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Hauts Grades

Principes généraux de la théosophie : W. Q. Judge

22 Mars 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Théosophie

 L'idée est avancée ici qu'une étude impartiale de l'histoire, de la religion et de la littérature montrera l'existence, remontant aux temps anciens, d'un grand corps de doctrine philosophique, scientifique et éthique, formant, dans ces domaines, la base et l'origine de toutes les conceptions similaires des systèmes modernes. C'est une doctrine à la fois religieuse et scientifique, affirmant que la religion et la science ne devraient jamais être séparées. Elle présente de sublimes enseignements religieux et idéalistes, mais, en même temps, fait valoir que tout ce qu'elle contient peut être démontré à la raison et qu'il n'y a pas de place pour d'autre autorité que celle-ci. Ainsi est écartée l'hypocrisie qui consiste à affirmer des dogmes en invoquant une autorité dont personne ne peut démontrer qu'elle repose sur la raison. Ce corps de doctrine archaïque est connu sous le nom de " Religion-Sagesse " et a toujours été enseigné par ses adeptes, ou ses initiés, qui la préservent à travers les âges. En se basant sur cette Religion-Sagesse et sur d'autres doctrines démontrées, on arrive à la conclusion que l'homme, étant esprit et de nature immortelle, peut perpétuer ce qui constitue le véritable aspect de sa vie et de sa conscience. Ceci a été réalisé de tout temps par les êtres appartenant à la plus haute élite de la race humaine, membres d'une noble et antique fraternité qui se consacrent au développement de l'homme du point de vue de l'âme, ce qui, pour eux, implique l'ensemble des processus d'évolution sur tous les plans. Les initiés, étant liés par la loi de l'évolution, doivent travailler avec l'humanité, dans la mesure où le permet son développement. Aussi, d'âge en âge, promulguent-ils inlassablement la même doctrine, qui s'obscurcit périodiquement chez les diverses nations et dans les différentes parties du monde. Telle est la Religion-Sagesse, et ils en sont les gardiens. À certains moments, ils se présentent aux nations comme de grands Instructeurs, ou comme des " Sauveurs " , qui ne font que promulguer à nouveau les anciennes vérités et le système éthique du passé. Cette Religion-Sagesse affirme que l'humanité est capable d'un perfectionnement illimité, à la fois en qualité et dans l'échelle du temps, ces Sauveurs et Adeptes-initiés étant présentés comme des exemples illustrant cette possibilité.

    C'est de cette fraternité d'hommes parfaits, vivants et actifs à l'heure actuelle, que H.P. Blavatsky a déclaré avoir reçu les directives pour présenter, une fois de plus, les idées de jadis. De ces Sages, elle a reçu également un certain nombre de clefs qui permettaient de déchiffrer les doctrines anciennes et modernes, mais qui avaient été perdues au cours des luttes du monde moderne en marche vers la civilisation. Ils lui communiquèrent aussi certaines doctrines réellement très anciennes mais entièrement nouvelles pour l'époque présente, sous une forme exotérique quelconque ; elle les a fait connaître dans ses écrits, parmi d'autres clés, à ses compagnons et au grand public. Ainsi, outre le témoignage de tous les temps, trouvé dans les annales de toutes les nations, nous recevons ici cette affirmation moderne, explicite, que l'ancienne fraternité d'Adeptes - toujours attentifs au bien de l'homme et dépositaires de la connaissance - existe toujours sur cette terre et se préoccupe du développement de la race humaine.

