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Hauts Grades

Rite de MISRAÏM ou d’Egypte Régime de NAPLES : notes sur la Tradition égypto-grecque du Rite

23 Mai 2012 , Rédigé par Armand ROMBAUTS, 33.’. 66.’. 90.’ Publié dans #Rites et rituels

Note Générale : L'enseignement initiatique se transmet traditionnellement "de bouche à oreille" et par le moyen de symboles ésotériques. De même que l'écriture égyptienne comportait divers degrés de signification en allant de la rédaction démotique à celle par hiéroglyphes, de même certains symboles traditionnels sont susceptibles de plusieurs significations. C'est évidemment la plus secrète de toutes qu'enseignent les Ordres initiatiques.    

L'histoire nous montre l'origine égyptienne de la plupart des traditions grecques. D'une part, tous les guides et instructeurs sociaux des diverses communautés grecques se rendent préalablement en Egypte pour y être initiés" et formés à leur mission (ex. Solon, Lycurgue, Thalès, Pythagore, Platon, Plutarque, etc.); et d'autre part la partie essentielle des Traditions ésotériques est rigoureusement d'origine égyptienne comme le dit Plutarque et l'affirme Hérodote.    

Il en résulte qu'il existe un fond commun de Traditions égypto­helléniques qui forment l'Initiation véritable.

Dans le développement des civilisations, ce courant se retrouve en divers pays: soit par la voie du Pythagorisme et du Néo-Pythagorisme, soit par la voie de l'Essénisme ou du syncrétisme alexandrin, soit même par certains philosophes arabes.    

MISRAIM n'est donc pas un élément nouveau dans l'histoire de l'initiation antique traditionnelle. Il est uniquement l'une des branches de cette Tradition, dont les racines sont égyptiennes et le tronc hellénique.    

Très malheureusement pour ce Rite, ce n'est que dans ses 4 derniers degrés du Régime de Naples (87, 88, 89 et 90) que ce courant traditionnel authentique se perçoit de façon irréfutable. Bien que s'intitulant "Rite d'Egypte", l'Ordre de Misraïm classique est, dans ses autres degrés, essentiellement kabbalistique et Ragon l'intitule pour cette raison: "Ordre

judaïque de Misraïm".    

La plupart de ses propagateurs étaient des israélites pratiquants et ont donné un développement, qui peut se comprendre, à la partie kabbalistique. Mais ils ont oublié que la Kabbale est dans l'histoire, un élément relativement récent, postérieur à la Tradition égypto-hellénique, dont les secrets sont millénaires et se retrouvent dans la Kabbale de façon évidente.    

On peut en déduire que dans la plupart des degrés inférieurs au 87ème.°., beaucoup de traditions kabbalistiques sont en réalité une redite ou une amplification d'enseignements antérieurs égypto-helléniques.

 

Notes sur la Tradition égypto-grecque du 87ème degré

 

 

Tradition égypto-grecque sur l'histoire du Kosmos vivant et sur l'origine de notre monde

 

1) Il existe dans la tradition égyptienne primitive diverses légendes symboliques sur l'origine du Cosmos.

 

Le papyrus magique Harris narre (6, 10 ss) qu'il y eut d'abord une eau obscure et primordiale, le NOUN. Il en sortit une île et sur celle-ci un oeuf mystique, dont il sortit une oie solaire; la lumière naquit avec elle. L'Oiseau divin s'envole en piaillant, il prend sa place au ciel, inonde le monde de ses rayons, aussitôt l'obscurité primitive fait place au jour, le silence du monde cesse; le Soleil va féconder la Terre.    

Une autre version de cet événement cosmique nous est donnée par une traduction de Kees (Zeitschrift für âgyptische Sprache und Altertumskunde, 57, 116 ss): c'est d'une "fleur de lotus" que le jeune Soleil serait sorti de l'Eau primordiale.

