Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Rite des Philalète ou chercheurs de la vérité (1773)

8 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Le rite des Philalètes ou Philalèthes (48) fut fondé à Paris, en 1773, dans la loge des Amis-Réunis (formée exprès), par les frères Savalette de Langes, garde du trésor royal, Court de Gébelin, de Saint-James, le vicomte de Tavannes, le président d'Héricourt, le prince de Hesse, etc.

Le but moral des Philalètes était le perfectionnement de l'homme et son rapprochement vers celui dont il émane, suivant les principes de Martinez ou du martinisme ; la régénération de l'homme et sa réintégration dans sa primitive innocence, ainsi que dans les droits qu'il a perdus par le péché originel.

Ce rite était divisé en douze classes ou chambres d’instruction, partagées en deux divisions de chacune six grades, portant les noms de petite et de haute Maçonnerie, savoir :

Petite Maçonnerie.

1. Apprenti,

2. Compagnon,

3. Maître,

4. Elu,

5. Ecossais,

6. Chev. d'Orient.

Haute Maçonnerie.

8. Ch. du Temple,

9. Philosop. incon.,

10. Sublime philos.,

11. Initié,

12. Philalèthe ou M. à tous grades.

 Cette société possédait de fort belles archives, et tout ce que sa bibliothèque avait de précieux en ouvrages mystiques fut trouvé chez un libraire de Paris en 1806, et acheté pour les archives du rite écossais philosophique, ainsi que l'indique son annuaire de 1809, p. 116.

Ces maçons ont fait imprimer leurs règlements, une instruction sur l'origine des Philalètes, in-8°, et plusieurs annuaires, entre autres celui où vingt loges, françaises et étrangères, figurent comme suivant la doctrine et le régime des Philalèthe, que l'abbé Baruel appelle les avortons de Swedenborg.

En 1783, à la mort du fondateur, les Philalètes cessèrent de se réunir.

Cette maçonnerie philosophique subit, à Narbonne, en 1779, à la loge des Philadelphes, dont elle a pris le nom dans quelques rituels, des modifications notables, qui produisirent le Rite primitif, que les auteurs, restés inconnus, prétendirent tenir d'Angleterre et l'avoir traduit à Narbonne.

Le 15 février 1785, les Philalètes convoquèrent à Paris un convent fraternel, dont le but était de rechercher, dans les dix articles du Proponenda, savoir :

Art. 1er. Quelle est la nature essentielle de la science maçonnique et quel est son caractère distinctif ?

Art. 2. Quelle époque et quelle origine peut-on lui attribuer raisonnablement ?

Art. 3. Quelles sociétés, ou quels corps ou individus peut-on croire l'avoir anciennement possédée, et quels sont les corps par lesquels elle a successivement passé pour se perpétuer jusqu'à nous ?

Art. 4. Quelles sociétés, quelscorps ou individus peut-on croire en être, en ce moment, les vrais dépositaires !

Art. 5. La tradition qui l’а conservée est-elle orale ou écrite ?

Art. 6. La science maçonnique a-t-elle des rapports avec les sciences connues sous le nom de sciences occultes ou secrètes ?

Art. 7. Avec laquelle ou lesquelles de ces sciences a-t-elle le plus de rapports et quels sont ces rapports !

Art. 8. Quelle nature d'avantages doit-on attendre de la science maçonnique ?

Art. 9. Quel est celui des régimes actuels qui serait le meilleur à suivre, non comme coordination générale, mais comme le plus propre à faire faire aux disciples zélés et laborieux de prompts et utiles progrès dans la vraie science maçonnique !

Art.10. Pourquoi, d'un accord général, tous les maçons appellent-ils loge leurs assemblées et le lieu dans lequel elles sе tiennent ! Quelle est l'origine et la vraie définition du mot loge ; du mot temple, autre nom donné, par l'usage, au lieu de l'assemblée ; de la phrase ouvrir et fermer les travaux ; du mot Écossais ou d'Ecosse, pour les hauts grades ; du mot vénérable, donné par les Français au maître de la loge, et de celui de maître en chaire, donné par les Allemands ?

Ce convent avait été décidé le 24 août 1784, dans une réunion des membres de la douzième classe. La première circulaire fut signée et envoyée le 24 septembre, annonçant l'ouverture du convent pour le mardi 15 février 1785.

