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Hauts Grades

Saint Jean, oui mais lequel ?

13 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

De l’importance de ses écrits dans la Franc-maçonnerie

Si je désire vous entretenir de st Jean, c’est tout d’abord afin de définir à quelle personne la franc-maçonnerie fait mention.

Ensuite, s’agissant du livre sacré au-dessus duquel l’impétrant exprime sa promesse de Franc-maçon, il était intéressant d’approfondir les raisons qui font de ces textes un corpus utilisé au sein de nos Loges.

Saint Jean

La Bible mentionne de nombreux Jean dans les textes du Nouveau Testament :

·         Jean le Baptiste

·         Jean fils de Zébédée

·         Jean frère de Jacques

·         Jean, disciple aimé de Jésus

·         Jean l’Evangéliste

·         Jean le Théologien

·         Jean le Divin

·         Jean le Presbytre

Commençons donc par Jean le Baptiste. Il fut probablement membre de la secte des Esséniens, dont la théologie mettait en avant le Maitre de lumière combattant le Maître des ténèbres dans l’optique d’une victoire finale.

L’idéologie essénienne était formée de deux piliers, l’austérité et la pureté. L’Eglise a fixé son anniversaire le 24 juin, afin d’associer ce personnage biblique à la fête païenne du solstice d’été. Associé au solstice d’été Jean le Baptiste représente la lumière du soleil à son apogée et symbole du feu créateur nécessaire à la vie. Son apostolat n’est-il pas de baptiser le Maître ? De par cet acte, il devient l’Initiateur, tel le Vénérable placé à l’Orient.

Jean le Baptiste baptise d’eau, mais il nous dit que celui qui viendra baptisera par le feu. Nous retrouvons là, deux éléments l’eau et le feu, représentation de la Lune et du Soleil, symboles maçonniques placés à l’Orient.

Si Jean le Baptiste est vénéré par la chrétienté, il l’est aussi par l’islam[1] et son tombeau se trouve dans la grande mosquée des Omeyades à Damas. Sa tombe fait l’objet de pèlerinages très fréquents.

Jean le Baptiste est donc le saint Jean en usage dans la Franc-maçonnerie lors de la Saint Jean d’été.

Poursuivons donc dès maintenant avec 3 autres Jean :

  • Jean fils de Zébédée
  • Jean frère de Jacques
  • Jean, disciple aimé de Jésus

Les recherches des exégètes assument que ces trois Jean sont en fait la même et seule personne.

Trois Jean sont encore mentionnés dans la Bible, il s’agit de :

  • Jean l’Evangéliste
  • Jean le Théologien
  • Jean le Divin

Les preuves comparatives des textes et les informations des Pères de l’Eglise, ayant connu l’Apôtre Jean, mènent à penser qu’il s’agit de la même et seule personne, soit Jean l’Apôtre de Jésus.

Un dernier Jean est encore nommé,

  • Jean le Presbytre

Quel est donc ce Jean le Presbytre ? Dans les écrits de Papias[2] connus d’Eusèbe, ce dernier relève que Papias distingue clairement 2 Jean, un apôtre faisant partie des douze, dont le témoignage est rapporté par les gens qui l’ont entendu et le second, Jean le Presbytre disciple du Seigneur. Jean le Presbytre était un vénérable membre de l’Eglise chrétienne d’Ephèse. Son tombeau se trouve également dans cette ville où il est vénéré. Tous deux, par une étrange coïncidence vivait à Ephèse. Il est intéressant de noter qu’Ephèse disposait d’une Ecole johannique rattachée à l’Apôtre Jean.

Cette information est relayée par Irénée[3] qui a connu Polycarpe[4], lequel a connu Jean l’Evangéliste, vivant à Ephèse.

Nous avons donc déterminé de quel Jean nous parlions au travers des différents textes. Au final, nous avons trois Jean :

  • Jean le Baptiste, dont nous avons déjà parlé
  • Jean, Apôtre de Jésus, appelé aussi l’Evangéliste, le Théologien, le Divin,

et encore un autre Jean, nommé

  • Jean le Presbytre (ou l’Ancien), dont nous parlerons ultérieurement.

