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Hauts Grades

Poême soufi

12 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Soufisme

Il m’arrêta dans la Gloire et me dit: Nul ne la possède excepté Moi, et elle ne convient à personne d’autre qu’à Moi. Je suis le glorieux dont le voisinage ne peut être supporté, et dont l’endurance ne peut être approchée. J’ai manifesté le Patent et je suis plus manifeste que lui; sa proximité ne m’atteint pas et son existence ne parvient pas jusqu’à moi. J’ai dissimulé le Latent, et je suis plus dissimulé que lui; sa preuve ne s’applique pas à moi, et son chemin ne mène pas directement à moi.

Il me dit: Je suis plus proche de chaque chose que sa connaissance ne l’est d’elle-même; sa connaissance ne peut aller au delà d’elle-même vers moi, et la chose ne me connaîtra pas tant qu’elle se reconnaît à elle-même.

Il me dit: Sans moi, les yeux ne perçoivent pas les choses visibles qui leur sont propres, et les oreilles ne réfléchissent pas leur propre écoute.

Il me dit: Si je manifeste le langage de la gloire, je faucherai les intellects tel le fauchage des faucilles, et j’effacerai les connaissances tels les vents impétueux qui soufflent sur le sable.

Il me dit: Si parle la voix de la Gloire, garderont le silence les voix de chaque qualification, et retourneront au néant les fins de chaque lettre.

Il me dit: Où est-il celui qui s’est doté de ses connaissances pour ma rencontre? Si je lui manifeste la langue de la souveraineté, il récusera ce qu’il a connu, et chancellera comme le ciel le jour du tremblement.

Il me dit: Si je ne te témoigne pas ma Gloire, dans ce dont je suis moi-même témoin, c’est que je t’ai maintenu dans son humiliation.

Il me dit: La secte du ciel et de la terre se trouve dans la servilité de l’angoisse; mais j’ai des serviteurs que ne peuvent être portés par les flancs de la terre; j’ai témoigné aux yeux de leur coeur les lumières de ma gloire; et sitôt qu’ils approchent une chose, ils la consument; leur coeur n’ont pas de vue dans le ciel pour l’affermir, ni de retour sur terre pour y demeurer.

Il me dit: Dote-toi de ce dont tu as besoin pour t’unir à moi, sinon je te retournerai à ton besoin et te séparerai de moi.

Il me dit: En compagnie de ma connaissance, tu n’es pas dans le besoin, et sitôt qu’elle advient, prends ce dont tu as besoin.

Il me dit: Ma reconnaissance, celle que j’ai manifestée n’endure pas celle que j’ai occultée.

Il me dit: Je ne suis ni la reconnaissance ni la science, et je ne suis ni comme la reconnaissance ni comme la science.

Al Niffari ( poète soufi, 10ème siècle)

http://anarchieevangelique.wordpress.com

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