Le 26 octobre 1784, on prend un arrêté portant que le G.-O. ne sera pas appelé à la réunion, quoique la demande en ait été faite dans une précédente séance. Le 13 novembre, Savalette de Langes est nommé président du convent ; le baron de Gleichen, commandeur des ordres de Danemark, et le marquis de Chef de Bien sont nommés secrétaires, l'un pour la langue allemande, et celui-ci pour la langue française. On envoie le Proponenda et la deuxième circulaire à deux cent vingt-huit frères convoqués, parmi lesquels figurent, sur le tableau, les frères Duchanteau (Touzay), professeur de théosophie, et Eteilla, professeur de magie, à Paris.

Le 28 décembre, on lit au commissariat du convent des lettres du prince Ferdinand de Brunswick et de Lunebourg, des frères Mesmer, professeur de magnétisme, à Paris, et de Saint-Martin, par lesquelles ils refusent de participer aux opérations de la réunion.

En janvier 1785, les maçons suisses délibèrent dans la ville de Zurich sur les réponses à faire au Proponenda du convent de Paris : ils arrêtent qu'ils ne prendront aucune part aux opérations de cette assemblée.

Le 27 du même mois, le marquis de La Roche foucault et le docteur Lafisse, ayant été invités comme sociétaires de la Mère-Loge du rite écossais philosophique, cette autorité interdit expressément à ses membres d'assister à ce convent, attendu qu'il n'appartient pas à des frères de son association de donner isolément des renseignements sur ces dogmes ; que ces documents doivent émaner du chef-lieu du rite lui-même, s'il juge à propos de les donner.

On voit que le système des bornes existait déjà en Allemagne, en Suisse et en France.

 Celte année devint célèbre dans les fastes maçonniques par l'ouverture de ce premier convent philosophique. Tous les maçons instruits, à quelque rite qu'ils appartinssent, y furent appelés : la convocation était générale pour la France et l'étranger.

L'ouverture du convent eut lieu le 15 février par le frère Savalette de Langes, qui le tint en forme de loge, au grade d'apprenti.

10 mars. Joseph Balsamo, dit comte de Cagliostro, fut, comme les autres frères et comme étant créateur d'une maçonnerie égyptienne, invité à prendre part au convent et à y développer sa doctrine. Audacieux ou imprudent, Cagliostro, qui se faisait aussi appeler comte de Félix, répond qu'il accepte. Il promet la vérité, et de faire voir, par des actes et des effets visibles, Dieu et les esprits intermédiaires qui existent entre l’homme et la Divinité ; mais il exige, avant tout, que la bibliothèque et les manuscrits des riches archives de la loge des Philalètes soient livrés aux flammes. Reconnaissant bientôt le danger de son imprudence et de sa position, il appelle à son secours l'influence attachée à son nom ; mais elle est impuissante à le défendre contre l'investigation des maçons les plus loyaux et les plus savants. Le convent, ayant reçu ses promesses, le force de les remplir. Une correspondance s'établit de part et d'autre (V. sa notice.) Cagliostro multiplie les dificultés, cherche à échapper par des subterfuges, s'enveloppe de mysticisme et d'une dignité artificielle. Cette sorte de défense n'impose à personne. Ne pouvant plus échapper, il recule, laissant dans l'esprit des membres du convent la conviction fâcheuse qu'il a voulu tromper l'élite de la Maçonnerie, avec aussi peu de bonne foi qu'il en avait mis, dans d'autres matières, à abuser des hommes simples et crédules.

Le 26 mai, le convent est fermé. La commission intermédiaire est persuadée que si l'assemblée a été peu nombreuse, c'est que probablement le lieu de la réunion (Paris) n'aura pas été agréable à la plupart des personnes invitées ; en conséquence, elle députe le frère Tassin de l'Étang, à Lausanne, pour engager les maçons de cette ville à donner asile au convent des Philalètes, lors de sa reprise, la Suisse ayant paru au plus grand nombre le lieu le plus convenable.

Le 16 juillet, le comité directorial suisse délibère et décide qu'il ne peut consentir à cette demande. Il persiste dans sa première résolution, en laissant cependant à ses membres la faculté de prendre part, isolément, aux nouvelles opérations du convent, soit qu'il se rassemble en Prusse ou dans toute autre partie de l'Allemagne.

