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Hauts Grades

Rite français : de l'histoirique des rites maçonniques pour les grades symboliques

26 Février 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #histoire de la FM

L'HISTOIRE DES RITES MAÇONNIQUES est naturellement très liée à celle de l'apparition et des premières décennies de la Franc-Maçonnerie spéculative. Celle-ci trouve ses sources dans la Grande-Bretagne du XVII°siècle et là seulement. C'est en Angleterre, entre 1725 et 1751, que le vieux patrimoine rituel de la Maçonnerie opérative écossaise sera réorganisée pour l'usage des "spéculatifs" : Cette réorganisation aboutira à la fixation de deux grandes familles de rituels maçonniques pour les grades symboliques : "Modernes" et "Anciens" : Tous les Rites maçonniques pratiqués dans le monde relèvent de l'une ou l'autre de ces deux familles, quelles que soient par ailleurs leurs appellations souvent trompeuses. La genèse des rituels des grades symboliques pratiqués en France ne peut se comprendre qu'en utilisant cette grille d'analyse. Les méandres de l'histoire des rituels peuvent paraître bien éloignés des préoccupations actuelles des Maçons. Elles sont pourtant la seule clef qui permet d'expliquer certains aspects du paysage maçonnique français d'aujourd'hui.

I - La "Préhistoire"

Comme l'attestent les registres des municipalités, le Moyen âge connut beaucoup de sociétés professionnelles. Marchands et artisans se réunissaient dans des confréries ou des corporations chargées de gérer les intérêts du métier : formation, embauche, attribution des chantiers... Même si toutes ces organisations avaient des traits communs, elles semblent avoir pris des formes diverses selon les métiers ou les zones géographiques. Comme la plupart des organisations médiévales, on a des raisons de penser qu'elles étaient ritualisées. Mais on ne dispose d'aucun document sur les éventuels rituels pratiqués lors de l'entrée dans l'organisation, la validation d'une qualification ou l'accès à certaines fonctions. On ne sait donc rigoureusement rien du rituel pratiqué par les "Bâtisseurs de Cathédrales" !

Le premier document rituel relevant d'une société de métier dont disposent les historiens est assez tardif puisqu'il date de 1666 et touche une organisation professionnelle particulière : le Compagnonnage. En Europe continentale, de la Renaissance au XIXe siècle, ces sociétés de métier soit disparurent, du fait de l'évolution économique, soit se maintinrent comme organisations professionnelles (comme la loge des tailleurs de pierres de Strasbourg, toujours existante, ou les différents Compagnonnages français).

La Franc-Maçonnerie spéculative est le produit de la transformation de l'une de ces organisations professionnelles en Grande Bretagne au XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Si, comme doit le faire l'historien, l'on s'en tient aux documents, l'apparition de la Franc-Maçonnerie spéculative est un phénomène exclusivement britannique. Les premières loges spéculatives apparues en France, autour de 1725, naîtront dans le sillage des émigrés britanniques. Elles n'ont donc aucun lien de filiation avec les organisations professionnelles françaises comme le Compagnonnage, dont les ressemblances rituéliques procè¬dent essentiellement d'emprunts de ce dernier à la Franc-Maçonnerie et non l'inverse. Les sources des rituels maçonniques doivent donc être recherchées dans la transformation des organisations professionnelles de maçons opératifs britanniques (un peu anglaises, peut-être un peu irlandaises mais principalement écossaises).

Au XVIIe siècle, les loges de maçons opératifs écossais vont recevoir des membres ne relevant pas du métier. Il s'agit principalement de clients, de notables ou de bienfaiteurs. Cette pratique de "l'acceptation" n'est probablement pas spécifique aux maçons écossais, mais c'est dans ce petit pays - l'Ecosse est indépendante jusqu'en 1705 - que cette pratique va aboutir à une véritable transformation de l'institution.

S'agit-il d'une transformation progressive? On l'a beaucoup dit, mais aujourd'hui les historiens s'interrogent sur ce point. En effet, le profil de ces maçons "acceptés" - étrangers au métier - est relativement typé.

