Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 07:37

Je suis un incorrigible romantique et l'image, l'archétype du chevalier reste pour moi l'une des accomplissements majeurs de la pensée chrétienne.

De plus en plus de personnes dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on fasse de la reconstitution médiévale ou qu'on s'implique dans les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

Certes, on pourra dire que le chevalier historique fut la plupart du temps un soudard, un pillard ou le bras armé d'une institution ecclésiale plus soucieuse de protéger ses avoirs que de guider les âmes vers le Royaume. Déjà le grand théoricien de la chevalerie Raymond Lulle se plaint au XIIIe siècle des mœurs des chevaliers de son temps qui sont, dit-il, « injuste, belliqueux, aimant le mal et les troubles. ». Certes. Néanmoins, l'image et l'idéal demeure.

Et plus que jamais, le monde a besoin de personnes puisant leur force à la Source Suprême de l'Esprit Saint afin de se dresser contre les démons du monde et défendre la veuve et l'orphelin. Plus que jamais la Lumière a besoin de champions.

Dans ce monde désenchanté, on voit que la figure du chevalier connait d'ailleurs un succès croissant dans l'imaginaire et l'inconscient populaire. Il suffit de voir le succès mérité du Seigneur des Anneaux, des Chroniques de Narnia, du Trône de Fer et autres romans de fantasy qui exaltent la figure du défenseur des faibles au nom des principes les plus haut. Dans un autre style, les héros de comics américains tiennent beaucoup de cet esprit chevaleresque. Le succès de ces romans, parfois dignes successeurs des romans arthuriens, montre le désir d'une large frange de la population de retrouver les repères archétypaux sans lesquels nous ne sommes que des plumes ballotées par le vent du relativisme.

Mais y a-t-il une place dans notre monde pour une vraie et active chevalerie ? Loin d'être anecdotique, loin d'être enfantin, le chevalier est l'une des expressions majeures de la Lumière chrétienne. Il fut un temps où l'Eglise considérait l'adoubement comme le huitième sacrement.

Au départ corps d'élite des armées séculières, le chevalier va être sanctifié par l'Eglise. De soudard, le chevalier va se convertir et devenir le défenseur de la foi et de la Vérité, de la Justice et du Bien.

Soldat au service du Christ, le chevalier possède la foi et le courage pour s'ériger contre toutes les injustices, pour se mettre au service des autres, pour combattre pour le Bien et non pour des privilèges, prêt à miser sa réputation ou à donner sa vie s'il le faut.

Pour Chrétien de Troye, la chevalerie est un Haut et Saint Ordre créé par Dieu au même titre que l'Ordre des Prêtres. Car n'oublions pas que tout homme est par son baptême roi, prêtre et prophète. La chevalerie ressort donc de la fonction royale inhérenteà la nature humaine. Dans le roman « Lancelot du Lac » (1230), on voit d'ailleurs la Dame du Lac enseigner à Lancelot qu'il n'y a dans la chevalerie aucune distinction de rang ni de noblesse mais une élection de ceux qui ont la force du Saint Esprit afin qu'ils utilisent cette force intérieure pour défendre les faibles, le Bien et la Vérité.

Au Moyen Age, la chevalerie est souvent ressentie par ceux qui l'idéalise, non comme un privilège mais comme un fardeau. Le chevalier aspire souvent à mener une vie « normale », à être débarrassé du poids de la quête. La part de lui-même non encore convertie geint sous l’exigence vertueuse que demande la vocation : « le chevalier devra être courtois sans vilenie, débonnaire sans méchanceté, compatissant aux malheureux, large et prêt à secourir les indigents, disponible et prêt à confondre les voleurs et les assassins, juge équitable sans haine ni amour. »

Équanimité, courage, savoir vivre, foi, tension vers Dieu et action dans le monde, le chevalier agit en ce monde non en son nom propre mais pour la gloire du nom divin. Ceci demande une force de caractère de la part du chevalier qui doit sans cesse se remettre en question, faire preuve d'un grand discernement et sans cesse cultiver en lui les vertus divines.

En réalité, le chevalier est le défenseur de la Vie, de la Lumière et de l'Amour du Christ dans le monde contre les forces de haine et d'enténèbrement. L'Ennemi contre lequel il lutte est celui du genre humain et les légions qu'il affronte portent les noms d'égoïsme, d'injustice, de haine, de cupidité, d'obscurantisme, de coercition et de mensonge. Loin de n'être qu'un ordre institué, la chevalerie est un état d'être, une disposition de l'âme de ceux qui ne craignent pas de s'exposer pour la défense de Celui qui est Vie.

