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Hauts Grades

RER: Cérémonie d'armement d’un CBCS : instruction

18 Juin 2012 , Rédigé par Rituel de CBCS Publié dans #hauts grades

Dans le Grade d'Écuyer Novice, alors que vous fûtes reçu dans l'Ordre, nous avons cherché à vous retracer les phases successives par les­quelles a passé l'initiation antique, et nous l'avons montrée inspirée par cette marche de l'esprit humain vers la perfectibilité et vers l'idéal. Après avoir ainsi étudié l'origine et le but  de la Maçonnerie, en com­mençant par l'Orient, berceau de toute initiation, nous sommes arrivés d'étape en étape à cette touchante figure du Christ, qui domine celle des temps passés et qui a remplacé la vieille formule de la Divinité : un Dieu fort et jaloux qui punit dans ses enfants les iniquités des pères, par celle, plus juste, plus vraie et plus consolante : Dieu est un Père, il est Amour et Pardon. Quoi d'étonnant que de tels préceptes, appuyés sur une vie toute d'abnégation, soient devenus la base d'une Religion nouvelle qui transforma la Société. La vie et l'enseignement du Christ nous le font apparaître comme un initié, le plus grand sans doute et qui, comme tant d'autres, paya de sa vie son courage, son indé­pendance et sa soif de vérité.

DOYEN : Les premiers temps du Christianisme se signalèrent par leur naïve sim­plicité : attendant le retour du Maître, on ne s'écartait point de ses préceptes, on leur obéissait à la lettre, sans chercher à en pénétrer le sens caché. Et, pour se met­tre en garde des faux Frères, on convenait déjà de certains signes et attouche­ments. Mais peu à peu la nouvelle religion se transforma, donnant naissance aux Ordres monastiques, qui rappelaient en quelque sorte celui des Esséniens, et le principe d'autorité s'affirma définitivement lorsque celui qui se donnait pour le suc­cesseur de saint Pierre et pour le représentant du Maître qui fut humble parmi les humbles, s'assit sur un trône plus que royal et ceignit sa tête de la Triple Couronne. Alors la simplicité des premiers temps, sa morale, la bienfaisance, la fraternité, firent place à l'esprit d'autorité et d'intolérance, ainsi qu'aux dogmes les plus étranges et les plus arbitraires. Mais ne nous attardons point à ces époques, qui cependant, ne manquèrent pas de grandeur : ne fut-ce pas une magnifique page dans le livre de l'Humanité, que ce sublime appel de Pierre l'Ermite au Concile de Clermont, faisant courir un fris­son guerrier dans les veines de ses contemporains ; la conquête des Lieux Saints, les Chrétiens possesseurs de ces régions lointaines où avait vécu, prêché et souffert l'inoubliable  Rédempteur ? Les Croisades se succédèrent, époque prestigieuse qui inspira tant d'actions d'éclat et qui, pour les peuples d'Occident, fut l'aurore de la liberté et de l'affran­chissement.

PRIEUR : L'établissement des Chrétiens à Jérusalem donna naissance aux Ordres chevaleresques, et la tradition veut que nous nous rattachions à celui dont nous allons retracer la courte mais glorieuse existence. En 1108, Hugues de Paganis et Geoffroy de Saint Orner, tous deux natifs d'Auvergne, arrivèrent en Terre Sainte. Trois ans plus tard, ils se réunirent à sept autres gentilhomme le jour de la Sainte Trinité, et élurent Hugues de Paganis pour leur chef. Leur principal but était de protéger les pèlerins contre les Sarrasins et de tout sacrifier pour la défense de la Religion chrétienne.

PRÉFET : Ils se donnèrent le nom de Chevaliers de la Cité Sainte. Les neuf Fondateurs de cet Ordre étaient : Hugues de Paganis, Geoffroy de Saint Orner, Guilbert Norfolk, Philippe de Saint Maur, Hildebrand Lavis de Scala, Jacques de Durfart-Duras, Martin de Rhodes, Guillaume de Garnache, Hugues, Sire de Lusignan.

PRIEUR : Dans le principe, ces neuf Chevaliers étaient errants, mais en 1115, le Roi Baudoin II leur donna asile dans l'enceinte du temple de Salomon, et en 1118 ils furent appelés CHEVALIERS DU TEMPLE ou TEMPLIERS. ls vivaient d'aumônes et de bienfaits des fidèles et, pendant neuf ans encore, ils limitèrent leur nombre à neuf. Quoiqu'issus des plus nobles Maisons, leur pau­vreté était si grande qu'un cheval servait à deux Chevaliers. Plus tard, voulant rappeler les commencements si modestes de leur Ordre ils adoptèrent un sceau représentant « un cheval monté par deux Chevaliers ».

