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Hauts Grades

Symbolisme du Pavé Mosaïque

25 Août 2012 , Rédigé par Robert MINGAM Publié dans #Planches

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, Vénérable Maître, et vous tous mes Soeurs et mes Frères en vos Degrés et Qualités.

Ici tout est symbole… « cherche et tu trouveras… » Cette petite phrase adressée au Récipiendaire et prononcée par le Second Surveillant au terme du Premier Voyage de son Initiation, résume parfaitement le chemin qu’il aura à parcourir pour comprendre le sens caché de notre démarche spirituelle.  

Si pour certains d’entre nous, les symboles et les nombres utilisés dans la maçonnerie moderne sont les éléments familiers d'un langage universel inscrit dans notre cosmologie, nombre de Sœurs et de Frères initiés aux différents Rites de nos obédiences ne réalisent pas toujours la portée symbolique des outils qu'ils observent et manipulent en Loge. Leur regard est naturellement attiré par les éléments les plus remarquables, mais ils se contentent trop souvent des explications volontairement succinctes trouvées dans leurs rituels. Aussi, le sujet dont je souhaiterais vous parler ce soir, concerne le Pavé Mosaïque. Pas celui aux proportions incertaines que l'on rencontre généralement dans nombre de temples maçonniques, mais celui qu'idéalement nous devrions trouver au centre de nos Loges.

Peut être m’opposerez vous que sur le sol de notre atelier et dans les rituels officiels de notre Obédience, on ne trouve aucune mesure précise concernant ce symbole, et que par conséquent toute réflexion sur le sujet ne peut être que de la masturbation intellectuelle. Pourtant, si je m’inscrit dans le devoir de transmission, je me dois d’assurer le passage à la génération suivante de ce que mes Maîtres m’ont appris.  

Choisis par nos illustres prédécesseurs pour symboliser l’espace sacré où s’inscrit le tableau de la Loge, le Pavé Mosaïque a une forme géométrique toute particulière, des proportions standardisées, et des couleurs pour le moins contrastées.

Concernant sa représentation géométrique, il est paradoxal de constater que pour symboliser la Terre, la forme qui fut choisie n’a pas été le cercle mais le carré, et qui plus est, le Carré Long. Il est vrai qu’il y a déjà plus de 7000 ans, les civilisations orientales se la représentaient ainsi, bien qu’à cette époque leurs connaissances Astronomiques aient été vraisemblablement aussi précises que les nôtres aujourd’hui.  

Pour les prêtres égyptiens par exemple, cet espace en forme de carré long qui pour nous Francs-maçons symbolise la Terre, représentait la création primitive d'un monde manifesté, sur lequel régnaient les Dieux. Que ce soit dans leurs temples, ou leurs tombeaux, voir même symbolisée dans l'écriture hiéroglyphique, les égyptiens représentaient la Terre par un carré dans un cercle. Nous ne trouvons quasiment jamais de perspective dans les scènes peintes ou gravées sur les murs de leurs édifices civils et religieux, à part certains anciens grimoires de l’époque Ptolémaïque (troisième siècle avant notre ère) qui figurent la Terre sous la forme d’une plate forme soutenue par quatre piliers. Pour les premiers égyptiens comme pour un certain nombre de civilisations antiques, la Terre n'était qu'un niveau intermédiaire entre l'infra monde et celui des dieux.

Le carré dans un cercle, c'était la Terre dans l'Univers. C'était l'infiniment petit symbolisé dans l'infiniment grand. Si les égyptiens des époques historiques n'ont pas inventé la géométrie dans l'espace, ils en avaient pourtant la connaissance intuitive. A moins que celle-ci, comme semblerait indiquer certains manuscrits datant de l'Ancien Empire, leur ait été transmise par les légendaires et introuvables « Livres de Thot ».

Alors, si nous continuons de symboliser la Terre par un carré, voire un carré long, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé les hommes en général, et les Maçons en particulier, à choisir cette forme apparemment inadaptée pour symboliser notre planète. Peut être conviendrait-il de consulter les Anciens Rituels pour comprendre d’où nous vient ce choix.

