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Hauts Grades

RER: instruction rituelle des Novices

18 Juin 2012 , Rédigé par Rituel d'Ecuyer Novice Publié dans #hauts grades

Le Temple du Roi Salomon était une des sept merveilles de l'Antiquité. C'était aussi un édifice entièrement symbolique. Le plan de ce sanctuaire grandiose, ses constructions, ses ornements, ses bases, présentaient la synthèse de toutes les sciences : c'était l'univers, c'était la philosophie, c'était le ciel. Salomon en avait conçu le plan, Hiram l'avait exécuté avec génie, les directeurs de travaux avaient la science des détails et les ouvriers travaillaient d'après les plans des Maîtres. Cette hiérarchie si rationnelle et si juste est prise dans la Franc-Maçonnerie pour le type de la société parfaite. Les Francs-Maçons veulent rebâtir le Temple, c'est- à-dire reconstruire la société sur les bases de la hiérarchie intelligente et de l'initiation progressive, indépendants de toute secte religieuse et de toute faction politique et c'est pour cela qu'ils se disent Francs-Maçons, c'est-à-dire constructeurs libres. L'initiation, qui dans ses phases successives, cherche à soustraire la créature humaine à la domination de la matière pour la rendre plus accessible aux aspirations de son âme et à la voix de sa conscience, trouve sa sublime expression dans la devise du Maître Écossais : « MELIORA PRAESUMO ». C'est vous dire que les Maçons désireux de devenir un jour Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, doivent s'inspirer de l'esprit de celui qui fut le Maître Parfait, afin que, vivant dans la Foi, l'Espérance et la Charité, ils consacrent leurs efforts à conduire, par leur exemple, au Temple de la Sagesse, ceux qui en sont le plus éloignés. Le but de l'initiation maçonnique paraîtra peut-être trop simple à ceux qui ont espéré des connaissances et un ordre différent. Aveugles qu'ils sont : la Sagesse n'est-elle pas son ouvrage ? N'est-ce pas elle qui enseigne la Justice, la Tempérance, la Prudence ? N'est-ce pas elle qui donne le Courage ? Seules vertus qui soient réellement utiles à l'homme en cette vie, car elles sont tout le secret de la Force en elle. C'est vers cette Sagesse que l'Ordre veut vous conduire, vers cette Sagesse, seule capable d'éclairer votre route et de vous mener aux sources du vrai bonheur. Aujourd'hui nous voulons vous retracer l'origine et le but de la Franc- Maçonnerie. Ce ne sont pas des conjectures que nous voulons vous présenter, c'est l'histoire même de cette auguste institution dont nous allons vous esquisser les grands traits. Vous donner en détail l'histoire de l'initiation à travers les âges, serait, en effet, impossible puisque ce serait reprendre l'histoire de tous les peuples de la terre, et que c'est dans leur religion et dans leurs mystères qu'il faudrait en rechercher les traces et les vestiges. Mes Frères, le Rituel maçonnique dit : « Comme le soleil commence son cours à l'Orient et répand la lumière dans le monde, de même aussi le Vénérable Maître se place à l'Orient pour mettre les Frères à l'ouvrage et éclairer la Loge de ses lumières ». On s'accorde à reconnaître que l'Orient fut le berceau de l'initiation, c'est à dire que les peuples des pays qu'arrosent le Gange et l'Indus, guidés par leur imagi­nation idéaliste et contemplative, eurent la pensée originelle et la première appli­cation de ces mystères qui, bien des siècles plus tard, furent portés sur les bords du Nil par la secte des Gymnosophistes. L'Inde contemporaine a conservé ses antiques Brahmanes qui seuls encore, ont le droit d'interpréter les Vedas ou Saintes Écritures Leurs symboles sont restés les mêmes et un cercle enfermé dans un triangle équilatéral est l'emblème de cette éternité fermée de Brahma, Vishnou et Shiva : la Vie et la Mort. Les sociétés secrètes de l'Antiquité ont atteint leur plus grand épanouissement dans la vallée du Nil. De tous les points du monde, on accourait à leurs mystères d'Isis, de Sérapis et d'Osiris pour y acquérir instruction et édification. L’initiation aux mystères