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Hauts Grades

Suite de l’histoire des chevaliers templiers

13 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Le Portugal est le lieu où le respectable Ordre a été le plus dignement conservé. Le roi Denis, surnommé le Libéral, qui régnait alors dans cette contrée, fut le seul souverain qui se refusa à la persécution contre les Templiers, il les protégea, leur conserva leurs biens et perpétua l'Ordre sous le nom de Chevaliers du Christ. Si dans le temps de votre admission au noviciat, vous n'avez pas obtenu l'entière connaissance de ce qui a rapport à la destruction des Templiers, prêtez-moi aujourd'hui votre attention ; vous découvrirez, non-seulement comment cet Ordre illustre a été détruit, mais encore comment il se trouve que les intérêts des maçons sont si étroitement liés aux leurs ; vous verrez que tous les maçons, en effet, sont templiers, ce dont il ne nous est pas permis et dont il ne serait peut-être pas sage de les instruire.

La nouvelle de la persécution des chevaliers du Temple était parvenue en Chypre où l'Ordre avait son principal établissement. En l'absence du grand-maître, détenu en France, ils avaient été vaincus par les Turcs, qui leur prirent Saint-Jean-d'Acre et plusieurs autres places fortes. Une partie des biens des chevaliers du Temple furent donnés par Clément V aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, le 22 mai 1312, à l'époque de la clôture du concile de Vienne, qui avait été ouvert le 16 octobre 1311. Ces chevaliers sont encore aujourd'hui en possession de ces biens ainsi spoliés, et c'est là le motif de la juste haine des chevaliers de l’Aigle noir et blanc, juges philosophes inconnus, contre l’Ordre de Malte, sentiments que l'on nous fait encore promettre aujourd'hui dans notre obligation. Or, comme le nombre des Templiers échappés au glaive meurtrier de la persécution était très petit, et que, pour se venger du forfait inouï dont ils étaient les victimes, ils avaient besoin de réparer leurs pertes, ils admirent, dans leur Ordre, des gens d'un mérite reconnu, qu'ils cherchèrent et qu'ils trouvèrent parmi les maçons. Connaissant toutes les vertus que cette classe d'hommes distingués faisait profession de pratiquer, ils pensèrent qu'ils ne pouvaient mieux faire que de se les attacher, en leur offrant l'initiation dans l'Ordre, ce qui fut accepté avec empressement, et, en échange, on admit les Templiers à l'initiation dans les mystères maçonniques.

Les chevaliers du Temple instruisirent leurs nouveaux frères des atrocités barbares qu'ils avaient eues à supporter, ainsi que des premières causes de l'affreuse persécution qui avait été dirigée contre eux. Ils leur déclarèrent la résolution qu'ils avaient prise secrètement de réparer la perte de leurs frères par de nouvelles admissions, afin de rétablir l'Ordre et de rentrer en possession de leurs biens ; ils invoquèrent l'assistance de leurs nouveaux frères pour parvenir au but qu'ils se proposaient. Les, maçons applaudirent à ce dessein généreux et acceptèrent avec enthousiasme l'offre qui leur était faite. Ils convinrent qu'au lieu de la croix, dont les chevaliers se décoraient, ils adopteraient un aigle à deux têtes, portant une couronne, et que, pour se mettre à l'abri des recherches et de la perfidie, il était très important de cacher le secret de leur Ordre à tous ceux qui ne seraient pas suffisamment éprouvés, et desquels ils ne seraient pas sûrs comme d'eux-mêmes, après les avoir étudiés pendant qu'ils parcouraient les divers grades de la Maçonnerie. Ils arrêtèrent encore que, pour éviter toute surprise, il fallait mettre en usage des signes et des mots qui auraient quelque analogie avec leur histoire.

Lorsque vous avez reçu le grade de maître maçon, vous avez versé des larmes sur le tombeau du maitre Hiram-Abi ; vous avez été indigné de la manière la plus vive contre Abiram, son meurtrier. N'est-ce pas le tableau de la conduite de Philippe-le-Bel et celle des deux scélérats qui se joignirent à lui pour amener la destruction des Templiers ? Ne furent-ils pas les meurtriers de notre respectable maître ! Ces trois infâmes compagnons n'appellent-ils pas, dans votre cœur, le désir de la vengeance, comme on vous apprend qu'elle fut exercée sur les trois meurtriers d'Hiram ? Les grades par lesquels vous avez passé pour apprendre à connaître les faits historiques de la Bible (116) ne vous portent-ils pas à faire une juste application de la mort d'Hiram à la fin tragique et funeste de Jacques Molay, juge philosophe, grand-commandeur de l'Ordre ! Votre cœur ne s'est-il pas préparé à la vengeance, et ne ressentez-vous pas l'implacable haine que nous avons jurée aux trois traîtres sur lesquels nous devons venger la mort de Jacques Molay ? Voilà, mon frère, la vraie Maçonnerie, telle qu'elle nous a été transmise. Sachez vous asseoir au milieu d'hommes dont la bravoure et les bonnes mœurs font toute la doctrine. Cette doctrine est la règle que vous devez vous imposer, c'est celle que nous impose notre constitution.