    La Théosophie postule un principe éternel appelé " l'Inconnu " , qui ne peut jamais être appréhendé comme un objet de connaissance, si ce n'est à travers les manifestations qui en émanent. Ce principe éternel est en toute chose et en tout être - il est toute chose et tout être. Périodiquement - et dans l'éternité des temps - il se manifeste puis se retire de la manifestation. Dans ce flux et ce reflux, l'évolution se poursuit, et elle-même constitue le progrès de la manifestation. L'univers que l'on perçoit est la manifestation de cet Inconnu, aussi bien comme Esprit que comme Matière, l'un et l'autre n'étant, pour la Théosophie, que les deux pôles opposés du principe unique inconnu. Ils coexistent et ne sont ni ne peuvent être séparés l'un de l'autre, ou, comme le disent les écritures hindoues, il n'existe aucune particule de matière sans esprit, ni aucune particule d'esprit sans matière. En se manifestant, l'Esprit-Matière se différencie selon une échelle descendante, sur sept plans, de densité croissante, jusqu'à celui que perçoivent nos sens, la substance y étant toujours essentiellement la même mais ne différant qu'en degré d'un plan à l'autre. Ainsi compris, l'univers entier est vivant, aucun de ses atomes ne pouvant d'aucune façon être considéré comme mort. Il est également conscient et intelligent, sa conscience et son intelligence étant présentes sur tous les plans, bien qu'obscurcies au niveau le plus bas. Sur le plan qui est le nôtre, l'Esprit vient à se focaliser dans tout être humain qui le lui permet, par un choix délibéré, mais le refus de cette possibilité est la cause de l'ignorance, du péché, de toute misère et de toute souffrance. Dans tout le cours des temps, certains êtres ont atteint cet état élevé et sont devenus, par leur développement, semblables à des Dieux ; ils participent activement à l'œuvre de la Nature et continuent, de siècle en siècle, d'élargir le champ de leur conscience et d'étendre la portée de leur maîtrise dans le gouvernement de la Nature. Telle est la destinée de tous les êtres ; c'est pourquoi la Théosophie, qui postule au départ la perfectibilité de la race humaine, rejette l'idée d'une perversité innée, sans possible régénération, et propose un sens à la vie et un but qui soit en harmonie avec les désirs ardents et la nature réelle de l'âme, et tende, en même temps, à détruire le pessimisme avec le désespoir qui l'accompagne.

    Selon la Théosophie, le monde est le produit de l'évolution issue du principe éternel ; partant des toutes premières formes de vie les plus inférieures, elle est guidée, au fil de son progrès, par des entités intelligentes pleinement développées, provenant d'autres évolutions plus anciennes. Ce monde inclut aussi les Ego, ou esprits individualisés, qui sont la raison d'être de son émanation et y participent activement. Ainsi, l'homme, tel que nous le connaissons, est considéré comme un esprit conscient - la fleur de l'évolution - avec d'autres classes moins élevées d'entités conscientes ; celles-ci, bien que moins avancées que lui, dans les règnes inférieurs où elles se trouvent, progressent toutes néanmoins, dans le sens ascendant, et sont destinées un jour à atteindre notre stade humain actuel, alors que nous aurons gagné nous-mêmes un niveau supérieur. Du fait de sa plus grande perfection, la conscience de l'homme est capable de passer de l'un à l'autre des plans de différenciation mentionnés. Si, par erreur, il prend l'un ou l'autre de ces plans pour la réalité qu'il est dans son essence, il s'égare dans l'illusion ; le but visé par l'évolution est donc de lui donner la complète conscience de soi, afin qu'il puisse accéder à des degrés plus élevés dans la progression de l'univers. Une fois atteint le stade humain, il doit, par son évolution, gagner de l'expérience, tout en contribuant à élever et purifier les divers plans de matière avec lesquels il a affaire, de telle sorte que la voix de l'esprit puisse être pleinement entendue et comprise.

