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Hauts Grades

Savoir et Connaissance Sapere et Cognoscere

23 Août 2013 , Rédigé par G\ D\ Publié dans #Planches

Selon les définitions que l’on peut trouver dans les dictionnaires français, le terme de savoir a un sens qui ne coïncide pas exactement avec celui de connaissances et c’est bien heureux, car l’anglais utilise « knowledge » dans tous les cas, ce qui entretient la confusion.
L’évolution linguistique passant du « sapere » latin qui indiquait une entité possédant une saveur à l’identification d’une personne « informée » au Moyen Age, avec le sens de possesseur de sagesse ; jusqu’à nos jours où savoir et intelligence introduisent une nouvelle confusion.
Les savoirs sont constitués de concepts, de procédures ou de méthodes qui existent hors du sujet connaissant et qui sont généralement codifiés dans des ouvrages de référence, manuels, encyclopédies, dictionnaires….
Les connaissances, par contre, sont indissociables du sujet connaissant.
Ce n’est que lorsqu’une personne intériorise un savoir, en en prenant connaissance que précisément elle transforme ce savoir en connaissance.
L’acteur de cette construction en devient le possesseur unique, car un savoir identique construit par une autre personne ne sera jamais tout à fait le même.
Vous remarquerez que j’ai utilisé jusqu’à présent savoir et connaissance au pluriel, car c’est le plus souvent au pluriel qu’ils sont utilisés dans le monde profane.
Pour en résumer simplement la problématique, savoir serait une sorte d’accumulation, connaissance serait pour chacun de nous le surnageant enregistré par notre mémoire et filtré au gré des expériences vécues et de nos centres d’intérêts.
Il faut également différencier le savoir de l’érudition qui ne tient son étonnante étendue que des capacités de stockage de nos neurones ; ce qui n’est pas inintéressant, mais hors sujet pour cette planche.
Car la seule restitution d’informations ne garantit pas la qualité, ni la valeur de ces savoirs.
Si le savoir et la connaissance ont de tout temps intéressé les francs-maçons c’est qu’ils interfèrent fondamentalement dans les domaines scientifiques, culturels et sociologiques, tout en interpellant la conscience, la philosophie et le sentiment religieux.
D’autre part, ils sont inclus dans les rituels maçonniques où ils structurent la démarche initiatique et façonnent le langage symbolique.
Au-delà du plaisir intellectuel d’entreprendre une telle recherche, il existe plus fondamentalement ce besoin impérieux de comprendre le sens de la vie, ce que nous pourrons nommer « le besoin d’être ».
Dans cette quête, la lucidité, l’authenticité et surtout l’humilié sont des clés de voûte qui soutiennent la volonté du cherchant.
Ainsi armé, le franc-maçon sera à même d’entreprendre les recherches nécessaires pour clarifier l’acquis de l’inné, le signifié du signifiant et le savoir de la connaissance.
Si l’on peut facilement différencier savoir de connaissance dès que l’on quitte le langage profane, il devient plus délicat d’éclairer la notion de connaissance, elle-même inscrite dans la dualité :
- une connaissance objective qui recouvre les données assimilables du savoir
- une connaissance subjective qui inclut tout ce qui touche à la conscience et à l’irrationnel, vaste domaine où les repères ne sont guère apparents !
* s’agit-t-il d’une part de notre inconscient non formulée ?
* ou d’une fraction de nos gènes non encore exprimée ?
* ou de l’intervention sur notre volonté, à notre insu, d’une intelligence supérieure ?
Ces interrogations nous conduisent à faire un rappel sur les démarches exotériques et ésotériques :
- l ’exotérisme, analogiquement relié au savoir et à l’acquis, s’intéresse d’une façon générale aux faits prouvés et reconnus par l’expérimentation scientifique et rejette évidemment tout ce qui est caché et du ressort de l’imaginaire
tandis que l’ésotérisme, analogiquement relié à la Connaissance et à l’inné, prolonge l’étude dans d’autres dimensions grâce à l’utilisation d’un langage symbolique.
Les sciences, les techniques et la recherche scientifique sont les principaux acteurs qui font référence à l’exotérisme, donc au savoir.
Ils ont fait spectaculairement progresser en un siècle notre approche de la matière et de l’organisation de la vie.
Cette accélération donnant à l’homme le sentiment qu’il maîtrisait son destin !
Cruelle illusion !!! Comme en témoigne la catastrophe de Sumatra ces jours derniers !
Car, s’il n’est pas question de nier les progrès résultant de ces découvertes, force est de constater que ces progrès n’ont pas atteint tous les peuples de la planète, que la distribution des biens de consommation obéissant aux lois du marché est loin d’être équitable,
Que progrès matériel et bonheur sont en dysharmonie et que ce hiatus ne cessent d’alimenter une insatisfaction individuelle généralisée créatrice de conflits sociaux et de guerres.