 

2) Toute une évolution se déroule alors: le Chaos primitif fait place à un univers organisé; le ciel et la terre qui ne faisaient qu'un, se séparent; la déesse du ciel, NOUT, qui était couchée sur son époux GEB, dieu de la terre, est soulevé par le dieu de l'air, SHOU, qui est leur père, scène qui est souvent représentée par les artistes de l'Ancien Empire.

 

3) Le Soleil devient alors le triomphateur universel: son oeil de feu dissout toute ténèbre et toute existence rebelle. On lui élève des Temples élémentaires, lors des premières dynasties: ces temples sont ouverts; un obélisque y attire la force divine (cf. temples solaires d'Héliopolis, des pyramides, etc.).

 

Il y a donc 3 phases dans cette évolution du Cosmos vivant.

Le 87ème degré correspond très exactement , à ces 3 stades; ses 3 temples successifs sont rigoureusement conformes- à la légende traditionnelle: le temple noir est à peine éclairé d'une seule bougie, enfermée dans une lanterne sourde, qui en atténue la faible lumière: c'est là l'image sensible du Chaos obscur, mais où il y a déjà une espérance, un germe de vie. Le temple vert montre l'essor de la végétation, le temple rouge, le triomphe des formes de la vie universelle, grâce à l'action bienfaisante des vivants rayons solaires. [On retrouve aussi les 3 couleurs alchimiques: noire (putréfaction), verte (végétation), rouge (rubification).]

Ces décors sont donc authentiquement égyptiens et il y a lieu de noter ici que lorsque ces rituels sont établis, les hiéroglyphes ne sont pas encore connus ni déchiffrés; il est donc impossible d'attribuer le rite de Misraïm à de simples vulgarisateurs, postérieurs à la géniale découverte de Champollion.    

L'antiquité et la réalité de la tradition égypto-grecque à travers les âges est ainsi lumineusement démontrée. Lorsque l'alphabet égyptien sera déchiffré, on verra avec surprise, lors du premier examen des papyrus authentiques, que la tradition exacte de l'Egypte antique se retrouve dans le Rite de Misraïm, qui est donc réellement un rite d'Egypte puisque sa tradition orale correspond fidèlement à la traduction manuscrite qui ne sera révélée que beaucoup plus tard.    

Notons encore que la Grèce qui a reçu, elle aussi, la tradition égyptienne, l'a répétée et amplifiée sous une forme imagée dans le Timée de Platon, où est décrite mathématiquement l'action divine faisant passer le monde, du chaos à l'Ordre. Peu de maçons, même instruits, savent que leur devise "Ordo ab chao" est bien antérieure au christianisme, puisqu'elle a pour auteur Platon lui-même (Timée, 29e - 30a).

D'autre part, l'homme est né pour connaître l'essence de la nature, a écrit le pythagoricien Archytas de Tarente, qui fut le professeur de Platon (Fragment métaphysique N° 6). Voir et connaître ce qui nous entoure, voilà le propre de notre sagesse (même fragment). De là les mots sacrés: Nature­Vérité et Je suis-Nous sommes; c'est la conclusion de l'étude de la Nature, basée sur ces principes.    

Quant au carré, symbole important de la tradition égypto-grecque, il porte,-dit Philolaos de Tarente, pythagoricien notoire, en son fragment N°20, l'image de l'essence divine. Il exprime l'ordre parfait. Il est à angles droits ce qui manifeste l'immutabilité; ses côtés égaux assurent sa permanence. Nous retrouvons ce carré non seulement dans le sceau de Misraïm mais encore dans les attouchements des grades 87 et 88, où, en se prenant soit les mains, soit les bras, on dessine un carré, puisqu'on a pour ce faire, les bras préalablement croisés.

Le violet du cordon est la couleur de la spiritualité, née du mariage du bleu céleste et du rouge-du-feu. Son bord amarante rappelle la couleur des rubans portés par les mystes grecs participant à la procession d'Eleusis. Le violet est la couleur du manteau du dieu solaire Appolon (Portai : p.237).