Avec l'apparition des armes à feu et la sécularisation de la société, l'esprit chevaleresque fut relégué à un titre vide de sens.

Aujourd'hui, la chevalerie peut-être le fait d'hommes et de femmes ayant à cœur de s'engager pour la Vérité et de vivre les paroles de Saint Paul :

« Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ep 6:10-18)

Mais ces paroles de Saint Paul ne s'adressait pas aux chevaliers qui n'existaient pas à son époque. Ces paroles s'adressaient à tous les chrétiens, invités au combat intérieur contre l'Ennemi qui tente à chaque instant de faire obstacle à la déification de l'être c'est à dire à empêcher l'avènement de la véritable humanité. Car tout l'enjeu est là, le dépassement de la vie instinctive, égoïste et individuelle pour atteindre la vie personnelle, sainte et ecclésiale. Et à cela, tous les chrétiens sont appelés. Tous les chrétiens sont amenés à repousser Satan, à transcender la vie affectivo-instinctive et à se laisser engendrer d'En Haut.

Et si la victoire est déjà acquise par la mort et la résurrection du Christ, cela n'empêche l'Adversaire de déployer tous ses moyens pour retarder l'accomplissement. Aussi, tout chrétien est-il un soldat, un chevalier de Lumière repoussant les forces du mal.

Dans le baptême orthodoxes, trois exorcismes s'adressent à Satan directement : « Va-t-en, retire-toi du soldat nouvellement choisi, enrôlé par le Christ notre Dieu... esprit impur et pervers, néfaste et répugnant ». Et le célébrant de demander instamment au Seigneur Sabaoth, au Dieu d'Israël : « Menace les esprits impurs et chasse-les, purifie l'ouvrage de tes mains [c'est-à-dire le catéchumène] et, dans l'efficacité de ton pouvoir, hâte-toi d'écraser Satan sous ses pieds »... Puis, demandant au catéchumène de se tourner vers l'occident, vers le lieu où le soleil est sensé se coucher et qui nous parle donc symboliquement de ténèbres, le célébrant invite le catéchumène à « renoncer à Satan, à toutes ses œuvres, à tous ses anges, à tout son culte et à toutes ses pompes ».

Le rituel d'adoubement du chevalier médiéval était un rappel du baptême. Ainsi le décrit l'Ordene de chevalerie, poème en langue d'oïl rédigé au milieu du XIIIe siècle et cité par Jean Flori dans son admirable livre « Chevaliers et chevaleries au Moyen Age » :

« Le bain, comme le baptême d'un enfant, rappelle au chevalier qu'il doit sortir de l'eau purifié et se garder de toute vilenie ; on le couche en un lit, symbole de sa place au paradis, on le vêt de fin lin blanc, symbole de la pureté qu'il doit préserver, puis d'une robe vermeille, signe de son sang qu'il doit être prêt à répandre pour Dieu et pour défendre Sa loi ; ses chausses noires évoquent la terre dont il vient et où il retournera, le gardant ainsi de l'orgueil ; sa ceinture blanche devra le préserver de la luxure. Ses éperons, le rendre ardent au service de Dieu ; l'épée à deux tranchants signifie droiture et loyauté car il doit protéger le pauvre et soutenir le faible, afin que les riches ne puisse le honnir. »

Le chevalier est donc un chrétien qui tente de raviver perpétuellement la flamme de son baptême, qui vit dans le monde, cultive la vertu et met sa force au service de Dieu et du Bien, donc du pauvre, des opprimés et de l'Eglise. On peut se poser la question, la chevalerie est-elle chrétienne ou le chrétien est-il un chevalier en puissance ?

Les devoirs du chevalier sont ceux de tout le peuple chrétien mais sans doute les accomplit-il de manière plus consciente, plus systématique et plus professionnelle.

Le chevalier médiéval exerce trois fonctions : la recherche de la sainteté par la pratique de la prière et de la vertu, la défense des opprimés et la protection de l'Eglise.

Comme le souligne Jean de Salisbury au XIIe siècle : « La fonction de la chevalerie régulière consiste à protéger l'Eglise, combattre la perfidie, révérer le sacerdoce, garantir les faibles des injustices, faire régner la paix dans le pays et comme l'enseigne l'origine du serment, de verser son sang pour ses frères et si besoin est donner sa vie pour eux. »

La première fonction est la recherche consciente d'une vie de sainteté. Cette recherche est propre à tous les chrétiens, non par le respect de la loi ou de règles extérieures mais par la rectification de leur moi intérieur qui se débarrasse du vieil homme afin de devenir réceptacle du Christ. Le chrétien accepte la transformation que Dieu lui propose, il accepte de se faire aimer par son Créateur. Cette transmutation est le socle, la force sur lequel le chevalier va construire son action. Car le chevalier est avant tout un être d'action.