égyptiens avait la plus haute valeur et était revêtue de tout l'éclat de la pompe orientale. C'est au sein des temples qu'elle avait lieu. Le cortège passait au milieu de ces mystérieux sphinx qui semblaient « garder les avenues de l'édifice ». Puis on arrivait devant les deux obélisques isolés, comme les deux colonnes devant le temple de Salomon et qui étaient dédiés au dieu Soleil. Enfin l'imposant cortège entrait dans le Sanctuaire où se déroulait la cérémonie proprement dite. Dans la haute Égypte, les Gymnosophistes avaient établi leur principale école dans l'île de Mérée, où l'on admire encore aujourd'hui les ruines de leurs temples magnifiques. Dans la moyenne Égypte, le centre principal des mystères était à Memphis, près du sphinx colossal et de son temple hypogée dont l'origine remonte à plus de sept mille ans en arrière, non loin de la plus grande de ces gigantesques pyramides orientées aux quatre points cardinaux, et dont la singulière distribution intérieure semble bien avoir servi aux mystères et aux épreuves de l'initiation. Quand le roi Cambyse, 525 ans avant notre ère, abattit la grande nation Égyptienne en la frappant au cœur, c'est-à-dire, en égorgeant ses prêtres et en ruinant ses temples, il y avait déjà un millier d'années que la Grèce avait puisé chez elle son enseignement hermétique, lui avait emprunté ses sociétés secrètes et institué ses fameux mystères de Samothrace et d'Éleusis. Nous ne pouvons vous décrire ici ces merveilles de l'esprit humain, ni vous parler en détail de Pythagore et de ses continuateurs, de Socrate, du divin Platon et de Zénon, le chef des Stoïciens. Nous vous rappelons que Socrate disait que la Morale est une science basée sur la connaissance de soi-même, qu'il apprit à ses disciples à distinguer entre toutes, les vertus que sont la Justice, la Tempérance, la Prudence et la Force qui est leur conséquence. Qu'il recommandait la pratique du bien comme source du bonheur. Qu'il croyait en l'immortalité de l'âme et enseignait l'existence d'un Dieu unique et sa Providence. Ce Juste qui n'eut que le tort de devancer son temps, fut condamné à boire la cigüe 400 ans avant Jésus-Christ. Tous ces hommes formèrent des écoles et leurs doctrines se répandirent au loin dans le monde, si bien qu'en Judée, trois courants d'idées se dessinaient bien avant la naissance de Jésus : - Les Pharisiens, conservateurs religieux, - Les Sadducéens, conservateurs politiques, - Les Esséniens, corporation plus religieuse que philosophique, rappelant par bien des traits communs, les Ordres monastiques, sorte d'association pythagoricienne mêlée d'austères pratiques des Stoïciens. Ainsi donc l'initiation, après avoir vivifié l'Égypte et la Grèce, fit pénétrer sa chaleur bienfaisante en Palestine. Or, l'initiation n'était pas une science car elle ne renfermait ni règles, ni principes scientifiques, ni enseignement spécial. Ce n'était pas une religion puisqu'elle ne possédait ni dogme, ni discipline, ni rituel exclusivement religieux. Mais elle était une école où l'on enseignait les Arts, les Sciences, la Morale, la Législation, la Philosophie et la Philanthropie, le culte et les phénomènes de la nature, afin que l'initié connût la vérité sur toutes ces choses. Partout elle suscita des génies jusqu'au jour où se révéla le plus grand de tous. Celui qui prêcha la Paix, l'Amour, le Pardon des offenses. Celui qui releva le faible et infusa aux masses un sang nouveau puisé dans la Foi, l'Espérance et la Charité. Des écoles philosophiques de la Judée, nous ne retiendrons qu'une seule, celle des Esséniens, dont l'histoire ne remonte peut-être qu'à 150 ans avant Jésus- Christ. C'était plutôt une corporation religieuse, sorte d'Ordre monastique, nous l'avons dit, constituée selon l'idée pythagoricienne et pratiquant les vertus stoïciennes. Loin de la flétrir ou de la combattre comme les écoles rivales, le Christ n'en fait jamais mention, ce qui viendrait à l'appui de la tradition qui le fait sortir, lui et quelques-uns de ses disciples, de cette caste des Esséniens. Quant aux Thérapeutes, ils