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Hauts Grades

« Que pourraient donc être des armes pures ? »

17 Mai 2012 Publié dans #hauts grades

Résumé : Seules l’emploi des armes pures que constituent l’Amour, la Force et la Sagesse peuvent déclencher la mise en œuvre de la devise des CKS, et dés lors, entraîner le succès de leur entreprise.

Si le Chevalier Kadosch est armé de l’épée et du poignard, son blason est d’une autre nature que celui d’un Chevalier Rose Croix voué à l’Amour, et bien évidemment d’une essence différente des grades dits « de vengeance » très en aval derrière lui.

Pourquoi est-il armé si ce n’est plus pour la vengeance, de quelles armes dispose-t-il, quels sont les objectifs qu’il doit atteindre avec ces armes ? sont ce d’ailleurs vraiment des armes ?

Les armes sont des instruments de coercition et de contrainte, au mieux des instruments de défense et préservation ;

Le Conseil s’interroge sur le concept d’armes pures, car si l’on donne au premier terme une vocation militaire, le rapprochement des deux termes ne peut aboutir à aucune réalité concrète : les armes sont des armes, ni pures ni impures, même si certains essayent de convaincre qu’il en existerait de propres (bombes sélectives ?!) et d’autres, sales.

Il remarque aussi que les armes de la non violence développées par certains mouvements pacifistes, ne sont pas forcément adaptées aux situations qu’ils rencontrent, et s’interroge par exemple sur les chances de succès de Gandhi face aux armées hitlériennes.

Par ailleurs, une arme peut avoir vocation à ne jamais être utilisée, dans le cadre d’une politique de dissuasion par exemple. De la même manière, considérant que les armes ne sont que des objets inanimés, la pureté dont le rituel parle ne peut s’appliquer à elles seules, mais seulement à la manière dont elles sont utilisées ou à l’intention qui préside à leur mise en œuvre.

« Contre toutes les formes de tyrannie, le Kadosch usera des armes morales qu’il se sera forgées et qui n’ont rien de commun avec le poignard du sicaire » (rituel p 20)

Le Conseil de Lille, considérant que la question de l’utilisation des armes guerrières, propres ou non, constitue un autre débat, décide de voir dans les armes sujettes à discussion, celles du rituel, les moyens qu’utilise le CKS pour aboutir à ses fins et non les instruments militaires du soldat

Le rituel permet d’ailleurs d’en isoler certaines et de servir de guide aux engagements profanes du CKS

« Montrons nous fidèles à nos préceptes d’Amour de la Vérité et d’Amour de l’Humanité (agissons toujours avec AMOUR). Dans les combats que nous avons à livrer (c’est à dire dans l’usage de la FORCE), nous apporterons un cœur pur et n’userons que d’armes pures. Nous serons sans peur et sans reproche, ( parce qu’empreints de SAGESSE ) conformément à notre devise : Fais ce que dois, advienne que pourra » (rituel p 30 lignes 7-8 et 9)

Autrement dit, nos armes (Amour, Force et Sagesse) sont d’ordre moral et plus à forger que disponibles en armurerie. Mais surtout leur apparition dans le rituel entre deux modalités d’action, juste avant à la devise, conditionne la mise en œuvre de cette dernière.

En effet, la place des armes, encadrée de la manière de s’en servir (entre cœur pur et sérénité), non seulement détermine l’usage qui doit en être fait, mais n’accorde de vertu à leur mise en œuvre qu’aux conditions expresses d’une intention pure au service d’une finalité élevée au rang de devise.

L’éthique des moyens n’est déconnectée ni de la morale de l’intention ni de la finalité de l’action. Armes et Devise sont donc intimement liées.

AVEC DES ARMES PURES, SANS PEUR ET SANS REPROCHE « FAIS CE QUE DOIS… ADVIENNE QUE POURRA »

1 La pureté de l’intention doit présider au choix des moyens :

Quelle est la portée d’une devise ? ce n’est pas un théorème vérifiable à chaque expérience, c’est une approche du monde, une vision condensée et mythique de ce qui doit être ; il n’y a pas corrélation immédiate entre action et devenir, mais bien nécessairement décalage dans le temps entre résolution , réalisation pratique et survenance de l’objectif…

Par ailleurs, elle présuppose sa propre universalité pour atteindre l’efficacité…une devise qui ne serait valable que pour une seule personne, n’est qu’une règle de conduite particulière, sans incidence réelle sur le devenir collectif.

