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Hauts Grades

Réaux-Croix, un grade sous les feux de la rampe

19 Avril 2012 Publié dans #hauts grades

Vient de paraître sur l’excellent site Philosophe-inconnu.com un billet de Dominique Clairembault portant le titre L'initiation au grade de Réaux-Croix. Cette publication fort intéressante fait d’une certaine façon écho au très important livre de Serge Caillet, sorti il y a quelques mois et intitulé Les Sept Sceaux des Elus coëns.[1] 

 

Au final de cette superbe étude, Serge Caillet aborde le grade de Réau+Croix et les documents actuellement en notre connaissance se référant à la cérémonie d’initiation à ce grade ultime. Ces documents au nombre de deux sont issus respectivement du Registre Vert des Elus Coens de la BnF à la cote FM4 1282 (dit Manuscrit d’Alger) et du Fonds Z, extrait publié pour la première fois par Robert Amadou dans l’Esprit des Choses

 

Mais, mentionne tout à fait à propos Dominique Clairembault, il existe un troisième document se rapportant au rituel de réception, ou plutôt d’ordination, au grade de Réau+Croix. Il s’agit, nous dit l’auteur du billet, d’une lettre « adressée par Martinès de Pasqually à Jean-Jacques Bacon de la Chevalerie le 2 mai 1768. Dans ce texte, le Grand Souverain décrit à celui qui est alors son Substitut Universel la procédure qu’il doit suivre pour conférer le grade de Réaux-Croix à Jean-Baptiste Willermoz, lors d’une cérémonie prévue les 11, 12 et 13 mai 1768 à Paris. » Et l’auteur de publier l’intégralité de cette lettre qui fut par ailleurs précédemment retranscrite dans dans La Franc-Maçonnerie en France des origines à 1815 de Gustave Bord.

 

Cette troisième source, quoi que digne du plus grand intérêt historique, ne nous renseigne malheureusement guère plus que les deux premières sur le rituel d’ordination de Réau+Croix. Elle confirme la cérémonie d’expiation déjà exposée dans les deux premières  et vient ainsi souligner l’importance de ce rituel qui n’est cependant que préparatoire. Car ce rituel est bien mentionné dans le Manuscrit d’Alger comme étant un Extrait de préparation et de précaution pour une réception de R+. Ce qui signifie que, même si ce rituel revêt une grande importance, il n’est ni complet ni central dans le cérémonial d’ordination.

Alors il nous faut certainement chercher ailleurs quelques indications relatives à l’ordination de Réau+Croix. Nous en trouverons dans le diplôme de Réau+Croix délivré à Jean-Baptiste Willermoz par Martinès de Pasqually du mois de mai 1768 (quantième du mois laissé en blanc) et reproduit dans Les Cahiers de la Tour Saint Jacques  ainsi que dans deux lettre de Martinès de Pasqually à Jean Baptiste-Willermoz datées respectivement des 16 février et 13 mars 1770 [relativement à la régularisation de l’ordination de Réau+Croix de ce dernier, régularisation opérée sympathiquement par Martinès de Pasqually lui-même.

L’étude de ces documents, même si elle ne nous révèle pas précisément les aspects du cérémonial d’ordination appliqué en la circonstance, montre cependant trois choses :

- que le cérémonial d’expiation n’est pas central dans la cérémonie car il s'en suit de travaux et d'un cérémonial d'ordination au sein de circonférences particulière dont le tracé doit être proche de celui figurant en tête du diplôme ;

- que l’ordination se passe donc après les trois jours d’équinoxe ou à l’occasion des travaux du 3ème jour  ; travaux dont ladite ordination paraît indissociable tant cette dernière nécessite lae concours de La Chose qui exprime ainsi son approbation quant à la réception, voire plus encore par les dons qu’Elle accorde au récipiendaire par la jonction de ce dernier à son esprit bon compagnon et l’infusion sur lui de l’Esprit ;

- que l’ordination semble être faite, le récipiendaire étant prosterné au centre des circonférences dans lesquelles il est amené par le Souverain Maître qui lui donne alors la main pour le guider suivant ce qui est écrit dans le diplôme : "..;avons fait retirer les Ondes et avons écarté du Saint des saints tout ce qui n'est point fait pour en aprocher (sic); ensuite avons pris le cher frère par la main et lui avons fait monter les Escaliers en forme de vis ; il est arrivé heureusement à la Porte du Saint des saints qui lui a été ouverte et là, par l'autorité et le pouvoir qu'il a plu au Grand Architecte de l'Univers, Nous faire transmettre par ses Députés Grands Maîtres, avons installé dans nos circonférences led. très cher et aimé frère Jean Baptiste Willermoz pour recevoir la paye de ses travaux ; à l'effet de quoi nous l'avons créé, ordonné, promû (sic) et institué, comme par ces présentes le créons, ordonnons et instituons Réaux+ et d'Orient ..."

 

La régularisation postérieure de Jean-Baptiste Willermoz le 22 mars 1770 se fera un peu de la même manière, c'est à dire allongé la face contre terre, tourné vers l'Orient, au centre d’un cercle du tracé particulier indiqué par Martinès de Pasqually dans ses deux courriers, le tout après avoir invoqué les noms et mots particuliers qui lui auront été communiqués pour ses travaux.

C’est ainsi autour de l’ensemble de ces éléments, et pas uniquement suivant le seul cérémonial d’expiation, que devrait à notre sens être conçue toute ordination de Réau+Croix. Ordination qui couronnant le système de Martinès doit alors revêtir un sens profondément chrétien, aspect déjà mis en lumière par les grades de Chevalier puis de Commandeur d‘Orient.

Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com

 

 

 

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