étaient, selon Philon, des Esséniens isolés et établis à l'étranger, surtout aux environs d'Alexandrie, où ils jouissaient d'une grande réputation comme guérisseurs et comme savants. Les Esséniens n'habitaient pas les grandes villes de la Judée, mais ils formaient des sortes de monastères administrés chacun par un économe. Ils pratiquaient le mépris de la richesse, vivaient en commun du produit de leurs travaux, et se réunissaient pour prier, tournés vers l'Orient, et pour méditer les lois divines, dans un langage riche en allégories. Dans ces assemblées si graves, ils se ceignaient les reins d'une pièce de linge blanc, ils se mettaient à l'ordre, portant une main entre la poitrine et la barbe, tandis que l'autre pendait au côté (Philon). Les Esséniens soumettaient leurs candidats à trois épreuves. Puis, lors de la cérémonie d'Initiation, leur remettaient une pioche ou hache, une robe blanche et le tablier déjà mentionné. Ils préféraient le célibat au mariage, mais élevaient volontiers les enfants pauvres. Ennemis de toute guerre et de toute violence, ils proscrivaient l'esclavage, et enseignaient que tous les hommes sont égaux entre eux. A leur entrée dans l'Ordre, ils devaient jurer obéissance à leurs supérieurs et promettre de ne jamais révéler à personne les mystères de l'Association, même s'il devait leur en coûter la vie. Leur maxime fondamentale était : Tu aimeras Dieu et ton prochain, tu seras vertueux. Tels étaient ces grands spiritualistes qui furent les éducateurs du Christ. Aujourd'hui, je n'ai pas à vous retracer la vie et l'œuvre du grand crucifié, mais quand expira sur le Golgotha cette voix qui avait appelé les hommes à la liberté en apportant sur cette terre la Foi, l'Espérance et la Charité, l'œuvre resta. La flamme divine ne s'éteignit pas. Elle fut entretenue par les premières communautés chrétiennes, ainsi que par ces humbles contemplatifs répandus dans le désert et, petite lumière d'abord cachée aux profanes, devint un jour la Grande Lumière qui mit fin à toute une civilisation reposant sur le despotisme et l'esclavage. Après le supplice du Christ, ses disciples se groupèrent autour de son frère, l'Apôtre Jacques, mais leur communauté conserva un caractère judaïque dont la loi mosaïque formait la base essentielle. Telle fut la première forme du christianisme. Elle ne survécut pas à la destruction de Jérusalem par Titus. Pierre avait essayé, mais sans succès, de répandre la nouvelle doctrine. Étienne et Paul réussirent mieux, parce qu'ils l'affranchirent des observances mosaïques. Ce fut le, deuxième type de communauté. On n'exigeait plus que la confiance en Dieu et la pratique de la morale de Jésus. Ces assemblées ou ecclesiae avaient l'organisation des synagogues. Elles étaient guidées par un ancien ou Vénérable, assisté lui-même de deux Surveillants, d'un Instructeur, enfin de Diacres qui fonctionnaient comme Maîtres des Cérémonies, Trésorier, Économe et Elémosinaire. Tous étaient élus par la communauté. Peu à peu ces communautés se répandaient, franchissant leurs limites étroites, elles gagnèrent Alexandrie et l'Égypte, la Grèce, l'Asie Mineure. Un esprit nouveau pénétrait ces « ecclesiae ». On ne croyait plus au retour prochain du Christ et les néophytes apportaient avec eux le bagage scientifique et philosophique de leur époque, ainsi qu'un cérémonial spécial venu surtout de Grèce et qui devait, si rapidement, transformer ces   « ecclesiae » si simples au début, en associations secrètes où l'on n'entrait que par Initiation. Ajoutons que celles-ci comportaient, au début, trois degrés : des Auditeurs, des Catéchumènes et des Fidèles. L'enseignement fut tout symbolique et les néophytes, éprouvés par plusieurs scrutins successifs, étaient conduits dans la crypte, baignés dans l'eau lustrale, revêtus de la robe blanche, puis oints d'huile sacrée. Ils recevaient sur le front le signe mystérieux de la communauté : la croix. Enfin, ils récitaient le Credo et promettaient le secret. Le mot de passe le plus ordinaire était symbolisé par un poisson parce que les cinq lettres