Elle participe obligatoirement de l’utopie en ce sens qu’elle révèle la vision cosmogonique de son auteur ; elle contient dés lors une part importante d’idéal et implique un décalage entre action (fais) et réalité (advienne que pourra).

Le principe d’une devise implique à la fois l’universalité de son principe d’action ainsi qu’un a priori : celui d’une vision cosmogonique que l’on espère partagée par autrui…

On acceptera également de considérer qu’une devise ne vaut que dans le temps, la durée, sinon elle se réduit à une proposition temporaire sans accéder au niveau de la Règle

Une devise est donc la traduction d’un système de valeurs morales, applicable à soi, mais dont on souhaite, sinon la réalisation concrète (par définition inaccessible, ce serait dans le cas contraire, un simple projet matériel), dont on souhaite l’applicabilité au groupe, voire à l’humanité toute entière..

Mais le voyage vers Utopia dépassant largement une unité de vie humaine ; c’est une succession interrompue et prolongée d’observances du Devoir qui permet d’approcher la Cité idéale. On se situe pas dans l’espace-temps d’une obligation ponctuelle, d’un objectif marchand, voire d’un plan de carrière.

L’objectif est collectif, loin des plans de carrière, et la réussite souhaitée, partagée entre tous. Mais l’enfer étant pavé de bonnes intention, il faut aussi que :

.2 La pureté des moyens conditionne la qualité du succès

Une devise sans moyens ne vaut et l’usage de moyens impurs ne peut que dévaloriser le résultat

Devant l’éternel dilemme de la qualité des moyens et des fins, où la pureté des intentions ne dispense pas de s’assurer de la valeur des outils, le Chevalier dispose à la fois du feu du missionnaire et des armes du soldat .

Mais il n’est pas le serviteur amblyope d’une idéologie, qu’un missionnaire intégriste ou un mécréant protestataire.

Le rituel stipule qu’il n’est pas doté du poignard du sicaire, du couperet du bourreau ou du stylet du calomniateur. Son épée n’est pas celle du duelliste, mais le glaive de St Michel, la lame de St Georges, le Caducée de Mercure…

Aussi malgré l’épée et le poignard, qui certes, correspondent à la mission historique du Kadosh, bras vengeur de son Ordre, il use aussi d’armes bien plus efficaces et subtiles pour s’opposer aux forts, intercéder pour les faibles ou réparer les maux sans attendre de récompense ou de gratitude.

Durandal, Joyeuse ou Excalibur, ne peuvent être utilisées que pour le service du Bien et se retourneraient contre leur possesseur dans le cas contraire, elles sont polarisées comme une boussole et ne peuvent s’opposer qu’au Mal. « L’épée tomberait des mains » dit le rituel p.21

Par conséquent, seul un cœur pur rend les armes pures et seul l’emploi d’armes pures peut déclencher l’obligation d’action .« Fais ce que dois » .

Le Kadosch met en jeu toutes ses facultés intellectuelles et morales :..Car au delà des armes, la Vertu du Kadosh lui permet d’engager l’action en évitant les effets destructeurs de la force brute.. Si la Force est en lui, elle est d’abord morale et vertueuse.

C’est un Galaad de la Table Ronde, obéissant à la Règle de la Chevalerie, mettant sans réserve, son devoir et sa vertu au service de ses semblables. Un seul souci le guide : ne pas faillir. Pour cela, il pense et il agit en respectant le symbolisme de l’échelle double.

Il pense en homme d’action, mu par l’Amour de la Vérité et, ayant perçu les errements du Monde, il développe l’intuition, imagine la progression tant individuelle que collective de l’espèce humaine, fait appel à sa raison, sans oublier la nécessité de la beauté que l’art ajoute, confronte ses ambitions aux possibilités reconnues par les sciences et érige le résultat en modèle philosophique. Il a gravit l’ubac.

