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Hauts Grades

Rituel du devoir

27 Août 2012 , Rédigé par Compagnon du devoir Publié dans #histoire de la FM

INITIATION

Premier entretien:

« Pays, vous savez qu'il y a réception pour le jour de Pâques. Ceux qui désireraient se faire recevoir devront en avertir un compagnon au moins huit jours d'avance. »

La confidence étant faite, les aspirants présents s'occupent de faire le chef-d'oeuvre; ils le portent en chambre où les compagnons sont assemblés, le posent sur une table recouverte d'une serviette et tous les Compagnons le visitent. Le premier en ville demande s'il n'y a pas d'opposant, car il n'en faut que trois pour que l'aspirant soit refusé.

Puis on le fait monter en chambre où un compagnon désigné lui signale les défauts du chef-d'oeuvre. Le Compagnon prie l'assemblée d'avoir des égards pour lui et lui dit qu'il lui rendra réponse de la décision prise à son égard.

 COMMANDE D'ASSEMBLEE, CRIS MYSTIQUES ET RECEPTION

Deuxième entretien.

Minuit approche ‑ les aspirants qui doivent être reçus sont arrivés chez la Mère. Un Compagnon est avec eux pour empêcher toute conversation. Enfin, minuit a sonné Deux Compagnons revêtus de leurs insignes s'approchent de l'aspirant et lui frappent sur l'épaule, lui découvrant la tête et lui passant la main sur le front, et puis, ils fui font signe de les suivre.

Il arrive près d'une table sur laquelle se trouvent des couleurs en croix, une assiette avec de 1 ' 'esprit de vin qui brûle, sans autre lumière, et une autre assiette pour lui faire déposer ses métaux.

A côté se trouve une tête de mort. Un Compagnons se couche sur une espèce de cercueil, tout nu, recouvert jusqu'à la poitrine d'un drap blanc et le bras étendu dans l'attitude d'un homme mort. Il représente le parjure!... L'aspirant, les yeux bandés, est conduit devant cette table.

Le Premier en ville lui dit :

" Pays, qu'êtes-vous venu faire ici? "

L'aspirant répond

" Me faire recevoir compagnon du Devoir ".

Le P.-"Comment avez-vous osé pénétrer dans ce lieu?

L'aspirant. répond.

Le P.- Savez-vous prier Dieu?

L'aspirant. ‑ Oui.

Le P.‑Faites votre prière.

L'aspirant. ‑ Laquelle?

Le P.‑ Celle que vous voudrez.

Après que l'aspirant a fait sa prière on le fait relever, on lui demande s'il veut qu'on lui débande les yeux. Il répond " oui ".

Alors un Compagnons le menace avec un poignard levé sur sa poitrine et lui dit :

« Pays, voyez ce qui est réservé au parjure ».

 On lui bande les yeux de nouveau et on lui dit qu'il faut qu'il  frappe le parjure.

Le Compagnons qui était couché se relève et on lui conduit l'aspirant le poignard à la main. Au moment qu'il va frapper on lui dit :

« Arrêtez, Pays! » et on le conduit au Temple en le faisant voyager entre deux Compagnons qui le tiennent chacun par un bras.

Etant arrivé, un Compagnon frappe un coup.

Un autre Compagnon qui est dans le Temple demande :

« Qui amenez‑vous là? »

On lui répond :

« Un brave aspirant qui désire se faire recevoir Compagnons ».

La porte s'ouvre et on le fait entrer. On le fait asseoir, on lui met entre les jambes un réchaud avec profusion d'encens. Le premier en ville s'asseoit près de lui, lui demande ses noms et prénoms, sa, religion, s'il veut en changer. La conversation dure longtemps sur la religion et la fausse monnaie.

C'est‑à‑dire que l'on tend un piège au récipiendaire, en lui disant que, pour être admis, il lui faut abjurer sa religion et s'engager à faire de la fausse monnaie. C'est là une éprouve comme en imposent aux néophytes toutes les sociétés secrètes

On lui dit :

« Pays, tous les Compagnons ont un papier quand ils voyagent. Si on voulait vous le prendre que feriez-vous? »

L'aspirant répond : « Je le cacherais de mon mieux, et si on voulait me le prendre de force, je le défendrais au péril de ma vie . On lui répond Ce que vous dites est bien » et on a soin en même temps de lui mettre la main sur la tête pour la lui faire courber à seule fin que l'encens qu'il a entre les jambes lui aille bien au visage.

