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Hauts Grades

Swedenborg

9 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

Un des plus illustres réformateurs des rites maçonniques fut le savant Swedenborg, né à Stockholm, de l’évêque luthérien de Skara, à Upsal, ville de Suède, qui figure dans les légendes maçonniques. Il naquit en 1688et mourut à Londres le 29 mars 1772. Il posséda la philosophie, la métaphysique, la minéralogie, l'astronomie ; il a traité, dans ses ouvrages, de Dieu, de l'infini, de l'esprit, de la matière et de la création ; il a laissé des écrits sur toutes ces sciences, et eut une profonde connaissance des langues anciennes ; il fit des recherches très savantes sur les mystères maçonniques. Il a cru et écrit que leur doctrine était de la plus haute antiquité, émanée des Egyptiens, des Perses, des mages, des Juifs et des Grecs.

« Swedenborg s'est aussi créé chef d'une religion nouvelle ; il a réformé celle de Rome, et sa réforme fut suivie d'un brillant succès en Allemagne et en Angleterre, où il y a des villes qui comptent de 14 à 15,000 de ses adeptes. A cette fin, il écrivit sa Jérusalem, céleste, ou son Monde spirituel ; il mêla à sa réforme des idées purement maçonniques.

Dans cette Jérusalem céleste, se trouve la parole que Dieu même lui a communiquée, comme autrefois à Moïse ; cette parole est Jéhova, perdue sur la terre, mais qu'il invite à chercher en Tartarie, pays qui est encore, de nos jours, régi par les patriarches ; voulant par-là dire allégoriquement que ces peuples se rapprochent le plus de l'état primitif de la perfection de l'innocence ; ce qui a été suivi par Weishaupt pour le développement de son système de l’illuminisme (71).

Swedenborg établit son être créateur en Jésus-Christ, Dieu unique, vie, amour, sagesse, chaleur, lumière ; il explique les livres de la religion juive, comme des écrits d'une allégorie continuelle (72) ayant toujours un double sens. D'après son système, la mort n'existe dans l'homme qu'en apparence, car c'est dans ce moment qu'il renaît à une vie future éternelle, et qu'il ressuscite à jamais, en devenant un ange.

Swedenborg a donné l'idée à Martinez Pascalis de son rite des Elus Coëns, qui se rapporte à la théosophie biblique et  chrétienne, et qui est assez répandu en Allemagne et dans les villes les plus considérables.

La Genèse a fourni au rite de Swedenborg le programme de ses trois premiers grades et toute la marche de l'initiation ; en elle le Tout-Puissant, allégorie du grand Archit. de l'univ., donne la vie au néophyte qui sort du chaos, fait serment de discrétion, de fuir la débauche, les jeux, les femmes publiques, l'adultère, et d'être fidèle à l'Ordre. Or, comme, selon la Bible, l'homme est formé de boue et de limon, cet instituteur a ajouté aux symboles maçonniques ceux des éléments qui sont : un vase contenant de la terre pétrie, un second plein d'eau, et une terrine avec des charbons allumés (73). Le rite compte huit grades, divisés en deux temples :

1er temple : 1. Apprenti, 

                 2. Compagnon,

                 3. Maître,

                 4. Élu,

 2e temple : 5. Compagnon Coën,

                6. Maître Coën,

                7. Grand-architecte et chev. commandeur,

                8. Kadosch.

 Les doctrines du premier temple se rapportent à la création de l'homme, à sa désobéissance, à sa punition, aux peines du corps et de l'esprit, ce qui est réellement représenté dans l'initiation.

Dans les mystères, il est dit que, lorsque l'homme, par une vie nouvelle, sainte et exemplaire, s'est réintégré dans sa dignité primitive, et que, par des travaux utiles, il a recouvré ses droits primitifs, alors il se rapproche de son Créateur par une vie nouvelle, spéculative, animée du souffle divin, il est initié élu Coên ; dans les instructions qu'il reçoit il apprend les sciences occultes dans toutes leurs parties, qui lui font connaître les secrets de la nature, la haute chimie, l'onthologie et l'astronomie.

Lors de l'admission, des cercles sont tracés au milieu du temple, représentant le système universel planétaire, et le soleil au centre.

 Le grand Tout-Puissant explique et découvre comment s'est opéré le mystère de la création, etc. » (Reghellini, 2e vol., p. 434).

 Voici l'opinion de Buret de Longchamps sur ce réformateur, à qui l’on reproche, avec raison, d'avoir été trop crédule et trop enthousiaste.

 « Emmanuel Swedenborg, après avoir donné plusieurs ouvrages sur les mathématiques, la physique, l'astronomie, et après avoir médité sur les mystères du christianisme, finit par se croire transporté dans le monde spirituel et céleste ; il converse avec ses amis décèdes, qui lui apparaissent sous la forme des anges, et croit que Dieu même se révèle à lui, à la charge de rétablir l'Église chrétienne. Il abandonne, depuis ce moment, toutes les choses terrestres, et fait sa société habituelle des anges ; voyage dans les planètes et dans les astres, et il y tient des conférences fréquentes avec les esprits célestes qui, à ce qu'il prétend, lui apparaissent.

Cet homme à révélations et à visions singulières, qui croyait avoir trouvé les clefs de l'Apocalypse, est auteur des Merveilles du ciel et de l'enfer, et des Terres planétaires et australes (74) : il prétend que tout ce qu'il y rapporte a été fait dans le monde des esprits, qui est entre le ciel et la terre. Il a laissé des partisans enthousiastes (75). Les médecins, les naturalistes et les philanthropes sont encore, en Suède, plus ou moins attachés à sa secte, non pas qu'ils s'occupent de la recherche d'une nouvelle Jérusalem terrestre, non pas qu'ils regardent Swedenborg comme un homme animé de l'esprit de Dieu, ni qu'ils croient qu'il a été transporté vivant dans d'autres mondes : mais ils sont persuadés qu'à la faveur de ses dogmes et de la morale bienfaisante qui en découle, ils peuvent faire du bien aux hommes, propager des vérités utiles, accréditer des institutions bienfaisantes ; et c'est dans cette vue qu'ils sont associés à la confrérie des Swedenborgiens. Ces sectaires sont très répandus, non-seulement en Suéde, mais en Angleterre, en Hollande et dans le Nord » (les Fastes universels).

Ce que Buret de Longchamps ignorait, c'est que Swedenborg était somnambule et avait des visions.

source : www.ledifice.net

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