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Hauts Grades

Tubalcain

15 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Au Rite Français Rétabli (RFR), nous apprenons l’existence de Tubalcaïn dans le Rituel de Réception au grade d’Apprentie : « c’est le nom du premier ouvrier en métaux » déclare la TV ;

« c’est le nom de celui qui inventa l’art de travailler les métaux » répond le nouvel initié, aux questions posées successivement par les FF\1ère et 2ème Surveillants.

Dans le Régulateur du Maçon, datant de 1801, le VM dit : « nous avons un mot de passe qui sert parmi nous pour nous assurer encore plus particulièrement que celui qui se présente est maçon ».

Ce mot de passe fait partie des secrets qui vont être confiés à la nouvelle initiée pour avoir accès aux mystères de la F\M\.

D’après la Bible :

Tubalcaïn est le fils de Lamech et un descendant de Caïn et comme tel, il appartient à la septième (et dernière) génération maudite depuis le meurtre d’Abel.

Tubalcaïn (ou Toubal-Caïn) inventa l’Art de travailler le métaux.

Au nom primitif Toubal ou Touval (nom de la tribu d’où il venait) l’élément Caïn aurait été ajouté car dans plusieurs langues sémitiques il signifie « forgeron ».

Dans la mythologie, Tubalcaïn est assimilé à Vulcain pour les romains, et à Héphaistos pour les grecs. Mêmes personnages symboliques et mêmes activités.

A partir de Prométhée, qui déroba le feu aux Dieux pour le donner aux hommes, et, ainsi, améliorer leurs conditions de vie, les forgerons sont estropiés.

La perte de leur intégrité physique est le prix de leur science, ils ont subi la colère d’un Dieu jaloux de leurs privilèges.

Dans les mythes le pouvoir n’est pas tendre avec celui qui connaît les secrets et les divulgue aux dominés ou aux dissidents afin de leur permettre de se libérer.

C’est ainsi que les forgerons sont souvent représentés boiteux, bossus, unijambistes ou nains. Ils furent souvent des parias dans leur communauté car, disait-on, ils devaient pactiser avec le diable pour transformer le minerai dans leur forge, assimilée elle-même à l’enfer.

Ce mot de passe de l’apprenti est différent du mot sacré du 1er degré que le nouvel initié, qui « ne sait encore ni lire ni écrire, ne peut qu’épeler », il fait partie de ce qu’on appelle les « transmissions », c'est-à-dire les gestes ou les mots de reconnaissance. Ce mot de passe a pour but de vérifier si le grade possédé correspond bien à celui des travaux du jour en loge.

Tubalcaïn est « Le Passeur » d’une vie à une autre vie, « l’Initiateur » qui accompagne l’apprentie puis la compagnonne vers le dépouillement, et la transformation vers la re-naissance.

Il fait passer de la grotte / chambre de réflexion, symboles de la mort et de la vie, de la descente en soi, à l’espace sacré qu’est le Tem\.

C’est donc dans l’ombre de la chambre de réflexion que nous nous dirigeons vers la lumière du feu de la forge : symbole de notre Temple, creuset d’initiation et de transmutation.

Pour cette transformation, cette métamorphose, le forgeron débarrasse le métal de ses scories pour lui donner une nouvelle identité, il est l’Alchimiste qui maîtrise l’art de la transmutation et en ce sens il est celui qui permet le passage d’un état à un autre, une nouvelle création.

De même, Ptah, dieu funéraire égyptien, est celui qui, après la pesée de l’âme du défunt, s’occupe de la renaissance de son âme dans la vie d’après la mort.

Le forgeron est un personnage craint et respecté ; craint parce qu’il a le pouvoir de transformer la matière et de maîtriser le feu, et respecté car les instruments créés rendent son activité nécessaire à tous.

Mais ce passeur, ce forgeron qui brise les métaux et les jette au feu en transpirant, en peinant parfois pour les unifier à nouveau, n’est-il pas finalement aussi une représentation de nous même, de notre propre cheminement et de notre conscience tendue vers un idéal qui nous transcende?

Le travail de purification peut s’avérer éprouvant.

Notre imperfection, notre infirmité même de profane boiteuse, nous avons pu la mesurer lors de l’initiation.

Lors de la cérémonie de réception, la néophyte effectue ses voyages en titubant, elle est elle-même « boiteuse », car elle a un pied nu.

Tubalcaïn ne serait-il pas alors le condensé symbolique de notre démarche maçonnique nous donnant à la fois ce vers quoi tendre et les outils pour y parvenir.

Tubalcaïn est un des premiers à transformer la matière en respectant les lois de la nature et non par un quelconque dogme ou par la magie des Dieux. C’est par son propre travail et sa propre création, c’est son intelligence qui le guide.

Les métaux sont extraits de la terre, ils passent d’un état brut à un état purifié, et leur forme est renouvelée en passant par la souffrance, la mort, la transformation et la renaissance en outil, bijou, arme, ou autre matériel.

Travail de force difficile pour faire d’une matière brute un outil très utile dans la vie quotidienne, ou un objet d’Art, les forgerons étaient indispensables dans les villages.