« Mais ce n'est pas cela qu'il faudrait faire (lui dit‑on); il faudrait le manger (le papier). Mais il y a un cachet, et sur ce cachet un acide corrosif, autrement dit un poison. Plutôt que de vous le laisser prendre, il faudrait l'avaler; vous sentez-vous le courage de le faire? » et on lui met un papier entre les mains, et on lui dit de l'avaler et comme on a soin de verser du suif dessus, il fait la grimace et on lui dit : « Mangez toujours! » et si l'aspirant le mange, on l'arrête et on lui dit qu'on ne veut pas l'empoisonner. Alors on lui débande les yeux, et il voit un temple en forme d'escalier (recouvert de calicot) de sept marches et des couleurs suspendues formant l'équerre. L'aspirant porte les regards sur cela; on le fait mettre à genoux, et on le fait jurer, en étendant la main droite, par son père, sa mère, ses frères et soeurs, de ne point divulguer le secret des compagnons.

On lui fait répéter trois fois . « Je jure, je jure, je jure » et un compagnon s'adresse à l'Assemblée. « Et vous, frères, si le pays devenait parjure, que mériterait‑il? »

Tous répondent d'un ton lugubre : « La mort!... »

Ensuite on lui fait boire le breuvage que l'on lui dit que Maître Jacques a composé pour les réceptions, qu'il n'est pas bon, mais qu'il faut qu'il le boive jusqu'à la lie. L'on désigne trois compagnons : l'un pour servir de parrain, l'autre de marraine, et l'autre de curé. On lui donne un nom et on le baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit compagnon du Devoir, enfant de Maître Jacques.

On lui donne les couleurs et on lui dit que le rouge est le sang que Maître Jacques a répandu dans les plaines de Provence, et on lui donne le baiser de compagnon. 

Rituel de réception de l'Union compagnonnique.

Au début de la séance au cours de laquelle il doit être procédé à des réceptions, le président frappe trois coups de maillet et dit :

"Compagnons, debout et à l'ordre

 Tous les compagnons se lèvent, tête nue, la main gauche sur le coeur, la main droite

ouverte et tendue vers le président. Ce dernier frappe encore un coup de maillet et dit « Compagnon maître des cérémonies, quelle heure est‑il? »

R. Mon Président c'est l'heure, à laquelle les C se livrent à leurs mystérieux travaux.

D. Puisqu'il en est ainsi, au nom des trois fondateurs du compagnonnage, Salomon, Jacques et Soubise, sous les auspices du conseil supérieur de l'Union compagnonnique et par les pouvoirs qui m'ont été conférés, je les déclare ouverts.

R. Notre concours vous est acquis. 

On lit alors le compte rendu de la dernière séance; on signe le procès verbal, puis on suspend la séance et on introduit les retardataires.

A la, reprise de la réunion, des délégués de la société vont prendre les récipiendaires et les introduisent dans les lieux secrets désignés à cet effet. Ils doivent justifier qu'ils ont payé le droit d'entrée de 10 francs, s'ils étaient déjà aspirants, celui de 20 francs dans tout autre cas.

On les conduit ensuite dans la chambre des réflexions où ils peuvent lire des inscriptions telles que celles-ci

• Si la curiosité te conduit ici, va‑t'en !»

• Qu'est-ce qu'un honnête homme se doit à lui-même? »

• Que doit-il à ses semblables, à sa patrie? »

• Que pensez-vous du compagnonnage? »

On bande ensuite les yeux des néophytes et on les ramène à l'endroit d'où ils sont venus. On leur demande le nom * qu'ils veulent porter, en les avertissant qu'il ne leur sera sûrement pas donné, car les noms doivent se tirer au sort. Puis on leur ôte leurs chapeaux, cravates, paletots, gilet, montre, bijoux, argent et toutes sortes de métaux **.  

*.Il n'y a rien de vrai dans cette affirmation. On veut, en persuadant au récipiendaire que le choix d'un nom est pour lui une formalité sans conséquence, éviter qu'il se préoccupe de l'opinion d'autrui et lui permettre de se décider en toute liberté.

**. Il est fait allusion à cet usage dans le catéchisme des compagnons de 'Maître Jacques.

On demande au nouveau C : « Comment étiez-vous vêtu, quand on vous a reçu?