Vous voilà, maintenant, placé au niveau des zélés maçons qui se dévouèrent à nous pour la vengeance commune. Vous aurez à redouter l'envie et la persécution ; vous ne pourrez y échapper qu'en observant soigneusement vos obligations et en cachant au vulgaire la haute destinée qui vous est réservée. Puisque vous avez atteint le dernier degré de lumière, et que vous l'avez mérité à juste titre, par vos qualités et vos mœurs, j'ose espérer que vous justifierez la confiance que j'ai mise en vous, et que jamais l'Ordre n'aura à me reprocher l'admission d'un membre inutile ou nuisible. Je n'ai point hésité à vous éclairer sur les vrais motifs de notre conduite envers vous et sur ce qui intéresse l'Ordre en général, non plus que sur les avantages précieux que vous pouvez en retirer. J'aime à croire, mon frère, qu'en vous unissant à nous par les liens sacrés de l'amitié la plus sincère, vous acquerrez, par votre soumission à nos institutions, la perfection que mérite votre zèle et qui fait la base du sublime grade de juge philosophe grand-commandeur inconnu.

Vous êtes, maintenant, au rang des élus appelés pour accomplir le grand œuvre. Votre nom est, dès aujourd'hui, dépose dans l'urne des élections et vos actions vous conduiront, je l'espère, au bonheur qui fait votre espoir et auquel nous aspirons tous... Amen !

Le juge-président donne l'accolade au nouveau juge et lui communique les vrais mots, etc. (117).

Dialogue pour se reconnaître

D. ¾ Etes-vous grand-commandeur juge philosophé inconnu !

R. — Mon frère, je connais seulement Abatos, Mendes et le Crocodile.

D. — A qui fûtes-vous présenté pour être admis à ces connaissances !

R. — Au trône de la Toute-Puissance, sur lequel était assise la justice.

D. — Que vîtes-vous hors des ténèbres ?

R. — La superstition, l'usurpation, la tyrannie, l'hypocrisie, la barbarie ; cinq furies prêtes à sacrifier l'innocence.

D. — A quoi vous étes-vous décidé à cette vue !

R. — J'ai promis, sur le symbole de l'honneur, au risque de mes biens et de ma vie, de venger l'innocence.

D. — Qu'a-t-on exigé de vous avant de vous créer adepte !

R. — Un serment contenant cette condition, dont j'ai promis l'entier effet, et je vais la réitérer avec vous.

D. — Qui peut vous garantir contre vos ennemis ?

R. — La fermeté de mon caractère, la promptitude de mon travail et le pouvoir de mon bijou, contre lequel rien ne résisterait.

D. — Où portez-vous ce bijou précieux ? —R. — Sur le cœur.

Alphabet philosophique et hermétique





Les Poissons, A. 1. Abatos, nom d'un rocher séparé de l'île de Philé, dans le Nil, qui servit autrefois aux juges inconnus.

Le Capricorne, B. 22. Bacchis, allégorie qui sera appliquée ci-après.

Le Verseau, C. 14. Crocodile, image des tyrans et des persécuteurs des Templiers.

Le Triangle, D. 21. DANAÉ, nom d'une monnaie, image du plus grand moyen de séduction employé par les persécuteurs des Templiers.

Le Compas, E. 5. Echidna, nom d'une des furies. Il nous rappelle les instigations des maux qu'ont soufferts les Templiers et les usurpateurs de leurs biens et de leurs droits.

La Croix, F. 7. Feu, image de l'envie de la plus juste des vengeances, l'amour de la gloire, l'espoir du triomphe et de la victoire.

Le Taureau, G. 6. Gnosia, le pentagone, indiquant la partie où doivent commencer nos exploits.

Le Sagittaire, H. 12. Harpe, poignard.

L'Étoile polaire, I. J. Janus, figure qui nous indique que 2. 13. rien ne peut nous manquer sous la conduite de la sagesse et du temps.