Il s'agit en général d'intellectuels humanistes dont on connaît par ailleurs l'intérêt pour l'Antiquité, l'hermétisme, les sciences expérimentales naissantes... Aussi cette entrée importante "d'acceptés" en quelques années laisse supposer un projet sous-jacent mais, en dépit de nombreuses hypothèses, on ignore lequel.

On dispose en revanche de documents sur les pratiques rituelles de cette Maçonnerie écossaise qui est la source de la Franc-Maçonnerie spéculative. La cérémonie semble une sorte de "bizutage" à l'issue duquel on instruit le récipiendaire de signes et d'un mystérieux "Mot du Maçon"; lesquels permettent au nouveau membre de se faire reconnaître. Cette transmission du "Mot du Maçon" est le cœur de la cérémonie; le pasteur Robert Kirk expliquait en 1691 :

"Le Mot du Maçon, dont certains font un mystère, je ne veux pas cacher le peu que je sais. C'est une espèce de tradition rabbinique dans le sens d'un commentaire sur Jackin et Boaz, les deux colonnes érigées dans le Temple de Salomon ; avec en plus l'adjonction d'un certain signe secret transmis de main à main, au moyen duquel ils se reconnaissent et deviennent familiers entre eux."

Les documents faisant allusion aux usages rituels de la Maçonnerie écossaise se multiplient à partir de 1630. Mais il faut attendre 1696 pour avoir, avec le manuscrit dit "Archives d'Edimbourg" le plus ancien rituel maçonnique complet. L'instruction, élémentaire, consiste en quelques questions et réponses sur le Temple de Salomon et les outils de la loge.

À la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle les loges non-opératives deviennent de plus en plus nombreuses en Ecosse, mais aussi en Angleterre et en Irlande.

II -1717 et après... L’apparition des deux grandes familles de rituels maçonniques.

Ce sont quatre de ces loges non-opératives qui vont se rassembler pour fonder, en 1717, la Grande Loge de Londres et de Westminster pour les grades symboliques et poser ainsi la première pierre de la Franc-Maçonnerie spéculative contemporaine. C'est dans ce milieu de la Première Grande Loge que se fixe entre 1720 et 1730 un système en trois grades. Le fond de ces trois grades est issu du vieux patrimoine rituel écossais que nous avons évoqué, mais celui-ci a été enrichi et développé. On connaît les rituels de cette Première Grande Loge par un ouvrage publié en 1730 qui, au grand scandale des frères, les révèle au public. Cette divulgation s'intitule d'ailleurs Masonry dissected : la Maçonnerie disséquée ! Si l'on parle de "Première" Grande Loge, c'est que la Maçonnerie anglaise qui paraît si monolithique aujourd'hui va voir s'ériger une "Seconde" Grande Loge en 1751. Les rivalités, les querelles et les excommunications entre ces deux Grandes Loges sont toute l'histoire de la Maçonnerie anglaise jusqu'en 1813 où elles fusionnent, sous la pression du pouvoir poli¬tique, pour devenir la Grande Loge Unie d'Angleterre. Or les affronte¬ments entre ces deux Grandes Loges - qui ont de nombreuses raisons sous-jacentes : religieuses politiques ou sociales - vont se concentrer sur les questions de rituels.

La Grande Loge apparue en 1751 se présente comme rassemblant des maçons fidèles aux usages anciens de l'Ordre. Elle accuse en effet la Première Grande Loge d'avoir apporté des innovations et des changements aux rituels (notamment pour déjouer les profanes ayant lu La Maçonnerie disséquée !) D'après cette - nouvelle ! - Grande Loge des Anciens Maçons, à la différence du rituel pratiqué par la Première Grande Loge, la tradition maçonnique originelle et authentique consisterait notamment :

- à attribuer le mot en B à la colonne du Nord et aux apprentis;

- à placer le premier surveillant à l'occident en face du Vénérable et le second surveillant au milieu de la colonne du midi en face de la colonne des apprentis;

- à associer au troisième grade un autre mot en M.B.

