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Hauts Grades

Système maçonnique suédois

9 Mai 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

Dès 1135, on a cru pouvoir signaler l'existence de la Franc-maçonnerie en Suède, sous le roi Ingon II ; ce ne pouvait être qu'une confrérie d'ouvriers-maçons, la Maçonnerie n'existant pas alors.

1736, 15 avril. La Maçonnerie, venue d'Angleterre en Suède, où elle se propagea rapidement parmi les hautes classes de la société, devait y être pratiquée un peu avant cette date, puisque, ce jour-là, la G.-L. d'Angleterre nomme le comte de Scheffer G.-M. provincial pour les loges de Suède. (V. notre Précis chronologique historique.)

 Le véritable système suédois (non celui de Zinnen-dorf) travaillait primitivement d'après les principes de la Stricte-Observance. Le roi Gustave et son frère en furent successivement les chefs ; aussi ce système prêta-t-il toute assistance au prince, dans la révolution qui devait lui faire recouvrer son indépendance ; laquelle, une fois assurée, il s'était engagé à rétablir publiquement l’Ordre des Templiers.

 Au convent de Wilhemsbad, où la Stricte-Observance offrait de faire connaître la véritable origine de son système, les loges suédoises réunies annoncèrent qu'elles étaient en possession du véritable secret ; qu'elles étaient en rapport avec les vrais supérieurs et qu'elles étaient prêtes à combler les vœux des frères d'Allemagne, si on voulait nommer le duc de Sudermanie G.-M. de la 7e province ; ce qui eut lieu, en effet, et ce qui détermina le duc de Brunswick à se rendre en Suède pour s'y instruire. Il n'en rapporta que quelques additions insuffisantes à l'histoire de l'Ordre et quelques cérémonies.

A cette même époque, le frère Wachter (equesàceraso) découvrait, en Italie, une lettre qui prouvait que les Suédois y avaient eux-mêmes cherché des instructions. Les Allemands s'en trouvèrent offensés et nommèrent le duc Ferdinand de Brunswick pour G.-M. de la 7e province.

Le système suédois confère douze grades, savoir :

A. 1. Apprenti,

     2. Compagnon, } dits de Saint-Jean ; mêmes grades que dans les divers systèmes.

     3. Maître,

B. 4. Maître élu,  (formant, dans le système de Zinnendorf,  l'ap. et le comp. écossais, dits aussi ap. et comp de Saint-André. Thory le dit le même que l’élu secret du régime français. On donne au récipiendaire quelques légers coups de poignard, pour lui rappeler qu'il ne serait en sûreté nulle part au monde, s'il trahissait le secret.

 5. Maître écossais. Il est aussi appelé maître de Saint-André, ou encore grand-élu écossais; ce grade donne la noblesse civile.

 6. Chev. d'Orient, ou novice (Zinnendorf rappelle le favori de Saint-Jean ; il est formé du chev. d'Orient et d'une partie du chevalier d'Occident. Thory nomme ce grade les frères Stuart, et le dit formé du chev. d'Orient et du prince de Jérusalem. Le tableau représente la Nouvelle Jérusalem avec ses douze portes.

C.7. Chev. d'Occident ou le vrai Templier ; aussi appelé frère favori de Salomon. D'après le système de Zinnendorf, qui n'a que sept degrés, c'est le parfait élu, formé de l'autre partie du chev. d'Occident et des additions de Zinnendorf, dont on a fait plus tard l’adeptus coronatus. Ce grade se nomme encore vrai capitulât, le Templier maître de la Clé ; on voit sur son ruban vert, et auquel est suspendue la clé triangulaire, cinq rosettes rouges, qui rappellent les cinq plaies de J.-C. On parle dans ce grade cabalistique du rétablissement du temple de Salomon. Le grand-prieur donne la bénédiction au nouveau reçu et lui coupe, à droite, une mèche de cheveux.

 8. Chev. du Sud, commandeur, magister templier, grand dignitaire, élu ; il fait partie des supérieurs, et porte sur sa poitrine nue la croix rouge des Templiers attachée à un ruban blanc sur lequel sont brodées en or V. V., initiales de la réponse à cette demande : Rabbi, ubi habitas ? ¾ H. Venite vesum. La cérémonie d'installation d'un candidat ressemble à celle des alchimistes des premiers siècles de notre ère. Ce grade s'appelle aussi frère favori de Saint-Jean ou du Cordon bleu.