L’avenir devait être éternellement serein grâce à la science et patatras tout se casse la figure !!
Pourquoi un tel scénario ???
Quelques pistes :
- le temps gagné par l’utilisation de machines pour effectuer des tâches répétitives et pénibles n’a pas été employé à une meilleure compréhension du sens de la vie mais plutôt à maintenir l’homme dans une vision matérialiste de son destin.
- la raison s’étant substituée totalement à l’intuition, a disqualifié la plupart des textes sacrés qui ont pourtant été pendant des millénaires la seule porte de connaissance de l’univers et du divin.
- les savoirs purement scientifiques ne représentent qu’une facette de la réalité, à un temps donné, dans un contexte précis, alors que leur puissance masque toutes les autres connaissances enfouies dans l’inconscient, dans l’inné, donc liées à l’ésotérisme.
or, comme nous le savons en maçonnerie, ces connaissances essentielles ne peuvent surgir à la conscience que lors d’une initiation qui révèle le sens de la globalité et suggère de nouvelles possibilités d’investigation en élargissant le champ de conscience.
Cette dysharmonie commence à émerger de façon si criante que face à l’économie qui est devenue une véritable philosophie politique, se fait jour dans de nombreux domaines le besoin de créer des comités d’éthique, indépendants des pouvoirs politiques, dont les membres auraient, non seulement des valeurs scientifiques reconnues mais aussi des qualités spirituelles élevées.
L’humanité se heurte a un problème sans mesure qui est de fonder une éthique sociétale qui ne débouche pas sur l’anéantissement de l’être mais sur une nouvelle alliance à définir, qui devrait être un état d’équilibre entre le monde conscient et le monde suggéré.
Le chemin semble bien long puisque le Larousse ne parle toujours que de la connaissance de la réalité et de l’étude, faisant abstraction de toute connaissance initiatique, de toute révélation de notre intuition et de toute découverte hors de la réalité raisonnable.
Convenons qu’il s’agit là de regarder un iceberg et d’affirmer que seule la partie émergée le constitue en entier ! Ce qui n’est guère raisonnable…
Notre échelle de temps actuelle est le court terme ; cette échelle obère totalement les millénaires qui nous précèdent ;
Je reviens d’un stage de peinture sur verre dont le maître n’a que 73 ans et chez lequel nous avons appris des techniques qui risquent de disparaître avec lui.
Même pas l’échelle d’un siècle et ce savoir serait perdu pour l’humanité entière. Et c’est un morceau du patrimoine universel oublié.
Je peux vous assurer que ce maître véhicule bien d’autres choses qu’un recueil de techniques du vitrail.
Chacun pourrait citer de tels exemples dans d’autres disciplines.
Puisque je parle de transmission, je ne peux que déplorer que l’école de nos enfants ou petits enfants ne prône essentiellement que les valeurs horizontales et matérialistes dans ses cursus.
Une laïcité restrictive a effacé de l’ enseignement de base toute notion de spiritualité, de morale au sens de simples règles de vie en société, allant même jusqu’à travestir l’histoire.
Le langage symbolique n’a plus court, la maçonnerie restant un des sanctuaires où nous tentons encore de préserver une vision plus globale du monde qui ne s’attache pas qu’à la seule partie émergée de l’iceberg…
Bien sûr, la reconnaissance de la beauté de l’œuvre n’est pas toujours évidente, car elle dépend de notre propre perception de la beauté, résultante de la transmutation de notre savoir.
C’est à cette alchimie individuelle et intérieure que nous convie la méthode maçonnique, l’initiation et les rituels.
Qui, croyant ou incroyant, ne s’est-il pas senti un instant « pris » dans l’ambiance d’un enceinte monastique absolument silencieuse ?
Qui ne s’est il pas senti émerveillé, par un firmament d’été ?
Toute choses qui dépassent la matérialité des choses et nous dévoilent, un court instant, de nouvelles dimensions à apprivoiser.
Cueillons donc la Connaissance quand elle passe à notre portée, car elle ne se laisse approcher que par ceux qui s’y préparent activement en laissant la porte de leur cœur toujours entrouverte, au cas où !!!!!
Le sujet de cette planche pourrait donner quelques idées à des frères pour traiter de l’arbre de la connaissance, de la gnose, du grand architecte de l’univers…
Je reste donc en attente de ces apports indispensables pour ne pas se satisfaire d’effleurer ce vaste sujet comme je viens de le tenter ce midi.
Pour conclure, je fais appel Edgar Poe qui écrivait :
« Ce n’est pas dans la connaissance qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la connaissance »

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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christian 23/08/2013 11:33


En deux mots...


Savoir, c'est voir ça!..et rien d'autre,


Connaitre, c'est naitre avec, donc ça passepar le vécu.


ex; c'est chaud = savoir 


je me brûle = connaissance du chaud !