    L'homme est un être religieux, étant un esprit enfermé dans la matière - laquelle est, pour sa part, spirituelle en essence. Pour entrer en contact avec tous les plans de la Nature que comporte l'évolution, cet homme - qui est esprit - a besoin de véhicules ; et ce sont ces véhicules qui font de lui un être complexe et composite, sujet à l'erreur mais, en même temps, capable de s'élever au-dessus de toutes les illusions et de conquérir le plus haut sommet. Il est une image en miniature de l'univers car, en tant qu'esprit, il se manifeste à lui-même au moyen de sept différenciations. Pour cette raison, il est décrit en Théosophie comme un être septuple. Si l'on se limite à une division triple de l'homme, la division chrétienne (qui comprend corps, âme, esprit) est exacte en soi, mais elle ne saurait répondre aux problèmes de la vie et de la Nature, à moins d'admettre — ce qu'elle ne fait pas — que chacune de ces trois divisions est à son tour divisible, en permettant ainsi d'obtenir un total de sept principes [qui sont indiqués comme il suit]. L'Esprit se tient seul au sommet, puis vient l'âme spirituelle, ou Buddhi, comme on l'appelle en sanskrit. Buddhi est, parmi tous les autres principes, celui qui participe le plus de l'esprit, et il est relié à Manas — le mental en sanskrit. Ces trois principes constituent, chez l'homme, la véritable trinité, l'aspect impérissable, l'entité pensante réelle, qui vit sur terre dans d'autres véhicules, plus denses, servant à son évolution. En dessous de cette trinité, par ordre de qualité, se trouve le plan des désirs et des passions qui est partagé avec le règne animal ; ce plan, dénué d'intelligence réfléchie, produit l'ignorance découlant de l'illusion. Il est à distinguer de la volonté et du jugement et doit, par conséquent, avoir sa place dans cette classification. Sur notre plan terrestre se trouve la vitalité brute, qui se manifeste non comme esprit, dont elle tire son essence, mais comme énergie et mouvement. Étant commune au monde objectif tout entier, et pénétrant partout, elle doit avoir aussi sa place dans cette classification ; la part de cette vitalité que l'homme utilise est abandonnée à la mort du corps. Pour finir, avant le corps objectif, il y a encore le modèle, ou le double, de l'enveloppe physique extérieure. Ce double est le corps astral, appartenant au plan astral de matière, moins dense que les molécules physiques, mais d'une texture plus ténue et plus résistante, et susceptible d'une plus longue durée. C'est le modèle original du corps ; il permet aux molécules physiques de se disposer et d'apparaître objectivement sur ce moule qui les laisse aller et venir, jour après jour, suivant le processus que l'on connaît, tout en conservant cependant au corps la forme et le modelé définis que leur assigne le double astral intérieur. Ces quatre enveloppes ou principes inférieurs [désirs, vitalité, corps astral et corps physique] constituent la partie transitoire, périssable, de l'homme et non l'homme lui-même ; ils forment, à tout point de vue, l'instrument qu'il utilise, qui est abandonné à l'heure de la mort comme un vieux vêtement, et se trouve reconstruit à chaque nouvelle naissance avec les matériaux du grand réservoir de la Nature. C'est la trinité permanente qui, comme il a été dit plus haut, constitue l'homme réel, le penseur, l'individualité qui passe de demeure en demeure, en acquérant de l'expérience à chaque nouvelle naissance, tout en goûtant plaisir et souffrance suivant le mérite de ses actions. C'est là l'homme qui se trouve au centre [de cet ensemble complexe, comme une unité] : l'âme-esprit vivante.

    Cet homme spirituel, qui a toujours existé et est intimement impliqué dans l'évolution, est soumis entièrement à la loi de cause et d'effet, du fait qu'en lui-même il est précisément cette loi ; la présence même de cet homme, qui, par ailleurs, apparaît sur notre plan comme disposant d'une force de caractère, de capacités et d'opportunités dans la vie très différentes, tout cela demande à être expliqué, ainsi que la raison de ces différences. C'est la doctrine de la réincarnation qui fournit toutes les réponses. Elle peut se traduire comme il suit : l'homme, considéré comme penseur, composé d'âme, mental et esprit, occupe des corps successifs, vie après vie sur la terre, qui est la scène de son évolution et où il doit, en obéissant aux lois mêmes de son être, aller jusqu'au bout de cette évolution une fois qu'elle a commencé. Dans chacune de ses existences, il est connu des autres hommes sous les traits d'une personnalité, mais, dans toute l'immensité de l'éternité, il demeure un individu unique porteur en lui-même d'un sentiment d'une identité, indépendante d'un nom, d'une forme ou du jeu de la mémoire.