R. Je n'étais ni nu, ni vêtu, mais dans un état décent et dépourvu de tous métaux.

D. Pourquoi?

R. Comme marque de mon innocence et dépourvu de tous métaux pour marquer qu'un compagnon ne doit jamais se rendre coupable d'opprobre et de déshonneur... (?)...

La même recommandation se trouve dans le rituel du catéchisme d'apprenti franc-maçon. Cette fois la prohibition de tous métaux est expliquée par cette raison que

« lorsqu'on bâtit le temple. de Salomon, les cèdres du Liban furent envoyés tout taillés et prêts à être mis en oeuvre, de sorte qu'on interdit tout coup de marteau ou d'aucun autre outil ».

On leur met le bras gauche hors de la chemise, on leur retrousse le pantalon de la jambe droite jusqu'au genou, puis les frères conducteurs les amènent. Ici le rituel ordonne de recourir à certains artifices assez ridicules en vue de jeter l'épouvante dans l'âme du candidat auquel une grande bonne volonté est assurément nécessaire pour prendre au sérieux ce tapage inoffensif et puéril. On ouvre la porte avec fracas, comme si elle était garnie de gros verrous. On fait marcher les néophytes tête baissée comme s'ils entraient dans un. souterrain. On les promène à droite, à gauche, en avant, en arrière, puis on les fait asseoir, vis-à-vis du président. Le Maître des cérémonies avertit ce dernier que les néophytes sont dans le temple, et leur interrogatoire commence

1.      Les questions suivantes leur sont posées tour à tour

2.      « Quel est votre dessein en vous présentant ici?

 Qui vous en a inspiré le désir?

« Quelle idée vous faites-vous de l'ordre des C

« Savez-vous quelles obligations on contracte parmi nous?

« Quelle idée vous formez-vous d'une société dans laquelle on exige que les récipiendaires soient présentés d'une manière qui doit vous paraître singulière? 

1. Cet interrogatoire n'est autre que le testament en usage dans les réceptions maçonniques. On sait que tout profane est tenu, lors de son initiation dans la maçonnerie, de faire une sorte de profession de foi, de déclarer quelles sont ses opinions philosophiques, de dire quelle idée il se forme de ses devoirs envers la société, la famille, etc. On nomme cette épreuve morale le testament, bien que la liberté du prétendu tentateur semble n'y être guère respectée. Il nous souvient à ce propos d'avoir entendu un franc-maçon - dont, au surplus, la valeur intellectuelle et la sincérité ne sont pas en cause et auquel une assez brillante fortune politique était réservée, - raconter en notre présence, il y a dix ans environ, l'anecdote suivante. Dans la loge dont la personne en question faisait partie, un profane fut mis en demeure, au cours de sa réception, de déclarer si, dans ses dispositions testamentaires, il réclamerait ou non des obsèques purement civiles. Ayant tergiversé et finalement ayant répondu qui abandonnerait aux siens le soin de régler cette question, ce profane s'entendit refuser l'accès de la maçonnerie. 

Un S Encore une fois, soyez franc dans vos réponses. Nous lisons dans votre coeur. » 

Aussitôt  après que le néophyte a répondu à ces questions commencent les épreuves à peu près calquées sur celles  qui sont en usage dans la maçonnerie

Le premier voyage est le plus pénible de tous. Le candidat, dont les yeux sont bandés, est promené à travers la chambre et l'on s'efforce de multiplier les obstacles sous ses pas. On le fera marcher tantôt à pas lents, tantôt un peu plus vite. On l'obligera encore à se baisser comme pour passer sous un souterrain, à enjamber comme pour franchir un fossé, à marcher en zigzag. On imitera l'orage, la grêle et le tonnerre afin de lui imprimer quelques sentiments de crainte.

On suspend ensuite un instant ce colin-maillard tintamarresque et le président demande au profane, quelles sont ses impressions qui doivent être plutôt confuses. Puis il lui explique que .« ce premier voyage est l'emblème de la vie, du tumulte des passions, de la difficulté des entreprises, des obstacles qui se multiplient sous nos pas, mais aussi qu'il signifie le bonheur d'avoir des amis qui nous guident et nous secourent à travers les dangers.

 Le second voyage s'accomplit à une allure plus rapide.

«Il ne doit être remarquable que par un bourdonnement que les compagnons font à bouche fermée, en imitant le sifflement sourd d'un ouragan. Le candidat doit aussi tremper sa main dans l'eau d'un baquet.