 

Le Rituel du Premier degré de Memphis Misraïm, recoupé par un Rituel de la Grande Loge d’Angleterre datant du 18e siècle nous informe que le Pavé Mosaïque devrait comprendre 108 cases ; 12 colonnes de l’Orient à l’Occident, et 9 colonnes du Septentrion au Midi. En géométrie, 12 par 9, réduits en nombres premiers donne 4 par 3 c'est-à-dire les proportions du théorème de Pythagore, qui rappelons le, est de 3, 4, et l’hypoténuse 5. Pour mémoire, ou pour ceux qui n’auraient pas encore assisté à la consécration d’une Loge maçonnique égyptienne, le tracé de l’espace sacré réservé au Pavé Mosaïque se fait à l’aide d’une corde à 12 nœuds séparés d’une coudée. On forme ainsi un triangle composé de 3, 4, et 5 nœuds. Une fois déterminée l’orientation du Temple, on applique ce triangle sur le sol, puis on en trace les contours à la craie. Après l’avoir déplacé dans l’autre sens, on l’applique à nouveau sur le sol de manière à fermer le rectangle et on en trace également les contours. Ainsi, sans règle ni compas, nous avons formé le carré long et déterminé le centre même de l’espace sacré du Temple, là où s’entrecroisent les deux hypoténuses.

Esotériquement, il y a plusieurs façons d'expliquer le nombre de carreaux composant cet élément symbolique. Dans nos religions Christiques, nous savons par exemple que le " 1 " représente l'unité, le père; que le " 0 " qui autrefois était figuré avec une barre transversale coupant le cercle, représente la fécondité, la femme, et donc la mère; et que le " 8 " est le nombre du Christ, le fils. Le chiffre 108 serait donc le symbole même de la trinité.

Cependant, dans l’esprit scientifique et non christique de la maçonnerie, la Loge se présente comme un univers microcosmique à l’échelle de la Terre, qui elle-même serait microcosme à l’échelle universelle. Au centre de l’espace sacré de notre Temple, l’infiniment petit y est représenté sur un tableau de Loge, comme symbolisant les origines de nos traditions. Ce tableau dont la Loge est la vivante réplique se réfléchi sur les murs, comme éclairé par en dessous pour symboliser son image spatio-temporelle conjuguée au présent. Mais si à l’échelle de la Terre, la Loge est microcosmique, sa propre Lumière peut elle aussi se projeter vers l’Univers environnant. (c’est un peu comme des poupées Russes, indépendantes mais imbriquées l’une dans l’autre).

 

Il reste maintenant à définir le pourquoi de la forme rectangulaire et celui des 108 cases censées la composer.

Tout d’abord, mettre 108 cases identiques dans un cercle ou dans un carré est impossible mathématiquement. Définir un point dans l’espace par rapport à son environnement n’est pas plus aisé. Car s’il est plus logique de symboliser la terre par un cercle, première figure géométrique réalisée à partir du point, il est très difficile pour un non scientifique de définir l’espace qui l’entoure. Cependant, si on admet que le cercle se compose arbitrairement de 360 degrés, et que le carré quant à lui possède quatre angle à 90 degrés, soit lui aussi 360 degrés, rien ne nous empêche de les comparer l’un à l’autre (C.Q.F.D. comme le diraient les mathématiciens, et en langage clair, « ce qu’il fallait démontrer »). D’ailleurs, qu'elle soit cercle ou qu'elle prenne une toute autre forme, une figure simple et fermée possèdera toujours 360 degrés. Donc pour symboliser la Terre dans l’Univers, et surtout pour y inclure une valeur numérique reconnaissable par tous, il semblait plus pratique d’utiliser le carré long que le cercle.

Alors, comment déterminer la place d’un objet dans le vide, sinon en quantifiant ce qui l’entoure. Je m’explique : Si nous prenons un carré, fut-il long, et que nous calculions le nombre de degrés qu’il génère autour de lui, nous additionnons les angles extérieurs de cette figure géométrique. Nous trouvons ainsi 12 angles à 90 degrés soit 1080 degrés. C’est pourquoi, pour symboliser la Terre dans l’Univers, nos prédécesseurs ont choisi ce nombre, propre à nous faire entrevoir le sens caché de notre Initiation. Ils ont imaginé un damier comportant 12 cases sur 9 soit 108 cases, en y inscrivant la dualité solaire et en laissant à notre féconde imagination la faculté de chercher quelques autres significations.

