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Hauts Grades

Rôle et fonction des officiers au RER

15 Mai 2012 , Rédigé par Roland Bermann Publié dans #histoire de la FM

Les fonctions des officiers sont beaucoup plus codifiées par des usages transmis
de génération en génération que par des textes formels. Le seul texte de ce
type, à ma connaissance, figure dans le Code Maçonnique des Loges RER de France
approuvé au Convent de Lyon en 5778. Ce texte est reproduit, avec l’intégralité
du Code, dans l’indispensable livre de Jean Tourniac, Principes et Problèmes
spirituels du RER, aux pages 297 à 300. Tout Maçon Rectifié se doit de posséder
cet ouvrage. Ce fragment du Code, très concis, donne les lignes générales et se
trouve, au plan organique, en contradiction avec plusieurs points de l’actuel
règlement intérieur de la GLNF. Mais là n’est pas notre propos, car il convient
ici de s’intéresser au rôle et à la fonction et non aux modalités
obédientielles.

ELEMENTS GENERAUX

Chaque Officier porte le cordon de sa charge et se doit d’incarner la fonction
qu’il emblématise. Le porteur d’une fonction doit agir comme fonction et non pas
en tant qu’individu. L’individu s’efface derrière la charge, il s’y investit et
s’y fonde. Il ne s’agit nullement d’un honneur (les métaux sont laissés à la
porte du Temple) mais bien plutôt d’un engagement à faire et à être. (cf. texte
des serments prêtés lors de l’investiture).

En bref :

La fonction implique une participation totale et une « mise en prise
directe », si je peux oser une telle expression, sur le Sacré pendant le
déroulement de la tenue afin de contribuer au mieux à faire circuler l’énergie.
Comment chacun d’eux peut-il le faire ? Il doit y avoir, plus encore peut-être
que sur les colonnes, vigilance et vis à vis de soi et vis à vis de l’instant.
Le rôle implique l’acceptation d’une responsabilité, d’un engagement à
faire. Ceci est bien loin de toute distinction honorifique.
Il est dit dans le rituel : « 3 la forme, 5 la compose et 7 la rende juste et
parfaite », Cette sentence, dont nous avons eu l’occasion de parler sur nos
listes, est dans la plupart des Rites rapportée aux officiers de la Loge. Pour
ce qui est du RER, dans l’Instruction au Grands Profès, il lui est conféré une
autre signification. Mais si, comme d’aucuns le font, nous la rapportons aux
Plateaux, nous sommes face à 9 Officiers et non pas 7. Si l’on veut alors rester
cohérent, cela voudrait dire que 2 des plateaux sont différents, car à la
charnière du monde profane et plus que les autres en relation avec l’extérieur.
Mais ce n'est qu'une hypothèse gratuite.
Remarquons au passage que le nombre 9 est celui couronnement des efforts et de
l’achèvement. Nombre de l’accomplissement, il marque la fin de la première
décade et conduit au changement de plan.

(Le Christ crucifié à la 3ème heure commence son agonie à la 6ème et expire à la
9ème)

LES PLATEAUX

Maître des Cérémonies


Il faut noter que le MDC remplit au RER des fonctions dévolues à plusieurs
officiers dans d’autres Rites. Il remplacera le Tuileur, le Couvreur, l’Expert,
… Ce n’est donc pas une mince tâche, car cela implique en particulier qu’il doit
connaître les tuilages de tous les Rites.

Texte du Code de 1778 :

Le Maître des Cérémonies doit veiller au cérémonial de chaque assemblée, et
examiner avant l’heure indiquée pour le travail si tout est disposé
convenablement pour la cérémonie du jour. Il doit examiner les FF visiteurs,
leur demander leurs certificats et les mots, signes et attouchements du régime
auquel ils appartiennent. En cas de doute, il doit consulter le VM, et même
attendre l’ouverture de la Loge, et en demander les ordres avant que de les
admettre. Il doit avoir soin de placer tous les FF suivant leurs grades et
dignités dans le régime rectifié.

Rituel de 1782

Le Maître des Cérémonies, aidé par ses Adjoints, ou par des Experts nommés par
le VM à cet effet, examine les Frères sur le Régime Rectifié, sur les grades
symboliques qu’ils disent avoir reçus, soit Apprenti, Compagnon, Maître, Maître
Écossais, et vérifie leurs certificats. Il examine de même les Frères des autres
Régimes mais sur les trois premiers grades seulement, devant, pour le rang
auquel il devra les placer dans la Loge, s’en rapporter à leur simple
déclaration qu’ils ont tel ou tel grade supérieur dans un autre régime. Il
vérifie également leurs certificats et leur demande les mots de passage qui
constatent qu’ils appartiennent à une Loge d’un régime régulier.