Le convent adresse aux maçons une troisième circulaire pour rendre compte des opérations de 1785, et annoncer une prorogation de l'assemblée pour le 15 juillet 1786 (elle n'eut lieu que le 8 mars de l'année suivante). Dans cette circulaire, les convocateurs s'expriment ainsi (p. 20) : « Nous croyons devoir annoncer avec franchise que le but, le désir et l'espérance des convocateurs, de tous les frères présents aux premiers travaux, et d'un grand nombre de ceux dont nous avons reçu des mémoires, est de profiter de la réunion des lumières et du zèle des frères, pour, d'après les caractères de la science de noms connus et presque généralement avoués, tenter de créer, d'abord entre nous, ensuite propager par nous, dans toute l'Europe, une nouvelle association philalèthe, en rédigeant ce qui nous est connu de la Maçonnerie, et surtout en la réformant et la purifiant de manière à former un corps de maçons, ou hommes de désirs, capables de bien chercher la vérité, disposés à tout sacrifier pour la mériter, et dignes, autant que la faiblesse humaine peut le permettre, de la posséder ; et ce vœu de nos cœurs est d'autant plus raisonnable, que nous croyons, plus que jamais, certains qu'elle existe, que le plus grand nombre des maçons de ce siècle, ne la cherchant pas, ne la méritent pas, ne la trouveront jamais, et que, sans doute, c'est la faute des maçons et non de la Maçonnerie. »

Le 8 mars 1787, a lieu l'ouverture de la deuxième assemblée du couvent de Paris, dans l'hôtel du frère Savalette de Langes, rue Saint-Honoré. Après vingt-neuf réunions, dont plusieurs furent remarquables par les cours que firent le frère Court de Gébelin et M. Lenoir (49), le convent se vit forcé de suspendre indéfiniment des conférences qui, en élevant la science maçonnique à une hauteur jusqu'alors inconnue, devaient faire la gloire de l'Ordre, si elles eussent pu vaincre la tiédeur et l'indifférence habituelles des maçons pour l'instruction sérieuse.

Le 15 mars, Eteilla fut appelé aux séances sur sa réputation d'instruction dans les sciences occultes ; il faisait, à Paris, des cours publics de magie, et il exerçait habilement la profession de tireur de cartes.

Le 3 avril, le prince de Hesse-Darmstadt envoie un mémoire et un plan de réforme de la Franc-maçonnerie.

Le 24, on lit un rapport curieux sur une somnambule qui, dans ses crises magnétiques, a donné à Lenormand les développements les plus intéressants sur des matières théosophiques et métaphysiques : à ce rapport était joint le procès-verbal de tous les dires de la crisiaque magnétique.

 

Ce second convent fut clos le 26 mai 1787. Voici un extrait de la lettre qu'écrivit le frère Savalette de Langes, pour déterminer la fin des assemblées :

« Mes Frères, le peu de zèle du très petit nombre des convoqués qui, plus par considération de politesse et d'amitié que par un véritable intérêt, viennent rarement, pour rester peu de temps, aux assemblées du convent, me prouve, à mon grand regret, qu'il est non-seulement prudent, mais même nécessaire, d'y renoncer. Je propose donc...d'arrêter sa clôture, etc. »

Une commission intermédiaire fut nommée pour la suite des opérations ; elle s'assembla le 8 juin suivant, et ce fut la seule et dernière réunion.

Les approches de la révolution française ne secondèrent que trop ces fâcheuses dispositions. On sentait déjà que l'intérêt général devait l'emporter sur l'intérêt individuel ; et, dans ce grand mouvement social, le maçon disparaissait devant le citoyen.

Notes sur quelques convents maçonniques principaux

 A l'occasion du convent des Philalèthes, dont les intentions étaient excellentes, nous allons citer plusieurs convents chez lesquels nous ne trouverons pas toujours la même pureté de principe.

Le premier convent philosophique fut institué le 26 novembre 1777, par la Mère-Loge du rite écossais philosophique, à Paris. Son ouverture eut lieu le 26 décembre suivant.

Il avait pour objet de faire des cours sur des sujets relatifs à l'histoire et aux dogmes de la Franc-maçonnerie pour l'instruction des membres de l'Ordre. Tout maçon, à quelque rite qu'il appartint, avait le droit de demander son admission, même d'y apporter ses lumières, en se conformant aux règlements du convent. Court de Gébelin fut le premier qu'on y entendit : il donna, en sept séances, une dissertation sur les allégories les plus vraisemblables des grades maçonniques. Des réunions semblables ont eu lieu en Allemagne.

En 1778, les 12 août, 25 novembre et 27 décembre, la préparation, l'ouverture et la clôture des travaux du convent des Gaules eurent lieu à Lyon, sous la présidence du frère de Willermez.