PRIEUR : En 1128, au Concile de Troyes, ils furent reçus solennellement par l'Église Chrétienne et reçurent le Manteau Blanc. Saint Bernard leur donna leur Règle. En 1147, le Pape Eugène III y ajouta la Croix Rouge. Dix ans plus tard, le Pape leur accorda le droit de posséder des terres et dès lors, leur prospérité ne connut plus de bornes. Déjà avant le Concile de Troyes, l'Ordre comptait vingt-sept Chevaliers et tout de suite après, en 1128, il se forma trente Prieurés, composés chacun de vingt-sept Chevaliers. On convint de les diviser de cette manière, afin de mieux pouvoir couvrir les avenues du Temple et de Jérusalem. On décréta que neuf Chevaliers auraient un Supérieur et qu'au dessus des Supérieurs serait nommé un Préfet, auquel les autres-devraient prêter obéissance. Plus tard, le Pape Eugène III donna le nom de Commandeurs à ces Supérieurs. En 1183 l'importance de l'Ordre était devenue telle en Europe qu'il s'y divisait en Provinces et que le nombre de Provinces fut irrévocablement fixé à neuf.

DOYEN : A la fin du douzième siècle, les revenus de l'Ordre se montaient déjà à deux millions d'écus d'or, répartis sur ses neuf mille maisons. Au siècle suivant, Richard, Roi d'Angleterre, lui vendit le Royaume de Chypre, conquis sur les Empereurs grecs. Mais cette prospérité et cette splendeur devaient causer la perte des Templiers en attirant sur eux l'envie et la cupidité et bientôt Philippe le Bel, Roi de France, jura de consommer leur ruine. Pour y mieux parvenir, il gagna à sa cause le Pape d'Avignon et celui-ci cita à son tribunal Jacques de Molay, Grand Maître de l'Ordre, qui lors faisait la guerre en Chypre et qui, sûr de son innocence, accourut à cet appel. Le Grand Maître, Parrain du fils du Roi, fut plongé dans un cachot. Partout on arrêta les Templiers, partout on les soumit aux tortures les plus affreuses pour leur extorquer des aveux, aussitôt après désavoués. Enfin le 13 octobre 1311, au Concile de Vienne, l'Ordre fut déclaré extirpé et aboli... mais trois cent Pères refusèrent de s'associer à cette infâme sentence. Le Pape Clément V y suppléa par la plénitude de la Puissance Apostolique et sanctionna le jugement. Dès lors les supplices succédèrent aux supplices, jusqu'au 11 mars 1314, jour où furent brûlés Guy, dauphin d'Auvergne et Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l'Ordre. Le peuple se jeta sur leurs cendres, les ramassa et les conser­va pieusement comme reliques.

PRÉFET : L'Histoire cède maintenant le pas à la Tradition secrète. Celle-ci nous enseigne que les Templiers échappés au désastre s'enfuirent en divers pays : Pierre de Beaujeu se réfugia en Suède ; Pierre d'Aumont, Maître Provincial d'Auvergne, se défendit quelque temps, puis se sauva avec deux Commandeurs et cinq Chevaliers, tous déguisés en maçons. Leur nombre s'accrut jusqu'à quinze et leur premier refuge fut l'Irlande. De là, ils gagnèrent l'île de Mull en Écosse et y rencontrèrent Georges Harris, Grand Commandeur d'Hamptoncourt, qui y vivait retiré avec quelques Frères. Ils tinrent conseil en cet endroit et, à la saint Jean 1312 ils résolurent de propager l'Ordre en secret en adoptant pour lui des symboles et emblèmes de la Maçonnerie. Déjà plusieurs avaient changé de nom pendant leur fuite et d'Aumont avait pris celui de Mac Bénac. Ce fut une tenue Chapitrale mémorable, celle dans laquelle d'Aumont fut élu Grand Maître. Et c'est depuis cette date que l'Ordre s'est propagé sous les for­mes extérieures qu'il a conservées jusqu'à nos jours. Puis on décréta, les noms symboliques en usage des Maçons pour conserver la mémoire du travestissement d'Aumont et de ses Frères. D'Aumont, très âgé, ne put soutenir une vie aussi pénible, et mourut déjà en 1313. Alors Harris fut élu à sa place. Ce fut lui qui permit aux Chevaliers de se marier afin de pouvoir conserver et perpétuer l'Ordre dans leurs enfants parce que, dans ces temps désastreux, on n'osa jamais tenter d'initier un homme libre, ou au moins de lui donner des Connaissances supérieures au Grade de Maître. Harris permit encore d'initier les hommes de tous états, civils ou ecclésiastiques, et même des membres de la Confession Grecque et de leur donner l'entrée dans l'Ordre. C'est lui enfin qui établit le sceau de l'Ordre représentant un Phénix, avec cette devise: « Perit ut vivat ». Le Phénix est l'emblème des Novices. C'est aussi le plus ancien symbole de la Maçonnerie, parce qu'il est l'image de l'Honneur qui ne périt que pour revivre, et de l'Ordre qui a péri dans les flammes pour renaître aussitôt de ses cendres.