 

Si au Rite Ecossais Ancien Accepté, le Tableau de Loge est posé au centre même du Pavé Mosaïque, les Maçons d’obédience égyptienne y insèrent un triangle qu’ils nomment « le Naos) sur lequel brille la flamme éternelle. Au centre géométrique de ce triangle, à la verticale d’un fil à plomb, se placent les trois outils symboliques de notre Ordre que sont l’Equerre, le Compas et la Règle, agencés selon le degré auquel les travaux sont ouverts. Ce fil à plomb indiquant la présence de la lumière à l’heure de l’ouverture des travaux, c'est-à-dire à Midi, lorsque l’ombre est la plus courte. A cet instant, la Lumière vient symboliquement se réfracter sur les outils disposés de telle façon que les 8 pointes ainsi formées sont dirigées vers les 8 directions de l’espace consacré, et plus pragmatiquement vers les 8 officiers statiquement installés à leurs plateaux. Le Maître des Cérémonies (10) et l’Expert (9) étant alors considérés comme des électrons libres faisant circuler la lumière pour éclairer les Colonnes du Nord et du Midi. Au Rite Ecossais, la Lumière éternelle se trouve face à l’Orient, sur l’Autel des Serments, en décalage avec le Pavé Mosaïque reçevant le tableau de Loge, « primitivement destiné à transformer un local profane en Sanctuaire maçonnique », faculté laissé à l’appréciation de chaque Atelier par nos instances administratives.

Si parler du Pavé Mosaïque c’est aussi symboliser la Terre au sein de l’Univers, comment définir numériquement cet Univers dans lequel nous baignons ? Puisque la Terre fait partie intégrante de l’Univers, on peut convenir que l’Univers soit la somme des deux valeurs, soit 1080 degrés entourant notre planète auxquels s’ajoutent les 360 degrés de notre Pavé Mosaïque. Nous trouvons alors 1440 degrés, chiffre retenu pour symboliser notre Univers. Ce calcul peut paraître un peu fou voire du domaine de la superstition. Pourtant, ce nombre 1440 revient trop souvent pour qu’il ne soit question que d’une simple coincidence. Notre symbolisme, aussi pragmatique qu’il puisse paraître, pourrait bien s’être souché sur la cosmogonie égyptienne, justifiant de notre filiation spirituelle avec elle.

 

Serait-ce un hasard qui fait que le temps de la création inscrit dans les arcanes de la Genèse, celle de Moïse, augmentée des apports égyptiens, soit également symbolisé par ce nombre ? En effet, nous trouvons que sous les images naïves des enseignements de la Bible et des livres sacrés se cache une clef universelle. Il y est enseigné par exemple que "Dieu créa le monde en six jours ". Six jours, cela fait bien six fois 24 heures soit 144 heures.

Toujours dans la Bible, l’Evangile selon Saint Jean nous enseigne que (Devant le seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour...). Si pour Dieu un jour est comme 1000 ans, le temps de la création, c'est-à-dire 6 jours, serait de 6000 ans de 24 heures soit 144 000 heures.

Hasard également si au cadran de nos montres, les 24 heures de la journées font au total 1440 minutes et qu’il y a 144 milliards d’années dans le jour universel de tout notre système solaire.

Est-ce un hasard si nos scientifiques reconnaissent aujourd’hui que depuis l’origine de l’humanité, la distance séparant le Soleil de notre planète est de 144 millions de kilomètres, et que la Terre serait 1 million 440 000 fois plus petite que le Soleil ?

( Comme le démontrent les calculs de nos astronomes, à la vitesse de 300 000 kilomètreslseconde, la lumière du Soleil met 8 minutes à nous parvenir. A cette vitesse 8 minutes multipliées par 60 secondes donnent 480 secondes que multiplient 300 000 kilomètres, soit.- 144 millions de kilomètres).

Etait-ce donc au hasard si les égyptiens de l'Ancien Empire, soit environ 2800 ans avant notre ère, avaient choisi de considérer le nombre 144 comme étant à la fois, le Chiffre de la Terre et son nom numérique, l'inscrivant dans une géométrie pyramidale symbolisant, mieux qu'aucune autre forme, le faisceau de lumière éclairant notre planète ?

 

Hasard également si Pythagore que nous avons déjà cité pour son théorème, avait composé une table à partir du carré de 12 x l2 = 144

 

Table de Pythagore

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24

3 6 9 12 15 18 21 24 27 30 33 36

4 8 12 16 20 24 28 32 36 40 44 48

5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60

6 12 18 24 30 36 42 48 54 60 66 72

7 14 21 28 35 42 49 56 63 70 77 84

8 16 24 32 40 48 56 64 72 80 88 96

9 18 27 36 45 54 63 72 81 90 99 108

10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120

11 22 33 44 55 66 77 88 99 110 121 132

12 24 36 48 60 72 84 96 108 120 132 144

 

Cette table, sorte de carré magique, donne horizontalement ou verticalement, la liste de tous les multiples du nombre de tête.