L’Eglise fête Jean l’Evangéliste le 27 décembre, juste après le solstice d’hiver lorsque le soleil est le plus bas dans le ciel et celle de la renaissance de la lumière. Symbole de la lutte contre les ténèbres en vue d’atteindre l’amour divin. L’animal représenté avec Jean est l’aigle.

Nous disposons de quelques informations sur la vie de saint Jean. Il serait né aux environs de 19 avant JC, dans la région du lac de Tibériade. Après que Jésus soit décédé sur la Croix, Jean accueille chez lui et prend soin de sa mère, la Vierge Marie. Puis il commence à prêcher en Samarie et à Éphèse (où il opère plusieurs miracles) avant d’être appelé à Rome par l’empereur Domitien, en 95 (persécution). C’est pour cette raison que la fête de la St Jean, à Rome, se célèbre devant la porte Latine[5]. Il sera selon la légende supplicié en étant plongé dans l’huile bouillante, mais en sortit sans éprouver aucune souffrance.

Après une période d’exil sur l’île de Patmos (en mer Égée), il retourne à Éphèse où il passe le reste de sa vie et mourut en 104 après JC, sous le règne de Trajan.

Saint Jean est le patron des professionnels du livre (libraires, éditeurs, auteurs, relieurs, imprimeurs, etc.), des compositeurs, des tanneurs, des théologiens et des écrivains. Il est invoqué contre les risques d’empoisonnement.

Les écrits

Arrêtons-nous maintenant, sur les textes rédigés par Jean. Nous avons trois corpus importants, dans l’ordre chronologique, nous trouvons :

  • Le 4ème Evangile de Jean
  • Les trois Epîtres de Jean
  • L’Apocalypse

Pourtant il semble que la rédaction de certains documents ne soit pas de la main de Jean l’Evangéliste, mais de celle de Jean le Presbytre. L’écrivain en ayant rédigé certains en recueillant les paroles de Jean l’Evangéliste.

Le 4ème évangile est construit en plusieurs strates :

1. document narratif (appelé C) d’origine palestinienne

2. complément également d’origine palestinienne

3. Document narratif écrit à Ephèse s’ouvrant sur le monde grec (païen)

4. addition de textes mineurs à Ephèse.

Que nous offre ce 4ème évangile ? Il représente une œuvre originale, très personnelle, ne serait-ce que pour son prologue dont l’interprétation ne cesse de soulever bien des controverses, même si son auteur a pris le soin de préciser ses intentions. Jean propose une relecture des grandes traditions d’Israël. Ce texte apparaît comme très polémique et anti-juif, le Juif est celui qui se ferme à la révélation divine.

Nous sommes en présence d’un témoin de la rupture qui s’opère avec le judaïsme suite à la ruine du Temple et la chute de Jérusalem en 70 après JC. Jean met en avant la tradition biblique mais aussi certaines conceptions du judaïsme hellénistique, aussi bien que l’essénisme qumrânien. Il n’a dû recevoir sa forme définitive qu’au début du 2ème siècle, dans un milieu asiate, probablement à Ephèse.

Jean prend parti pour un judaïsme authentique, il fustige et condamne les chrétiens qui acceptent de manger les idolothytes[6]. Jean apparaît dans la ligne d’Apollos[7]. L’Asie va développer un judéo-christianisme original. C’est de là aussi qui naîtront les espérances millénaires[8].

Il est celui qui met en avant la plus grande spiritualité par l’usage du terme « Logos[9] ». Ce symbolisme est la clé de voute de la pensée johannique, reprise par de nombreuses sectes et développée par la suite dans les Loges maçonniques sous la forme du Grand Architecte de l’Univers.

Saint Augustin notera encore les affinités du prologue avec les doctrines platoniciennes ainsi que celles de Plotin, donc un apport de la philosophie grecque. Les exégètes ont souvent contesté la valeur de ce 4ème évangile en raison de son caractère théologique et de son symbolisme.

