noviciat, vous rendre familiers tous les devoirs que notre Ordre impose et dont la partie de ses règlements vous a instruit. Vous avez été mis à portée de juger des vues de l'Ordre et de sa destination, vous devez savoir maintenant à quoi vous en tenir. Un tabernacle d'or se présente à vos yeux ; il est entouré de vingt-six colonnes décorées de riches chapiteaux ; tout ce que l'architecture possède de plus majestueux et de plus somptueux en ornements sert à en rehausser l'éclat et la magnificence. Ces vingt-six colonnes vous présentent un nombre égal de tribus, qui veillent et entourent le Saint des saints, dans lequel les oracles de la nature sont déposés. En vain, on s'est efforcé depuis longtemps d'élever un temple consacré à l'étude de la sainte philosophie, ce but ne peut être atteint que par nous, que par la solide institution de notre Ordre. Chacune des tribus connaît ses enfants ; elle veille à leur éducation philosophique ; c'est par ses soins qu'ils parviendront à quelque perfection dans l'art si difficile de la vraie sagesse. Vous allez entrer aujourd'hui, mon frère, dans la deuxième tribu, et vous devez y travailler à vous perfectionner dans l'art que professent les ouvriers inconnus, et dont les moyens sont puisés dans la saine philosophie. Dans la nouvelle carrière qui s'ouvre devant vous, vous allez être chargé d'instruire et de guider les voyageurs solitaires qui cherchent la vraie science. Si vous remarquez chez eux de la tiédeur et peu de désir de s'instruire, abandonnez-les à leur triste état ; l'étude de nos sciences demande de l'élévation dans l'âme et quelque enthousiasme pour les beautés de la nature : les esprits faibles en sont incapables. Avant de m'étendre davantage sur ce sujet, il est indispensable, mon frère, que vous prêtiez entre mes mains une nouvelle obligation qui puisse m'assurer de votre discrétion. Ce serment doit vous rendre plus cher à nos cœurs que vous ne l'avez été jusqu'à ce jour. Comptez-vous donner ce nouveau gage de votre fidélité envers l'Ordre et de votre attachement pour vos frères ? » (On attend sa réponse ; s'il consent, il s'agenouille avec les mêmes circonstances du novice qui va prêter son obligation.)

Serment. 1° « Vous jurez et promettez, sur ce que vous avez de plus sacré au monde, de pratiquer la miséricorde, et de ne jamais révéler le nom de la personne qui vous a reçu, ni le lieu, ni le mode de votre réception. » (A chaque interpellation, l'aspirant répond :) Oui, je le jure et le promets.

2° Vous jurez de même, et vous me promettez d'être modeste dans vos actions ; de ne jamais initier à ce grade aucun frère, à moins qu'il ne soit votre intime ami, et sans le consentement de votre chapitre, ou au moins celui de deux de nos frères si vous êtes trop éloigné d'un chapitre, ou sans un pouvoir spécial émané de la Puissance suprême !...

3° Vous jurez et promettez d'avoir, en tout temps, un caractère doux ; d'assister vos frères et plus particulièrement les juges philosophes, dans l'Ordre desquels vous allez acquérir un degré de plus ; de les aider dans leurs besoins, de les soigner en maladie et de ne jamais vous armer contre eux sous aucun prétexte !...

4° Vous jurez et promettez de prendre toujours la vérité pour base de vos discours ; de garder respectueusement le secret de cet Ordre, et de ne conférer qu'avec la plus grande circonspection le grade de juge philosophe élu grand-commandeur inconnu ?

5° Vous jurez et promettez de travailler à la propagation de l'Ordre autant qu'à sa sûreté et à sa conservation ; de faire, de dire et d'écrire en tous temps, en tous lieux et à toute heure, ce qui vous sera prescrit par moi ou par vos supérieurs, bien certain que vous êtes de n'être pas trompé, et que les ordres qui vous seront transmis émaneront d'une puissance légitime, à laquelle vous jurez obéissance, quoiqu'elle vous soit jusqu'à présent inconnue et qu'elle puisse l'être encore pour longtemps. Vous jurez que vous respecterez en moi l'organe du chef suprême de l'Ordre, juge philosophe, premier ouvrier du grand laboratoire !...

6° Vous me jurez et me promettez d'être patient dans l'adversité et de n'admettre à ce grade que des hommes libres de leurs actions et de leur volonté !

7° Enfin, vous jurez et promettez de garder inviolablement les secrets que je vais vous confier ; de ne jamais pardonner aux traîtres et de leur faire subir le sort que l'Ordre leur réserve ; d'avoir la plus grande considération pour les maçons revêtus des hauts grades, faisant attention que notre Ordre ne peut et ne doit être conféré qu'à un maçon du 30e degré, auquel ce sublime grade aura été conféré selon les formes voulues par les statuts de la Maçonnerie. Vous jurez et vous promettez de vous garder de l'excès du vin, de la table et des femmes, causes les plus ordinaires d'indiscrétion et de faiblesse. Vous jurez et vous promettez de considérer les chevaliers de Malte comme nos plus cruels ennemis, comme les usurpateurs de nos droits, les spoliateurs des biens, titrée et dignités des chevaliers philosophes conimandeurs templiers, nos ancêtres et nos prédécesseurs et dont nous sommes les héritiers légitimes. Le jurez-vous, très cher frère ! Réponse: Oui, je le jure et je le promets.