Définitions du rituel de 1785 :

Le Maître des Cérémonies doit apporter les mêmes attentions, afin de rectifier à
propos les parties essentielles du cérémonial dont on s’écarterait, et afin de
diriger tous les Frères de la Loge, lesquels doivent avoir l’œil sur lui pour
connaître ce qu’ils doivent faire lorsque le Vénérable Maître donne quelque
ordre avec son maillet. Le Maître des Cérémonies doit agir sans bruit et avec
décence, faisant en sorte de ne pas troubler ou interrompre notoirement le
cérémonial de la réception pour vouloir en rectifier quelques parties peu
essentielles. Ainsi donc, si son office est bien rempli, l’harmonie doit en
résulter sur les colonnes lors des cérémonies de réception

Donc, le Maître des Cérémonies est tout à la fois :

Métronome, il rythme et ordonnance les mouvements et les échanges, ce
qui implique qu’il connaisse parfaitement le Rituel pour chaque grade.

Relais entre le V\ M\ et la Loge par le bas.

Sert de modèle pour les FF de la Loge.

Par sa fonction de veilleur (dans le temporel) il a un pouvoir d’intervention
immédiat :

veille à l’agencement du Temple et vérifie son installation

surveille la tenue corporelle de tout un chacun

supplée, en cas de nécessité, aux surveillants si un manquement ou un
oubli se produit

Eléémosynaire

Si chaque F a un devoir d’attention et d’écoute vis-à-vis des autres, ce devoir
est particulièrement concrétisé dans la charge de cet Officier. Dans les Loges
des XVII° et XVIII° siècle, il était assisté par le Chapelain de la Loge qui,
sans avoir rang d’Officier, était un clerc en charge de l’assistance
spirituelle.

Texte du Code de 1778

L’Eléémosynaire est chargé de recevoir l’offrande volontaire des nouveaux reçus,
de présenter le tronc des aumônes à tous les FF à chaque assemblée, de même pour
les quêtes extraordinaires, et de retirer du F Econome tout ce qu’il aura pu
réserver sur chaque banquet. Le produit de tous ces objets est exclusivement
réservé pour les aumônes et l’état de cette caisse sera présenté tous les 3 mois
à la Loge, pour y être visé et arrêté. Le tronc aura 2 clefs, dont il faudra la
réunion pour l’ouvrir ; l’une sera entre les mains du VM, et l’autre restera à
l’E., qui ne pourra en rien retirer sans le consentement du VM et même des
surveillants, si l’objet est considérable. Il sera en outre l’infirmier de la
Loge, et tenu en cette qualité de s’informer des FF malades et de les visiter,
de leur procurer les secours dont ils auraient besoin, et de leur rendre en
général tous les services que l’amitié, la fraternité et l’humanité pourront lui
dicter. Si un cas particulier l’exige, on pourra à sa réquisition lui adjoindre
quelque autre F de la Loge. C’est l’Eléémosynaire encore qui est chargé
spécialement de veiller sur la conduite des FF et de faire des informations sur
la vie et les mœurs des candidats proposés pour être reçus, et d’en rendre
compte au Comité Ecossais et même à la Loge, si la prudence le permet.
Il représente activement le cœur de la Loge
Responsable du tronc des aumônes, il transforme l’acte de don en acte de charité
active. Il a le devoir de proposer au V\M\son utilisation pour venir en aide à
un F\ dans le besoin. La décision effective d’utilisation lui appartient
conjointement avec le V\ M\

Secrétaire

La complexité croissante du système obédientiel à tendance à lui conférer un
rôle devenu fortement administratif, mais son véritable rôle ne se limite pas à
cela.