9. Frère favori de Saint-André ou du Cordon violet, dit aussi chev. du Cordon pourpre ; on y explique le Mac-Benac, par Messias Benedictus.

D. Frère de la Croix rouge, divisé en trois classes :

10. Membre du chapitre non dignitaire.

11. Grand-dignitaire du chapitre, présidé par le prince royal (en 1812, par le pr. Bernadette).

12. Le maître régnant (le roi de Suède) (77).Ce grade et le maître ont pour titre : Le stathouder ou vicarius Salomonis, sanctificatus, illuminatus, magnus Jehova. Un seul frère peut être revêtu de ce grade.

 Les membres de ces trois classes réunies formant le Chapitre illuminé, dans lequel nul ne peut être grand-dignitaire (2e classe), s’il n'a pas quatre quartiers de noblesse.

 Ce rite, dont les degrés sont composés sur l'abolition et le rétablissement des Templiers et sur la cabblie et l'alchimie, est reconnu par la Grande-Loge de Stockholm.

Le roi Charles XIII a créé, le 27 mai 1811, un ordre public et une décoration spéciale en faveur de la Franc-maçonnerie de ses Etats, sous le nom d’Ordre do Charles XIII, en voici la description :

C'est une croix rouge de rubis, brodée d'or et surmontée d'une couronne en or ; on la porte dans un large ruban rouge, dont un côté présente, sur un fond blanc, les lettres initiales du nom du fondateur, et, de l'autre, la lettre B au milieu d'un triangle (initiale de Bernadotte).

Dès 1755, la Maçonnerie suédoise, par l'admission des hauts grades, devint quelque chose de tout différent de ce qu'elle avait été à son introduction avant 1736. Ce n'était plus la Maçonnerie anglaise (la symbolique) dans sa pureté, un certain esprit de templiers et de rose-croix s'y était mêlé, mélange dont les jésuites avaient profité pour se rendre maîtres des loges, et, sous ce prétexte, atteindre leur but d'une manière plus prompte et plus sûre ; ce qui explique l'insuccès, dans les ateliers de Stockholm, en 1758, du frère Rosa, chargé par la G.-L. aux Trois-Globes de Berlin, de communiquer aux loges suédoises les grades du Chapitre des Empereurs d’Orient et d'Occident et de faire reconnaître, à ce sujet, la juridiction de cette G.-L. (V. notre Précis hist., Fastes initiat.)

 Tandis que l'esprit chevaleresque des Templiers trouvait en Allemagne de vives sympathies, la Suède, abondante en métaux communs, penchait davantage vers les rose-croix et les alchimistes ; ce qui avait été habilement calculé par les jésuites. « C'est même à ceux-ci que semblerait appartenir l'idée de la fondation, en 1753, de la Maison des orphelins, à en juger du moins par leur empressement à saisir toute occasion d'inoculer leurs principes et leurs doctrines à la jeunesse. » Des modifications accidentelles survenues dans la forme du gouvernement donnèrent à la Franc-maçonnerie une direction particulière qui y prépara la prospérité future de l'association. Ainsi, les Suédois, effrayés de la témérité de Charles XII, avaient, en 1719 et 1721, renfermé la puissance royale dans des limites tellement restreintes, qu'il n'en restait presque rien que le titre. En vain, la reine Ulrique-Éléonore, secondée de son époux et du co-régent (prince héréditaire de Hesse-Cassel), s'était-elle efforcée de se soustraire à la tutelle onéreuse des États du royaume ; il n'était réservé qu'à Gustave III, en 1771 et 1788, d'atteindre ce but avec le concours de l'armée. Animant la bourgeoisie contre la noblesse, il fit abolir par ses États la plupart des lois politiques de 1719 et 1721, et prononcer la suppression du sénat. L'occasion de ce coup d'État lui fut fournie par les franc-maçons dans l'association desquels il s'était fait recevoir et qui déjà s'étaient répandus dans le royaume. De cette manière, les projets des jésuites furent renversés, les conceptions alchimiques réduites au silence, et désormais la restauration de l’Ordre des Templiers,