Répétez avec moi: Sagesse, Prudence, Justice, Bonté…

(Le récipiendaire relève seulement le genou gauche. Le commandeur-président lui dit :)

« Aux sept conditions que je viens de vous imposer au nom de l’Ordre, en vertu des pouvoirs qui me sont délégués et que j'ai mérités par mes longs voyages, par ma discrétion, par mon zèle et par ma constance, je vous reçois très régulièrement au nombre des juges philosophes grands-inspecteurs généraux, grands-commandeurs inconnus. Puissiez-vous ne jamais oublier ce titre glorieux ! »

 

Explication de l'échelle. « Vous n'avez sans doute point oublié, mon frère, le premier point moral de l'hiéroglyphe de l'échelle, dont une explication vous a été donnée le jour de votre initiation. J'ajouterai à ce que vous savez, que le vulgaire des maçons est encore, à cet égard, dans la plus grande erreur. Cette échelle nous appartient particulièrement ; elle est le type mystique de notre Ordre : elle est composée de deux montants qui nous rappellent l'union qui eut lieu entre Philippe-le-Bel et le pape Clément V et la force que cette union leur donna contre nos infortunés prédécesseurs. L'assemblage de ces deux montants par les sept degrés dont elle est composée donne une juste idée des sept conditions que Philippe imposa à Bertrand de Goth, pour l'asseoir sur la chaire de saint Pierre. Ces sept degrés représentent aussi les sept points de l'obligation que vous avez contractée entre mes mains, de la même manière dont le roi de France en agit avec l'archevêque pour le forcer à participer à l'anéantissement des chevaliers templiers. Comme vous-même venez de vous engager et de jurer une haine implacable aux ennemis de cet Ordre, vous êtes tenu de réunir tous vos efforts pour leur ruine totale, afin de rentrer dans la possession de nos droits qu'ils ont usurpés.

Morale. Après tant de soins, mon frère, vous avez mérité une plus grande récompense que toutes celles qui vous ont été accordées jusqu'à, ce jour ; c'est la révélation du secret de tous les emblèmes de la Maçonnerie. Reportez vos souvenirs aux premiers grades que vous y avez reçus : vous apercevrez que l'aspirant au grade de compagnon doit tenir la truelle d'une main, et si cette formalité n'est pas remplie dans toutes les loges, il ne faut l'attribuer qu'à la profonde ignorance dans laquelle la plupart des vénérables vivent, et avec laquelle ils pratiquent l'art royal. Considérez le grade d'élu, vous verrez le maçon armé d'un poignard, et d'un glaive dans le grade de chevmlier d’Orient. Faites attention à la réponse faite, dans ce dernier grade, au souverain maître pour l'interprétation du songe qui l’a inquiété : « C'est la voix du grand Architecte qui, depuis longtemps vous a appelé à gouverner l'Orient et qui vous ordonne de rendre la liberté aux captifs... « Voyez le lion qui est prêt à vous dévorer, c'est l'image du sort qui vous est réservé si vous demeurez sourd à la voix qui vous a parlé. »

Les instructions que vous avez reçues sont les moyens propres à vous aider à déchirer le bandeau de l'erreur et à connaître la vérité dans toute son étendue ; ce qui est le but unique de notre Ordre. Par la fin de ce songe, vous apprenez le sort qui est réservé à ceux qui seraient assez malheureux pour être infidèles à leurs engagements envers nous et seraient sourds aux ordres émanés de la puissance suprême. Vous pouvez maintenant, mon frère, vous éclairer par vos propres recherches ; un vaste champ est ouvert à votre étude, vous avez la clef de la science ; le voile s'est déchiré pour vous dès le premier jour de votre initiation dans nos mystères. Reportez vos pensées sur ce que vous avez vu depuis ce moment ; réfléchissez sur le cérémonial que vous nous avez vus pratiquer ; méditez bien la morale qui vous a été enseignée, et, sans doute, vous acquerrez bientôt toute la science que je puis posséder ; vous vous convaincrez, par vous-même, du but de la Maçonnerie.

Revenons au grade de chevalier d'Orient : d'une main, il est armé du glaive et, de l'autre, il tient la truelle. Sous cet emblème, vous devez voir les maçons après la persécution. Avant elle, ils agissaient sans mystère ; mais lorsqu'elle fut arrivée, qu'ils furent poursuivis de toutes parts, le glaive devint nécessaire pour leur juste défense, et ils le portaient pour s'en servir à la première attaque ; c'est ce qui est allégoriquement représenté dans cette action.

Mais si vous examinez la forme de la truelle et celle de la croix, qui sert d'ornement à toute la haute chevalerie, vous y reconnaîtrez le poignard, nécessaire pour se défendre contre une attaque 

inopinée ; si vous faites également attention aux demandes et aux réponses du grade, ainsi qu'à la couleur vert d'eau affectée à ce degré, vous ne pourrez méconnaître la classe d'hommes que notre Ordre demande (115). Bientôt vous concevrez, avec nous, l'espoir de voir arriver la grande régénération, de voir les juges philosophes réintégrés dans tous leurs droits ; ce qui ne peut néanmoins avoir lieu sans la force, le courage, la constance et la fermeté inébranlables que nous exigeons de tous ceux que nous admettons à partager nos sublimes travaux.

« Par cet aperçu, vous sentez combien nous devons porter de soin dans le choix que nous avons à faire de nos nouveaux frères, et vous devez voir que faute de terrain pour construire matériellement nos temples, nous devons les élever dans nos cœurs. Vous devez donc, mon très cher frère, reconnaître que nous vous trouvons toutes les qualités que nous recherchons, puisque noua voua avons admis parmi nous. Nous espérons que ce sera pour votre bonheur et la prospérité de l'Ordre. »

 

Source : www.ledifice.net

 



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