Le code de 1778 définit clairement ses fonctions classiques :

« Le secrétaire est chargé spécialement de la correspondance de la Loge. Il
signe par mandement de la Loge et expédie les lettres, tableaux et certificats ;
il porte sur le protocole de la Loge les réceptions, agrégations, délibération
et élections. Tout acte est signé par le VM, les deux SS et le Secrétaire. … Il
doit être circonspect à n’envoyer des lettres d’invitation à aucun visiteur,
s’il n’a le consentement du VM ou de celui auquel il s’est remis pour cette
partie. …>>

Le code précise : << On ne fera et lira dans l’assemblée même que la minute ou
le brouillon du protocole qui sera signé et paraphé par celui qui a présidé la
Loge. Le Secrétaire l’écrira chez lui au net et en fera lecture à la première
assemblée, pour être signé par le VM, les deux SS et le Secrétaire. >>

Rien n’est dit quant à la manière de rédiger ce protocole. On comprend qu’il
doit être précis et fidèle, ce qu’indique bien la signature des minutes. Sa
formulation, qui a eu tendance à se standardiser au cours du temps, ressort
d’évidence des usages propres à la Loge ; quoi qu’en disent certains.

Ce même Code lui donne un second rôle :

<< Le Secrétaire est en même temps garde des archives, pour lesquelles il
prêtera une obligation particulière. Comme il pourrait se trouver des papiers de
la loge souvent entre ses mains, il les tiendra dans un portefeuille ou une
caisse fermant à clef, portant l’adresse du VM ou du Député Maître, et en cas
d’accident ou de maladie, l’Eléémosynaire est chargé spécialement de prendre les
mesures nécessaires pour la retirer. >>

Aujourd’hui, ses tâches étant de plus en plus lourdes, il est de plus en plus
fréquent qu’un F\archiviste soit nommé par le V\M\, F\qui travaillera en liaison
avec le Secrétaire.

Donc, pratiquement, outre son rôle administratif, il est la Mémoire écrite de la
Loge, il est le miroir reflétant les Travaux. Il est à l’écoute.

Par les deux lectures qu’il effectue, il fait, après l’ouverture, pénétrer dans
un Temps continu assurant le lien d’une Tenue à l’autre (la voix et le rythme de
sa parole sont importants).

Il doit pouvoir fournir à tout F\ le demandant les références à un événement du
passé.

Econome

Souvent considérée comme accessoire, cette charge est très importante pour la
vie d’une Loge si elle est remplie avec attention. Il ne semble pas qu’il y ait
de différences entre les Rites pour cette fonction, si ce n’est qu’au RER
l’Econome, comme il est stipulé dans le Rituel de Banquet, est chargé de
récupérer la part consacrée aux œuvres de bienfaisance.

Le Code de 5778 indique clairement que l’Econome est l’un des deux Officiers en
relation avec le monde extérieur. Il assure la vie matérielle de la Loge et doit
veiller à ce que rien ne manque qui soit nécessaire au bon déroulement des
travaux.
Il garde, entretien, perfectionne le matériel nécessaire aux travaux aux divers
grades.
En l’absence d’un Maître des banquets nommément désigné, il en assure la
fonction. Cette coutume de nommer un Maître des banquets est relativement
récente et provient d’autres Rites. Elle ne s’oppose toutefois pas au Code
d’origine, si l’on considère cette fonction comme celle d’un adjoint de
l’Econome. Il est en effet loisible de nommer autant d’adjoints qu’on le juge
nécessaire. Ces adjoints n’ont pas le rang d’Officiers.

Extraits du Code de 5778 :

L’Econome est chargé des décorations et meubles de la Loge, du soin de les
entretenir et de les faire réparer ; de faire tendre et détendre la Loge
convenablement à la cérémonie indiquée à chaque assemblée, de
l’approvisionnement des bougies et de toutes autres choses à l’usage de la Loge
qui sont confiées à sa garde. Toutes les dépenses qu’il fait, avouées par la
Loge, doivent être constatées par des comptes en règle, lesquels tant visés par
le VM lui sont remboursés par le Frère Trésorier sur son récépissé. Il est
chargé de commander les banquets pour le nombre de FF dont le Secrétaire lui
aura donné la liste… Il doit en faire la recette suivant l’usage, même auprès
des FF absents sur lesquels il aurait compté et dénoncer à la Loge ceux qui ne
satisferont pas à ce devoir à la première réquisition de sa part. Il doit
observer pour les banquets la frugalité prescrite par les Rites de l’Ordre et ne
jamais excéder le prix qui aura été fixé.

Trésorier

Le Code de 5778 ne consacre qu’un paragraphe à la fonction de Trésorier qui est
fort classique dans sa description. Il était tenu de présenter à la Loge un état
trimestriel des comptes devant être visé par le VM et par le Député Maître puis
communiqué à la Loge. En dehors de quelques livres de compte particulier, il
n’avait à tenir qu’un journal des recettes et dépenses, donc une très faible
charge administrative que lui envierait n’importe quel Trésorier d’aujourd’hui !

