Rituel de Maître de Marque de l'Arche Royale Américaine (4)

Publié le par Rituel de L'ARA

INSTRUCTION

 

   T.V.M.   (Ou un officier désigné par le T.V.M.)

                 Mon Frère, une courte explication de la cérémonie de ce Grade va s'avérer à la fois intéressante et instructive.

                 Lors de la construction du Temple du Roi Salomon on employa 80.000 Compagnons et vous avez aujourd'hui représenté l'un d'eux, dont c'était l'habitude, à la fin du sixième jour de chaque semaine, de se rendre au Temple avec de l'ouvrage à faire inspecter. Les inspecteurs, choisis parmi les plus habiles ouvriers, étaient appelés contremaîtres ou Surintendants et placés aux barrières aménagées au Sud, à l'Ouest et à l'Est, pour y recevoir les ouvrages apportés pour la construction du Temple.

                 Pour éviter que l'on n'accepte des ouvrages impropres, dus aux mains de compagnons incompétents, le Roi Salomon ordonna que chaque Compagnon se choisisse une marque, laquelle devait être gravée sur tout ouvrage exécuté par lui, afin que l'on puisse le reconnaître parmi les autres, lorsqu'il serait soumis à l'inspection.

                 Le salaire d'un ouvrier était d'un sou par jour, payé par le Premier Surveillant, qui, par ordre du Roi Salomon, exigeait que chaque Compagnon ayant droit à un salaire passe, à un guichet ménagé dans ses appartements, sa main droite, portant dans la paume sa Marque et donnant ce Gage.

                        Il le fait.

                 Le Premier Surveillant voyant la Marque et le Gage, savait quel salaire était dû et le payait en conséquence. Le défaut de Marque ou de Gage décelait un imposteur, auquel le châtiment d'avoir la main droite tranchée, était infligé.

                 Les cérémonies de ce grade sont basées sur la C.D.V., préparée par notre Grand Maître H.A. et utilisée comme clé de l'arc principal du Temple du Roi Salomon. Nos traditions rapportent qu'un certain sixième jour, un jeune Compagnon, se rendant au Temple avec de l'ouvrage à soumettre à l'inspection trouva, dans les carrières, cette pierre curieusement taillée et, remarquant ses formes et beauté particulières, la substitua à son propre ouvrage. Il la présenta ensuite à la barrière du Sud pour y être inspectée. Le Deuxième Surintendant hésita à l'admettre mais, à cause de ses formes et beauté particulières, autorisa qu'elle passe au Premier Surintendant qui, pour des raisons semblables, l'envoya au Maître Surintendant.

                 Le Maître Surintendant ne connaissant pas les principes de construction de l'arc, remarquant que la pierre n'était ni cubique, ni rectangulaire, les seules formes qu'il avait ordre d'accepter, et qu'elle ne portait aucune des marques régulières du Métier, réunit en conseil les Surintendants qui, ne pouvant déterminer l'usage de cette pierre pour la construction du Temple, la jetèrent parmi les gravois, de cette manière.

                 Il fait le Signe du Rejet

.                Le jeune ouvrier essaya ensuite de recevoir un salaire mais, ne pouvant donner de gage. Il fut décelé comme imposteur et, si un Frère ne s'était interposé à temps, il aurait enduré le châtiment

                 Il fait le Signe.

 

                 Lorsque le Temple fut presque achevé, le Premier Surveillant annonça au Roi Salomon que les ouvriers du Métier ne pouvaient continuer les travaux, par manque d'une C.D.V., pour l'arc principal du Temple. Le Roi Salomon répondit que cette partie de l'ouvrage avait été confiée à notre Grand-Maître H.A. qui, connu pour sa ponctualité, ne pouvait avoir manqué de l'exécuter. On ordonna de rechercher la C.D.V., qui fut trouvée et, en temps voulu, mise en place dans l'arc.

                 Ce grade fut fondé par Salomon, Roi d'Israël, Hiram, Roi de Tyr et Hiram Abi dans le but, non seulement, de récompenser le Labeur, la Fidélité et l'Habileté, mais aussi pour éviter à tout jamais, qu'un Frère Maître de Marque puisse manquer des nécessités de la vie, alors que le prix de sa Marque peut les lui assurer.

 

EXHORTATION

 

   T.V.M.   (Ou un Passé T.V.M.)