La Grande Loge des Anciens Maçons était animée par le frère Lawrence Dermott, organisateur très doué et homme de communication avant l'heure. Il arriva à convaincre les frères de la Première Grande Loge eux-mêmes qu'ils avaient effectivement adopté des usages nouveaux. Le sobriquet de "Modernes" ; qu'il leur avait attribué dans les polémiques, leur resta. On en vint à appeler la Première Grande Loge, pourtant antérieure, Grande Loge des "Modernes" :

Les historiens ont longtemps cru le discours officiel de la nouvelle Grande Loge. Les "Anciens" auraient été des scissionnistes soucieux de revenir aux usages traditionnels. En fait il n'en est rien. Les Anciens étaient largement issus de l'immigration irlandaise à Londres et à ce titre recevaient un accueil hostile dans les loges anglaises. D'où leur souci de reconstituer une organisation où ils seraient entre eux. Les différences de rituels ne venaient pas "d'innovations" de la Grande Loge de Londres, mais du fait qu'en Irlande, et semble-t-il en Ecosse, on avait réorganisé le patrimoine rituel initial de la vieille Maçonnerie opérative écossaise de manière un peu différente. Ainsi, au XVIIe siècle, le Mot du Maçon au premier grade était à la fois J et B (à la question : J ? on répondait B). Lorsque l'on remis en forme les rituels dans les années 1720-1730 et que l'on éclata en deux grades les "secrets" du vieux grade opératif d'Apprenti-Entré, les anglais mirent J au premier grade et B au second, les irlandais et les écossais firent le choix inverse. Le rituel des "Anciens" n'est pas plus ou moins symbolique que celui des "Modernes". II hiérarchise les symboles de manière un peu différente et présente quelques variantes dans les cérémonies.

Si nous nous sommes un peu étendus sur ces controverses qui peuvent paraître picrocholines, c'est qu'elles sont la clef indispensable pour comprendre la genèse des différents rites maçonniques. Tous les rituels maçonniques dérivent de l'une ou l'autre famille. Ils sont soit de type "Moderne" et par là se rattachent aux usages de la Première Grande Loge, ou de type "Ancien" et s'inscrivent dans la filiation de la nouvelle Grande Loge des Anciens Maçons de 1751 et au delà de ses sources irlandaises et peut-être écossaises.

III - Genèse des grades

La Franc-Maçonnerie spéculative symboliques en France s'implante en France vers 1725 dans le sillage des émigrés britanniques exilés pour des raisons politiques ou religieuses. À Paris, ceux-ci sont souvent des notables et viennent en général de Londres. Ils apportent dans leurs bagages le rituel en usage à Londres à cette époque et les "Anciens" n'apparaissant qu'en 1751, c'est donc une Maçonnerie de type "Moderne'; c'est-à-dire - répétons-le -antérieure, qui va s'implanter dans notre pays. L'Ordre va se développer à partir de la capitale dans les grandes métropoles de province et c'est ainsi le rituel des "Modernes" qui va se diffuser en France au XVIIIe siècle. C'est d'ailleurs le seul rituel connu pour les grades bleus et ce Rite des "Modernes" traduit en français, qui deviendra bien plus fard le Rite Français, n'a donc à cette époque pas de nom ! Il s'agit seulement des cérémonies de la Maçonnerie symbolique.

Cette Maçonnerie symbolique connaîtra deux codifications.

En 1774 des Maçons lyonnais introduisent dans ce rite des éléments judéo-christiques et chevaleresques. Ils créent ainsi le Rite Écossais Rectifié qui, en dépit de son nom, se rattache à une structure rituelle de type "Moderne" et est donc une variante du Rite Français. Ce Rite est intégré au Grand Orient de France en 1776.

Dès sa création en 1773, les loges demandent au Grand Orient de France d'établir une version standard de la Maçonnerie symbolique. Cela prendra un certain temps puisque ce n'est qu'en 1786 que le Grand Orient proposera un texte de référence pour les trois grades symboliques. Ce rituel sera d'abord diffusé dans les loges sous forme de copies manuscrites. Il est aujourd'hui connu par le titre sous lequel il a finalement été imprimé en 1801: Le Régulateur du Maçon. Il présente très fidèlement une version française du rituel des "Modernes" :

C'est le texte de référence du Rite Français. Le Grand Orient a été conduit à le remanier en 1858 (rituels Murât), en 1885 (rituel Amiable, avec variante Blatin en 1907) puis en 1938 sous la direction d'Arthur Groussier. Le texte d'Arthur Groussier a subi de légères retouches en 1955 et cette version est l'actuel rituel standard du Grand Orient de France (à deux ou trois éléments près).