De façon synthétique :

Il est le lien entre la Loge et les contingences profanes.

Il tient les comptes et gère la trésorerie.

Il reçoit les budgets des Officiers et propose celui de la Loge.

Il est chargé du recouvrement des capitations et cotisations diverses.

Il peut émettre toute suggestion qu’il jugera utile au V\M\ et au F\ E\ s’il
s’aperçoit, dans l’exercice de sa fonction qu’un F\ se trouve face à des
difficultés pécuniaires.

Orateur

Le rôle de l’orateur a quelque peu évolué dans nos Loges au cours du temps, ce
qui est somme toutes assez normal et ne constitue nullement une dérive.
N’oublions pas ce que dit St Paul en 2Cor 3,6 : « la lettre tue, l’esprit
vivifie »
Voyons tout d’abord ce que disent les anciens documents :

Dictionnaire de l’Académie française, 1794

Orateur. s. m. Celui qui compose, qui prononce des harangues, des discours
d'éloquence.

Code de 5778 :

« L’Orateur porte la parole dans toutes les circonstances solennelles au nom de
la Loge ; il doit à la réquisition du VM instruire les FF de leurs devoirs et
des choses de l’Ordre à leur portée. Dans les Loges de réceptions, l’explication
et les instructions des grades peuvent tenir lieu de discours. La prudence exige
que tous les discours de l’orateur soient préalablement communiqués au VM, avant
que d’être prononcés en Loge. »

Comme on peut le voir, le Code est très succinct quant au rôle de l’Orateur. Des
informations complémentaires seront données par les différentes versions des
rituels. Il faut toutefois souligner que le Code met l’Orateur sous la stricte
dépendance du VM de la Loge contrairement à ce que d’aucuns imaginent.

Rituel d’A. de 5782 :

Lors d’une initiation :

« L’orateur, dans ses discours, doit se diriger par les mêmes vues et principes
; il doit être prudent et circonspect et ne point anticiper dans ce grade sur
des objets qui ne conviennent qu’aux grades supérieurs. L’instruction morale des
grades, la règle maçonnique et les principales circonstances des cérémonies de
la réception, doivent former la base de ses discours, dans lesquels il ne doit
rien se permettre d’arbitraire, ni d’étranger à l’Ordre. Les Loges étant des
écoles de la plus saine morale, et surtout de la pratique des vertus qui en
résultent, il doit y employer le ton, le langage et les formes qui conviennent à
de tels objets, et éviter avec le même soin celles qui sont consacrées à la
chaire évangélique, ainsi que celles qui sont en usage dans les assemblées
littéraires. Quelques jours avant de prononcer un nouveau discours, il doit le
soumettre à l’examen du VM et des principaux officiers de la Loge, et se
conformer aux avis de ce Comité. Les jours de réception, excepté les cas
extraordinaires, l’instruction morale du grade et la règle maçonnique doit
suffire et suppléer à tout autre discours. »

En bref, aujourd’hui :

Le livre ouvert constituant le bijou de l’Orateur rend parfaitement
compte de sa fonction essentielle.

Il est, pour la Loge, le Gardien de la Loi Maçonnique telle que codifiée
dans les textes fondateurs du Régime, et son Conseil en cette matière. Cela
suppose de sa part une connaissance profonde du rituel, des usages et des règles
de l’Ordre.

Pour toute intervention d’importance concernant la Loge, il doit au
préalable en avoir référé au VM.

Il est fréquent que le VM lui confie la charge de l’allocution de
bienvenue adressée au nouvel initié, voire au nouveau C\ou au nouveau M\Il
s’agit là d’un usage de Loge.

L’usage veut que nul ne puisse prendre la parole après lui, lorsqu’il
s’exprime es qualité.

Il ne s’exprime en aucune façon au nom de la Loge ni en son nom propre
lorsqu’il prend la parole en tant que Fonction. Il s’exprime alors au nom de la
Règle du Régime.
Il a par contre la possibilité de demander la parole comme tout F\ de la Loge,
mais il s’exprime alors à titre individuel.

L’usage, qui s’est établi peu à peu, veut qu’il propose une brève
synthèse des travaux. Elle devra s’efforcer de mettre en évidence les points
forts devant nourrir l’esprit des FF\et, dans la mesure du possible, évoquer les
éventuels prolongements du travail du jour.