de ce mot donnaient les initiales des mots « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ». Tel fut le troisième type d'organisation chrétienne. Il fut aussi celui de la Tradition Johannique. En effet, l'Évangile préféré semble avoir été celui selon saint Jean, livre essentiellement philosophique et donnant Jésus pour le Fils de Dieu et non pour son égal. Dans ces assemblées, la loi mosaïque, loi d'autorité, a disparu, mais la lutte pour ce même principe d'autorité, lutte séculaire et sans fin, va naître entre les Frères de saint Jean ou Johannites, qui voient en Jésus-Christ un Sage et un homme, et les Diocètes qui veulent lui conférer une naissance et une essence divine. Nous sommes arrivés vers l'an 125 de notre ère. Les Chrétiens de saint Jean n'ont cessé de s'accroître, si bien qu'à l'époque des Croisades, ils couvraient de leurs sectes toute la Syrie. Aujourd'hui, on les retrouve encore en Mésopotamie. En 1118, le Patriarcat de ces Chrétiens de la primitive église fut Conféré à Hugues de Paganis, fondateur de l'Ordre des Templiers, pour lui et ses successeurs, en même temps qu'une version spéciale de l'Évangile selon saint Jean lui aurait été confiée. Très orthodoxes au début, les Chevaliers du Temple devinrent de fervents adeptes johannites dans leurs assemblées secrètes tout en conservant extérieurement les formes du culte romain, car les Diocètes l'avaient emporté et la lutte des deux sectes devait ensanglanter l'humanité dans les siècles à venir. L'enseignement de saint Jean était appelé la Gnose et, vers la fin du siècle, ce Clément d'Alexandrie dont l'Église devait faire un saint, s'écriait ; « S'il fallait choisir entre le salut et la Gnose, il faudrait choisir la Gnose ». Comme nous sommes loin de ce Clément V qui fit périr sur le bûcher, les Chevaliers du Temple, Frères de saint Jean et gnostiques du XIVème siècle. Tel était l'état de l'initiation lorsque, sous les étendards de Godefroy de Bouillon, les Croisés s'enrôlèrent pour voler à la conquête des lieux saints en 1095. Ce ne fut que plus tard, en 1118, sous le règne de Balduin II (son deuxième successeur) que furent fondés les Ordres illustres des Chevaliers de saint Jean et des Chevaliers du Temple de la Cité Sainte. Les fondateurs de ce dernier Ordre furent Hugues de Paganis et Geoffroy de Saint Orner et sept autres Chevaliers. Au début, les Chevaliers ne pouvaient être plus de neuf mais, protégés par les Rois et bénis par les Papes, ils formèrent un Ordre connu pour sa prospérité prodigieuse. Partout ils exécutèrent des constructions considérables : églises, châteaux- forts et autres bâtiments pour lesquels ils employèrent un grand nombre d'architectes et d'ouvriers venus de toutes parts et surtout des Îles Britanniques. L'Ordre avait son Temple à Londres, à Paris et dans toutes les villes importantes. A Genève, il possédait plusieurs domaines, notamment aux Eaux-Vives, à Fontenex, à Confignon, etc... mais il possédait surtout la Colline de Saint- Gervais, jadis couronnée par son antique crypte du IIIème siècle, qui enferma et protégea, ensuite, la Maison de l'Ordre, c'est à dire le Temple. Grand Maître par la grâce de Dieu, le Chef de l'Ordre avait plus de puissance qu'un roi. Philippe le Bel rechercha sa protection contre le peuple insurgé de la capitale. Puis, jaloux de sa puissance et de ses incalculables richesses, le roi, mal conseillé par son orgueil et sa jalousie, s'associa avec le pape Clément V pour charger les Templiers des crimes et des vices les plus ignobles. Ainsi fut aboli, en octobre 1311, l'Ordre le plus illustre, merveille du         Moyen-Âge, que tous les princes, que tous les papes, avaient admiré et protégé. Un grand nombre de Chevaliers furent arrêtés et suppliciés. Bien peu en réchappèrent. Mais aujourd'hui, la mémoire des Chevaliers de la Cité Sainte, si longtemps ternie, brille au ciel d'un nouvel éclat. Qui pourrait arrêter la Vérité en marche ? L'Ordre est toujours debout : Adhuc stat ! Les Templiers qui purent s'échapper se réfugièrent en divers pays. Les Chevaliers de saint