On peut imaginer que le chevalier moderne est celui qui, ayant remis sa vie dans les mains de Celui qui est Lumière, soit un exemple de probité, de dévouement, de loyauté, de droiture et de courage. N'ayant jamais peur de s'exposer et de s'ériger contre la perfidie et l'injustice, le chevalier du XXI e siècle agit où il se trouve, où Dieu l'a placé. Il n'est pas un super chrétien mais un chrétien qui vit sa foi. Le chevalier défend également l’Église qui est le corps du Christ sur Terre et par conséquent l'Unité des Chrétiens qui elle seule pourra manifester la bonne santé de ce corps.

Pour ce faire, il reçoit son épée sainte, bénie sur l'autel le jour de son adoubement :

« Reçois, avec la bénédiction de Dieu, ce glaive qui t'est conféré pour la punition des malfaiteurs et la louange des bons. Que par ce glaive tu sois capable, par la puissance du Saint-Esprit, de résister et de t'opposer à tous tes ennemis et à tous les adversaires de la Sainte Eglise de Dieu, de préserver le royaume qui t'est confié et de protéger le camp de Dieu »(Prière germanique, IXe siècle)

Ou

« Que, par cette épée, tu manifestes la puissance de la justice, détruises avec force celle de l'iniquité, combattes pour protéger la Sainte Eglise de Dieu et ses fidèles, que tu défendes et aides avec bienveillance les veuves et les orphelins. »(Ordo de Stavelot, 936)

Quel beau symbole que la remise de cette épée et de cet étendard bénis sur l'autel de l’Église. Comme si l'officiant remettait au combattant un rayon de soleil propre à faire reculer les ténèbres environnantes.

On peut alors se poser les deux questions suivantes : qu'est ce que l'épée du chevalier au XXIe siècle ? Les trois fonctions précitées ont-elles encore un rôle aujourd'hui ?

La vie chrétienne est une vie d'évolution spirituelle mais aussi d'action. Si tout nous est donné à notre baptême, il nous faudra toute une vie pour en réaliser l'extraordinaire potentiel d'accomplissement.

Peu à peu, porté par la Parole et le travail spirituel, le regard que le chrétien porte sur le monde change, il se fait plus perçant, plus aigu jusqu’à ce qu’il se fasse adombrer par l’Esprit. Cette adombrement est aussi un adoubement car l’intellect de celui qui a été touché par l’Esprit est pareil à une épée. Prompt à discerner, rempli d'une force qui n'est pas de ce monde, il tranche les illusions et les faux semblants, il sait séparer l’erreur de la vérité, il peut combattre l’ennemi, c'est-à-dire l’ombre en lui même qui n’est ombre que parce qu’elle s’est éloignée de la Lumière. Celui qui a reçu l’épée du Seigneur peut construire le Temple du Christ en étant vigilant et en se gardant des ignorants et de la barbarie toujours prête à submerger le monde.

L’épée est une arme car celui qui marche sur le sentier doit toujours être vigilant afin de repousser les forces du mal extérieures (barbarie, tyrannie, injustice, fanatisme) mais aussi l’ennemi intérieur (vices, pulsion de mort, pulsion d’échec,…). Comme il est dit dans le Livre de Néhémie :

« Ceux qui bâtissaient la muraille et ceux qui portaient et chargeaient les fardeaux travaillaient d'une main et de l'autre tenaient une arme. Quant à ceux qui bâtissaient, chacun bâtissait, une épée attachée à ses reins. » (Ne 4 ; 11-12)

On bâtit le Temple, la truelle dans une main, l’épée dans l’autre.

L’épée est le symbole de l’action, de la protection des plus faibles par les plus forts et de la justice. L’épée est comme la torche, portée haut, elle reflète les rayons du soleil et fait reculer les ténèbres qui ne peuvent résister. L’épée est l’arme du combat intérieur, celle qui sert à terrasser nos démons, à faire rendre gorge à nos peurs, à nos préjugés, à nos aveuglements.