Pour ce qui est des trois Epîtres de Jean, écrite à Ephèse, la première semble constituer une introduction au 4ème évangile.

Nous devons là encore étudier quels en sont les auteurs. Nous avons ici trois documents d’importance inégale. Les affinités de style et de doctrine les font attribuer au même auteur que l’évangile et l’Apocalypse. Jean le Presbytre serait l’auteur, pour au moins, l’une d’entre elles.

L’apocalypse (du grec apocalypsis – Révélation) a été écrite lors de l’exil de saint Jean à Patmos. Ce document est généralement daté de la fin du règne de Domitien (81 – 96). La plupart des exégètes doutent de l’unité d’auteur entre l’Apocalypse et le 4ème évangile. Cependant, les affinités profondes de doctrines, malgré la différence évidente de genre littéraire, invitent pourtant à attribuer les deux œuvres à la même école johannique. L’apocalypse s’adresse aux 7 Eglises d’Asie mineure :

v Ephèse

v Smyrne

v Pergame

v Thyatire

v Sarde

v Philadelphie

v Laodicée.

Dans ce corpus, Jean reprend, comme source, les livres de Daniel et d’Isaïe et développe librement l’interprétation des symboles de la tradition ancrée dans l’Ancien Testament.

Une lecture fondamentaliste recherche la chronique anticipée des événements de la fin des temps. Pour déchiffrer le plan mystérieux de la Providence, l’auteur de l’Apocalypse recourt au symbolisme compliqué, souvent tiré de prophéties antérieures et s’emploient à déterminer la date de la prochaine intervention de Dieu.

Ce livre, concernant les derniers temps du monde, a exercé une influence extraordinaire sur la spiritualité des premiers siècles chrétiens et du Moyen-âge et sur l’art dans toutes ses manifestations.

Ce genre littéraire a inspiré de nombreux auteurs au gré des siècles, tels Dante et sa Divine Comédie, William Blake et ses œuvres ésotériques, Victor Hugo et La Légende des siècles. Chez certains écrivains on perçoit plus un gnosticisme postchrétien qu’une inspiration biblique.

Le symbolisme

L’Apocalypse a donné, au gré des siècles, de nombreux symboles, repris par des divers courants, dont la Franc-maçonnerie.

Dans l’iconographie, saint Jean l’Evangéliste est représenté tenant à la main un vase sacré d’où sort un serpent, symbole de la connaissance. Le vase sacré rappelle l’ésotérisme du Saint Graal dont la liqueur procure santé et connaissance. On attribue aussi à saint Jean la lettre « G », en fait le petit Gamma grec, lettre utilisée au passage du 2ème grade de la FM. L’on ne saurait oublier l’Aigle, qui accompagne saint Jean, symbolisant le soleil par tous les anciens peuples.

Saint Jean est parfois auréolé d’un nimbe représentant le quadruple Gamma, swastika mystique de la connaissance parfaite. C’est à Saint Jean l’Apôtre qui fut transmis toute chose. Il devient par-là l’image parfaite de l’Initié dans la FM.

Pour conclure, l’Evangile de Jean est un message d’amour universel et de connaissance complète du Logos. Seule la pensée johannique utilise le terme grec de Logos en reprenant la Genèse « Au commencement était le Logos (Verbe) et le Logos était tourné vers Dieu et le Logos était Dieu ». Le Logos, selon Jean est l’artisan de la création, la vraie lumière. Mais le Verbe a été perdu, cachés maintenant dans les textes hermétiques du 3ème degré. Notre recherche est donc de retrouver le Verbe. Chacun détient une part du Logos et l’amour universel permettra de la découvrir dans son entière plénitude. Dans ce sens nous rejoignons la pensée néo-platonicienne qui représente le Logos comme la première émanation de l’UN, inférieure à celui-ci, mais supérieur à l’âme.

J’ai dit.

Aigle, le 31 mars 2009.

Source : http://www.cda-aigle.ch/

   

 

 

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