« Les promoteurs du couvent de Lyon pouvaient, dit Thory, avoir de bonnes intentions, mais on les accuse d'avoir manqué de délicatesse dans les moyens qu'ils employèrent pour parvenir à une réforme. Ils ont mécontenté beaucoup de gens, fomenté des divisions et des mésintelligences ; ils se sont mêlés d'intrigues à l'occasion du duc Ferdinand de Brunswick, qu'ils voulaient mettre à la téte des loges du Régime (réformé ou rectifié) ; enfin, ils se sont permis des suppositions et ont avancé des faits controuvés, ce qui leur a fait grand tort dans l'esprit du public. Leur objet principal était de réformer l'Ordre maçonnique, ce dont ils ne se sont pas occupés : ils ont employé tout leur temps à corriger les rituels, et ce n'était qu'un motif accessoire de la réunion ; encore y ont-ils laissé beaucoup de superfluités et de puérilités. Leurs nouvelles instructions sont faibles, lâches et trop diffuses ; leur système fiscal est injuste et mal ordonné ». (Acta Latom).

Au reste ce convent donna, le premier, l'exemple de l’abjuration du système templier. Un auteur allemand a dit à ce sujet :

« Que l'abjuration du convent de Lyon fut faite par injonction de la police, qui avait déclaré qu'elle s'opposerait à la propagation de tout système qui tendrait à rappeler les Templiers et leurs usages ; mais que cet abandon ne fut que simulé et que les frères restèrent en rapport avec les loges de la Stricte-Observance de l’Allemagne, comme province. » (Das Canze aller Gewerbe, p. 74.)

Des membres des directoires écossais, helvétiques allemand et roman, qui avaient assisté aux convents de l’Allemagne, l’année précédente, prirent part à celui de Lyon et l'influencèrent.

Convent de Wilhemsbad. Le 9 septembre 1780, la première circulaire de convocation de toutes les Grandes-Loges écossaises de l'Europe au convent de Wilhemsbad, près de Hanau, fut envoyée ; une deuxième annonça l'ouverture pour le 15 octobre 1781 ; une troisième la prorogea au temps de Pâques 1782 ; et une quatrième en fixa l'ouverture définitive au mardi 16 juillet 1782. Elle eut effectivement lieu ce jour-là, sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick.

Dans ce convent, préparé par celui des Gaules, tenu à Lyon en 1778, et qui avait été assemblé sous le prétexte d'une réforme générale dans l'Ordre maçonnique, dix questions furent proposées : les principales tendaient à savoir si l’on doit considérer l’Ordre maçonnique comme une société purement conventionnelle, ou bien si l’on pouvait déduire son origine d'un ordre plus ancien, et quel était cet ordre ? Si l’Ordre avait des supérieurs généraux alors existants ? Quels étaient ces supérieurs ? Comment on devait les définir ? S’ils avaient la faculté de commander ou celle d’instruire, etc.? Aucune de ces questions ne fut agitée : on se borna à déclarer que les maçons n'étaient pas les successeurs des Templiers. On institua un ordre de la Bienfaisance (l'Ordre des Chevaliers bienfaisants de la cité sainte de Jérusalem), et le duc Ferdinand de Brunswick fut mis à la tête des loges réformées.

Une chose remarquable, c'est qu'à la vingt-huitième séance, la loge écossaise de Frédéric au Lion-d'Or envoya au convent un mémoire accompagné d'une lettre de Frédéric de Brunswick, dans lequel elle offrait de communiquer de nouvelles connaissances, d'indiquer les supérieurs majeurs inconnus, d'envoyer, sous peu, le grand rituel manuscrit conservé par les frères Clerici (les clercs), etc. ; et que le convent détermina que l'assemblée avait renoncé à tous supérieurs inconnus et cachés ; qu'elle avait arrêté de nouveaux rituels ; enfin, que les anciens étaient inutiles à la réforme (Actes du conv. de Wilhemsbad, n° 161, 162,164).

Il est certain que ce convent n'eut pas d'autre objet que celui d'écarter de la Franc-maçonnerie le système templier (50), et de mettre le duc Ferdinand de Brunswick à la tête des loges réformées : aussi eut-on grand soin d'en écarter tous ceux qu'on connaissait pour manifester une opinion contraire ; on leur refusa l'entrée de l'assemblée, et particulièrement aux députés du chapitre et de la mère-loge de la Croissante-aux-Trois-Clefs, de Ratisbonne, et au marquis de Chef de Bien (eques à capite galeato), comme représentant la loge des Amis-Réunis, de Paris (De conventu generali Latomorum, p. 138).

source : www.ledifice.net

Partager cet article

Commenter cet article

Brackman 02/08/2013 16:09


Sans doute ne l'avais-je pas vu quand il est passé mais ce résumé est remarquable ; avez-vous des informations sur Court de Gébelin?


Merci à l'avance


Hervé"