En 1804 arrivent en France plusieurs milliers de réfugiés de Saint-Domingue chassés par l'émancipation des hommes de couleur. Parmi eux de nombreux frères. Haïti n'étant qu'à quelques dizaines de kilo¬mètres des côtes américaines, les exilés de Saint-Domingue se sont, dans un premier temps, réfugiés en Pennsylvanie. Les Maçons créoles fréquentèrent donc pendant quelques années les loges de Philadelphie.

Les États-Unis ayant accueilli de nombreux immigrés irlandais, la Grande Loge de Pennsylvanie se trouvait relever de la filiation des "Anciens". Pour la première fois des français allaient donc pratiquer une Maçonnerie symbolique de type "Anciens". Rapatriés à Paris, les Maçons créoles ramenèrent avec eux le Ancient and Accepted Rite. Dans la version française on ajoutera le mot - vague mais prestigieux - d'Écossais. Le Guide des Maçons Écossais, publié dans les premières années du XIXe siècle constitue le texte de référence pour le Rite Écossais Ancien et Accepté, il est une version française du Rite des "Anciens" : Le Rite Écossais Ancien et Accepté sera intégré au Grand Orient quelques mois après son arrivée en France, en 1804, et sera depuis lors constamment pratiqué par quelques-unes de ses loges.

Les Rites égyptiens pour les grades symboliques, Misraùn en 1814 et Memphis en 1838, ne sont que des variantes du Rite Écossais Ancien et Accepté dans lesquelles on a introduit des éléments relevant de l'égyptomanie très en vogue à cette époque. Le Rite de Memphis sera intégré au Grand Orient en 1862 et celui de Misraîm en 1865.

C'est au début du XIXe siècle, avec l'apparition d'autres rites, que les rituels maçonniques pratiqués en France tout au long du XVIIIe siècle, et fixés dans le Régulateur du Maçon, seront baptisés Rite Français ou Rite Moderne.

IV- L'évolution des rituels

Lorsque l'on compare les deux symboliques aux XIXe et XXe s. textes de référence que sont le Régulateur du Maçon, pour le Rite Français, et le Guide des Maçons Écossais pour le Rite Écossais Ancien et Accepté on constate qu'ils ne se différencient pas à l'origine par un caractère plus ou moins symbo¬lique. Leur différenciation sur ce plan est un phénomène de la fin du XIXe siècle. À cette époque le Rite Français était pratiqué par l'immense majorité des loges de notre pays. Il a donc été soumis à l'idéologie de la majorité des Maçons des années 1860-1880. Il a ainsi été réécrit à la lumière des courants intellectuels en vogue et notamment du positivisme. On ne connaissait pas la psychanalyse et l'inconscient et tout ce symbolisme semblait relever soit de l'enfantillage soit de la superstition. Les versions Murât (1858) et Amiable (1885) réduisent la présentation des symboles des différents grades à la portion congrue et les remplacent par des discours moraux et allégoriques sur le bien et le mal. C'est Arthur Groussier qui dans l'Entre-deux-guerres plaidera pour un retour aux sources symboliques du Rite Français. Ceux qui peu de condescendance du "Rituel Groussier" commettent donc un contresens. Le texte établi sous la direction d'Arthur Groussier et adopté en 1938 puis 1955 marque un début de retour du symbolisme dans le rituel standard du Grand Orient.

Dans ces années 1880 où les gros bataillons maçonniques sont marqués par le positivisme, les frères intéressés par le symbolisme -même lorsqu'ils étaient issus du Rite Français comme Oswald Wirth -se rassemblèrent dans les ateliers du Rite minoritaire où ils étaient probablement plus libres de travailler selon leur goût. C'est à cette époque qu'apparaît l'idée que le R.-.E.-.A.-.A.-.serait plus symbo¬lique. L'école d'Oswald Wirth, ancien secrétaire de Stanislas de Guaïta, surchargera d'ailleurs le R.-.E.-.A.-.A.-.d'éléments empruntés à l'oc¬cultisme, quitte à en retirer les symboles traditionnels qui ne se pliaient pas à leur interprétation !