Saturne, K. 15. Krodo ou Codrus, première divinité des Saxons. En Saxe et dans le Brabant, sont beaucoup de nos frères ; il y en eut trois à Moscou, au Kremlin, dont l'initiale est K.

La Balance, L. 4. Lune, symbole de l'ignorance. C'est aussi l'initiale de laurier, dont le suc, pris modérément, enivre, et, à forte dose, tue.

Le Scorpion, M. 19. Mendès, dieu de l'Orient, où était le plus grand pouvoir des Templiers ; initiale du nom de notre G.-M. Molay, assassiné et brûlé inhumainement, et dont nous serons les inexorables vengeurs.

Le Soleil, N. 10. Naphté, nom de poissons, hiéroglyphe exprimant l'amour de l'ordre et de la paix.

La Lune, O. 23. Orthus, chien, emblème de la fidélité ; activité dans les entreprises et dans l'accomplissement de nos devoirs.

Le Bélier, P. 8. Putéal, piédestal sacré qui renferme les cendres des innocentes victimes, et sur lequel doivent être immolés les tyrans.

Le Carré, Q. 20. Quadriformis, signifie prendre toutes les figures, employer tous les moyens pour réussir. Il signifie aussi l'extirpation de nos ennemis répandus dans les quatre parties du monde.

La Ligne droite, R. 11. Roue, il faut veiller sur la course des années. Il vous sera facile d'arrêter celle du temps qui doit nous rendre les lauriers flétris par la tyrannie. Evitez le délateur ; craignez-le par-dessus tout.

La Ligne oblique, S. 9. Serpent, animal souple qui se plie et se replie sous le gazon ; qui, au soleil, change de couleur, comme le caméléon. Il trompe le berger qui le poursuit, il se relève, il s'élance, et se perd sous le feuillage. C'est ainsi que doivent être les juges philosophe. inconnus.

Les Gémeaux, T. 18. Titan, soleil, le seul Dieu, auteur du bien et du mal. Le juge inconnu est le soleil, le Dieu qui doit tout gouverner, qui doit régler le monde, et faire le bonheur du genre humain.

La croix renversée, U. V. Urne ; Tabernacle qui renferme la destinée des hommes; c'est l'emblème de notre cœur qui renferme le secret qui doit rendre ressort à l'Univers. Wodan, emblème du commerce. La promptitude dans l'exécution assure presque toujours le succès dans une entreprise.

X LaCroix de St-André, X. 3. Xanthus, neuve qui s'opposa avec le Scamandre, et le Simoïs à la descente des Grecs, par le débordement de leurs eaux. C'est ainsi que les trois colonnes de l’Ordre s'opposent de toutes leurs forces à la puissance de la tyrannie.

Jupiter, Z. 16. Zancle, ou la Faulx du Temps, emblème de la mort ; c'est le temps qui coupe les ailes à la victoire ; c'est le juge inconnu, qui, dans son juste courroux ou dans l'étendue de sa reconnaissance, sait toujours trouver le moment de punir ou de récompenser.

(Cet alphabet diffère un peu de celui publié par Tacxsi (118).

On remarque, dans ce rituel, beaucoup de passages qui indiquent le travail hermétique et prouvent que l'occupation des adeptes était l'étude des opérations de la nature, sous le nom de science secrète. Nous parlerons de cette science et des sciences occultes dans les chapitres qui vont suivre, comme ayant formé en Egypte la haute initiation ou les grands mystères. Nous ne pensons pas qu'un maçon studieux puisse raisonnablement se dispenser d'en prendre connaissance, pour s'en former une idée et être à même de comprendre les hiéroglyphes anciens.

On doit aussi remarquer l'appui que donne l'opinion des juges inconnus à tout ce que nous avons écrit, dans cet ouvrage, sur les hauts grades et particulièrement sur l’écossisme. Mais l'écossisme est jésuitique et templier, et cependant les juges inconnus, qui avaient le secret de ce régime, qu'ils pratiquaient, disent, page 387 ci-dessus :

« On n'a jamais reconnu que cinq degrés de connaissances ; le nombre de vingt-cinq ou de trentre-trois degrés, qui forment le cadre de l’écossisme, est un effet de l'amour des innovations, ou le produit de quelques amours-propres ; car il est constant que, sur les trente-trois censés pratiques aujourd’hui, il en est VINGT-HUIT D'APOCRYPHES ET QUI NE MÉRITENT AUCUNE CONFIANCE. »

source : www.ledifice.net

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