La quête de Dieu est le but de toute vie sur Terre. Quête de la connaissance qui libère, elle se conquiert avec le cœur autant qu’avec la clarté d’esprit. Quête de la transformation et de la transmutation, elle élève l’individu autant qu’elle le relie à ses semblables. Quête de la victoire de la Lumière, elle demande la force intérieure : force d’être heureux, force de s’émerveiller, force de donner, force de servir son prochain, force de se dépasser, force de faire éclore les graines plantées en nous et surtout force de repousser les attaques de l’entropie, de la facilité et de la stagnation.

La quête spirituelle demande d’être bien armé. Hommes de Bonne Volonté, adoubés par le Christ et ouvert à la Grâce, il appartient aux chevaliers de cœur et d'esprit de porter les armes de la Vie et de se battre pour le Royaume des Cieux, c’est-à-dire pour la transformation de la mort en Vie et la sublimation du monde qui nous a été confié.

Dès l’âge du bronze, chez les peuples celtiques et germaniques, les épées portent un nom, acquièrent une identité. Qu’on se souvienne de Joyeuse portée par Charlemagne, de Durandal maniée par Roland de Roncevaux ou de la célèbre Excalibur qui, plus encore que le Roi Arthur qui la tenait, fut la véritable source de l’unification de l’Angleterre. Par analogie, on se rend compte que celui qui a trempé et forgé son esprit pour en faire une lame pareille à celles précitées, a également acquis une identité. Et contrairement à ce que le laisserait croire notre époque gangrenée par un cynisme à tout crin, être un esprit fort individuel et individué est le contraire du rejet de toute morale et de toute spiritualité

Être un esprit fort, c’est précisément devenir un homme spirituel, trouvant sa voie personnelle entre le grand fatras du n’importe quoi new-age et le néant de l'athéisme. Être un esprit fort, c’est explorer les mondes spirituels et leurs infinies possibilités, c’est partir du monde matériel et ouvrir sa conscience de plus en plus grand, vers les terres de la créativité, de l’action charitable ou vers les terres conceptuelles et mystiques.

Être un esprit fort, c’est gonfler ses voiles du souffle de l'Esprit, de la poésie, du conte et des légendes.

Être un esprit fort, c’est cultiver les vertus cardinales (prudence, tempérance, force et justice) et théologales (foi, espérance, charité).

Désuètes les vertus ? De ces sept vertus découlent toutes les autres : droiture, loyauté, compassion, tendresse, humilité, discernement, noblesse de coeur… Désuètes les vertus ? Comment croire que les vertus ne sont pas nécessaires dans ce monde prompt à sombrer dans la barbarie, la superficialité, la vénalité et le mal. Mais le monde est ce qu’on en fait, la vie est ce qu’on en fait et celui dont le regard se porte vers les étoiles, ne peut que se vêtir des vertus.

Être un esprit fort, c’est savoir qu’on ne va pas loin sans Dieu car si nous sommes appelé vers l’Infini, que sommes-nous par rapport à l’Infini ?

Non, avoir son esprit affûté comme une épée n’est pas développer une sorte de cynisme corrodant la beauté et les émotions élevées, reliquats de la pureté originelle.

Avoir son esprit affûté comme une épée, c’est porter l’épée du chevalier à l’intérieur de soi, c’est intérioriser les vertus cardinales et théologales seules capables de nous individualiser en tant qu’homme.

En recevant son épée, le chevalier ose désormais faire le pas pour franchir l’abîme, il ose faire le pas vers la theosis, la déification du Moi, la transfiguration qui le changera à tout jamais tant physiquement qu’animiquement.

En recevant son épée, le chevalier reçoit l'arme du Verbe qu'il mettra au service de la veuve et de l'orphelin, de la Vérité et de la Lumière.

L'idéal chevaleresque fut bien souvent un « idéal », utopie du Graal à atteindre mais inaccessible à la plupart.

Et cet idéal chevaleresque est sans doute le plus intéressant parce qu'il est idéal précisément. Le pur Galahad, le preux Perceval, le vertueux Gauvain, autant de figures légendaires mais ô combien inspirantes pour les chrétiens d'hier et d'aujourd'hui. Plus réels, Saint Georges, Saint Michel et Sainte Jeanne d'Arc sont les protecteurs et les défenseurs de nombreuses nations européennes en même temps que les protecteurs de la chevalerie, montrant ainsi que cette âme chevaleresque résonne à jamais dans le cœur de l'Europe.

Le christianisme est intrinsèquement un combat contre l'oppression et contre l'injustice qui règne au dehors et au-dedans. Le christianisme est intrinsèquem ent un combat pour la Vie et pour l'Amour.