             

                 Mon Frère, je vous félicite d'avoir été jugé digne d'être avancé à ce grade honorable de la Franc-Maçonnerie. Permettez-moi d'insister pour que votre esprit comprenne bien que votre assiduité doit toujours être proportionnée à vos devoirs qui deviennent d'autant plus nombreux que vous avancez dans la Franc-Maçonnerie.

                 En tant que Maître de Marque honorable, votre devoir tout particulier consiste en une conduite telle, aussi bien en loge que parmi vos Frères, qu'elle puisse être éprouvée par l'équerre du Grand Surintendant pour que, tel l'ouvrage inachevé et imparfait de l'ouvrier négligent et infidèle des temps anciens, vous ne soyez pas refusé et jeté de côté, comme impropre pour cet édifice spirituel, cette demeure qui n'est pas faite de main d'homme, éternelle dans les cieux.

                 Aussi longtemps que votre conduite sera telle, si l'infortune vous assaille, si des amis vous trahissent, si la jalousie salit votre bon renom, si la méchanceté vous persécute, soyez sûr que parmi les Maîtres de Marque, vous trouverez des amis qui vous prodigueront le soulagement dans votre détresse et le réconfort dans votre affliction, gardant à jamais présent à l'esprit, comme consolation face aux revers de fortune et comme encouragement à espérer de meilleures choses, que la pierre que rejetèrent les bâtisseurs et qui possédait des mérites inconnus d'eux, est devenue la pierre principale du Temple.

                 Vous pouvez maintenant prendre place parmi vos Frères.

             

CONCLUSION

 

   T.V.M.       Frère Second Surveillant, quelle heure est-il ?

        2.S.   C'est la sixième heure du sixième jour de la semaine.

   T.V.M.       Frère Maréchal, rassemblez les Ouvriers et rendez vous aux appartements du Premier Surveillant pour y recevoir les salaires.

      Mar.           (Avec son pied droit.)

                 Tous les Frères se mettent debout

                 Ouvriers, formez-vous en cortège au Sud de la Loge, en colonne par un, face à l'Est.

                 Le cortège est formé par les Su. en tête, suivis par le Cand., le 1.E. et les autres ouvriers (désignés préalablement). Tous font le tour de la Loge comme lors du cortège précédent. Chaque ouvrier passe la main dans le guichet et reçoit un sou. Lorsque tous ont reçu leur salaire, le cortège va former un cercle autour de l'Autel, laissant une ouverture à l'est. Pendant la marche du cortège, l'hymne suivant est chanté:

 

Maîtres de Marque, oyez !

Face au Chef de chantier,

Rassemblez-vous,

Qu'il inspecte vos travaux,

Pour l'Architecte En-Haut,

Et s'ils sont sans défauts,

Les approuve.

Si vos actes sur terre,

Et vos vies sont d'Équerre,

Mains,cœurs unis.

Votre Marque tendez

Avec les justes et vrais;

Votre salaire est prêt,

Soyez béni.

Allez vers l'Occident,

Où Hiram vous attend

Force et Bonté.

Mais que les imposteurs,

Mêlés aux travailleurs,

Prennent bien garde à leur dextre poignet.

 

      Mar.   Faisant le tour du cercle, par l'intérieur, demande à chaque Frère, puis au 1.E. et enfin au Cand., en passant devant eux

                 Combien as-tu reçu ?

                 Chaque ouvrier répond

     Ouvr.   "Un sou".

      Mar.   S'adressant au Cand., qui a aussi répondu

     Cand.   "Un sou"

      Mar.   Quoi ! Toi aussi, un sou ?

                 Ouvriers, voici quelqu'un qui est venu à la onzième heure et a reçu autant que nous, qui avons enduré la fatigue et la chaleur du jour entier. Ce n'est pas juste et je refuse mon salaire!

                 Il jette sa pièce au sol et chaque Ouvrier dit:

     Ouvr.   "Moi aussi !" (Et jette sa pièce au sol.)

   T.V.M.       Frère Premier Surveillant, quelle est la cause de cette confusion ?

        1.S.   Très Vénérable Maître, les Ouvriers ne sont pas satisfaits de leurs salaires.

   T.V.M.   N'avez-vous pas payé à chacun ce qui était convenu ?