Jean de Jérusalem, devenus Chevaliers de Malte héritèrent en partie de leurs possessions et leur donnèrent asile. L'Ordre devint, au Portugal, l'Ordre du Christ. En Écosse, il fut mieux accueilli et protégé que partout ailleurs. La tradition veut, en effet, que quelques Chevaliers aient conduit les Templiers fugitifs en ce lointain pays. C'était le Comte de Beaujeu (dépositaire des archives de l'Ordre), Georges Harris et Pierre d' Aumont. Cette courageuse petite troupe aida le roi Robert Bruce à repousser l'invasion anglaise lors de la célèbre bataille de Bannockburn. Par gratitude, Robert Bruce institua l'Ordre Royal de Saint André du Chardon qui, dès 1134, fut le Grand Chapitre de Kilwinning. Ainsi, les Loges maçonniques établies en Écosse de toute ancienneté, offrirent un asile aux Templiers fugitifs... Mais c'étaient des Frères accueillant des Frères, car les uns et les autres étaient unis par les mêmes lois, par la similitude des signes et attouchements, des épreuves et des grades. Bien plus, le système templier et la constitution de cet Ordre survécurent en s'appuyant sur l'Ordre de Saint André et en devenant, ainsi, l'origine des hauts grades d'Écosse et d'Angleterre. Si de là, nous sautons en 1650, nous arrivons à une période de crise pour la Maçonnerie. Le roi Charles Ier Stuart, ami et, d'autres l'affirment, grand protecteur de l'Ordre, venait d'être exécuté et, selon la tradition, les Maçons anglais avaient décidé d'envoyer leur délégation à Glenberg en Écosse pour s'assembler aux Maçons écossais. Pour mieux assurer le secret de leurs délibérations en ces temps de violence et de troubles, les Frères d'Écosse et d'Angleterre choisirent, pour leur réceptions comme pour le rituel, des symboles tout nouveaux. Ce fut l'histoire de la construction du Temple de Salomon et de son premier architecte, comme elle se trouve dans l'Ancien Testament. Ils pleurèrent le Maître assassiné, ils recherchèrent la Parole perdue, ils étaient eux-mêmes les enfants de la veuve. Ils inventèrent des signes, des mots, des attouchements nouveaux. Ils firent tout cela pour distinguer les patriotes de leur caste d'avec les traîtres. Plus tard quand, après la mort de Cromwell, la patrie fut entre les mains d'une poignée de démagogues, le Général Monk, membre de la Grande Loge d'Édimbourg, devint l'espoir de la nation. La délégation maçonnique anglaise fut de nouveau envoyée à Glenberg et c'est alors que fut créé un grade supérieur sous le nom de Maître Écossais. Il reçut pour devise « Meliora praesumo » (mot à mot : j'entrevois des choses meilleures), son mot de passe fut l'anagramme de Pierre d'Aumont : « Notuma » et devint le siège de la direction secrète des affaires d'Écosse. Le Général Monk vainquit l'armée du Parlement, reprit Londres et rétablit sur le trône la famille royale des Stuart qui, par reconnaissance, conféra alors à la Maçonnerie le titre d'Art Royal. Les événements qui suivirent sont mieux connus et sont plutôt du domaine de l'histoire... Notre système des hauts grades dérive du système Templier qui, apporté en France en 1668, se répandit de là dans les autres pays, l'Allemagne en particulier. Il comprenait à l'origine six grades : Apprenti, Compagnon, Maitre, Écossais de Saint André, Écuyer-Novice et Chevalier. Il fut rectifié en 1755 à Dresde, en 1772 à Kohlo, réorganisé en 1778 au Convent des Gaules et définitivement constitué au Convent de Wilhelmsbad et 1782. Il dut alors renoncer à tout ce qui pouvait indiquer une intention de restauration politique de l'Ordre du Temple ; il en conserva toutefois l'admirable organisation et la hiérarchie si simple et si solide. S'il échangea son titre glorieux de Chevalier du Temple contre celui de Chevalier de la Cité Sainte qu'il portait à l'origine, ce fut peut-être ce qui le sauva, car les autres parties de l'Ordre entrèrent peu à peu en sommeil ou se transformèrent... Mais notre Ordre garda religieusement l'esprit et la règle de l'Ordre du Temple dont il est issu et de son grade suprême, il a fait un honneur auquel doit aspirer tout Novice qui s'efforce