Ce retour d'intérêt pour le symbolisme que l'on perçoit dès le début du XXe siècle aura aussi pour conséquence le réveil au Grand Orient, en 1913, du Rite Écossais Rectifié.

Le mouvement lancé par Arthur Groussier se prolongea lors de la reconstruction de l'obédience après la Seconde Guerre Mondiale. Des frères versés dans les études initiatiques souhaitaient revivifier toutes les potentialités symboliques de la tradition maçonnique française. Ils regrettaient notamment que les Maçons du Grand Orient intéressés par le symbolisme soient conduits à quitter le Rite Français, Rite traditionnel de l'obédience, pour rejoindre une loge au R.-.E.-.A.-.A.-., considéré comme plus symbolique. Ils pensaient que l'on pouvait concilier orien¬tation symbolique et fidélité à la tradition rituélique du Grand Orient. Avec l'accord bienveillant de Francis Viaud, il fut donc décidé de réveiller une version traditionnelle du Rite Français. Cela aboutit à la création de la R. L. du Devoir et de la Raison en 1955. Deux possibilités s'offraient aux zélateurs du réveil traditionnel du Rite Français:

- soit utiliser tel quel le rituel du Régulateur du Maçon, fixé par le G.'.O.'.D.'.F.'.en 1786 et imprimé en 1801.

- soit reconstituer, sur la base du Régulateur du maçon, mais avec quelques ajouts tirés des documents du XVIIIe siècle, un rituel du Siècle des Lumières tel qu'il fut effectivement pratiqué par les loges. Cette deuxième solution était une sorte d'entreprise de restitution, de "restauration" au sens où l'on restaure un tableau.

Pour des raisons diverses, c'est ce second choix qui fut fait.

Précisons que les deux solutions présentaient des textes assez proches. Les "restaurateurs" du Rite Français traditionnel, voulurent trouver une appellation qui donne son sens au résultat de leur recherche. Ils le baptisèrent donc Rite Moderne Français Rétabli. L'expression Rite Moderne doit naturellement être lu Rite de type "Moderne" - c'est à dire s'inscrivant dans la tradition de la Première Grande Loge dite des "Modernes"-, Français parce qu'il s'agit de la version implantée en France en 1725 et traduite dans notre langue, enfin Rétabli pour indi¬quer que ce texte était le résultat d'un travail de restitution. Ce -nouveau ! - rituel traditionnel rencontra un certain succès. Il s'im¬planta notamment dans quelques loges du Nord, de l'Est et du Sud-Est. Par la suite d'autre loges intéressées par une perspective essentiellement symbolique choisirent d'utiliser tel quel le Régulateur du Maçon. Aujourd'hui sur les 47 loges du Grand Orient qui prati¬quent une version traditionnelle du Rite Français on trouve les deux options (quelles que soient les appellations, parfois fantaisistes, de Rite Français :1783,1801, "Traditionnel" ou même "Ancien" !). À partir du Grand Orient de France ce Rite Moderne Français Rétabli essaima à la GLTSO, à la LNF, à la GLFF... et même à la GLNF !

En 1813, en Angleterre, sous la pression du pouvoir politique, les Grandes Loges des "Modernes" et des "Anciens" fusionnèrent. Le Rite retenu est largement celui des "Anciens"; on l'appellera Emulation (du nom de la loge de conciliation chargée de l'élaborer). Ce rite se diffusera dans tout l'Empire colonial britannique. Le rite des "Modernes", de la Première Grande Loge, tomba donc en désuétude dans sa terre d'origine... Aujourd'hui, la seule grande obédience maçonnique au niveau international qui le pratique encore est le Grand Orient de France... sous le nom de Rite Français, quelles que soient ses versions!

Pierre MOLLIER

Source : le blog de Montaleau

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