        1.S.   J'ai payé chaque homme comme convenu !

   T.V.M.   Alors, mes Frères, pourquoi êtes-vous mécontents ?

      Mar.   Très Vénérable Maître, nous avons enduré la fatigue et la chaleur du jour entier, et nous plaignons de constater que ceux qui arrivèrent à la onzième heure, ont été traités comme nos égaux.

   T.V.M.   N'est-ce pas la loi traditionnelle ?

      Mar.   Nous ne connaissons pas une telle loi traditionnelle.

   T.V.M.   Voulez-vous l'entendre ?

      Mar.   Nous le voulons.

   T.V.M.   Voici la loi traditionnelle: (Le T.V.M. récite le passage suivant : Matt. 20, 1‑16 et 22, 4 depuis sa place à l'Est. Il ne doit pas lire dans un ouvrage !.

                 "Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d'un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d'autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit:

                 «Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est raisonnable.» Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième et il fit de même. Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d'autres qui étaient sur la place, et il leur dit

                 «Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire ?» Ils lui répondirent:

                 «C'est que personne ne nous a loués.»

                 «Allez aussi à ma vigne», leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant:

                 «Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers». Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent:

                 «Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traite à l'égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur». Il répondit à l'un d'eux:

                 «Mon ami, je ne te fais pas tort; n'as-tu pas convenu avec moi d'un denier? Prends ce qui te revient, et va-t'en.

                 Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi. Ne m'est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou, vois-tu d'un mauvais oeil que je sois bon ? Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers». "Car il y aura beaucoup d'appelés, mais peu d'élus!".

   T.V.M.   Que dites-vous maintenant; êtes-vous satisfaits ?

      Mar.   Nous le sommes.

                 Les Frères, debout, chantent le couplet suivant:

 

Honneur à tous ceux qui

Vainquirent les ennemis

De l'Art royal.

Aux trois grands précurseurs

Qui ce grade fondèrent.

Que leurs vertus de cœur

En nous s'éveillent.

 

CÉRÉMONIAL DE FERMETURE

 

   T.V.M.       Frère Deuxième Expert, quelle est la dernière comme la première précaution dans une Loge de Maîtres de Marque ?

        2.E.   C'est de s'assurer que la Loge est dûment couverte.

   T.V.M.   Veuillez accomplir ce devoir, informer le Tuileur que je vais fermer cette Loge de Maîtres de Marque, qu'il en prenne bonne note et agisse en conséquence.

        2.E.   Le 2.E. prend sa verge, se rend à la porte d'entrée de la loge et frappe quatre coups de l'intérieur:       _

                 Le Tuil. lui répond par quatre coups de l'extérieur.

       Tuil.   _

        2.E.   (Ouvre la porte)    Frère Tuileur !

       Tuil.   Frère Deuxième Expert ?

        2.E.   Le Très Vénérable Maître m'a chargé de vous informer qu'il va fermer cette Loge de Maîtres de Marque. Prenez-en bonne note et agissez en conséquence.

                 Il referme la porte revient à sa place fiche sa verge dans le socle, se tient droit face au T.V.M.

                 Très Vénérable Maître !

   T.V.M.   Frère Deuxième Expert ?

        2.E.   Le Tuileur est informé.

   T.V.M.      Tous se lèvent. Frère Premier Expert, allez à l'autel.

                 Le 1.E. se rend à l'Ouest de l'Autel salue, dissocie les Lumières puis se tient droit face à l'Orient

                 Je déclare maintenant cette Loge de Maîtres de Marque fermée. Frère Deuxième Expert, informez le Tuileur.

        2.E.   (Prend sa verge, se rend à la porte d'entrée de la loge et frappe quatre coups de l'intérieur) _

       Tuil.   (Le Tuil. lui répond par quatre coups de l'extérieur)      _

        2.E.   (Ouvre la porte)    Frère Tuileur! Le Très Vénérable Maître m'a chargé de vous informer que cette Loge de Maîtres de Marque est maintenant fermée.

                 Le 2.E., referme la porte et revient à sa place.

        2.E.   Très Vénérable Maître, le Tuileur est informé.

            T.V.M. 

            Ceci fait asseoir toute la loge. L'E.G.P. passe au point suivant de l'ordre du jour du Chapitre qui se trouve ainsi repris, ou suspend les travaux selon la forme.

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