A plusieurs reprises nous retrouvons ce nombre dans l'Ancien et le Nouveau Testament de la Bible.

Dans l'Ancien Testament, Ezéchiel pour pouvoir mesurer le temple, utilisa une canne de 6 coudées. Une coudée étant composée de 24 subdivisions, la canne valait par conséquent: 6 x 24 = 144 subdivisions.

Il y est également précisé que la mesure de la Jérusalem Céleste est de 144 coudées. " [... 1 Il mesura la muraille, et trouva cent quarante quatre coudées, mesure d'homme, qui était celle de l'ange ". (Apocalypse 21.17).

Plus proche de nous, le jour de Noël (symbolique sur le plan historique et populaire) tombe le 360e jour de l'année, soit 6 jours avant le premier janvier, à 144 heures de la fin de l'année, bissextile ou non.

 

Encore plus proche de nous, la génération des ordinateurs de type PC 386 ou 486 à présent supplantés par celle des PENTIUM, utilisait pour certains d'entre eux des lecteurs de disquettes 1.44 Mo. Certains taux de transferts de données et de transmission par modem étant de 14400 bauds, ces valeurs obsolètes à présent, sont conservées pour les fax « 14400 » intégrés aux ordinateurs. Dans cet exemple on peut constater que le symbolisme n'a pas que des applications spirituelles.

Est-ce encore un hasard, si à quelques milliers de kilomètres de chez nous, au Guatemala, les Mayas considéraient, et considèrent toujours aujourd'hui, que tous les 144 ans s'opèrent de grands changements, le prochain étant pour l'année 2007.

Coïncidence, serez-vous peut être tenté de dire. Non ! Il ne saurait y avoir de coïncidence touchant un nombre qui se retrouve dans la Genèse, dans la Pyramide, sur le cadran de nos montres et dans un jour de rotation terrestre. Tout le mystère de notre Univers s'ordonne d'après ce nombre, repose sur lui et nous découvrons, grâce à lui, que l'unité de loi engendre l'unité de fait. 144, est donc le nombre clef, le nombre parfait, le nombre de notre univers, le nombre qui est le nom chiffré de notre planète et, en quelque sorte, la clef de la lumière.

 

Allez, encore un petit dernier pour la route, sur le mode de la parodie,. Du temps au Communisme, le gouvernement Soviétique était bel et bien composé de 1440 membres.

 

Que nous symbolisions le corps de la Terre, comme une figure totalisant 360 degrés, l'âme de notre planète avec ses 1080 degrés ou l'esprit qui a tout engendré avec ses 1440 degrés, tous ces chiffres additionnés individuellement où globalement aboutissent en numérologie au nombre 9. Ce symbole de la création et de la vie en tant que rythme, imbrication et développement, représente donc les trois manifestations divines dans les trois plans: monde de l'esprit, monde de l'âme, monde de la matière, ce qui donne une triple manifestations de la Trinité - 3 x 3. C'est pourquoi les francs-maçons spiritualistes en ont fait le nombre éternel de l'immortalité humaine, le tré-pas.

Considéré comme sacré en Égypte et en Grèce, le neuf est souvent considéré comme le nombre de l'Initié, et comme le nombre de l'homme, en tant que symbole numéral de sa gestation - neuf mois. Du fait que le neuf a la curieuse propriété de toujours se reproduire lui-même lorsqu'on le multiplie par tout autre nombre, il symbolise la matière ne pouvant être détruite. Il introduit une notion de fin de cycle, de mort apparente, ouvrant la voie vers une transformation, une renaissance, une Initiation en somme.

 

Bien entendu, ce travail accompli n'est pas exhaustif, loin s'en faut. D'autres exemples en correspondance avec le sujet traité pourraient le compléter. Mon exposé de ce soir n'avait pas pour but de vous enseigner les connaissances que j'ai pu acquérir au cours de mes recherches, mais de vous éveiller à ce langage symbolique qui permet parfois de retrouver l'essence des messages véhiculés par nos prédécesseurs. Car si piètre, est l'élève qui ne dépasse pas son Maître, disait (Gargantua)... Piètre est le Maître qui n'est pas dépassé par ses élèves, disait (Voltaire).

J'ai dit

Source : http://www.ordoabchaos.net

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