On le ramène ensuite à sa place et on l'informe que le « bourdonnement est le symbole des combats que l'homme vertueux doit soutenir contre le vice. L'eau est le symbole de la purification.

Le troisième voyage a lieu à grands pas, mais sans précipitation

On secoue devant le patient une torche dont on lui fait toucher la flamme en évitant de le brûler.

Leçon. ‑ « Pays, vous devez avoir remarqué que ce voyage est encore moins pénible que le précédent. Quant à la flamme, c'est le complément de la purification. » 

Quelques questions sont adressées au novice :

Feriez-vous le sacrifice de vos opinions pour la défense du compagnonnage?

Que penseriez‑vous d'un homme qui trahirait ses serments?... » etc.

Puis on lui présente, comme au futur maçon, la célèbre coupe d'amertume en lui disant : « Buvez ce breuvage jusqu'à la lie. C'est le calice d'amertume de la vie. »

On conduit ensuite le néophyte à l'autel; il tient dans la main gauche un compas dont on a pris soin d'émousser la pointe. On lui fait étendre la main droite et on lui dit :

« Pays, l'engagement que vous allez contracter ne contient rien qui puisse blesser le respect que nous devons tous aux lois de notre pays, ni aux bonnes moeurs, ni à votre foi politique et religieuse, en un mot, rien qui puisse blesser votre conscience. Mais je vous préviens qu'il est terrible autant que solennel. Il faut cependant que vous le prêtiez de votre pleine et libre volonté. Y consentez-vous?

S'il répond oui, le président lui dicte la formule du serment qu'il répète mot pour mot :

« Sur l'air que je respire, sur l'eau qui me désaltère, sur la lumière qui m'éclaire, sur tout ce que j'ai de plus cher et de plus sacré au monde, je jure de garder à tout jamais inviolables les secrets de l'Union compagnonnique, de me soumettre à sa constitution, aux règlements généraux de l'ordre, de ne jamais méconnaître un bon compagnon de quelque état qu'il soit, dans quelque condition qu'il puisse être, de l'aider de mes conseils et des services que je pourrai lui rendre, de ne jamais porter atteinte ni à sa fortune ni à son honneur. Si je deviens parjure, que je meure maudit et que ma mémoire soit en exécration. »

Les compagnons répondent « Qu'il en soit ainsi! »

lis laissent tomber leur bras droit. La main frappe sur la cuisse droite en signe de contentement. On emmène les récipiendaires pour les rhabiller, tandis qu'avec une aimable, mais un peu puérile ingénuité, les Unionistes préparent l'effet de la lumière. Les rédacteurs du rituel qui veulent absolument nous arracher toutes nos illusions, nous apprennent que cet effet est simplement produit par le gaz, ou à défaut de gaz, par une flamme d'alcool ou un feu de bengale.

Avant l'apparition de. la lumière le président s'écrie

"C ici présents, si notre nouveau frère devenait parjure, que mériterait‑il?"

Tous (d'une voix sombre) : « La Mort ! »

LE PRESIDENT. ‑ « Puisque vous avez confiance en sa parole, que demandez‑vous pour lui? »

Tous (d'une voix plus douce et moins forte) : « La lumière. »

LE PRESIDENT.

« Que la lumière lui soit accordée. »

Ce fiat lux est le signal attendu pour le grand effet qui doit achever de sidérer le néophyte. On frappe trois coups de maillet. Au deuxième coup on ôte le voile qui bande ses yeux et, au troisième coup, c'est-à-dire dès que ses yeux se rouvrent, tel un éclair striant la nue, la flamme mystique jaillit du bec de gaz subitement ouvert ou du bol de punch préparé à cet effet. On conduit ensuite le récipiendaire à l'autel et on lui présente une coupe où se trouvent trois bulletins roulés portant tous trois (à son insu) le nom qu'il a choisi pour son baptême compagnonnique : Nivernais la Fidélité par exemple, ou Agenais Bon Coeur. On lui dit que ces trois noms ont été choisis par ses pères et sont en harmonie avec son caractère. Il plonge sa main dans la coupe, il tire un bulletin. 0 prodige attestant bien la puissance des trois grands fondateurs, Salomon, Jacques et Soubise ! le bulletin porte justement le nom que le candidat avait choisi! Le président alors le proclame compagnon, lui remet les couleurs, lui donne le mot de passe, lui indique les signes, attouchements, la manière de marcher, lui révèle les rites de l'entrée de chambre et de la reconnaissance et le présente aux compagnons. Parfois l'un d'eux prononce un discours de circonstance. Puis, le président se met à l'ordre, déclare les travaux finis et frappe les trois coups de maillet de rigueur.