 accordée à l'association par Gustave III, occupe exclusivement tous les maçons. Le roi nomma provisoirement son frère, le duc de Sudermanie, G.-M. des franc-maçons, ce qui déjà produisit une heureuse impression. Mais le crédit de la Maçonnerie s'augmenta encore lorsque Charles XIII eut fondé, en 1811, un ordre destiné à être porté publiquement par les maçons méritants. Cet ordre, qui remplaça l'Ordre décrié des Templiers, fut nommé Ordre de Charles XIII. Actuellement, il constitue le grade de chevalier dans rassemblée des maçons suédois, et il compte trente chevaliers (27 civils et 3 ecclésiastiques), outre les princes de la maison royale. Le signe de l'Ordre consiste en une couronne à laquelle une croix est suspendue, et les chevaliers de cet Ordre jouissent de la même considération que les commandeurs des autres ordres suédois. La Franc-maçonnerie n'a rien perdu de sa dignité sous le gouvernement du roi Charles-Jean (Bernadette), et le prince de la couronne, Oscar 1er aujourd'hui régnant, est, depuis 1816, ou G.-M. adjoint, ou G.-M. titulaire des franc-maçons suédois.

 Mais, vers la fin dtt dernier siècle, la Franc-maçonnerie prit un caractère particulier qu'il faut attribuer aux rêveries métaphysiques et aux enthousiasmes religieux de Swedenborg. Ces influences s'exercèrent dès 1783 sur la Maçonnerie ; les disciples de Swedenborg s'emparèrent de toutes les chaires, et la recherche de la nouvelle Jérusalem (voir plus haut la notice sur cet illuminé) devint l'idée dominante des maçons. Il en résulta un nouveau système suédois qui s'étendit jusqu'en Angleterre et même jusqu'à Moscou, où une loge de ce régime fut constituée. L’Allemagne aussi n'y fut pas étrangère ; car il fut en partie copié par  Zinnendorf, qui en fit, ainsi que nous l'avons vu, la base des doctrines de la G.-L. nationale d'Allemagne fondée par lui à Berlin, et de quarante-six ateliers institués par cette G.-L. — Toutefois, dit le Latomia auquel nous empruntons une partie de ces détails qu'il ne produit pas toujours sans erreur, les loges se virent bientôt forcées de modifier le régime de Zinnendorf suivant les exigences de l'époque, et de l'assimiler de plus en plus aux systèmes dominant en Allemagne.

 Il existait en Suède une branche cléricale qui ne reconnaissait point le système de Zinnendorf. Il est probable que ces clercs suédois avaient quelque analogie avec les adepti coronati ; ils prétendaient connaître leurs supérieurs et descendre de la congrégation de Florence. Ils conservaient et vénéraient un prétendu testament de Jacques Molai, rempli de fictions et dont il existe dans plusieurs loges des copies qui ne le rendent pas plus authentique. Ils se flattaient de posséder beaucoup de documents historiques sur d'autres ordres.

 Suivant cе testassent, le comte  Beaujeu, neveu de Jacques Molai, trouva le moyen de rassembler les cendres de son oncle et de leur donner la sépulture, gravant sur une dalle de forme oblongue cette inscription :

 

J. B. M. B.

A. — DO. — N — I — J — C.

M CCC XIV.

XI MARTIS.

 

C'est-à-dire : Jakin Boaz Mac Benac A-Do-Nai-Jehova-Croisade (Jacobus Burgundus Molai Bustus иnnо Domini nostri Jesu Christi 1314, le 11 mars).

Ce Beaujeu se retira ensuite en Ecosse, avec quelques chevaliers échappés aux tribunaux français. Il y continuèrent, en 1319, l'Ordre du Temple, sous le nom de Rose-Croix ; ce qui aurait été fait également en Ecosse, sous le nom de l’Ordre du Chardon ; en Portugal, sous celui de l’Ordre du Christ ; en Espagne, sous celui de l’Ordre de Calmram, et en France, sous celui de l’Ordre de l'Étoile flamboyante, lequel s'était répandu au xve siècle en Bohême et en Silésie,

 

source : www.ledifice.net

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