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Hauts Grades

Sagesse - Force et Beauté

2 Avril 2014 , Rédigé par A\ B\ Publié dans #Planches

Ce sont les trois qualités initiatiques que le Franc Maçon a le devoir de développer en lui, par son travail et par sa réflexion, il doit en faire le credo de son initiation et le but suprême de ses efforts de ses connaissances et de son élévation.

Je vais essayer de d’expliquer mes idées sur la question.

Les mathématiciens s’accordent pour dire qu’Euclide possédait l’Essentiel.

Mais quel était cet Essentiel.

C’était et c’est encore la science des Mathématiques et de la Géométrie, qui sont toujours associés à la Sagesse et que Bernard de Clairvaux , abbé de Cîteaux, fit étudier par les moines bâtisseurs que ceux-ci nommèrent le « Trait » et adaptèrent à l’architecture religieuse dont les ouvriers du bâtiment tirèrent un enseignement qu’ils transformèrent en science dans l’art de concevoir et bâtir des édifices et qui engendrèrent le Compagnonnage avec ses règles strictes de connaissance et de secret, et dont nous pouvons dire que la Franc Maçonnerie est issue et dans laquelle on vénère, peut-être plus qu’ailleurs, la Sagesse qui est vertu, savoir, prudence, don de l’esprit et science politique.

C’est sur la colonne du nord, où il est installé après son initiation, que le nouvel apprenti prend contact avec la sagesse, celle qui lui a été imposée par l’obligation de silence; ce silence qui lui permet d’écouter, et non d’entendre, et ensuite de réfléchir sur ce qui a été vu et entendu durant la tenue et en tirer, avec sagesse, tous les enseignements nécessaires à son cheminement, car la sagesse est une affaire de pénétration intérieure, elle ne ressemble pas à la science, l’une est profane et l’autre sacrée, elle est dans l’esprit de chacun, jeune ou vieux car il n’y a pas de limite d’âge pour acquérir ou posséder la sagesse et les vieillards n’en possèdent pas plus que les autres, même si on en a fait une croyance populaire.

Car la Sagesse nous inspire des sentiments qui doivent faire de nous des hommes capables d’apprécier, avec discernement, le monde qui nous entoure, sans préjuger de telle ou telle situation sociale, économique ou foncière pour donner ou non son amitié, son respect, son aide ou son amour à autrui. La sagesse doit être le régulateur de nos instincts et de nos élans, elle doit nous maintenir dans une juste appréciation des situations qui se présentent à nous et nous forcer à agir avec justice vis-à-vis de tous et de tout en nous évitant les impulsions préjudiciables à notre bon raisonnement. Si, malgré tout, nous cédons à une mauvaise attitude, la sagesse devra nous faire découvrir nos errements et nous obliger à reprendre le bon chemin ; il faudra, pour cela, faire appel, comme le faisaient les compagnons lors des calculs des constructions qu’ils envisageaient, a la Force, pour eux celle des matériaux utilisés et pour nous celle de notre caractère, celle que nous devons maîtriser, justement par la sagesse car l’une ne peut agir sans l’aide de l’autre ; il est impensable qu’un individu sans sagesse puisse se maîtriser et reconnaître ses erreurs.

Lors de son initiation, le néophyte est instruit d’un mot qui représente la Colonne qui lui est dévolue pour y exécuter son travail, on lui apprend que celle-ci a pour signification : « La force est en lui » ou plus simplement « En Force »

Si on lui donne ce principe en réflexion c’est qu’il doit s’en servir avec toute la sagesse dont il est capable et pour cela maîtriser ses pulsions, prendre conscience qu’il aura beaucoup à faire pour débarrasser son ego des scories qui l’imprègnent et tailler sa pierre, comme il est dit dans le rituel, pour en faire un élément digne de figurer dans le parement du Temple intérieur qu’il a commencé a édifier en demandant à être initié.

La sagesse ne s’apprend pas, elle s’acquiert « On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous »écrit Marcel PROUST et les chinois disent « Le sage s’interroge sur lui-même, le sot interroge les autres »

La sagesse a toujours été un élément majeur de la connaissance, elle suppose un savoir et a pour but la connaissance, elle ne recherche pas le pouvoir elle est sa propre finalité.