 Le triangle du sceau avec un point au centre nous rappelle que Dieu est la cause qui engendre toutes choses en permanence et dont tout émane (Proclus, ad Lucl. Elementa, I, 36), vieille idée reprise à Philolaos (frgmt. 20). Dieu agit ici sur le corps comme sur l'âme du néophyte, symbolisés chacun par un carré. Il les illumine en-dedans.  Aussi le signe traditionnel de la prière grecque (prier en Y) complète-t-il parfaitement le caractère hellénique et égyptien de ce degré important.

 

 Notes sur la Tradition égypto-grecque du 88ème degré

 

 

Complément du grade précédent, ce dernier insiste encore sur la floraison des formes de vie dans le monde.       

La couleur verte des tentures est, traditionnellement, celle de la Nature, de la végétation; c'est pourquoi Apulée nous rappelle au Xlème Livre de ses métamorphoses, que ce sont obligatoirement des couronnes de feuillages verts qui étaient délivrés aux mystes lors de leur initiation.    

La couleur bleue du Manteau est ici volontairement négative car ce grade indique la rentrée en soi-même, la passivité du myste, qui doit recevoir du dehors les influx célestes qu'il fera germer en lui.    

C'est là la seconde partie du secret traditionnel d'Eleusis: Kyé, c.à.d. germe, enfante, après que la rosée céleste est descendue (Hyé: descends, pleus, tombe). Ici l'initié est réceptif, tout se passe en lui-même, le microcosme.    

C'est la méthode de la méditation profonde, de la "nuit obscure des sens" qui attend la descente du rayon illuminateur.    

C'est la position de l'homme de désir, qui attend la venue de l'Un, si brillamment décrite par Plotin, dans ses Ennéades.    

Et qui finit par percevoir- en lui le battement de la vie universelle. Bien des méthodes orientales tendent au même but par divers artifices respiratoires (yoga).

   

Notes sur La Tradition égypto-grecque du 89ème degré,

 

     

Tout est rouge ici: décors, cordon, chaleur du coeur. Seul l'adepte porte un Manteau immaculé.

Le rouge est à la fois la couleur du feu et celle de la Hiérarchie (rois, sénateurs romains, Grands Pontifes, actuellement cardinaux). C'est aussi la couleur du manteau du Maître-Instructeur, qui est Lumière et Amour (le Bouddha, Pythagore).    

Le blanc est la couleur sacerdotale par excellence. Car, pour entrer en contact avec les Puissances angéliques, qui servent d'intermédiaires, de Médiateurs, entre les Hiérarchies d'esprits célestes et les hommes, encore incarnés dans la matière, l'impétrant doit être pur de corps, pur de vêture, pur de coeur et de pensée. Pythagore imposait cette couleur à ses prêtres; il l'avait vu faire en Egypte.    

Pour tenter d'approcher l'Invisible, l'initié du 89ème degré doit donc se présenter en vêtements immaculés devant le seuil de l'Ineffable. le premier des médiateurs est l'habitant du feu, symbolisé par les mots: Ouriel ou Héphaïstos.    

Tout vit dans la Nature: l'AIR est animé par des millions de germes que les anciens pythagoriciens voyaient danser dans le rayon solaire; l'EAU est peuplée de milliers de créatures élémentaires (amibes); la TERRE recèle en son sein toutes les semences, tous les germes, tous les êtres. Le FEU, lui aussi, est habité et animé par des êtres invisibles à notre oeil mais perceptibles à un Initié, qui les appelle: Pré-Adamites ou Salamandres ou encore: Génies du Feu.    

C'est là le premier médiateur; il en résulte qu'il faut un certain nombre de feux vivants lors de toute réunion de ce grade. Mais le rituel n'en parle pas; il est essentiellement variable, selon.les qualités personnelles de l'opérateur. Il faut toujours un nombre IMPAIR. Car ce qui est pair est divisible; or, l'opération d'appeler à soi les Forces d'EN-HAUT exclut toute possibilité d'imperfection ou de division.    