DOYEN : Malgré les persécutions, l'Ordre s'est perpétué. Pierre de Beaujeu en assuma d'abord la Grande Maîtrise. D'Aumont lui succéda et mena les Chevaliers sur la route de l'exil. Harris les réorganisa, les consola et leur rendit le courage de vivre et la foi dans l'avenir.

PRIEUR : Ordre sublime ! Ton but dans la vie est toute la raison de vivre.  De l'enseignement du Maître, tu as gardé l'Amour du prochain, la Bienfaisance éclairée, le Respect des croyances d'autrui. Trois colonnes soutiennent ton Temple. Elles s'appellent la Foi, l'Espérance et la Charité. Tant qu'elles te soutiendront, il défiera la durée, et ne tombera qu'avec l'humanité.

DOYEN : La Tradition veut que l'Ordre se soit perpétué secrètement dans ses diverses Provinces, et que dans le Royaume Uni, il ait formé les Grades Supérieurs de la Maçonnerie. Dans les temps de sa prospérité, l'Ordre Templier avait été le protecteur des Loges de la contrée. A son tour proscrit et réduit à se cacher, il aurait été protégé et défendu par les Loges. Les deux Systèmes ne cessèrent de se pénétrer sans jamais s'absorber, et ce fut évidemment l'origine des hauts Grades de la Maçonnerie Moderne.

PRÉFET : Longtemps seuls, nos Grades Supérieurs furent les seuls connus et les seuls pratiqués. Ils se recrutaient dans la Maçonnerie de Saint André et leur Ordre Intérieur se composait, comme de nos jours, de deux Degrés : Le Novice et le Chevalier. Ils furent le fidèle soutien du Trône et de l'Autel. Ils accompagnèrent, la Royauté en exil et passèrent ainsi en France au XVIIème Siècle, pour de là se répandre un peu partout, se modifiant au contact d'autres milieux et d'exigences nouvelles. Les anciennes Provinces Françaises reprirent vie : C'étaient les IIème, IIIème et Vème de l'Ordre. En France, comme en Allemagne, l'Ordre, pour conserver la pureté de ses origines, se rectifiait souvent au sein des Convents.

PRÉFET : Il luttait contre les infiltrations jésuitiques, se défendait des théories des alchimistes de l'époque, interdisait les discussions politiques et religieuses, toutes choses qui altéraient la sérénité des rapports entre Frères en semant la désunion et la défiance. Il conservait à ses admirables Rituels de Maître Écossais, de Novice et de Chevalier leur pureté originelle et leur grandeur incontestée. Enfin, dans le Convent national des Gaules, en novembre 1778, les Provinces Françaises déclaraient vouloir renoncer à jamais à lotis les privilèges et à toutes les revendications profanes de l'ancien Ordre du Temple et reprendre dès lors le nom qu'avaient porté les donateurs avant d'avoir acquis aucune possession, à savoir celui de : CHEVALIER DE LA CITÉ SAINTE. Oui, mes Frères, vous êtes les continuateurs rituels de ces vaillants preux qui fon­dèrent jadis l'Ordre Bienfaisant des Chevaliers de la Cité Sainte et qui ont porté si glorieusement le titre de TEMPLIERS. Après avoir formé l'Ordre Maçonnique le plus brillant du XVIIIème Siècle, et jeté de vives lueurs pendant le premier tiers du suivant, il s'est éteint un peu partout, s'écroulant avec la Société qu'il représentait et qui le composait, mais conservant un dernier foyer de lumière et de chaleur.

PRIEUR : L'évolution est une des grandes lois de la Nature. C'est une force qui brise toute résistance : pour vivre, il faut savoir regarder en avant et marcher tou­jours, car celui qui s'arrête ou recule disparaît de la scène. Regardez donc en avant, mes Frères : la vie est une lutte de tous les jours, la vie exige cette lutte, la victoire est à ce prix. Il faut que chacun travaille, que chacun apporte sa pierre à l'édifice. Nous devons tous maintenir et propager nos principes de Foi et de Liberté de pensée, de Charité et de Bienfaisance, pour être dignes de l'Ordre et de ceux qui nous ont reçus dans son sein.

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