Dans EXODE (31-2.3 ) Il est dit : « Vois, j’ai nommé Betsaléel, fils d’Uri, fils de Hur de la tribu de Juda, je l’ai rempli de l’esprit de Dieu, lui donnant la Sagesse (hokhmah) intelligence et savoir pour toutes sortes d’ouvrages. »

Cette sagesse c’est Dieu qui la répartit et c’est l’attribut qu’il met en œuvre pour réaliser la création de l’Univers, dans PROVERBES on retrouve cette sagesse qui se tient, dès l’origine, près du Dieu créateur ; il y est dit : « Quand il disposa les Cieux, j’étais là ; quand il affermit les fondations de la terre, j’étais à côté de lui comme un frère de lait. »

C’est en tant qu’attribut divin que la Sagesse figure dans la triade ‘’SAGESSE, FORCE et BEAUTE ‘’ ces trois piliers qui soutiennent la loge, image de l’Univers, un des trois, la Sagesse est associée à la lumière qui émane du V\M\, il est symétriquement relié à la Force, qui elle aussi émane du V\M\

Anderson nous dit une chose très importante, qui recoupe ce que je disais au début de cette planche : « Cette géométrie selon laquelle il a ordonné le monde, le GADLU l’a inscrite dans le cœur d’Adam, créé à son image » et il ajoute plus avant dans son écrit : « Nous ne faisons que nous efforcer de l’imiter, mais nous ne sommes pas arrivés à sa perfection » et j’ajoute que nous devons nous efforcer d’y arriver, mais, nous maçons, savons au moins que le sacré est en nous et que la sagesse, un de ses attributs, est donc aussi en nous, qu’il nous faudra la développer, mais que la révélation ne s’en fera pas complètement en ce monde.

C’est donc dans ce but qu’il nous faudra user de la Force, force de travail, et force de caractère, car comme la force, symbole du deuxième pilier soutien l’édifice, elle devra soutenir nos efforts pour arriver à tailler correctement et avec passion notre pierre pour en faire un objet admirable et plein de beauté qui pourra provoquer autour de nous l’admiration et le désir de nous ressembler et éventuellement de nous rejoindre pour acquérir les qualités et les vertus qui seront devenues les nôtres, cela par un travail incessant avec en tête la détermination d’atteindre un but que nous avons fixé lors de notre entrée dans le Temple.

Pour reprendre l’exemple des bâtisseurs dont nous sommes peut-être issus ; après avoir, avec sagesse, dressé leurs plans et calculé les poussées des matériaux, ils ont recherché les pierres qui présentaient les meilleures qualités et la force nécessaire pour résister aux forces contraires et à l’usure du temps, ils les ont dressées et mises en place pour qu’elles soient en accord avec ce qu’ils avaient calculé ; tout comme il nous faudra savoir, avant de nous aventurer dans une voie qui ne correspond pas à notre attente et à nos aspirations, si nous serons capables d’aller au terme de notre engagement et si la tâche n’est pas au dessus de nos forces. Car l’aboutissement et le résultat de notre travail ne sera jamais perçu de façon concrète par ceux qui nous entourent et qui nous assistent, il ne sera que l’impression que nous aurons de notre réussite ou de notre échec.

Si nous arrivons à percevoir une amélioration de notre ego, alors, et alors seulement nous pourrons penser que le travail accompli peut être apprécié pour sa force et aussi sa beauté, car le travail réalisé avec amour et conscience, même s’il n’est pas sublime, est toujours beau à regarder, c’est ce que nous cherchons à faire en travaillant sur nous même, pour comme le dit aussi le rituel, porter au dehors ce que nous avons réalisé ou reçu dans le temple et éclairer de nos lumières le monde profane où il est nécessaire de rayonner pour faire connaître et admirer la beauté de notre travail.

Les compagnons lorsqu’ils avaient terminé le gros œuvre de leurs édifices les paraient , extérieurement, de statues et de sculptures symboliques qui les rendaient agréables à regarder et qui donnaient envie de pénétrer dans le sanctuaire pour y prier et, à l’occasion, y recevoir l’instruction d’une connaissance ignorée, c’est ce qui devrait arriver au contact de chacun d’entre nous, et donner au profane qui nous côtoie, qu’il soit un familier ou un étranger le désir de nous ressembler, d’accéder à la beauté de notre rayonnement et de notre connaissance.

A la fermeture des travaux, le V\M\ , à l’extinction de la colonne Sagesse dit : Que la Paix règne sur la terre ; rejoignant ainsi l’essence même de la sagesse, car le sage est toujours en paix, avec lui-même et avec le monde ; car le sage ne sait pas, il comprend, le silence du sage n’est ni sottise ni ignorance mais refus d’éclat, il recherche et veux la paix, pour lui et pour l’univers, pour cette recherche toujours il médite.

Mes Frères, je n’ai pas fait, comme souvent, l’explication et la définition des trois symboles que je vous ai présentés, cela a été fait tant de fois, j’ai voulu donner le sens et le ressenti que j’ai de ces trois piliers qui sont devant moi à chaque tenue et que je contemple en réfléchissant à ce qu’ils peuvent représenter pour moi, Franc Maçon, qui cherche un sens à sa vie en suivant son chemin de lumière.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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ENOUMBA Henri-Claude 03/04/2014 14:57


Une planche très édifiante. j'y  retiens pour demande pourquoi le sage "ne sait pas " mais plutôt "comprend "?  Comprendre forge-t-il la force interieure?