Comparons ici notre Rite avec celui de Cagliostro, qui introduisit un Rite Evocatoire Egyptien à Lyon et y obtint devant de nombreux témoins des phénomènes incontestables de contact avec l'Invisible. Ici encore, les manteaux sont blancs et le feu sacré doit brûler en permanence pendant l'Invocation des Puissances Médiatrices.    

Peu importe quelle Puissance bénéfique joue ce rôle, que ce soit un Sage égyptien, grec ou hébreu, l'essentiel est qu'il y ait un contact, une aide.

"Mon coeur ne tremble point" car l'Invisible est notre ami, notre protecteur, notre sauveur, notre aide permanente, grâce à une osmose ineffable. Un enfant ne doit jamais redouter l'arrivée de ses pères, matériels ou spirituels. Ces mots d'ordre sont donc rigoureusement authentiques et ne peuvent avoir été donnés que par des initiés, qui avaient obtenu ce précieux contact.

 

Notes sur la tradition égypto-grecque du 90ème degré

 

Si l'Ouroboros grec est peint sur les décors des dignitaires de ce grade, c'est que toute la philosophie de ce dernier degré ferme le cercle de l'initiation maç.°..

    Etonnante synthèse: l'on en revient ici au premier degré de l'échelle. On voit ainsi que la fin rejoint le commencement, le serpent éternel se mord la queue: tout dans la Nature est un éternel recommencement.    

Le Janus peint sur le cordon représente, comme le Soleil et la Lune, les 2 polarités du monde: nous retrouvons ainsi les 2 col.°. de l'Appr.°. qui nous sont si familières: B.°. et J.°..    

Mais en leur donnant deux noms égyptiens grécisés: OSIRIS et ISIS (qu'il faut lire en égyptien: OUSEREW et ESETH), on remplace la tradition hébraïque par la tradition plus antique égypto-grecque, où ces deux aspects de la Vie Universelle sont religieusement définis et honorés.    

Toute la vie de l'initié oscille entre ces 2 pôles: Matière et Esprit; Bien et Mal; Bonheur et Souffrance.    

Toute l'initiation doit nous conduire de la Lune au Soleil, d'Isis à Osiris, de la Matière à l'Essence divine.    

Tout est là, il n'est pas d'autre initiation. La conclusion du grade est double:

 

a) sur le plan spirituel, il existe une échelle mystique qu'il faut gravir, degré par degré, pour rejoindre l'Ineffable.

 

b) sur le plan matériel, il existe un devoir pur: celui d'être un homme socialement utile, rayonnant sur autrui la lumière et la chaleur qu'il a reçues. C'est la négation de la plaie de notre temps: L'égoïsme.

 

De là cet admirable salut "Paix aux hommes"; on ne peut rien leur souhaiter de meilleur: paix intérieure de leur conscience, paix extérieure dans leurs rapports avec leurs semblables.    

L'initiation n'est donc pas une égoïste collation de secrets individuels donnant à celui qui les possède un ascendant sur autrui, dont il pourrait d'ailleurs faire un mauvais usage.    

L'initiation véritable est au contraire: la communication de secrets traditionnels, rendant l'homme meilleur, lui montrant sa place dans l'ensemble du monde et lui imposant en conséquence de jouer son rôle bienfaisant pour ne pas déparer l'harmonie de l'ensemble.

MISRAIM remplit ce rôle, mais a été mal compris. Ce Rite a cependant en lui un enseignement non équivoque d'universel amour, de paix sociale, d'élévation spirituelle, de collaboration avec le Ciel.    

Il appartient à ses fils fidèles de vivre cette leçon permanente de la Sagesse antique et de remplir ainsi leur devoir cosmique.

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