La réception officielle est terminée; elle a souvent son épilogue chez quelque restaurateur ou marchand de vins voisin où l'on fête, le verre en main, le nouveau compagnon.

 

Instruction et Catéchisme compagnonniques. Leurs analogies. avec le Catéchisme et le rituel maçonniques. 

Il importe d'enseigner au nouveau compagnon la doctrine morale du compagnonnage et de lui donner connaissance des traditions qui se sont perpétuées dans les Devoirs. . L'instruction et le Catéchisme compagnonniques ont été composés dans ce but. Le Catéchisme compagnonnique a déjà été publié dans la brochure intitulée : Le secret des Compagnons cordonniers dévoilé (Paris, Payrard, 1858). Quant à l'Instruction compagnonnique, encore inédite, nous lui ferons de fréquents emprunts.

Abstraction faite des maximes et des préceptes moraux qui s'y trouvent épars *, l'Instruction et le Catéchisme ne sont guère autre chose que l'exposé des légendes des trois fondateurs et l'explication des principales allégories dont se compose le fonds commun des trois Devoirs. Il est impossible de parcourir les rituels maçonniques, dont le texte est aujourd'hui bien connu, grâce à diverses divulgations qui en ont été faites, grâce aussi aux manuscrits ayant appartenu à d'anciens vénérables ou orateurs décédés et dont il n'est pas très difficile de se procurer un exemplaire **, sans être frappé de l'analogie qui existe entre ces formulaires et ceux du compagnonnage. Nous possédons, grâce à l'obligeance d'un ami, archiviste paléographe et historien distingué, l'un de ces manuscrits, daté de l'an 5769 de l'ère maçonnique, c'est-à-dire de l'année 1769 de l'ère chrétienne. Ce manuscrit renferme de nombreux passages qui semblent calqués sur le rituel du Devoir de Maître Jacques (à moins que ce ne soit, au contraire, ce dernier document qui ait été emprunté au formulaire maçonnique). Les citations suivantes permettront au lecteur de se convaincre de la parenté qui existe entre les deux textes

 

Rituel de Compagnon du devoir

Catéchisme :

D. Etes-vous compagnon?

R. Eprouvez‑moi.

.D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes compagnon ?

 R. A mes signes, attouchements et paroles.

P. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.

D. Que vîtes-vous lorsque vous fûtes reçu?

D. Que signifient ces trois grandes lumières ?

R. Le soleil, la lune et le rouleur en chambre.

D. Quelles sont les principales lois du compagnonnage?

R. Punir le crime et honorer la vertu.

D. Combien avez-vous d'ornements dans la Loge?

R. Trois.

D. Quels sont-ils?

R. La pavé mosaïque, l'étoile flamboyante et la houppe dentelée.

Rituel Maçonnique (Loge de saint JEAN).

Catéchisme d'apprenti :

D. Etes-vous maçon?

R. Mes frères me reconnaissent pour tel.

D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes maçon?

R. A mes signes, paroles et attouchements.

D.  Pourquoi vous êtes-vous fait maçon?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.

D.  Quand on vous a donné la lumière, qu'avez-vous vu?

R. Trois grandes lumières.

D. Que signifient-elles?

R. 'Le soleil, la lune et le vénérable.

D. Quelles sont les devoirs d'un maçon?

R De fuir le vice et de pratiquer la vertu.

D. Combien avez-vous d'ornements dans la Loge?

R. Trois.

D. Quels sont-ils?

R. L'étoile flamboyante, la houppe dentelée et le pavé mosaïque.  

1. Il n'est fait aucune allusion aux Catéchismes et Instructions compagnonniques dans la publication de l'Office du Travail: Les associations professionnelles, t, 1, où il est traité, dans un chapitre spécial, du compagnonnage.

2. Pour ne citer qu'un auteur entre plusieurs, M. Copia Albancelli a publié un résumé du rituel maçonnique. On trouvera aux Archives Nationales, FI, 4236, au milieu de pièces qui ont trait au compagnonnage, un rituel maçonnique dont l'existence n'a pas encore été signalée et que paraît être de la fin du siècle dernier.

 Source : RB

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