de conformer sa vie aux préceptes contenus dans la règle de l'Ordre. Écuyer-Novice, mon cher Frère, dans les grades qui ont précédé, de nombreux symboles relatifs à l'homme physique, intellectuel et moral vous ont été chaque fois présentés. Qu'ils soient le sujet constant de vos pensées et de vos méditations et alors, leur sens caché n'aura plus de mystère pour vous. C’en est assez pour vous montrer qu'à mesure que vous avancez dans l'Ordre Maçonnique, le cercle de votre horizon s'étend et s'élargit. Le grade qui vient de vous être conféré exige désormais de vous, une maîtrise plus complète, une discipline plus sévère, une conscience plus scrupuleuse. Confiant dans le travail que vous avez accompli, convaincus par les preuves que vous nous avez données de la sincérité et de la noblesse de vos sentiments, nous vous ouvrons nos rangs avec joie. Entrez dans cet Ordre Intérieur qui doit être, pour tous ses membres, le sanctuaire sacré de l'amitié la plus pure et la plus désintéressée. Si de nouveaux et de plus grands devoirs vous attendent, vous y trouverez aussi de nouveaux secours. L'étude approfondie de vous même et de votre destinée, vos expériences de la vie ont, sans doute, éclairé votre esprit et élevé vos pensées. Elles n'ont point encore donné à votre volonté la force invincible qui domine et maîtrise les appétits de la matière. C'est à la poursuite de cette force que nous vous convions. Vous la trouverez certainement si vous avez fait abstraction de vos préjugés et de votre égoïsme, si vous savez chercher, persévérer et souffrir. La Vérité, qui est la grande émancipatrice, ne saurait se révéler à des âmes asservies, et la Lumière qui vient d'en haut, n'apparaît point à ceux qui ont les yeux fixés sur la terre. C'est donc le front haut et l'esprit affranchi de toute servitude que vous irez à la recherche de la Vérité et que vous vous assurerez, à jamais, la tranquille possession des vertus maçonniques qui font l'homme de bien et le bon patriote, et qui rapproche le plus de l'idéal nos âmes éprises de Justice, si elles sont soutenues par la Foi, l'Espérance et la Charité. Le Préfet : Mon cher Frère, l'Instruction que vous venez d'entendre (ou que vous lirez) mérite de votre part les plus sérieuses réflexions.  Vous êtes appelé à devenir Chevalier, mais ce titre ne se donne pas légèrement. Avant de le recevoir, vous devez fournir la preuve que vous avez la ferme volonté de travailler avec nous, de toutes vos forces à conduire les hommes à cette unité de vue et d'action sans laquelle ils ne pourraient réaliser leur ardent désir de paix et de bonheur. En symbolisant ce travail sous la forme de la recherche de la Parole perdue, on vous apprit, comme Maître Écossais qu'il ne suffisait pas, pour l'accomplir, de se reconnaître pour Fils d'un même Père Céleste, mais qu'il fallait encore, à l'exemple du Christ, savoir aimer et surtout savoir souffrir lorsqu'il s'agissait du bien de l'humanité entière. On vous a enseigné que l'Ordre était chrétien. Pour vous diriger dans votre nouveau grade, nous avons soumis à vos réflexions, dans la chambre de préparation, l'ancienne profession de foi des Chevaliers. L’importance de ce vénérable document réside avant tout dans le fait qu'il fut, des siècles durant, la formule destinée à unir entre eux les hommes de bonne volonté. Nous vous en recommandons non pas la lettre, mais plutôt l'esprit qui seul vivifie. Nous n'ajouterons qu'un seul conseil. Souvenez-vous, mon Frère, que cette unité supérieure, à la réalisation de laquelle nous vous convions, ne réside pas dans un acquiescement facile à de vailles formules. L'homme cherchant ne pourra la trou­ver que dans la pratique constante de la loi de Justice, de Vérité et d'Amour que nous avons reçue du Christ, et qui est la source du bonheur de l'humanité. Soyez juste, apprenez à aimer, consentez à souffrir. Ayez confiance en Celui qui dirige les destinées des mondes : Vous serez alors assuré de la victoire.

 

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Chevalier 30/05/2015 06:24

Article intelligent