Les Surveillants

Si tous les Maîtres ont un devoir de transmission, ce devoir devient exemplaire
pour les deux SS de la Loge. Ils se trouvent, si on me permet cette
transposition de l’Evangile dans la voie initiatique, dans la situation décrite
par la parabole de Mt. 13,52 : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du
Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du
neuf et de l’ancien » Cette transposition n’est pas “outrancière” si nous
conservons en mémoire le but de l’initiation au RER “Remonter du Porche au
Sanctuaire” et que nous considérions que notre trésor est constitué de nos
symboles, de nos rituels et de notre expérience vécue.

Rituel de 5782

<< On ne nomme jamais d’Adjoint au Vénérable Maître. En cas d’absence, il est
remplacé par le dernier des ex Maîtres de la Loge présents et, à défaut, par le
Premier Surveillant.

Le VM et les Surveillants doivent avoir indispensablement le Rituel du grade
sous les yeux, pour pouvoir s’assurer, à tout instant, qu’eux-mêmes, et tous les
Frères qui ont des fonctions à remplir, n’y changent, augmentent ou suppriment
rien ; mais, s’ils ne peuvent en apprendre le contenu par mémoire, ils doivent
du moins se le rendre assez familier, surtout lorsque l’usage prochain en est
prévu, pour ne jamais hésiter, ni dans l’exercice des cérémonies, ni dans la
lecture de ce qu’ils auront à prononcer, en sorte qu’on ne puisse s’apercevoir
qu’ils aient besoin d’étudier le Rituel au moment même qu’ils doivent agir. Ils
doivent surtout, et indispensablement, apprendre par mémoire tout ce qui doit
être fait et dit pendant que les lumières de la Loge sont voilées. >>

Il faut ici remarquer qu’en plusieurs endroits les textes du XVIII° siècle
précisent que les rituels sont repris après la clôture des travaux et que les FF
n’en possèdent pas en propre. Ils ne les avaient qu’en communication pour des
besoins spécifiques.

Code de 5778 :

… Les Surveillants sont après le VM et l’Ex-Maître les principaux Officiers de
la Loge. Ils doivent l’aider en tout dans sa gestion et veiller à ce que tous
les autres Officiers remplissent leurs fonctions avec zèle et exactitude. En cas
d’absence du VM et de l’ex-Maître, s’il y en a, ils président la loge.

En bref, aujourd’hui :

Second surveillant

Il accueille les AA. °. et travaille avec eux en séminaires.

Il doit être « le veilleur et l’éveilleur » et leur permettre d’éclaircir les
motivations de leur entrée dans l’Ordre, puis de percevoir intimement sa
finalité. Il doit leur fournir les moyens de passer « du Nord au Sud »

Il est responsable des fondations et du devenir de la Loge : « Que la Force les
achève »

Il répercute, pendant et hors des Travaux, les orientations définies par le
Vénérable Maître.

Il contribue à la circulation des énergies.

Premier Surveillant

 

Responsable des Compagnons, il poursuit avec eux le travail du Second
Surveillant en assurant leur formation maçonnique.

Responsable de la colonne du Midi, il contribue au travail des MM\ et doit
servir d’exemple. « Que la Beauté les orne »

A la demande du VM, il doit être à même d’organiser des séminaires de Maître.

Relais entre le V\ M\ et le Second Surveillant, il assure la circulation des
Energies.

Vénérable Maître

Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire, pour chacune des charges des
Officiers d’une Loge Régulière, ce ne sont pas les individus qui comptent mais
les fonctions qu’ils ont librement acceptées et derrière lesquelles ils doivent
s’effacer. De cette façon seulement peut se perpétuer une transmission
traditionnelle.

Le VM doit être investit d’une double légitimité. D’une part il est l’élu de la
Loge, il est plus exactement choisi par les MM pour recevoir une charge qu’ils
l’estiment virtuellement capable d’accomplir ; d’autre part il reçoit de l’Ordre
une investiture et il devra, de toute nécessité, être reconnu comme tel par ses
pairs ; exactement de la même façon que la qualité d’un maçon ne devient
manifeste que si ses frères le reconnaissent pour tel, comme le dit si justement
l’instruction par demandes et réponses du grade d’A. Ceci est un impératif
absolu de la continuité d’une transmission initiatique véritable. Il le
rappellera à chaque ouverture des Travaux : « Au nom de l’Ordre et par le
pouvoir que j’en ai reçu... », ce qui réaffirme à tous qu’il n’est qu’un simple
maillon d’une chaîne sans commencement réel ni fin.