     Cette doctrine est le fondement même de la Théosophie, car elle explique la vie et la Nature. Elle constitue un aspect de l'évolution, car réincarnation signifie réincorporation, et comme l'évolution ne pourrait se poursuivre sans réincorporation, elle est l'évolution elle-même, dans son application à l'âme humaine. Mais c'est aussi une doctrine qui a eu cours à l'époque que l'on assigne à la vie de Jésus et elle fut enseignée aux premiers temps du christianisme. Aujourd'hui, elle est tout autant nécessaire à cette religion qu'à toute autre pour expliquer les textes, réconcilier la justice de Dieu avec l'aspect brutal et implacable de la nature et de l'existence pour un grand nombre de mortels, et jeter une lumière accessible à la raison sur tous les problèmes qui nous tourmentent dans notre voyage à travers ce monde. La différence immense — et injuste, si l'on adopte toute autre doctrine — qui existe entre celui qu'on appelle " sauvage " et l'homme civilisé, du point de vue capacités, caractère et opportunités dans la vie, ne peut être comprise qu'avec cette doctrine ; et, dans notre société, les différences du même genre ne peuvent s'expliquer que par la réincarnation. Elle réhabilite la Nature et Dieu et purifie la religion de la souillure dont l'ont entachée les êtres humains en postulant des croyances dépeignant le créateur comme un démon. La vie et le caractère de chaque homme sont le résultat de ses existences et de ses pensées antérieures. Chaque être est son propre juge, son propre bourreau, car c'est sa propre main qui forge l'arme qui va œuvrer à sa punition, et chacun, par sa propre vie, gagne la récompense à venir et s'élève à des sommets de connaissance et de puissance pour le bien de tous ceux qui peuvent être laissés après lui. Rien n'arrive par hasard, par faveur ou d'une façon partiale, mais tout est placé sous le règne de la loi. L'homme est un penseur, et par ses pensées, il crée les causes qui produiront malheur ou félicité ; car ce sont ses pensées qui produisent ses actes. Il est le centre d'où provient toute perturbation de l'harmonie universelle et c'est à lui, le foyer initial, que doit retourner la perturbation de manière à rétablir l'équilibre, car la Nature œuvre toujours dans le sens de l'harmonie. L'homme poursuit sans cesse une série de pensées, qui remonte au lointain passé, en produisant continuellement action et réaction. Il est ainsi responsable de toutes ses pensées et de tous ses actes : en cela, sa complète responsabilité se trouve établie ; son propre esprit est l'essence de cette loi et pourvoit sans cesse à la compensation qui convient à toute perturbation, et assure l'ajustement de tous les effets. Telle est la loi de karma ou de justice, appelée parfois la loi éthique de causalité. Elle n'est pas étrangère aux écritures chrétiennes, car Jésus et Saint Paul l'ont tous deux clairement énoncée. Jésus a déclaré que nous serions jugés de la façon dont nous aurons jugé, et que nous serions mesurés à l'aune dont nous aurons mesuré les autres. Et saint Paul a dit : " Frères, ne vous abusez pas ; on ne se moque point de Dieu, car ce que l'homme sème il le récoltera aussi " [Galates, VI, 7].  II n'est possible de semer et de récolter de la sorte que si l'on adopte les doctrines de karma et de réincarnation.

    Que dire maintenant de la mort et de l'au-delà ? Le ciel est-il ou non un lieu ? La Théosophie enseigne, conformément à tous les textes sacrés, qu'après la mort l'âme gagne un état de repos. Ceci provient de sa propre nature. L'âme est un penseur et pendant la vie elle ne peut réaliser et mettre à exécution toutes les myriades de pensées qu'elle nourrit, ni même une infime partie de ces pensées. Aussi, après la mort, lorsqu'elle a rejeté le corps et le corps astral et qu'elle se trouve libérée de l'emprise des passions et des désirs, ses forces naturelles s'expriment immédiatement, et elle conçoit ses pensées sur son propre plan, revêtue d'un corps d'une texture plus fine que les précédents, convenant à cet état d'existence. Cet état est appelé " devachan " . C'est là précisément l'origine des descriptions du Ciel communes à toutes les religions, mais cette doctrine est très clairement exprimée dans le bouddhisme et l'hindouisme. Cet état correspond à une période de repos, car, en l'absence du corps physique, la conscience ne se trouve plus dans le rapport étroit avec la nature visible qu'elle pouvait avoir sur le plan matériel. C'est cependant un état d'existence réel, et pas plus illusoire que la vie sur terre ; c'est là que s'épanouit l'essence des pensées de l'existence, dans ce qu'elles avaient de plus élevé - selon ce que permettait le caractère de l'homme incarné - et qu'elle se trouve emmagasinée par l'âme et le mental. Lorsque la force animant ces pensées est complètement épuisée, l'âme est entraînée à nouveau vers la terre, vers le milieu qui correspond suffisamment à sa nature pour lui permettre de poursuivre convenablement son évolution. Ces alternances entre des états successifs se poursuivent jusqu'à ce que l'homme, par des expériences répétées, se libère de l'ignorance et réalise en lui-même l'unité effective de tous les êtres spirituels. Alors, il accède à des degrés plus élevés et plus universels, sur le chemin de l'évolution.

    La Théosophie ne présente pas une éthique nouvelle, car, pour elle, la véritable éthique est la même pour toujours. Mais, dans les doctrines de la Théosophie, nous trouvons les bases raisonnables et philosophiques qui fondent l'éthique et incitent, d'une façon naturelle, à la mettre en pratique. La Fraternité Universelle sera réalisée en agissant envers les autres comme vous voudriez qu'ils agissent envers vous, et en aimant votre prochain comme vous-mêmes. Telle est la voie déclarée comme bonne et juste par tous les instructeurs des grandes religions du monde.

 

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