Ce travail de métallurgiste tel qu’il est compris dans Tubalcaïn, nécessite l’emploi du feu afin de parvenir à la fusion qui permet de séparer le métal pur de tous les autres matériaux, chacun ayant un point de fusion différent, et d’écarter ainsi toutes les scories qui l’entourent.

La fusion est le passage d’un corps solide à l’état liquide.

Séparer, purifier, puis, réunir ce qui est épars pour obtenir un nouveau produit, (Ou un nouvel Etre)

Ce travail de métallurgiste est à rapprocher du travail que doit faire l’APP\.

Ainsi on retrouve dans l’initiation les différents éléments :

Le forgeron extrait de la Terre, la matière première,

Il utilise le marteau (ou maillet) pour dominer la matière,

Le feu permet de chauffer les minerais pour diriger la fusion.

L’air active la puissance du feu pour modeler le métal.

L’eau, élément passif permet à la matière transformée, de conserver sa forme en refroidissant la pièce.

Le forgeron domine les feux de l’enfer dans sa forge.

L’initié doit dominer les feux de la passion pour éviter sa destruction, tout est dans la mesure.

C’est ainsi que le travail va progresser pour devenir son œuvre.

L’œuvre au noir : du métal brut, de la mort apparente de la matière.

L’œuvre au rouge : action du feu sur les métaux, symbole de l’embrasement des passions humaines.

L’œuvre au blanc : Métal purifié, unifié, transmué en sa forme nouvelle.

En F\M\, l’Art de travailler les métaux crée la Beauté, intérieure et extérieure, et lorsque nous nous assimilons à Tubalcaïn, c’est de notre œuvre personnelle qu’il s’agit.

Les métauxont aussi leur symbolique.

Tubalcaïn, nous dit la Genèse, travaillait l’airain et le fer. Souvenons-nous que les colonnes du Temple de Salomon étaient en airain.                                                                                                    

- L’airain (alliance de différents métaux dont le cuivre forme la base) est le symbole du jugement divin, d’un jugement capable de percevoir et de définir le Mal.

- Le fer est le symbole de la servitude, de l’attachement à la matérialité, et de l’immanence c'est-à-dire : le non Etre : état de celui qui n’existe que par identification à un autre.

Tubalcaïn n’a pas accès aux métaux nobles comme l’argent ou l’or. Il travaille à partir du réel de sa vie profane avec ses aspects positifs et négatifs. Comme nous il est capable du pire comme du meilleur.

- L’argent est le symbole de la grâce, de la rectification, de la rédemption.                   

- L’or représente ce qui est divin, il est symbole d’immortalité et de transcendance (contraire de l’Immanence).

En maçonnerie les métaux représentent les préoccupations matérielles, le monde profane.

La« confusion » de Tubalcaïn est donc bien son « imperfection ».

Cependant, le travail qu’il conduit est un préalable à tout accès à la Connaissance.

Nous-mêmes sommes souvent engluées dans la confusion de notre être, nous essayons de sortir de nous, de nous comprendre, de faire le tri de l’intime, de l’authentique et de ce qui relève du comportement social, de l’apparence. Il nous est bien difficile d’accéder à notre Etre profond.

Le travail de l’airain, le travail sur le jugement ouvre les portes de la justice.

Le travail du fer, le combat contre l’Immanence renvoie à la recherche de la Vérité.

La recherche de la Vérité et de la Justice sont des composantes essentielles de l’état de conscience qui siège au cœur de l’homme.

Nous ne sommes pas des dieux. Sans renier nos aspirations à nous élever, il faut «raison garder », rester humble, apprendre à connaître nos limites et à trouver le juste équilibre entre les choses.

On comprend mieux alors pourquoi le nom de Tubalcaïn signifie « possession du monde », mais de quel monde si ce n’est notre monde intérieur qui permet ensuite avec force d’affirmer notre identité et nos convictions pour construire un monde de beauté.

La manière dont Tub\domine le feu est la confirmation de cette hypothèse.

Les métaux que nous laissons à la porte du Tem\, ce n’est pas notre passé entier, mais tout ce qui alourdit notre liberté de penser, notre capacité à ressentir, à vivre notre réception, physiquement et moralement.

Les métaux que l’on nous restitue, parce que les voyages ont eu lieu, ont été transmués, puisqu’ils servent à faire le bien, ce qui est notre but.

EN FM on est reçu et on nous donne les moyens de nous initier.

L’Apprenti est le forgeron de son devenir :

au premier grade, il doit utiliser les quatre éléments pour travailler sur ses métaux

Puis compagnon :

au deuxième grade il perfectionnera son travail avec sagesse, force et beauté

Enfin, Maitre :

au troisième grade il rencontrera Hiram et ses mauvais compagnons et devra poursuivre son œuvre.

Tubalcaïn,désigné comme le premier forgeron, le premier de la lignée des fondeurs dans laquelle s’inscrira Hiram, le transformateur des minerais et des métaux, travaillant dans les profondeurs de la terre, accède au rang de maître du feu, celui qui exploite l’énergie primitive libérée, la chaleur et la puissance de l’action. Le Rite Mac\

Source : http://anck131.over-blog.com/article-tubalcain-1-2-113024439.html

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