Puis, il agit en homme de réflexion, mu par le souci de la perfection, armé de la patience nécessaire quand il s’agit de l’Homme, fort de la persévérance que requiert toute action d’importance, plein de courage et respectueux de l’équité, il avance avec prudence en Homme sage investi de l’Amour de l’Humanité…Il redescend l’adret sereinement.

Investi, au sens de totalement acquis, à la force des 3 vertus pratiqués par le Rose Croix qu’il fut et qu’il demeure, ayant gravit les échelons, guidé par le culte de la Vérité des faits et des personnes, il est redescendu plein d’attention pour l’Humanité, pour mettre en œuvre son devoir, sans peur et sans reproche, …

Sans peur, car de la même manière que le jugement de Dieu donne toujours raison et victoire à celui dont l’âme et la cause sont pures, celui de sa Conscience le fortifie dans son jugement…Que pourrait il craindre dans ces conditions, assuré qu’il est du bon droit qu’il défend et de sa validation morale par la Règle …

Sans reproche, car Chevalier du Bien combattant le Mal, son action tend à ordonner peu ou prou, le chaos. Il se trouve du côté de la Lumière et ne peut être confondu avec un quelconque Dark Vador, ce Chevalier de la « Guerre des Etoiles » incarnant le côté sombre de la Force ; il avance, assuré de l’invincibilité de ses principes, de la justesse de sa cause et du résultat de son engagement.

Il n’agit pas de façon immature, s’opposant sans raison ou de façon déraisonnable, ne s’engage pas de façon velléitaire ou superficielle, n’est pas béatement optimiste, n’agit pas comme un despote qui impose sa vision du Monde, mais, faisant en sorte d’acquérir la « connaissance qui mène à la Sagesse, éclairée par la Science, sanctifiée par la Conscience »…il met en oeuvre les moyens les plus élaborés de la condition humaine.

Le pari de Pascal vient de la Foi religieuse et de l’espérance a priori heureuse, des conséquences de ce pari ; le Kadosch, lui, après un long parcours de maturation depuis l’initiation, a acquis la conviction qu’il doit s’investir dans l’action. Il est responsable de ses actions et comptable de son inaction mais surtout dispose d’armes validées par l’éthique humaniste du grade. Il connaît et pratique l’échelle double.

Comment dés lors pourrait il se tromper si la science comme sa conscience le confortent dans son analyse et l’amènent à la sagesse dans l’action ?

3- Pureté des intentions et des moyens assurent la réussite :

Il fait donc ce qu’il doit, sans peur de se tromper ou de tromper les autres, et sans craindre de reproches, grâce à la mise en œuvre des armes pures que constituent la volonté bonne et l’intention parfaite, entre amour de la raison et celui de l’humanité.

Notre devise, d’inspiration religieuse (car issue d’un recueil de vêpres), entraîne le dépassement de soi ; mais empreinte d’esprit chevaleresque elle réclame la pureté de sa finalité d’autant que sa connotation templière, indépendante des 3 couronnes, rejoint la modernité de l’exigence maçonnique actuelle du Chevalier Kadosh qui doit savoir

- manier de concert la Rose, l’Epée et le Caducée

- ou ses armes pures que sont…l’Amour, la Force et la Sagesse!

En effet, sans l’Amour, la sagesse n’est que froideur et la force brutalité ; sans la Force, l’amour est faible et la sagesse passive ; sans la Sagesse, l’amour n’est que folie et la force bestialité.

En d’autres termes :

La Force sans amour ni sagesse n’est que brutalité et bestialité,

l’Amour sans force ni sagesse n’est que faiblesse et folie

et la Sagesse sans amour ni force n’est que froideur et passivité.

Dés lors, Maniés avec amour, force et sagesse, l’épée et le poignard, armes de combat, de pouvoir et de domination deviennent des outils de paix, de raison, de droit et de morale… le soldat devient bâtisseur et le désordre s’organise..

Source : http://esmp.free.fr/Bbilio-Numerique/b20/

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