En ce XXIe siècle, il y a réellement la place pour une chevalerie spirituelle placée sous la protection de Saint Georges, de Sainte Jeanne d'Arc et de l'Archange Mikaël. Cette chevalerie peut œuvrer, selon l'idéal chevaleresque d'autrefois, c'est-à-dire pour la défense des opprimés d'où qu'ils soient. Et les injustices et les combats à mener dans le monde, les dragons à occire sont malheureusement nombreux !

Les trois fonctions du chevalier médiéval sont donc : la quête intérieure de Dieu, la défense de la veuve et de l'orphelin et la défense de l’Église. Ces trois fonctions ont elles encore un sens de nos jours ?

Plus que jamais, à condition de bien les comprendre.

a) La quête intérieure ou la quête du Graal

La quête intérieure est la première tâche du chevalier moderne. Il suit en cela l'un des premiers commandement que Dieu donna à Abraham : « Pars ! Va vers toi ! ». De la quête de Dieu en lui, le chevalier fera son assise. Avec l'épée de l'esprit et l'aide de Dieu, il affrontera les démons qui peuplent les différents niveau de sa conscience afin d'assainir son château intérieur et le parer des vertus de charité, de compassion, de force et de droiture.

Polissant son âme, affûtant son être, le chevalier apprend peu à peu à s'en remettre à la volonté de Dieu afin que les deux volontés ne fassent plus qu'une. Il trouve alors le Graal, c'est à dire le Christ qui vient vivre en lui et est en mesure d'agir pleinement sur le monde car il y fait, avec justesse et discernement, la volonté de Dieu sur Terre. Il devient alors le chevalier parfait, symbolisé par Galahad dans la légende arthurienne.

b) La défense de la veuve et de l'orphelin

S'il base sa vie sur la prière, la contemplation et la force que Dieu voudra lui donner, le chevalier est avant tout un être d'action. Être d'action mettant ses dons et ses compétences au service des autres, des plus faibles et de la justice.

Le vrai chevalier ne cède jamais aux préjugés et aux passions mais agit toujours avec équanimité et compassion. Ce qui ne l'empêche pas de mener d'épiques combats afin que règne la justice et que triomphe le Bien.

Et les champs de bataille ne manquent pas en ce début du IIIe millénaire : exclusion, anti-sémitisme, racisme, schisme entre les chrétiens, faim et pandémie dans le monde, persécution des chrétiens d'orient et d'ailleurs, destruction de l'environnement, mise en place d'une culture matérialiste basée sur l'égoïsme et la compétition outrée, montée en puissance des intégrismes et de certaines dictatures... autant de visages que prend l'ombre aujourd'hui et qu'il faut combattre.

A chacun de trouver ceux où Dieu l'appelle et à se joindre à l'armée des anges afin de repousser les légions de l'Ennemi.

c) La protection de l’Église

Cela a-t-il du sens de défendre l’Église en ce troisième millénaire ? Cette institution, sans doute la plus ancienne du monde, vaut-elle encore qu'on la défende après les abus dont elle fut l'instigatrice ?

Vivre une chevalerie au IIIe millénaire ne signifie pas défendre des valeurs ultra-conservatrices ou moralisatrices. Cela ne signifie pas non plus se faire le porte parole de la frange traditionaliste d'un clergé déconnecté de la réalité et de tout sentiment charitable. Non. Encore une fois, le chevalier se met au service des valeurs les plus saines et les plus saintes, parmi lesquelles se trouve la Liberté et une Compassion sans limite ancrée dans le monde.

Mais défendre l’Église ? Oui, certainement. Même contre elle-même quand elle s'éloigne trop de la Lumière de l'Esprit et de la Vie pour sombrer dans un formalisme figé.

Mais défendre l’Église ? Oui, certainement. Contre les divisions qui séparent le peuple de Dieu, contre l'esprit pharisien et patriarcal qui la minent de l'intérieur, contre l'obscurantisme et le passéisme dont elle fait parfois preuve.

Mais défendre l’Église ? Oui, en tant qu'assemblée de croyants chercheurs de Grâce, contre la laïcité ultra-militante, contre ses ennemis, contre les dérives d'une société désorientée et déracinée, contre le relativisme et le désenchantement.

Mais défendre l’Église ? Oui, en tant qu'épouse de Dieu, en tant que réceptacle de l'Esprit, en tant qu'institution théandrique menant l'humanité à son accomplissement.

Sans doute aucun la chevalerie est intemporelle et sans doute aucun une chevalerie inspirée est nécessaire en ce début de troisième millénaire.

 

Source : http://www.relianceuniverselle.com/

Par Galahad - Publié dans : Chevalerie
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