Cette double investiture implique deux natures de devoirs :

En tant qu’élu de la Loge il doit s’efforcer de la diriger et de l’animer, d’en
rassembler les organes composites pour leur imprimer unité, direction et
mouvement. Mais cela non pas en fonction de lui-même, mais en fonction de ce que
l’on pourrait appeler les tracés régulateurs de l’Atelier, de ce qui émane des
FF de la Loge et de sa finalité dans le cadre du Rite, pour nous du Régime
Rectifié. Ceci constitue ce que j’appellerai l’axe horizontal de ses devoirs.

En tant qu’investit par l’Ordre, les capacités virtuelles et potentielles
l’ayant fait choisir par ses FF doivent devenir réelles ; elles doivent être
activées. Cette investiture, qui lui est communiquée selon le mode de
transmission propre aux influences et énergies spirituelles, en fait un chef de
l’Ordre et lui confère qualité et pouvoir pour agir dans toute l’étendue du
domaine qui est le sien. Dépositaire de l’autorité spirituelle il doit l’exercer
et la vivifier en fonction de l’Ordre. Comme me l’écrivait notre TVF Pierre
Warcollier, éminent maçon Rectifié, à la veille de ma 1ère installation : « Le
VM doit passer du yin d’initié au yang d’initiateur ». C’est cela qui typifie
l’axe vertical.

C’est parce que le VM occupe, au plan de la Loge, ce point unique à la croisée
de l’axe horizontal et de l’axe vertical, ce point central où il lui est donné
d’entrer en communication avec l’énergie inhérente à l’autorité spirituelle,
autorité dont il se trouve dépositaire par une transmission régulière
ininterrompue par delà le temps et l’espace, qu’il reçoit la possibilité et le
pouvoir d’initier ; qu’il a le devoir de devenir le moteur de la Loge, moteur
qui doit lui-même être mû par le Moteur Immobile qui est au-delà de tout état,
de toute dualité, de toute différenciation.

Assis dans la Chaire du roi Salomon, symbole de la Justice, placé à la charnière
de l’axe vertical et de l’axe horizontal, le VM doit, quels que soient les
risques de défaillances humaines, maintenir une double fidélité : à l’Ordre tel
qu’en lui-même et à Loge telle qu’en elle-même. Et ceci il ne le peut qu’avec
l’assistance et l’aide permanente de l’ensemble des FF de la Loge.

Code de 5778 :

Les développements étant particulièrement longs, je ne reprends ici que des
extraits.

<< Le VM est le Chef et l’organe de la Loge, dont il convoque et préside les
assemblées ; il la gouverne pendant trois ans conjointement avec ses officiers…

Cette charge étant une des plus importantes de l’Ordre maçonnique ne doit être
confiée qu’à des FF d’un mérite reconnu, d’un zèle bien éprouvé, et qui joignent
à un esprit ferme et éclairé toute la douceur de caractère, nécessaire à des
fonctions aussi essentielles.

… Le VM est spécialement chargé de veiller au maintien des lois de l’Ordre, et à
l’exécution des règlements ; il doit gouverner la Loge avec douceur, prudence et
fermeté, y maintenir la subordination, y faire respecter l’Ordre et ses Chefs,
et veiller surtout à la frugalité et à la décence dans les banquets en se
rappelant qu’il est responsable envers l’Ordre des écarts ou abus qu’il
tolérerait. …

Dans les délibérations, le VM peut voter le premier ou le dernier à son choix ;
en cas d’égalité de suffrage, il remettra la délibération à la prochaine
assemblée, si l’affaire est de nature à pouvoir être différée. Si alors les
suffrages sont encore égaux, le VM jouit de la voix prépondérante.

Donc, de façon très synthétique :

Il est de manière effective un Chef de l’Ordre et doit assumer des
responsabilités fonctionnelles et spirituelles.

Porteur du Feu et de la Lumière il a seul le pouvoir d’Initier, de Passer
et d’Elever. (« Que la Sagesse... »)

Aucune décision impliquant la Loge ne peut être prise sans avoir reçu son
aval.

Il assure la vie de la Loge, il coordonne et anime.

Il est responsable de l’orientation, de la rectitude et du centrage des
Travaux.

Il est responsable de l’harmonie.

Pour tout problème qu’il jugera important, il a la faculté de réunir un
comité de Loge ou une Chambre du milieu. En cas de partage des voix, la sienne
est prépondérante.

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